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Full text of "Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, Volume 88"

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DICTIONNAIRE BHOTCLOPËDIOOE 



SCIENCES^ MÉDICALES 



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I»\KIS. — IMPRIMERIE A. LAllURE 
Rue de Fleuros, 9. 



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DICTIONNAIRE ENCYCLOPÉDIQUE 



DBt 



SCIENCES MÉDICALES 



QOLLABOKATBimS : MM. US DOCTBORS 

ABGBàlOAlILT, âlIfOOLB (i.), âlINPILD, ■AlLUHflIR, BAILLON. BALBIAin, BaLL, BAHTI, BAglR, BIAOtBAMB, 
BiCLAm», BftHfBB.TAlf BMIBBBN, BBROBB.BBRHUIH, UHTILLON, BBBTUf, BBKBST BBSNIBB, BUCIB, BUCIBI, BOIMBT, 
BMSBCâO.BOBBIBB, BORIOS, BOOOBACOORT, GH. BOOClABD, BODIMOR, BODLAKB (r.), BOOLBT (■.), BOOBBL-BOXClftBI, 
BOVnn. BOTBB, BBOCA, BBOCRIII, BROUARBBL, BBOWN-StÉQDABD, BDRCEKK, GALHBIL, CAMrANA, CABLBT(i.)i GBBISB, 
CaABCOT.G8AaT0T,eBA8SAI«NA0. CBAOTBaO, CHADTEL, CBÉRBaO, CaOCPPB, CBRiTlBH, COLIN (L.), CORNIL,COTABB, 
COVUBB, COORTT, COfNB, BALLT. DATAINB. DBCHAMIIRB (A.), DBLKNS, BBUOOZ DB «ATIONAC, DBLORB. BBL^BCB, 

BBMMITILUBB4. BBPAOL BIBAT» DOLBBaO, BOGLAOZ, BDBOBT, BOPLAT (».)• BOBBAU, BOTBOOUO, ÉLI, 
FAUBT (I.), FABABSOP, PÉLOBT, PBRRAND, POLUN. P0NS8A6RIVB». PRARÇOM FRANCK, «ALTIBB-BOIMiftHB, iABIBL» 
•ATKT, BATARRRr. «BRfAlS (?.), «ILLBTTB, «IRAOD-TBOLOR, dOBLBT, 60DBLIBR. BRBBNMILL, BRIMLLB. BDBLBB, 
«OftmOT, «OÉRARB. 0D1LLARB,«01LUDHB, BCILLEHIN, «UY0N(P.), BAHN (L.),BA1IKL0I, BATBM, BBCIT, liNOGOUB. 

UAMBBRT, JACQOBMIBB, KBLSCB, KRISHARBR, UBBÉ (L<0N), LABBÉB, LABORDB, UBOULBÉNB, LAGAiSABHB» 
LABaB*0(i.),UW:BBBAOX,LARGHKR(0.)f UTBRAN, UVBRAN (a.), UTBT, LBCLBB(L.)t LBCORGBH, LBPÈTBB (BD.)» 
UV««T(LlON),lB«00BST,LBfiB0S,LB«R0UX, LKRBBOOLLBT, LB BOf »B MÉRICOORT, LBTOOBNBAU. LBVBN, LÉTT (MICUL), 
UiBBOU. UtTABB» UNA8, UOOflLLB, LITTRÉ. LDTZ, MABITOT (B.), MAlli, MAUOOTI, MABGBARB, MARBT, MARTIN», 

■lCMBL(BBNANCT),MILLAR»,MOLUtRB (DANIBL), II0N0D(CB.), IIONTANiBR,ilORACilB,liORBL(B. 4.), RICAISB, NDBL, 

Oi4Jn,OBII10StORPlU(L.),O0STALBT,PAiOT,PARCaAPPB,PARROT,PAl»TB0R,PADLBT,PBHRIN(liAllBI0B),PBTBB(li.), 

PSIIT (L.-I.), PIRABD, PINOAOB, PLARCBO», POUILLON, POTAlN, P0UI,RATII0ND, BBaNARO,RB«NA0LD, BBHAOD (».), 

tLEM9V, BBfNAL, BOBIR (aLBBRT), BOBIN (CB.), BB BOCBAS, R04BR (■.), ROLLBT, ROTURBAD, ROOaBT, êkWHt, 

Mim-CLAlRBBBTILLB(B.)»)>CBOTZBNBKR«BR(CB.), «CBÛTIBRBBRBBR (P.), SiUlLLOT, Sif (HARC), iBRTIBB, 

M BSTNBB, SOOBBIRAN (u), tPflUlAHR, TARTITBL, TBBTBLIR,TILLAOZ (P.), TODBBBS, TRÉLAT (O.), 

rBIPlBB(LiOll),TROinBB, TALLIN, TBLPBAO, tBRNBDlL, VIADD-flRABD-MARAIS, VIBAL (f H.), TIBAU, 

VILLUIB, VOILLBlilBR, TDLPUN, WARLOMONT, WIBAL, WILLH. WORMS {S,), WOBTI, lOBBB. 

DIRECTEUR : A. DECHAHBRE 



TBOisiinB siaa. 

SEP - SIR 

TOME NEUVIÈME 



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p. ASSELIN 

UBiuiac ■■ u rtcoiT* u ultuiit 
Ptac« de l'ÉeoU-da-Hidecintt 



G. MASSOiN 

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DICTIONNAIRE 

ENCYCLOPÉDIQUE 



DBS 



SCIENCES MÉDICALES 



SEPTICÉHIE (Suite). 

Pi}3 ÀLTÉBé. Pus PUTRIDE. Si, au lieu de prendre pour critérium de la putri- 
dité du pus lodeur fétide de ce liquide, on accepte comme signe d'altéra- 
tion la présence des bactériens, il parsut actuellement établi que le pus des 
abcès chauds sous-cutanés, si le contenu est ou a été en contact avec Tair exté- 
rieur, contient des bactéries (Nepveu). Cependant Billroth n'admet pas que ce 
soit une règle, même dans les collections purulentes consécutives aux piqûres 
anatomiques. Dans un abcès fétide développé sept ans après un coup de feu du 
dos, Nepveu a trouté des microphytes. Le pus des abcès chauds primitivement 
sous-cutanés ne renferme de microbes que dans les cas d'altération générale du 
sang, comme chez les typhiques, les pyohémiques ou les septicémiques. Dans les 
abc^ froids leur présence est rare ; au contraire ils abondent dans les phleg- 
mons et les lymphangites septiques, dans la sérosité de l'érysipèle, dans les 
abcès métastatiques. Leur présence dans le pus des plaies exposées est loin d'être 
un £iiit constant; et chez des amputés ou des blessés en bonne santé on peut 
pendant plusieurs jours n'en pas rencontrer. Les premières sécrétions n'en con- 
tiennent pas, si elles ne softt directement contaminées, comme Nepveu l'a vu 
chez une chiflbnnière blessée à la tête; ils apparaissent de huit à quinze heures 
après le trauma, au début de la suppuration. Dans les plaies anfractueuses, les 
microbes fourmillent toujours. L'influence du mode de pansement est considé- 
rable sur leur multiplication. Or, A. Guérin nie leur développement dans le pus 
du pansement ouaté bien appliqué, lis sont rares également sous le pansement 
antiseptique, à moins que la plaie n'ait été contaminée avant son application. 
Au contraire, la glycérine, l'alcool, l'acide phénique (Nepveu), ne les empêchent 
pas de vivre dans les plaies. 

Si l'on songe, d'un côté à la facilité du développement de ces microbes dans 
4e pus exposé à Tair, de l'autre côté à l'insuffisance des moyens ordinaires de 
filtration pour les séparer des liquides, on comprend que le pus sans odeur ait 
MCI. iHc. s* s. II. i 



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2 SEPTICÉMIE. 

montré si souvent dans les expériences des propriétés phlogogènes en même 
temps que pyrogènes. Quand il $*agit de pus altéré ou putride, les accidents 
sont la règle constante et les phénomènes morbides tout à fait semblables à 
•ceux des injections de substances putrides. Nous avons vu que Darcet, Sédillot, 
avaient reconnu cette action toxique. Le professeur de Strasbourg avait même 
basé sur la ditférence des résultats obtenus avec les injections de pus normal ou 
de matières putrides sa distinction entre la pyohémie proprement dite et la 
septico-pyohémie. a L'infection putride ou septicémie, dit-il, est de nature . 
essentiellement gangreneuse, elle est causée par l'introduction dans le sang de 
la sérosité altérée du pus. » Et plus loin : « La purulence est le trait distinct 
de la pyohémie, tandis que la gangrène dénote essentiellement la nature de l'in- 
fection putride. Si l'élément putride introduit dans le sang est abondant et très- 
actif, la mort a lieu avant le développement d'aucune altération matérielle 
appréciable. Hais ces conditions existent rarement dans les complications de 
la pyohémie, et on trouve alors sur l'es poumons des saillies noirâtres, brunes ou 
crises, à parois molles, véritables phlyctènes gangreneuses remplies d'un sang 
■altéré et spumeux. Les tissus afiectés se déchirent sans résistance ou se rompent 
spontanément, et offrent des surfaces érodées grisâtres, irrégulières, comme 
•découpées à l'emporte -pièce et plus ou moins étendues. La suppuration est 
tardive et se forme à la circonférence des parties mortifiées. Des pétéchies peu- 
vent se montrer sur différents points du corps, et le sang subit probablement 
•des altérations dont l'étude n'est pas assez avancée pour être abordée ici. » 
Est-il possible de trouver un tableau plus exact des lésions consécutives aux 
injections putrides? nous ne le pensons pas. Moins dominé par l'idée d'attribuer 
.aux éléments solides du pus le rôle essentiel dans la production des accidents 
pyohémiques, Sédillo tétablissait sur des bases indiscutables la théorie de la septi- 
cémie simple ou embolique. Il n'eût pour ainsi dire laissé rien d'obscur dans 
ces phénomènes compliqués. 

Virchow eut le tort de verser dans l'extrême opposé, et sa théorie des embolies 
septiques comme cause unique des collections purulentes métastatiques est 
loin d'expliquer tous les faits. Hais il insista plus que Sédillot sur l'action des 
principes putrides, et proposa les noms de septicémie ou d'ichorrhémie pour 
•désigner les accidents. Le pus putride ou spécifique, injecté dans les vaisseaux, 
.amène la formation de foyers à caractère putride ou spécifique , tandis que le 
pus sain n'agit que par des injections successives. Batailhé refuse même toute 
propriété toxique au pus louable, pendant qu'avec des injections de pus putréfié 
à la dose de 20 à 50 centigrammes il obtient des résultats très-marqués. Si la 
mort est rapide (expér. 1, 2, 5), il ne se forme pas d'abcès; au contraire les 
injections faibles successives n'amènent la mort qu'après plusieurs jours et avec 
•des abcès métastatiques. 

Vers la même époque (1863) Flourens pratiquait des expériences dont nous 
n'avons pu saisir la portée. Prenant du pus sur un animal, et le transportant sur 
la dure-mère ou dans les tissus d'un autre animal bien portant, il voit se déve- 
lopper des inflammations locales. Il en conclut que le pus possède une virulence 
propre et indépendante de l'action de l'air et de la décomposition putride, ce 
<)ui ne nous parait pas ressortir de la réaction locale constatée. 

Les recherches de Billroth et de Weber ne font que conûrmer les résultats 
obtenus par leurs devanciers. Samuel constate qu'injectés sous la peau, la sécré- 
tion purulente des cavernes des phthisiques, le pus de l'empyème et même les 



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SEPTICÉMIE. 3 

-crachats pneumoaiques quand l'affection dure depuis plusieurs jours, en même 
temps qu'ils déterminent des processus locaux intenses de putridité» amènent la 
mort avec les symptômes de la septicémie. Pour ce qui est du pus putréfié, ses 
«ffets sont les mêmes que ceux des matières putrides. 

Rosenbach (1872) étudie l'influence de l'acide phénique sur les effets des 
substances introduites dans l'organisme. Les injections de pus frais ou décom- 
posé sont suivies de la formation d'un phlegmon diffus local, de phénomènes 
iébriles, et entraînent habituellement la mort. Si l'on ajoute au liquide injecté 
^ pour 100 d'acide phénique, on obtient encore un abcès local, mais circonscrit 
et sans phénomènes généraux. A la dose de 1 pour 100, l'action antiseptique est 
nulle. Hais, si au lieu de pus frais on se sert de pus putréfié avec dégage- 
ment d'hydrogène sulfuré, l'addition d'acide carbolique, même à la dose élevée 
•de 5 pour 100, n'enlève rien au liquide de ses propriétés phlogogènes et pyro- 
gènes. Les effets du pus non filtré et des macérations de muscles après filtration 
ont beaucoup varié dans les expériences de Nauyn et Dubczanski. Tantôt, et le 
plus souvent, ils ont noté une élévation de la température, parfois aussi un 
abaissement, et ces variations leur ont paru sous la dépendance de la tempéra- 
ture du milieu extérieur. Ces auteurs croient en pouvoir conclure que la fièvre 
septique consiste essentiellement en un phénomène vaso-moteur dû à un trouble 
fonctionnel d'une partie déterminée des centres nerveux. 

Chouppe (1875), ayant recueilli six observations où la présence du pus dans 
le canal thoracique avait été duement constatée, a cherché par des expériences 
il reproduire ces faits chez les animaux. En injectant des liquides irritants dans 
le réservoir de Pecquet, il a pu déterminer l'inflammation du canal thoracique. 
Les résultats ont été : l'oblitération temporaire de la veine sous-clavière, des 
symptômes typhoïdes, une augmentation notable du nombre des leucocytes, et 
des infarctus pulmonaires. Ces lésions ne peuvent être attribuées qu'à l'introduc- 
tion directe du pus dans le sang et à des embolies septiques par désagrégation 
«des caillots veineux. 

En somme, les effets produits par l'introduction de pus putréfié sont abso- 
lument les mêmes que ceux qui résultent de l'injection de toutes les matières 
putrides : phlegmasies locales et phénomènes typhiques. Les infarctus et les 
abcès métastatiques ne se produisent qu'avec des injections successives et quand 
l'animal ne succombe qu'au bout de plusieurs jours. Le pus emprunté à des 
sujets pyohémiques ou septicémiques jouit de propriétés virulentes et son action 
«est constante, pendant que le pus altéré au contact de l'air montre dans ses 
•effets la même inconstance que le sang et les liquides putrides. 

Mathieu (1872), analysant du pus recueilli pendant la guerre, au moment où 
sévissait l'infection purulente, avait constaté dans leliquide, qu'il eût été ou non 
«xposé à l'air, la présence de gaz hydrogène. 11 en avait conclu à un commencement 
de fermentation et de décomposition, sous l'influence des bactéries, peut-être, 
puisqu'on trouve presque toujours ces microphytes en même temps que l'hydrogène . 
Des recherches ultérieures lui ont démontré que ce gaz ne se trouve que dans le pus 
putride, dans le pus d'infection purulente. Injecté sous la peau, le pus hydro- 
géné produit des accidents pernicieux qu'on n'observe pas avec le pus oxygéné. 
Cette fermentation semble se continuer même après que tous les gaz ont été 
extraits du liquide et dans le vide absolu. Au moins de l'hydrogène libre continue 
encore de se dégager, quoique en moindre quantité qu'à l'air libre. 

On a voulu tirer de ce fait une objection de valeur absolue contre la théorie 



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A SEPTICÉMIE. 

de la fermentation putride par action des microbes. Il est cependant démontré 
actuellement que le vibrion septique est un être exclusivement anaérobie et 
continue de se multiplier dans le vide parfait. Pasteur a de plus prouvé que le 
vibrion du pus peut aussi se développer eu dehors du contact de Toxygène. Le 
fait signalé par Mathieu est donc absolument en accord avec la théorie qui définit 
la fermentation : la vie sans air. 

Birch-Hirschfeld (i 875) , adoptant la nomenclature de Cohn, divise les bactéries 
en trois groupes : 1* sphériques ou micrococcus; 2<* cylindriques, et 3** des- 
mobactéries. Cette classification n*oflre aucune importance, nous ne pouvons 
que le redire, puisqu'il est actuellement établi que le même microbe peut sans 
changer ses propriétés physiologiques prendre les formes les plus diverses. 
Comme Sanderson, il admet que le pus de bonne nature, pris directement sur 
une plaie, ne présente pas de bactéries, fait encore en discussion. Que la plaie 
se complique, les microphytes abondent à sa surface, et, si Tabsorption est facile 
comme dans les blessures récentes, à mesure que les parasites augmentent de 
nombre dans la plaie, ils croissent en nombre dans le sang et les accidents 
généraux s'aggravent. L'aspect granuleux des globules blancs traduit également 
ces altérations. 

Si au lieu de pus frais, sain, dont l'injection sous-cutanée est à peu près inno- 
cente, on introduit sous la peau de lapins une petite quantité de pus contenant 
des bactéries, l'animal semble pendant six ou huit jours ne pas s'en ressentir. 
Tout à coup la fièvre éclate. La température monte brusquement à 42 degrés et 
au delà, et la mort arrive en seize ou vingt-^iuatre jours. Le pus emprunté à 
des malades pyohémiques produit des accidents à marche plus rapide et en rapport 
de gravité avec le nombre des microbes qu'il contient, plus qu'avec l'état général 
du sujet. A l'autopsie : infiltration purulente autour du point d'injection conte- 
nant beaucoup de bactéries sphériques. Le sang vivant se montre bien moins 
riche en bactéries que le sang du cadavre. Les organes internes sont peu altérés, 
sauf les reins, qui présentent une dégénérescence granuleuse de l'épithéiium de 
leurs canalicules et des colonies de bactéries à l'intérieur de ces canaux. Deux 
fois seulement, Hirschfeld a noté dans le poumon des noyaux d'infiltration 
gris-rougeâtre, et une seule fois dans le foie un infarctus avec bactéries en amas, 
comme chez Thomme. 

Une troisième série d'expériences a été faite avec du pus contenant en abon- 
dance les bactéries de la putréfaction (bacterium terme). Hirschfeld s'est servi , 
tantôt de pus putréfié pris sur une plaie gangreneuse, tantôt de pus sain putréfié 
à l'air. Pour cet auteur, le pus d'une plaie pyohémique, contenant beaucoup de 
micrococcus, peut rester fort longtemps sans présenter de bacterium termo, s'il 
est maintenu à l'abri de la putréfaction. Injecté frais, ce pus reproduit la pyohémie ; 
conservé à l'abri de l'air, à la température de 1 2-2(1 degrés, il perd ses propriétés 
infectantes. Le pus chargé de baclerium termo et lineola, c'est-à-dire le pus 
putréfié, agit comme toute substance putride introduite dans l'économie. Éléva- 
tion rapide de la température, absence de réaction locale, guérison, si la dose 
est minime. Aux doses de 2-6 grammes, phlegmons gangreneux bien différents 
des inflammations qui suivent les injections de pus pyohémique. Avec 1 à 
2 granunes de ce dernier, on obtient une élévation rapide de la température, 
mais à dose plus forte, 4-6 grammes, la température baisse et la mort ne se fait 
pas attendre. 

Les injections de liquides éi7sipélateux ont donné seulement un mort su 



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SEPTICÉMIE. 5 

cinq expériences. La température» normale pendant douze à vingt heures, monte 
rapidement à 42 degrés» puis redescend graduellement jusqu^àguérison.Hirsch- 
feld conclut de ses nombreuses recherches que les qualités du pus varient avec 
la nature des parasites qu'il contient. Le pus louable est presque sans action. 
Les bactéries sphériques ou micrococcus sont seules capables de produire la 
pyohémie. Les bactéries cylindriques qui caractérisent le pus putréfié sont les 
agents de la septicémie. Cette division des bactéries en sphériques ou pyohémiques 
et cylindriques ou septicémiques» fut bientôt attaquée, même en Allemagne. 
Max WolfT en conteste l'exactitude et Kûssner n'admet pas la spécificité du 
microsporon septicum. 

En injectant dans le tissu cellulaire du pus d'érysipèle, composé d'un liquide 
séreux et de flocons fibrineux englobant des leucocytes et des bactéries, Hayem 
a vu se développer un œdème local» des abcès, et vers le cinquième jour des 
pustules cutanées contenant un liquide séro-purulent avec de nombreuses bacté- 
ries semblables à celles du pus primitif. Au contraire, l'injection du liquide 
filtré ne détermine aucune irritation locale. Malheureusement ces expériences 
entre les mains d'Ollier ont donné des résultats fort variables avec les espèces 
animales» mais jamais aucune lésion qui se rapprochât de l'érysipèle. Le même 
chirurgien constate que le pus sous le pansement ouaté, si innocent à la 
surface de la plaie pour le blessé lui-même, contient parfois des vibrions, et 
qu'injecté sous la peau d'un chien il amène la formation de vastes abcès gangre- 
neux. 

La question en était là» lorsque Chauveau, l'éminent physiologiste lyonnais» 
chercha par des expériences à résoudre ce point spécial et circonscrit du problème 
de la pyohémie : quelles sont les conditions qui rendent infectant le pus des 
blessés, en lui permettant, introduit dans les vaisseaux, de produire les inflam- 
mations secondaires, disséminées, circonscrites ou diffuses, de la pyohémie? 

Chauveau rappelle tout d'abord que d'expériences entreprises au moment de sa 
discussion avec Burdon-Sanderson (4872) il avait cru pouvoir conclure que le 
pus louable» sain, non putride» n'est pas infectant ; que les pus putrides sont plus 
ou moins infectants suivant leur origine* Actuellement (1875)» il croit que cette 
proposition manque tout à fait d'exactitude. En effet, si 60 injections de pus 
louable dans la veine jugulaire n'ont jamais amené de lésions pulmonaires» 
quarante injections de pus putride n'ont été suivies que douze fois seulement 
d'abcès métastatiques. Il était donc nécessaire d'instituer de nouvelles expé- 
riences pour déterminer les conditions de ces résultats différents. Rejetant sans 
explication l'influence d'une réceptivité particulière des sujets, le professeur de 
Lyon croit et admet que la cause des effets différents résulte évidemment de 
différences dans les pus injectés. Il faut donc noter avec soin l'origine, les carac- 
tères de ces pus, et surtout leur activité phlogogèney en constatant par des 
injections sons-cutanées les accidents locaux produits sur des animaux témoins. 

Comme voie d'introduction, Chauveau choisit l'artère carotide, afin que la 
matière essayée soit poussée dans des organes très-susceptibles (encéphale, œil)» 
qui traduisent leurs lésions par des troubles fonctionnels ou matériels très-faciles 
à apprécier. Le pus (20 à 5 gouttes) est additionné de deux à trois parties d*eau« 
puis soumis à un tamisage assez fin pour ne laisser passer les globules que un 
à un. On évite ainsi les embolies capables de provoquer l'ischémie et tout 
obstacle mécanique sérieux à la circulation. Au reste, la théorie embolique n'est 
aucunement nécessaire pour expliquer la formation des foyers inflammatoires 



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6 SEPTICÉMIE. 

circonscrits chez les sujets pyohëmiques ; il faut seulement une activité phlo- 
gogène spéciale des liquides purulents. L*injection poussée avec la seringue 
de Pravaz laisse la carotide perméable et sans caillot oblitérateur. 

Suites immédiates, a. Phénomènes généraux. Fièvre presque constante, 
d^intensité très-variable suivant la nature et la quantité de matière injectée. 
Frisson au bout de trois à quatre minutes, puis sueurs. La rapidité de produc- 
tion des phénomènes est attribuée à Faction sur le système nerveux central. 
b. Phénomènes locaux : Mouvements convulsifs de la face ; agitation de la tête 
qui est comme secouée ; vascularisation de la conjonctive. 

Résultais consécutifs, a. Guérison rapide; aucune lésion pyohémique. 
b. Mort par méningo-encéphalite violente en trente à quatre-vingts heures. Le 
lendemain de Tinjection, abattement ou coma; œil larmoyant, conjonctive 
injectée ; la cornée commence à s*opacifier subitement ; raideur, chute, convul- 
sions toniques et cloniques du côté opposé à Tinjection. Ces crises se répètent 
plus ou moins, alternant avec des rémissions, des paralysies et des contractions 
permanentes ; enfin la mort arrive au milieu de convulsions d'une extrême 
violence. 

Autopsie. Œil. Conjonctive infiltrée, cornée opacifiée; humeur aqueuse 
trouble, par la présence de fausses membranes avec des globules de pus ; iritis,. 
fines granulations sur le trajet des vaisseaux rétiniens fortement injectés. Dans 
le tissu de la choroïde, granulations plus volumineuses, disséminées, petits extra- 
vasats sanguins et dépigmentation. 

Encéphale. Rougeur diffuse de la pie-mère, plaques hémon'hagiques, exsu- 
dats pseudo-membraneux et purulents à la base, dans les scissures, etc. ; séro- 
sité purulente abondante dans les ventricules ; leurs parois tapissées de fausses 
membranes fibrineuses infiltrées de pus, recouvrant un piqueté hémorrhagique 
souvent très-serré. Dans le cerveau, abcès miliaires, petits, par centaines, et 
collections plus volumineuses par la réunion des petits abcès. Les petits foyers 
sont très-franchement inflammatoires, sans complication d*autres processus. Les- 
grands foyers ont la grosseur d*un pois ou d*une noisette ; le pus est gris-ver- 
dâtre, tirant sur le rouge, s*il est mélangé avec un peu de sang. Les grands- 
foyers hémorrhagiques sont très-rares, mais on trouve assez souvent des foyers^ 
miliaires épars au milieu des petits abcès. La comparaison de ces lésions montre 
qu'elles ont une origine commune : Tirritation déterminée par la matière infec- 
tante, une fluxion violente qui appelle le sang dans les capillaires et peut en 
amener la rupture. Jamais on ne constate de ramollissement blanc, jamais d'in- 
farctus nécrobiotiques résultat d'une embolie ; les foyers sont toujours de nature 
franchement inflammatoire. Ces lésions sont plus prononcées du côté de l'injec- 
tion, mais elles ne font jamais défaut du côté opposé. Les hémisphères cérébraux 
sont les parties de l'encéphale les plus altérées. « En un mot, dit Chauveau, 
l'encéphale, sous l'influence de l'action irritante de certains pus introduits dans 
l'artère carotide, dans un état qui ne leur permet pas de jouer le rôle d'embolus 
oblitérants, devient le siège de lésions inflammatoires circonscrites et diffuses,, 
tout à fait remarquables. » 

Dans les poumons, on constate très-rarementquelquesnodules rouges, résultat 
du même processus. 

Sur 28 injections, 8 ont été faites avec du pus non putride ou de la sérosité 
pure; 20 avec du pus putride, ayant donné 6 morts et 14 guérisons rapides ei 
complètes. 



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SEPTICÉMIE. T 

Dans les six cas mortels, les injections sous-cutanées chez les animaux témoins 
ont toujours occasionné des phlegmons gangreneux si graves, que quatre sont 
morts du quatrième au cinquième jour, et les deux derniers n'ont échappé qu*à 
grand*peine. 

Dans les quatorze cas négatifs, Tinjection sous-cutanée a déterminé chez les 
témoins des abcès plus ou moins gros, souvent franchement putrides, mais tous 
ont guéri sans autre phénomène général que la fièvre de réaction. Donc, résultats^ 
très-nets. 

Origine du pus. Dans les six cas mortels, le pus provenait : une fois d*une 
plaie récente compliquée et enflammée; cinq fois de sétons récents ayant déter- 
miné une très-grosse tuméfaction douloureuse, et dont le trajet se montrait 
crépitant. Dans les quatorze expériences négatives, le pus avait été emprunté, 
soit à des abcès putrides suite d*injections sous-cutanées, soit à des plaies en 
voie de cicatrisation très-avancée, soit à des sétons anciens ou récents avec 
tuméfaction insignifiante. En sonune, à des foyers fermés ou à des plaies de bonn& 
nature. 

Que conclure? « Pour que du pus introduit dans le torrent circulatoire soit 
apte à déterminer des lésions pyohémiques, il ne suffit pas qu'il soit putride ; il 
faut encore que la putridité de ce pus se soit développée dans des conditions 
spéciales. On doit admettre pour ce pus, n'hésitons pas à dire le mot, si vague 
qu'il soit, une sorie de spécificité. > Au reste, Giauveau reconnaît que Tagentou 
les agents de cette spécificité ne nous sont pas connus ; à peine connaissons-nous 
quelques-unes des conditions empiriques de leur développement. Nous savons 
qu'ils n'existent pas sur toutes les plaies putrides, qu'ils ne sont pas un degi*é 
d'activité plus élevé des propriétés phlogogènes communes à tous les pus 
putrides, mais qu'ils nécessitent des conditions particulières et naissent très- 
certainement sur la plaie. 

n est très-regrettable que Chauveau ne nous ait pas fait connaître les conditions 
des liquides purulents employés dans ses expériences, au point de vue de la 
présence ou de l'absence des microbes, dont le rôle est encore à l'étude aujour- 
d'hui. Mais il ne nous est pas possible de trouver dans ces faits rien qui ait un 
rapport direct avec la pyohémie classique. Nous y voyons que du pus fétide 
injecté dans la carotide produit ou ne produit pas des hémorrhagies et des abcès 
miliaires de la substance cérébrale, avec méningite suppurée. Ces lésions locales 
se traduisent par leurs symptômes ordinaires, mais dans aucune observation nous 
ne voyons notés les symptômes de l'infection purulente classique, de cette compli- 
cation si connue des fractures compliquées de toutes les régions. Au moins 
aurions-nous désiré que l'examen histologique expliquât, autrement que par des 
altérations vasculaires locales^ des accidents si nettement localisés et si ressem- 
blants aux effets des injections artérielles de corpuscules soiides imprégnés de 
liquides putrides. Mais nous retenons de ces expériences ce fait très-important, 
c'est que l'agent pyohémique naît très-certainement dans le foyer de suppuration 
primitif, et non par l'action de miasmes introduits dans l'économie par l'absorp- 
tion pulmonaire. 

Duclaux, poussant plus loin l'analyse, n'hésite pas à attribuer l'action du pus 
putride ou spécifique aux microbes que renferme le liquide altéré. Ses conclu- 
sions, basées exclusivement sur les recherches expérimentales, s'appliquent 
non-seulement à la septicémie et à la pyohémie, mais à toutes les maladies viru- 
lentes, contagieuses, dont le caractère commun est pour lui la prolifération, la 



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8 SEPTICÉMIE. 

multiplication à Tintërieur de Torganisme de formes v^étales ou animales plus 
ou moins parfaites. Il est vrai que d*un côté Duclaux fait rentrer dans ces 
microbes les éléments figurés de Chauveau et les granulations élémentaires dont 
rimmobilité n*est qu'un carrctère secondaire, et que d*un autre côté il admet 
comme démontré qu'il peut y avoir des particules solides, dans un liquide où le 
meilleur microscope ne peut découvrir rien d'apparent. Ces deux propositions, 
si on les adopte, facilitent singulièrement la solution du problème, mais il eût 
été bon peut-être de les démontrer. Le microbe de Tinfection punilente comme 
de la septicémie serait le micrococcus, organisme si petit qu'il échappe à tout 
moyen de caractérisation. 11 est même tellement semblable à certaines formes 
normales de l'organisme, aux granulations des tissus ou à de fins globules gras, 
qu'il a pu et dû souvent être confondu avec elles. Étant admis que l'introduction 
du pus dans l'organisme peut dans certains cas amener des désordres sérieux, 
et que toutes les espèces de pus injectées ne se montrent pas également actives, 
est-il permis d'en conclure avec Duclaux que le globule purulent n'est pas 
l'élément actif? Non, répondrons-nous, puisqu'il n'est pas démontré que les 
globules purulents sont toujours identiques à eux-mêmes. La preuve de la nature 
corpusculaire des éléments actifs du pus sain ou putride ne peut être davantage 
dounée par les filtrations ordinaires, le liquide filtré ^soutenant alors de nom- 
breux corpuscules et des granulations sphériques ainsi que des bactéries. Même 
filtré, nous avons dit que le sérum purulent frais, injecté en grande quantité^ 
produit des effets sensibles^ et la sérosité du pus altéré détermine les mêmes 
accidents que tous les liquides putrides. Aussi, pour expliquer ces faits, Duclaux 
admet-il l'existence, dans certaines conditions de décomposition du pus, d'un 
poison soluble, la sepsine de Zuelzer, dont l'action sur l'organisme rappelle 
celle de l'atropine. Ce poison, par son absorption lente, produirait des symp- 
tômes morbides, en dehors de toute ingérence nouvelle d'êtres vivants à Tinté- 
rieur de l'organisme. Au reste, peut-être la sepsine n'est-elle qu'un produit de la 
vie des infusoires. En tout cas la rapidité de la mort permet dans certains cas 
d'exclure complètement même la formation d'un poison par des organismes 
vivants. 11 est probable que dans les cas ordinaires ces deux actions, poison 
soluble et organisme-ferment, se confondent et se mélangent dans une mesure 
variable et qu'il est impossible de préciser exactement. 

S'appuyant sur les expériences de Chauveau, de Tiegel, de Rlebs; sur les 
travaux de Birch-Hirschfeld, Orth, Davaine, Yulpian, qui démontrent le rôle des 
micro-organismes, granulations sphériques, micrococcus, bactéries, vibrions, 
dans les accidents produits par les injections des matières putrides, Duclaux en 
conclut que ces microbes, par leur prolifération presque constante au lieu d'ino- 
culation et leur multiplication dans l'organisme, peuvent actuellement, avec 
beaucoup de probabilité, être considérés comme les éléments actifs du pus de 
mauvaise nature. L'inoculation offre toutefois l'inconvénient de ne pas isoler 
l'action propre de chacun de ceséléments,etles cultures de Pasteur donnent sous 
ce rapport une certitude bien plus grande. Il y a autant de putréfactions que de 
substances putréfiables, et, s'il n'est aucunement démontré que chacune d'elles 
soit déterminée par un infusoire spécifique et spécial, le contraire est encore plus 
impossible. « En résumé, dit Duclaux, nous dommes conduits à attribuer à des 
êtres vivants les phénomènes morbides observés après l'absorption de certaines 
espèces de pus. Nous voyons en outre que ces êtres vivants sont multiples, et 
qu'ils ne peuvent pas se remplacer les uns les autres. Nous sommes dès lors 



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SEPTICÉMIE. 9 

amenés à attribuer à ceux qui produisent Tinfection purulente une sorte de 
spécificité. • 

C'est à Pasteur que nous sommes également redevables des découvertes les 
plus intéressantes sur les propriétés du pus infectieux. Comme il a décou- 
vert et étudié le vibrion septique, il a trouvé et étudié le vibrion du pus. 
G*est un être à la fois aérobie et anaérobie, tantôt ferment et tantôt 
nou-ferment. Au début, surtout à Tair, son développement est très-rapide. 
Il oQre la forme de petits boudins très-courts, très-mobiles, tournoyant, 
pirouettant, se dandinant dans le liquide, et d*un état mou, gélatineux, fiexueux, 
malgré leur peu de longueur. Quand ses mouvements ont cessé, il ressem- 
ble au bacterium terme. Ce microbe est très-répandu et ses germes existent 
dans toutes les eaux communes. L*inocule-t-on sous la peau, après quelques 
heures le pus est déjà constatable, et les jours suivants sa quantité augmente, 
bien plus qu*on ne le voit avec le vibrion septique ou la bactéridie charbonneuse. 
11 est facile de s'assurer que son action n'est pas seulement mécanique, car 
vivant il fait plus de pus que mort, et donne une suppuration qui le reproduit 
par culture et non un liquide stérile comme lorsqu'il a été tué avant l'injection. 
Sans doute sa présence n'est pas indispensable pour la formation du pus, car 
cette humeur se produit également autour de corps étrangers, de poussières 
privées de tout germe vivant, c Ce n'est pas même en tant qu'être vivant que ce 
vibrion est pyogène, car il produit le même effet au lieu d'inoculation quand 
il a été tué, au préalable, par l'action d'une température de 100 à 110 degrés, 
qui lui laisse sa forme et son volume. Mais ce fait même prouve qu'il possède 
une énergie spécifique qui tient à sa structure, et à laquelle vient s'ajouter, 
lorsqu'on l'inocule vivant, celle qu'il puise dans son développement incessant et 
rapide. Au lieu de rester alors confiné au lieu d'injection, il pénètre et se multi- 
plie dans l'organisme, se propage dans les muscles, le sang, le poumon, le foie, 
produisant en même temps que les abcès métastatiques les symptômes de la 
pyohémie et finalement la mort. Sa pénétration n'est pas toujours facile, souvent 
il ne donne lieu qu'à des abcès isolés et n'arrive dans le sang qu'après des inocu- 
lations successives. Injecté directement dans le sang, il amène le développement 
d'abcès métastatiques viscéraux, comme le font les corpuscules solides ; mais, s'il 
est vivant, ou bien il occasionne une mort rapide, se reproduisant par ensemen- 
cement, surtout dans le foie et les poumons ; ou bien la guérison, possible, se 
fait plus longtemps attendre. » Pasteur ne nie pas l'infection purulente en dehors 
de cet organisme; il admet des pyohémies localisées dans les viscères et provo- 
quées par l'introduction de corps étrangers ou de pus sans oi^anismes vivants. 
Le vieil adage : le pus engendre le pus, est une vérité incontestable, les globules 
purulents ont cette faculté d'engendrer autour d'eux la suppuration. Mais ses 
recherches démonti*ent que « le pus accompagné d*êtres vivants microsco- 
piques dont la vie est possible dans l'économie animale amène des désordres 
plus grands et des résorptions plus difficiles que le pus pur. » 

Pasteur insiste à ce propos sur la facilité de résorption des abcès métasta- 
tiques. 11 est porté à croire par ses recherches que le pus n'est que le résultat 
pur et simple de transformations des globules rouges du sang, mais ce sont 
encore des études à poursuivi*e. 

Être aérobie et anaérobie, le microbe du pus peut vivre à côté du vibrion 
septique, se propager avec lui dans l'organisme, déterminant par cette associa- 
tion une infection purulente septicémique, ou une septicémie purulente. « Tan- 



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10 SEPTICÉMIE. 

dis que, dit Pasteur, le miarobe générateur du pus forme, lorsqu'il est seul, un 
pus lié, blanc, à peine teinté de jaune ou bleuâtre, nullement putride, diilftis ou 
enveloppé de ce qu'on a appelé une membrane pyogénique, n'offrant le plus 
souvent aucun danger, surtout s'il est localisé dans le tissu cellulaire, prêt enfin, 
si Ion peut ainsi dire, pour une résorption prompte, le moindre abcès, tu con- 
traire, que détermine ce microbe quand il est associé au vibrion septique, prend 
un aspect blafard, gangreneux, putride, verdâtre, infiltré dans des chairs ramol- 
lies. Dans ce cas le microbe générateur du pus, porté pour ainsi dire par le 
vibrion septique, accompagne ce dernier dans tout le corps ; les muscles, très- 
enflammés, pleins de sérosité, montrant même un peu partout des globules de 
pus, sont comme pétris des deux organismes. En résumé, on peut produire à 
volonté : des infections purulentes exemples de tout élément putride, des infec- 
tions purulentes putrides, des infections purulentes charbonneuses, des combi* 
naisons variables de ces sortes de lésions, selon les proportions des microbes spé- 
cifiques que l'on fait agir sur l'organisme vivant. « 

Cette citation , qui résume en peu de mots les résultats des recherches de 
Pasteur, confirme absolument les conclusions des expériences plus anciennes. 
Le pus, liquide complexe, présente des propriétés variables avec sa nature, son 
origine, son état de décomposition. Putréfié ou putride, il ajoute à ses effets 
phlogogènes et pyrogènes propres les effets pernicieux des matières putrides. 
Les injections veineuses ou artérielles, trop souvent employées dans les expé- 
riences, ne permettent guère de conclusions positives au point de vue de la 
pathologie humaine, parce qu'elles s'éloignent trop des conditions ordinaires de 
la clinique. Elles ont également l'inconvénient de rendre à peu près inévitables 
les accidents suppuratifs, résultat presque constant de l'introduction dans les 
vaisseaux de particules solides plus ou moins imprégnées de liquides altérés. 
Les injections sous-cutanées n'offi^ent pas ces inconvénients , mais pour 
obtenir des résultats précis il faut, comme Ta fait Pasteur, isoler par des cul- 
tures successives dans des liquides inertes les éléments dont on veut étudier 
l'action. Nous ne pouvons donc que nous rapporter aux expériences de l'éminent 
professeur, qu'on peut toujours citer comme des modèles, dans ces recherches 
si délicates de path ologie expérimentale. 

Matières et liquides putrides divers. Au nombre des premiers physiologiste» 
qui ont étudié expérimentalement l'action des matières putrides sur l'organisme, 
il faut placer Haller qui, voyant succomber les animaux auxquels il injectait de 
l'eau putride dans les veines, concluait de ces résultats : Nihil poteniius humore^ 
nostros corrumpit quant ipsa putrilago. Orfila (1805) empoisonnait des ani- 
maux par l'introduction dans le tissu cellulaire de fragments de matières pu- 
trides. Gaspard, nous Tavons vu, était arrivé à des conclusions à peu près sem- 
blables. Poussant plus loin l'analyse, il démontra que le putrilage végétal 
possède le même pouvoir toxique que les matières animales putréfiées, mais à 
un moindre degré ; que l'injection de matières putrides dans le péritoine déter- 
mine les mêmes accidents que leur introduction directe dans le sang. E» 
sonrnie, les phénomènes morbides consistent surtout en une inflammation parti- 
culière avec des hémorrhagies passives de la muqueuse intestinale. 

Gaspard, non content de ces résultats, demanda à l'expérience la solutipn 
d'une question aussi importante, l'action des composants chimiques, acide car- 
bonique, hydrogène sulfuré, ammoniaque, que l'analyse décèle dans les produits 
de la putréfaction. Il ressort de ces dernières tentatives que le médecin de Saint- 



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SEPTICÉMIE. il 

Etienne opérait sur des matières en décomposition assez avancée ponr dégager 
des gaz fétides. Quoique son attention ne semble pas s*être portée sur les pre- 
mières périodes de la fermentation putride, il n*ignorait pas le pouvoir conta- 
gieux de certaines maladies, et fait remarquer que Layard, Courtivon, Sandifort, 
Camper, Paulet, Yicq d*Âzyr, ont pu communiquer à des animaux sains des 
maladies épizootiques (fièvres putrides, charbonneuses, dysentériques), soit par 
des étoffes de laine imprégnées de miasmes et appliquées sur la peau ; soit par 
des sétons et des tampons de filasse imbibés des humeurs malades et appliqués 
sur des plaies cutanées ; soit par insufflation des gaz intestinaux ou injection de 
liquides morbides dans les fosses nasales ; soit par ingestion de sang, de bile ou 
de sanie excrémentitielle empruntés aux bestiaux morts ou malades. Magendie 
combat par ses recherches personnelles les conclusions de Gaspard, au point de 
vue particulier de l'ingestion des matières putrides dans le tube digestif; inges- 
tion qui ne déterminerait pas d'accidents typhiques, au moins dans la majorité 
des cas. 

Les expériences de Leuret, de Trousseau et Dupuy, de Bouillaud(1826), de 
Gunther, confirment les résultats de Gaspard sur les effets toxiques des ma- 
tières putrides injectées dans le sang. Bouillaud décrit avec une admirable 
exactitude, aussi bien les phénomènes morbides que les lésions anatomiques 
observées dans les autopsies. Nous avons insisté sur ce point dans une autre 
partie de ce travail. 

Hamont, dès 1827, constatait que le sang d*un cheval mort à la suite d'une 
injection de pus fétide pouvait transmettre à un second animal la fièvre putride 
à laquelle avait succombé le premier. Bien plus, Tautopsie faisait copstater chez 
tous les deux des lésions à peu près semblables : ecchymoses dans les muscles^ 
l'intestin, les reins, le cœur, et abcès métastatiques du poumon. 

Darcet (1842) signale avec netteté les accidents putrides produits par l'in- 
jection des liquides putréfiés. Il remarque que des poudres inertes introduites 
dans les veines ne donnent lieu qu'à la formation d'infarctus bénins dans les 
organes ; mais, si l'on injecte ensuite des liquides putrides, ces infarctus de- 
viennent bientôt des abcès métastatiques, et les animaux succombent avec les 
symptômes de la pyohémie. Les expériences d'Aran (1842), de Gastelnau et 
Ducrest (1845), confirment les résultats de leurs devanciers. Sédillot va plus 
loin. Tout en attribuant la plus large part dans les phénomènes de la pyohémie 
aux corpuscules solides du pus, il reconnaît les effets toxiques de la sérosité 
putride et des liquides fétides de macération filtrés, et leur rapporte les lésions 
congestives et gangreneuses de l'infection dite puti*ide. En un mot, il sépare net- 
tement, tant par leur origine que par leurs lésions, la pyohémie et la septicémie 
expérimentales, et, devançant les travaux modernes, montre par des faits la pos- 
sibilité de la réunion des deux affections. 

Pendant quelques années les chirurgiens français abandonnent la voie si bril- 
lamment ouverte. C'est en Allemagne, avec Virchow, Beck, Weber, Billroth, 
que la pathologie expérimentale poursuit et achève les recherches sur l'action 
des matières putrides. Éclairer l'origine et la nature des accidents terribles qui 
compliquent si souvent dans les hôpitaux les plaies exposées et surtout les plaies 
des os, tel est le but principal des travaux qui se succèdent sans relâche de 
l'autre côté du Rhin. Virchow, niant complètement la pyohémie comme entité 
morbide avec la signification de présence du pus dans le sang, rejette l'absorp- 
tion en nature des humeurs purulentes. Les accidents typhiques sont le fait de 



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i2 SEPTICÉMIE. 

rintroduôtion dans Torganisme des parties liquides putrides des humeurs, ils 
seraient justement désignes par les noms d'ichorrhémie ou de septicémie. Les 
infarctus, les abcès métastatiques, résultent d*embolies simples ou septiques. 

Billrotb, injectant dans les veines ou le tissu sous-cutané des liquides ichoreux, 
note une élévation constante de la température, sensible déjà deux heures après 
rinjection. Celte fièvre atteint son maximum, 41^,5 au plus, de vingt-deux à 
vingt-huit heures après une injection unique. Si Tanimal doit guérir, la tempé- 
rature tombe rapidement à la normale. On constate toujours une inflammation 
locale. Fait-on des injections répétées, la mort arrive après des rémissions et 
des aggravations successives, ces dernières correspondant à chaque introduc- 
tion nouvelle. Les injections vasculaires déterminent des diarrhées et des sécré- 
tions sanguinolentes des muqueuses, symptômes qui font défaut dans les inocu- 
lations sous-cutanées. Il n*a pas été possible de constater des différences de 
composition chimique entre les liquides employés; leurs effets physiologiques 
ont été les mêmes, variables seulement avec les doses introduites. L*autopsie a 
montré: autour du point d*injection, un foyer de suppuration, une infiltration 
de sérosité putride ou purulente ; une hyperémie des organes internes, des mar- 
brures de la rate et un sang poisseux ; point d*embolies ni de phlébite. Billroth 
conclut de ses expériences que la pénétration dans le sang, soit directement, 
soit par les lymphatiques, de substances putrides et de pus, principalement de 
pus provenant d'individus pyohémiques, peut provoquer la fièvre. Les principes 
pyrogénés adhèrent aux matières putrides desséchées, mais Teffet est moindre 
qu'avec les liquides. Gomme Tavait vu Gaspard, Teau de macération végétale 
agit comme les putrilages des matières animales, c'est-à-dire à la façon d'un 
ferment, sur les tissus et sur le sang. Ces propriétés n'appartiennent pas seule- 
ment aux substances à odeur de putréfaction, les exsudats inflammatoires pro- 
duisent les mêmes accidents. 

Pour Billroth, les virus pldogogène et pyrogène contenus dans les liquides 
putrides et dans le pus sont de nature moléculaire, car l'injection sous-cutanée 
d'un exsudât séreux ne produit ni fièvre, ni inflammation locale. De même, un 
exsudât séreux de phlegmasie aiguë, contenant quelques cellules de pus, ne pro- 
voque qu'une fièvre légère sans inflammation locale manifeste. La matière pyro- 
gène serait probablement un élément constitutif des molécules solides. 

Les expériences de Weber ne font en grande partie que confirmer les précé- 
dentes. 11 montre que la sérosité pure, le sérum du pus sain ou altéré, la sérosité 
des exsudats, les liquides septiques, n'amènent pas d'obstructions vasculaires, 
partant ni infarctus, ni abcès viscéraux. Mais la sérosité putride peut provoquer 
des inflammations diffuses surtout des séreuses et des muqueuses ; elle produit 
aussi des phlegmasies locales. Gomme le pus, introduites sous la peau, dans 
les séreuses, on directement injectées dans le sang, les sérosités putrides sont 
pyrogènes et produisent une élévation de la température du corps, quelques 
heures après leur introduction dans l'économie. Cette élévation est mdépendante 
des inflammations locales qui n'apparaissent qu'au bout de plusieurs jours. Cette 
fièvre ne peut être non plus rapportée aux processus emboliques, car, même 
débarrassées par la filtration des particules solides qu'elles peuvent contenir, 
les sérosités putrides sont aussi phlogogènes que le pus floconneux. On ne peut 
donc pas savoir si les propriétés pyrogènes sont dues aux corps solides, liquides 
ou gazeux, mais un fait certain, c'est que le sang subit par leur action une sorte 
de fermentation, car il acquiert lui-môme des qualités pyrogènes. 



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SEPTICÉMIE. 15 

Weber constate de plus que parfois les injections de sérosités putrides amènent 
avec une mort rapide un abaissement de température et souvent une diarrhée 
abondante, mais il ne précise pas les conditions de ces phénomènes si intéres- 
sants. 

C'est au moment oîi les chirurgiens allemands se livraient à ces expériences 
que les travaux de Pasteur sur la nature des fermentations, et les recherches de 
Davaine sur la bactéridiedu charbon, attiraient en France Tattention sur le rôle 
des organismes microscopiques dans les maladies contagieuses. Leplat et Jaillard, 
injectant des liquides putréfiés animaux ou végétaux, dépourvus de bactéridies, 
et voyant succomber les animaux en expérience, donnaient à Davaine loccasion 
de séparer la pustule maligne, le sang de rate, d'une affection voisine qu'il dé- 
signe d'abord par le nom de maladie septique de la vache et plus tard par le 
terme de septicémie. Les résultats obtenus par Leplat ainsi que par Davaine 
n'étaient en somme que les eflets depuis longtempsétudiés des matières putrides. 
C'est, avec des substances puti'éfiées que PoUi (1861), Balailhé (1863), après 
Gaspard, Darcet, Sédillot, Weber, etc., avaient obtenu chez les animaux le déve- 
loppement de véritables infections putrides. 

PoUi (1861) propose le nom de catalytiques pour ces affections. L'emploi des 
sulfites alcalins lui a donné des succès chez des chiens auxquels il avait injecté 
dans les veines des matières putrides ou septique^. Bergmann, Panum, Hemmer, 
Stich, concluaient de leurs recherches à l'existence d'un composé chimique 
plus ou moins défini, comme agent des phénomènes morbides dus à l'injection 
des matières putrides. Pour Chauveau, au contraire, les granulations libres et 
les cellules infiltrées forment les parties actives des humeurs virulentes, car, 
suspendues dans l'eau distillée, elles se montrent aussi infectantes que dans leur 
sérum naturel. Ses expériences renversent la théorie de Lebert, de Robin, qui 
refusent aux corpuscules solides toute activité virulente pour la rapporter exclu- 
sivement à la partie séreuse des humeurs. 

Blum, dans son remarquable travail sur la septicémie chirurgicale aiguë 
(1870), remarque fort justement que dans les études expérimentales il faut tenir 
compte: de l'espèce animale, du mode d'introduction des matières putrides par 
les veines ou le tissu cellulaire, de la nature des substances et enfin des doses 
injectées, presque toujours énormes, 4 à 30 grammes chez le lapin, ne corres- 
pondant pas à moins de 100 à 800 grammes chez l'homme. La prédominance 
des accidents locaux, la rapidité d'apparition de la fièvre (Billroth, Weber, 
Bergmann), s'éloignent des phénomènes ordinaires de la résorption putride chez 
l'homme. 

Les lésions observées peuvent se résumer ainsi : putréfaction rapide des ca- 
davres ; accidents locaux divers; ecchymoses dans les muscles; sang noir, diflluent, 
caillots mous, sérum imprégné de matières colorantes ; épanchement séro- 
sanguinolent dans les plèvres; ecchymoses sous l'endocarde surtout dans le 
ventricule gauche; ecchymoses sous-pleurales; engouement et hémorrhagies 
pulmonaires ; ecchymoses et hémorrhagies dans l'intestin ; congestion des gan- 
glions mésentériques ; infarctus sanguins, marbrures et ramollissement de la 
rate ; pas de lésions spéciales du foie. S'appuyant sur les résultats expérimen- 
taux et principalement sur les observations de Panum, Blum conclut que 
l'intoxication putride pure est innocente de la production des abcès métasta- 
tiques. 

Des expériences pratiquées avec différents liquides provenant de l'intestin 



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i4 SEPTICÉMIE. 

n*ont pas donné à Humbert des résultats concluants. Samuel tente de déterminer 
la réaction expérimentale de la substance toxique contenue dans les matières 
putrides. Si Ton injecte sous la peau de Toreille d'un lapin douze à quinze 
gouttes de liquides putrides concentrés, on détermine chez Tanimal vivant un 
processus qui, se développant plus ou moins rapidement, est caractérisé par la 
tuméfaction, la couleur verdâtre des tissus et une odeur putride intense. En 
même temps se montrent les symptômes généraux de la septicémie, par la 
résorption des matières injectées. La même réaction se produit avec les sub- 
stances putrides non odorantes, elle peut donc être considérée comme caracté- 
ristique. 

Colin, d'Alfort, a cherché à élucider expérimentalement l'action des matières 
putrides introduites dnns Torganisme. Comment agissent isolément, c'est-à-dire 
séparées des éléments figurés, les matières septiques résultant de l'altération 
du pus à la surface des plaies, matières dont la résorption doit s'opérer avec 
une extrême facilité? Pour résoudre cette question» Colin expérimente successi- 
vement : avec du pus altéré spontanément à la surface des plaies ; avec du pus 
fétide de clapiers ouverts; avec du pus altéré après son extraction, de la sanie 
gangreneuse et enfin des produits de sécrétion plus ou moins décomposés. Tous 
ces liquides sont filtrés, étendus d'eau, s'ils sont trop épais, pour éviter les em- 
bolies capillaires, mais ils conservent les infusoires, bactéries ou vibrions que 
le filtre ne peut retenir. 

De ces expériences Colin conclut que les matières putrides agissent : 
i^ comme un poison énergique; 2^ comme un ferment produisant à faible 
dose une altération du sang ; 5<^ comme un virus, déterminant un état morbide 
défini, susceptible de se transmettre par inoculation. Comme un poison, tuant 
le cheval dans l'espace de quelques minutes par infection veineuse. Comme un 
ferment, par introduction dans les voies respiratoires, amenant une pneumonie 
de mauvais caractère avec commencement d'altération du sang, non transmis- 
sible. Enfin comme un virus, par injection dans le tissu cellulaire ou inocula- 
tion dans une plaie, déterminant chez les petits animaux une affection conta- 
gieuse et transmissible au moyen du sang, des sérosités, des humeurs 
empruntées aux animaux infectés ou à leurs cadavres. De fins granules mou- 
vants et quelques rares bactéries caractérisent cet état de virulence. L'expérience 
permet de faire agir successivement le pus sain dont l'injection veineuse pro- 
duit, à faibles doses, des infarctus et des abcès métastatiques ; les matières 
putrides qui seules, donnent la septicémie. En faisant absorber lentement le pus 
associé aux substances septiques, on reproduit les phénomènes complexes de 
l'infection purulente. 

En 1873, dans la discussion sur la septicémie, il insiste de nouveau sur la 
diversité d'action des matières putrides. Le sang putréfié et le sang septicé- 
mique diffèrent par leurs effets comme par leurs caractères objectifs. La viru- 
lence n'est pas la putridité, elle disparaît aves la décomposition avancée. 
L'action des matières septiques sur l'organisme a pour résultat une altération 
du sang, très-évidente, coïncidant avec des troubles dans les phénomènes chi- 
miques de l'hématose et de la nutrition. Si la matière putride pénètre en 
masse considérable dans le sang, elle agit sur le système nerveux comme un 
poison stupéfiant et foudroie l'animal, sans qu'on constate d'autre lésion que la 
diminution de coagulabilité du sang et la tendance de ses globules à la dissolu- 
tion. Si la matière putride agit lentement sur l'économie, elle a sur l'état du 



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SEPTICÉMIE. i5 

sang un triple résultat : i^ sa coagulabilité est considérablement affaiblie ; 
2<> ses globules laissent échapper leur contenu et tendent à se détruire ; 3<> il 
apparaît dans le liquide une certaine quantité de petits granules mouvants et 
de vibrioniens. C'est alors Tétat virulent et la septicémie transmissible. 

Les symptômes de l'intoxication putride sont aussi très-différents de ceux de 
la septic^ie expérimentale. L'injection est suivie de troubles immédiats, tris- 
tesse, abattement, anorexie, légers tremblements, symptômes en rapport avec la 
quantité du poison absorbé, d'où mort lente ou véritable foudroiement. Puis 
vient la fièvre, conséquence de l'altération du sang. Les lésions font défaut 
habituellement quand la mort est rapide ou foudroyante. 

Colin revient encore sur ce sujet (1878) dans un travail sur la diversité des 
effets produits par les matières septiques suivant leur degré d'altération. Il a 
remarqué que la même matièi*e animale putride, inoculée ou déposée sur une 
plaie, parfois détermine des lésions mortelles, parfois reste absolument inoflen- 
sive. Parfois il faut l'injecter à doses énormes pour produire des accidents ; 
ailleurs il suffît de quantités très-faibles. Chez un sujet on obtient une altéra- 
tion transmissible du sang, et chez l'autre aucune virulence. 11 y a donc plu- 
sieurs états putrides, différents par la gravité de leurs eflets et par leur mode 
d'action. La cause en est dans le degi*é d'altération des matières. 

I. L'injection dans les veines de matières putrides liquides, filtrées, telle 
que l'eau de macération, à doses fortes, produit : ou 1^ la mort en quelques 
heures ou quelques minutes, la mort foudroyante (Bouillaud-Colin) ; ou ^^ un 
état fébrile adynamique et la mort au bout de quelques jours avec des altéra- 
tions du sang. Dans le premier cas on constate une prostration immédiate 
extrême, l'aHaiblissement des contractions du cœur, la diminution de la tension 
artérielle et de la coagulabilité du sang. C'est un empoisonnement simple sans 
lésions organiques. L'eau pure, injectée à des doses doubles ou quadruples, 
n'amène pas d'accidents. Tous les animaux succombent ainsi, sans que leur 
sang contienne de microbes, sans qu'il acquière de propriétés contagieuses. 
Des organismes microscopiques ne pourraient agir avec cette rapidité. Il faut 
donc admettre, soit une toxicité de la matière putride, soit Texistence d'un 
principe délétère particulier (sepsinef), véritable poison. 

II. L'injection dans les veines d'une moindre quantité de liquides putrides 
provoque un état adynamique avec des troubles de la respiration, de la circu- 
lation, de la calorification, et la mort en un à trois jours. On constate à l'au- 
topsie des lésions de l'intestin, des poumons, etc., mais surtout on trouve le 
sang foncé, moins coagulable, avec tendance à la diffusion des globules et de 
la matière colorante dans le sérum. Le sang se montre très-riche en granules 
mouvants, mais il n'est pas virulent. C'est donc une fièvre putride et non la 
septicémie expérimentale virulente et transmissible. Parfois on obtient dans les 
mêmes conditions une sorte de fièvre hectique avec leucémie et gonflement des 
ganglions lymphatiques. Mais cet état morbide, très-rare, ne se produit qu'après 
les injections de liquides putrides dans le tissu sous-cutané, les bronches ou le 
canal digestif. 

m. Quand les matières sont en décomposition trop avancée, bien que char- 
gées de granulations et de bactéries diverses, leur inoculation est sans effet. 

Pour déterminer la septicémie virulente, il faut : 

i . Du sang rapidement décomposé à l'air, à une température peu élevée, 
conservant sa coloration normale et ses globules (Davaine). 



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16 SEPTICÉMIE. 

2. Du sang d*berbiyores, après une autopsie tardive, pris dans les veines 
centrales, notamment dans le tronc-porte, et altéré hors du contact de l'air. 

3. De la sérosité péritonéale trouble et fétide, très-chargée de microbes. Si 
elle a subi le contact de Tair, elle se montre moins active. 

4. Du sang, des sérosités, des liquides pris sur le cadavre d'animaux char- 
bonneux ou peu décomposés. 

5. Des liquides pris sur le vivant, devenus putrides hors de l'air ou ayant à 
peine subi son contact; liquides des parties contusionnées en voie de mortifi- 
cation, pus de trajets ûstuleux. 

6. Des matières animales, non altérées, insérées sous la peau, puis exposées à 
l'action de l'air. 

La septicémie virulente se produit surtout, si le foyer est rempli ou entouré 
de sérosité ou de liquide séro-sanguin. Le pus sain, franc, louable, exclut cette 
aflection. Mais les sérosités associées à des matières étrangèi*es putrescibles 
s'altèrent rapidement : de là les intoxications rapides, soudaines, rapprochées 
des grandes opérations. 

Le pus ne s'altère que tardivement, occasionnant les accidents éloignés. En 
somme. Colin reconnaît aux matières putrides des différences d'action, mais 
ses propres conclusions semblent faire une part aussi large aux quantités injec- 
tées et à la voie d'introduction qu'à l'état de décomposition de ces substances. 
Nous aurons à discuter la valeur de ces faits. 

Il semble acquis que les liquides putrides injectés dans les veines ne produi- 
sent pas d'abcès métastatiques. Mais, si l'on introduit en même temps dans l'arbre 
circulatoire de fines particules solides, les expériences de Darcet et celles plus 
récentes d'Hayem prouvent que des collections purulentes viscérales peuvent 
alors se former. On obtient ainsi de véritables embolies septiques. Selon Gre- 
veler et Hûtér (1872), si l'on injecte à des grenouilles des liquides putrides 
chargés de monades nombreuses et mobiles, l'examen de la circulation dans le 
mésentère ou la langue fait constater la dilatation des petits vaisseaux et l'ob- 
struction des capillaires, tant par des globules blancs adhérents que par des 
amas de microbes. 

Les matières putrides desséchées conservent, d'après fiillroth, leurs propriétés 
pyi'ogènes, mais perdent en partie leur action phlogogène. 

Hemmer, au contraire, a constamment échoué en inoculant dans le tissu cel- 
lulaire le résidu de sérosité putride desséchée. 

Eberth, pour étudier les qualités infectieuses des liquides réputés septiques, 
pratique des inoculations dans la cornée d'animaux vivants. Avec le sang des 
accouchées mortes de sepsis^ avec les produits de l'endocardite pernicieuse, 
comme avec le pus des pyohémiques, il a vu se développer des kératites diphthé- 
ritiques. 

Les bactéries de la diphthérie comme les bactéries de la putréfaction se grou- 
pent pour former des embolies suivies d'abcès. Si la pyohémie est le plus sou- 
vent une diphthérie véritable, quelques-unes des formes de la septico-pyohémie 
ne sont que des mycoses dues à la combinaison des bactéries diphlhéri tiques avec 
les vibrions de la putréfaction. Les expériences de Leber ont donné les mêmes 
résultats, d'où il semble permis d'admettre que chez l'homme les kératites 
purulentes avec hypopion et iritis reconnaissent le plus souvent pour cause une 
infection septique. 

Tiegel, en filtrant les liquides septiques chargés de micrococcus, a vu l'ino- 



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SEPTICÉMIE. 17 

calation du sérum ne donner lieu qu'à un accès fébrile léger et de peu de durée, 
pendant que le résidu, lavé avec soin, produit sûrement une afTection septique 
intense. Les éléments actifs se trouvent donc dans les corpuscules solides isolés 
par la filtration. Klebs, reprenant ces expériences, en filtrant les liquides à tra- 
vers des vases en terre poreuse, est arrivé aux mêmes résultats. Malheureuse- 
ment, il semble démontré que la filtration sur Targile n*empêche pas toutes les 
bactéries de passer, puisque les liquides filtrés se montrent encore actifs par 
des cultures successives. La congélation conseillée par Bergmann ne réussit pas 
mieux. En injectant des liquides filtrés, à peu près sans odeur, et ne renfermant 
pas traces d'hydrogène sulfuré, Wolff a déterminé des abcès locaux dans les 
quatre cinquièmes des cas chez les lapins. Par contre, chez les cobayes, ces 
mêmes liquides se sont montrés peu actifs, même avec addition de bactéries. 

Wolff en conclut que l'élément toxique n'est pas la bactérie, mais d'autres 
principes morphologiques ou chimiques retenus dans le résidu, qui présente 
une odeur repoiassante. En poussant des liquides septiques dans les voies pulmo- 
naires, il n'a obtenu que 8 fois sur 20 des lésions parenchymateuses, foyers 
circonscrits, disséminés, hépatisations lobulaires ou infiltrations pneumoniques 
diffuses sans amas de micrococcus. Ceux-ci disparaissent dans le sang au bout 
de quelques jours. 

Les recherches intéressantes de Burdon-Sanderson ont porté sur l'action 
des produits inflammatoires. Il s'est efforcé de démontrer expérimentalement 
que dans toute inflammation suppurative aiguë les liquides exsudés manifestent 
des propriétés infectantes, si on les introduit dans le sang, le tissu sous-cutané 
ou les cavités séreuses. Ces propriétés se révèlent par l'élévation de la tempé- 
rature (fièvre), et par le développement d'inflammations secondaires. L'élévation 
de la température est le résultat direct de la présence de l'agent infectieux 
dans la circulation. Les inflammations secondaires, aiguës ou chroniques, se 
distinguent par leurs caractères anatomiques. 

Quelle est la nature de la substance pyrogène? Dans les processus aigus avec 
fièvre et inflammation, l'hypothèse d'une décomposition septique est justifiée 
par la présence des bactéries dans le sang et dans les foyers phlegmasiques, en 
même temps que par l'identité des symptômes avec les phénomènes morbides 
de la septicémie. Dans les processus chroniques, il n'est pas démontré que 
l'agent actif soit de même nature, quoique l'on trouve tous les états intermé- 
diaires entre les' infections septiques rapides et l'évolution traînante de la tuber- 
culose. En tous cas, le contage n'est pas une substance soluhle, mais probable- 
ment les microzyma ou granulations, toujours très nombreuses dans les 
liquides des phlegmasies aiguës infectieuses. 

Les lésions, avons-nous dit, diffèrent suivant les produits inoculés. Avec les 
produits d'infection chronique, pas d'abcès locaux ; la plaie guérit simplement, 
et ce n*est qu'après des semaines que l'on voit apparaître sous la peau, au 
point d'inoculation, un groupe de nodules demi-transparents. Le foie, sans 
nodules distincts, est gonflé par le développement interstitiel d'une matière lui- 
sante et semi-transparente. Les poumons sont parsemés de nodules grisâtres, 
demi-transparents, assez régulièrement distribués. Enfin, les ganglions lym- 
phatiques sont le siège d'une induration fibreuse chronique, avec transformation 
caséeuse éventuelle de leur tissu. 

L'inoculation de produits pyohémiques donne, au lieu d'injection, des nodules, 
des abcès, avec des groupes de foyers purulents plus petits, disséminés dans le 
DICT. ENC. 5* s. IX. 2 



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i8 SËPTlGÉiriÊ. 

voisiimge. Le foie est parsemé de nodules, purulenta au centre et fermer au 
dehers. La plèvre est tSslpisâée' d'exsudats, led poumons criblés d'abeè»; les gan^ 
glions lymphatiques gonflés et ramollis. Le même contraste existe dans la 
mar&he d'es deux processus. Le premier se termine par une mort rapide; le se» 
cond, après une longue période silencieuse, se traduit par des symptômes f&jfSK 
ques, et ranimai succombe air milieu des phénomènes de tente consemptiooi- 
La question de Tàctiov des micro^organismes dans les effets de» liq«ides 
putrides introduits d^s Téconomie occupe désormais la^ premiàre plaee dan» 
les préoccupations des expérimentateurs. Mais les recherches se font san» mé^ 
thodeet les résuttatls obtenus sont trop souvent discutables: ou- entaché» dfev- 
reuts. Lewitïky, cherchant la partie véritablement active des Itqoîdes pyro^ 
gènes^, constate que les injections d*eau distillée dans les veines sont suivies de^ 
fièvre, mais que ceHe-ci résulte soit dwtrauma nécessité par la dénudatién. du 
vaisseau> soit de la q^uantité trop con^cttraMe Sa Kquide injectéu Em employant 
des doses faibles, fractionnées^ on n'observe pa»>de réaction fôbrile. Le lifuide de- 
Pasteur, firais, très-riche en bactéries, ne donne pas de fièvre, l^ouillé par 
filtration de tout ou^ partie de se» bactéries, i) produit une réaction' fébrik;. 
mais celle-ci est constante quand on IV conservé* pendant quelque temps. II 
semble donc que la fièvre ne soit pas le résultat direct de la présence de» baeté^ 
riens, mais bien de Taction ât substances inconnue», qui résultent de la végé- 
tation et de h vie de ces micro-organismes. 

Samuel étudie d'une façon plus large tes eiï^ des sulMtances putréfiée, et 
indépendtamment de 1» bactérie, dite spéciGqne, de la putréfaction^ q«i ne lui) 
semble pas déterminée^ (187!S)'. Ses expériences ont été faites en Mver, avec \» 
liquide produit par la putréfaction- dan» Feaud'un morceau de* chair musculaire, 
en injectant constamment un centimètre cube du liquide*^ Il reconnaît dans le 
processus putride trois stades, qu'il' désigne suivant les effets produits sur Téeo^ 
nomie par les noms de phlogogène, septogène et pyogène. Cest 9lade» ont une: 
durée très-diUSrente et leurs limites ne sont pas nettement traachées. 

i. Au bout de deux jours apparaissent dans le liquide de macération; les 
bacterium terme. Le stade phlogogène, csu<actérisé par la produelien d*ia* 
fiammations résolutives, dure jusqu'au septième jour. Il peut manquer, si le 
muscle macéré est pris sur un animai mort d'infection putride^ 

i. A la fin. de la première semaine commence le stiide septogène, qui dote 
de trois à quatre mois. Le liquide injecté contient des spore» ea'diapelelSy puis- 
des bacillum et des vibrions. Le processus septique est marqué par lacolonilMft 
verdâtre des tissus, une odeur putride prononcée, la coagulation du sang et la 
gangrène. Lié aux deux stades voisins, à son dëbnt il est phtogp-sef togène^ à sa 
terminaison il devient septo>-pyogène. Le liquide de niMéraftion acqwert son 
maximum d'action un peu avant le milieu de cette période; ii détermine alor»^ 
une septicémie véritablement foudroyante, l'icharrhémie de Yirchowr et Tani^ 
mal succombe en quelques heures sam présenter de lésions locrie»* Puis le» 
propriétés septogènes vont diminuant peu à peu. 

5. Enfin vient fe stade pyogène, caractérisé par la présence dans le liquide» 
de spores immobiles et de bactéries brillantes et mobiles. Les injeotioiu pro- 
duisent alors des inflammations snppnratives avec tendance à une extensie» 
rapide et une exsudation abondante avec odeur de putréfaction. 

Le stade septogène est le plus long et le plus important. Le proeessu» septi- 
que progressif, par prolifération et migration des bactéries, se produit avec les- 



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SBPTICÉMIB.. 1^ 

liqBidwi.darriérfBipikcsiiBple^ oui maUoi.de roatéûnj^Ute i^«reu8A^.d#J«, 
métritefielideplà flfcitoaiteipMtr p ëg ri esi .p>w>peuicpie riDJfctiwi.iie tsoit p^&.ftgto, 
à.llextréaiité<lliioei|^.nur l6flb>ii)06iilaiioKytila.(>ui»sA^u,auLtn>ii« OBidételaj^. 
làptttndètépvoçraaaiTer.pftr Ifiudéf^fdaDS unerphie proCwidedu lifuide «ibpÎq^ 
pli)o9agèBB,.ua<érTBtpUc^ntliii..Au coskaîre^ l!ér;yâ(^iA.sÛBpkks*WieDt;pHrrJft 
dépôt dediqaiflôi sapto-pyigàwt' mtc nD»\ plaie diUQ\. da, d«4ii> ài ixm jq»e$» . 
limtfm hs «sondiiiaBft anatomiqMs ^aottii dé&.v(NmUèa>à JlaxteRHMi. des léâioMî 
(findareB^liixaUoat^jiHtgiiitBt d!amp«lftlioa)4.1e:pr(Meiius.s0Htiq^e.ppyiUrMt^ 
stolionittimi. L'ér^reipèlè ne sét pveritiit q^JautanUqpe kliq^idecontieiU^deft. 
hafllémei. 

Samuel reconnaît une infection septiqu0:9foénikb»,caiiu4éméie par mie^altérv 
iiilai(prafefi(k duisangi sans léBiMM loMdeispëèîaleSf et inportinte^. Aiguë, 
eUt: peut, tueireo) quelle»*, haure»; chrcMiique» eUe^ dure^i de qviatr»; à., oioq, 
scByJws» Si-la«quiotité du) liquidée inj^ta^e^t iaibloi le saof^, dujcaïUvi^ ne. 
oflDticiitipar. d6.1aiciâcie6<.Ikn« plu»^ de ceBi.expéneBoee; j')«EMui»âaiBiiidi'n*ary^ 
aa prahiire dhbaèa; iiiâaaIaiiqiiesi.iiiM»: \^< pneiuoooiea» 8e(>iiqiieit orumi*, 
aent unipèénomènei fn^peiili liinfeotiem générale: se; produit, par. réiorptiaitt 
piinâtiveiln licpiidè ineaulé^out paiv réeorptîaiiiseeendair^^ niultif. 

piiâau; peintLd*injeetiiuBu.Lftjnultiplicali(m de0-baelériea)daiift^lesaiig.napeut 
être oonstfttéepar l'iexaiaeD^ elle j semble; deiiteift»a» pwsq|ia,l|iiiy.ecliQDidu«saag. 
d*im animait atpticémiifpei^, vivant, ne do«Mi:paf de^résultMa pa^itiCs,. Si- les 
pnMhûtaslooaiUB, eKsndids.inflMiuniatairaBfet gangrénaaiv sant virulents^ iUiWttt 
aal.pasd&niéme dm saaig: vivant ( amf(dana4leaf caa oiXi la liquide piUride..e6ti 
ii^eeiéenjquantité^oooiiidéraUa dàot;. la ciroiilaitiaii* aucbiaaty.ptoèli'er p^ que. 
porfontion aeoidenteUe^des vaiaseaufi.. 

Ënrésumô» Samuel* caoelut da sie^nambreusesi eipfiHenceaique lapyobéoûa 
nfest pas^d'artgina-sepltipei .(huuxttàjlatnature. de JUn{^ 
If^ L*aation:toiîqne^ sepitqm^ spécifique^. ealtUée.à raûsteace dan»* lea liifuicki» 
de' certnims sufastanoeavidatilea^. coBibiuaiMastde: soufre- et diamoHunii^lie*. 
Laraqutont fait: chaut&n am bainname k 60'degréa uui liquide ^ putride: tvèa. 
odorant,. iltperdienmémee teaupsique^ saaodejanla>pn>priétéde;clét€urminer^ui^; 
gangrène septique, mais il peut encore causer des processus progressifs», paroa. 
qu& les bacténêe yt sont isitéee biani vi1raatet*.La gangràna reconnait donc. une 
cause '.obimiqua^Deimènifii la aoptteémie foudroyante napeutôtre attribuéaqyi**^ 
une- intoxication*, can* les. hafitériesv sépanfea dos: substances cbimique»^ volor- 
tikfl^.na; pavent plua^ produirez oagçnre de mort* 2<» Leeh lésions progresMves 
soDt'le! réeultati dêai bactéries. 3^ Le liquide putndâ; soumi»^ plusieurs heoreA. 
à-l(àflftio(B du.feu4,puttifiltrédefiaçûaiàtperdiie:sontQontBnu/8eptiqueiet saa bacr 
tériaa^. paatèdarenoare dtifrproprâéléaf plilagagèkMaet. pymgènes». duea sansodûuia 
àsdesi subslanoesi ohimiqneB^nonivolatiles. 

Albert,. eBiSuapendantila. circulation dansQeritaineSipartiQMlu.oorpi^ soit.pai' 
la.ligaiuiie des artàœs^. soit; par rintroduetioQ.dejCorps.obturantsdâostlea vaisr- 
seflBos,. a; yvl les embaliea-puiiementi mécaniques^ produire des^ fièvrea.àrtyi^'inter- 
nûttfiDt, pendant.quejies embolies 3epAiquea provoquent une fièvi-e à t^ contimi. 
Gea rësultata ne pamiasant.pafr.ai«ip été vérifias pa& d-autrea expérimentateurs,. 
Le&.reefaarofa8»>deOrth (tô7S) sun la>fiàvn&< puerpérale: présentât, plus dUutérôt,. 
car elles* tendent àiràesimilation deoetlftaffaction aM&.ai^euts putjudk^fOPdi-» 
naires de» lé^is chimcgioalas. Dans une épidémie; q^i sé^it. k Bonn^». cet. 
obsmnraleur w. constaté dans^touftlea cas L'existence d'une gi^ude: quantÂtér.de< 



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SO SEPTICÉMIE. 

micrococcus libres ou réunis en chaînettes dans les exsudats inflammatoires du 
péritoine, à l'exclusion de toute bactérie cylindrique. Le sang des malades ne 
contenait que rarement ces organismes sphériques. En iqectant ces exsudats 
dans le péritoine de lapins, il a tu se développer une péritonite rapidement 
mortelle, en même temps qu*une multiplication colossale sur place des micro- 
coccus. Ces éléments inoculés sur la cornée se propagent très-facilement ; mais 
une fois seulement, chez le lapin, pendant la vie, il en a trouvé dans le sang en 
quantité considérable. Ces expériences confirment les résultats obtenus par San- 
dei*son qui, introduisant dans la cavité péritonéale de lapins du pus pris sur 
des sujets pyohémiques, le vit acquérir en quelques jours un pouvoir infectieux 
bien supérieur à celui du liquide primitif. 

En cherchant Texplication de ces faits, Bouley se demande s*il est possible 
d'admettre que le pus devienne virulent par le seul fait de son séjour dans 
une cavité vivante. S'il en était ainsi, tout le pus des clapiers devrait être sep- 
tique. Selon Davaine, l'animal inoculé devient septicémique, et son sang infecté 
transmet par exosmose ses propriétés purulentes aux sécrétions du péritoine et 
aux liquides qu'on y a introduits. En acceptant cette explication, il ne serait que 
plus intéressant de voir si, en donnant une septicémie artificielle à un cheval 
qui n'a qu'une collection purulente simple, on imprimerait au pus de ce foyer 
une activité virulente qu'il n'a pas, tant que l'animal reste en bonne santé. 

Ghauveau ne tarde pas à répondre à la question posée si nettement par 
Bouley, au moyen d'expériences des plus ingénieuses. Sous le titre de nécro- 
biose et gangrène, il étudie expérimentalement les phénomènes de mortification 
et de putréfaction qui se passent dans l'organisme d'un animal vivant. Dans le 
bistournage simple ou sous-cutané des béliers, on n'observe ni putréfaction du 
testicule, ni accidents généraux. La glande se grefTe sur les parties voisines, et 
subit la dégénérescence graisseuse. L'opération se pratique-t-elle au contact de 
l'air, le testicule se putréfie. Comme les gaz continuent d'arriver par le sang 
artériel jusqu'aux testicules, après le bistournage sous-cutané, il semble évi- 
dent que le milieu atmosphérique n'agit pas par ces gaz, mais probablement par 
les germes organiques en suspension qui produisent les vibrions des infusions 
putrides. 

Pour s'en assurer, il suffit de faire arriver ces germes par le sang, en ii^'eo- 
tant dans la veine jugulaire de la sérosité putride riche en microphytes. Chauveau 
prend du pus des abcès putrides expérimentaux chargé de vibrioniens, l'addi- 
tionne d'eau, en extrait la sérosité, et l'injecte à la dose de 5 à 20 centimètres 
cubes suivant son état de dilution. Il n'y a plus qu'à attendre la répartition 
égale de ce liquide dans la circulation; certainement le sang retenu et immobi- 
lisé dans le testicule bistoumé renfermera des vibrioniens. Dans ces conditions, 
on voit constamment, dans les régions tesliculaires, et là seulement, éclater des 
phénomènes putrides et gangreneux, qui, tantôt se limitent aux organes mor- 
tifiés, tantôt deviennent progressifs, envahissants, et parfois mortels. La sérosité 
non 61trée produit seule ces effets, les liquides filtrés se montrent inofifensifs. 
Si l'on pratique le bistournage d'un testicule avant l'injection, de l'autre 
après l'injection, le premier seul se gangrène malgré la fièvre septicémique. Le 
rôle des organismes élémentaires, dit Chauveau, se dégage donc nettement dans 
la production des phénomènes de putréfaction vraie sur l'animal vivant. Des 
expériences nouvelles démontrent de plus que les manœuvres mécaniques qui 
s'opposent à la grefie du testicule sur les pailies voisines ne sont pas aptes 



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SEPTICÉMIE. 21 

à provoquer par elles-mêmes des phénomènes gangreneux. Bouley conclut que 
ces résultats sont tout à fait démonstratifs de la nécessité de Tintervention des 
ferments septiques pour qu*un organe mortifié, sous la peau, puisse se putréfier 
tout en restant soustrait à Tinfluence du milieu extérieur. Comme Je remarque 
justement Verneuil, ces faits ne sont pas sans analogues dans la pathologie 
humaine, où Ton voit les lésions sous-cutanées et interstitielles suppurer, pour 
peu que le sujet présente en même temps des plaies ouvertes et suppurantes 
dont les sécrétions résorbées altèrent le sang tout entier. Cependant ces expé- 
riences et ces observations ne prouvent pas nettement la virulence des produits 
gangreneux ou putrides ainsi développés, point fort intéressant à établir. 

Nous n'avons pas à revenir sur la discussion académique de 1873, dans 
laquelle Vulpian, Colin, rejetèrent Tassimilation absolue de la septicémie viru- 
lente aux phénomènes morbides produits par Tintroduclion de matières putrides 
diverses dans l'économie et soutinrent, faits en main, les modes d'action variables 
de ces matières. Nous avons longuement développé ce sujet dans une autre 
partie. 

filum avait déterminé des accidents septicémiques par Tinjection sous-cutanée 
de liquides putrides sans odeur. Mathieu et Urbain, distillant à 45 degrés du 
pos fétide, obtiennent un liquide alcalin, d'une odeur repoussante, dont ils 
extraient par Téther une sorte d'huile fortement odorante. Injecté dans la 
trachée ou dans le tissu cellulaire, cet extrait ne détermine aucun effet toxique. 
Bergmann, après avoir filtré des corps gras qui servent de véhicules à des fila- 
ments formés dans des liquides où Ton a cultivé des bactéries, injecte le mélange 
dans les veines de 14 chiens. Tous meurent de pneumonie et présentent, au 
début des infarctus,. plus tard une infiltration inflammatoire et des foyers sep- 
tiques plus ou moins étendus. L'injection des mêmes Uquides dans le tissu cel- 
lulaire inlermusculaire est toujours suivie d'une infection générale, pendant 
que Jes injections sous-cutanées restent inactives. H nous paraît difficile d'expli- 
quer des résultats si différents. Kûssner recourt à la filtration sur une double 
couche de papier pour séparer les bactéries, puis il constate qu'injectés à des 
chiens et des lapins les liquides, filtrés ou non filtrés, donnent à doses égales 
les mêmes accidents. Ce résultat nous pai*ait aujourd'hui très-naturel, car nous 
savons que les microbes ne sont aucunement retenus sur le filtre. 

Wolff opère d'une autre façon. Il expérimente comparativement d'un côté les 
liquides purulents ou putrides, de l'autre les spores extraites de ces liquides. 
12 cobayes injectés avec du pus pyohémique succombent, à l'exception d'un seul. 
Sur 12 cobayes qui reçoivent des bactéries de pus pyohémique suspendues dans 
une solution de 1 pour 100 d'acétate d'ammoniaque avec un peu de phosphate 
de potasse, 8 sont encore vivants après 12 semaines. Inutile de dire que VVolff 
n'admet pas l'exactitude de la division des bactéries en pyohémiques (sphériques) 
et septicémiques (bâtonnets)... Riemschneider constate que l'injection de sub- 
stances putrides dans le sang abaisse constamment la tension artérielle, augmente 
la fréquence de la respiration et dû poub en diminuant l'ampleur de la pul- 
sation. Mais la forme ëtoilée des hématies est-elle due, comme l'admet Hûter, à 
la pénétration dans les globules d'organismes microscopiques? Nous avons dit 
que dans le sang normal les globules pouvaient prendre cet aspect sous cer- 
taines influences. Les expériences directes ont également démontré à Hiller que 
l'injection dans les vaisseaux de liquides putrides riches en vibrioniens n'ai- 
tésmii aucunement la forme des hématies. 



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^2 SEFTIGÉMI-E. 

Kehrerdans ses flimbreutes «xpéiîtnMs tor le poison) putride (tô74) «e^t 
arrivé âuxcraèluMODS '«suivantes .: td<»)Ljiij«cli(Hi Miis-JiulaBée^de'tiîèstfetatts 
doses'de sang'potjpéfié' produit tocatement une rougeur <qui passe ^vite 'et «une 
luméfaetion ia^ignifiante quidéerôttidès leipreiûcrou.ie4»«endijour. 2® ^vec 
des^ doses moyennes, on obtient une^jorte de furoncle; puis letpufi se résorbe, da 
tumeur se rétrécit et^estretnplaeée «par uae petite 'éfevure très^vasculairequi 
persiste pendant quelque 'temps. iCe n*est qu^ceptiennellement que ise déve- 
lo^^n phlegmKm diffus. 5« Les doses fWrtes -entraînent ordinairement 'Un 
phlegmon diffus dont la mme contient des ibaotéries. ^^ ^i ^le liquide -«st 
filtré, il se fonne une Jégère tuméfwtiem qui dure «eufement quelques 
'besres, au plus quetques joura, jamais td*abcès local, d^ L*ëbullition, suivant 
sa durée, diminue 'Taction du liquide putride. * 6<» iLa congélation est eaas 
^et. 1^ Les liquides putréfiés non bouillis donnent ouïe fièvre tvioknte .qui 
^persiste plusieurs jours eu ^se tptolonge juaqu^à^la mort.; le maximum de4em- 
péniture>est atteint ^labitueUement dans le :premier oudesecend jour. 8<* L'in- 
jection des liquides filtrés est également suivie d'une réaction fébrile, mais 
de durée 'et d^intenshé moindres. S^'tËlle «st plus faible let plusrcourte que la 
véritable) fièvre septioémique. 10^ L'injection, répétée ^siours |}ours deisuile, 
de liquides putréfiés et 'Cong«lés, .détermine une fièvre auèsi "vive que celle 
qui suit immédiatement 'l'injeetion <de liquides iion congelés, ll^ Après .lUo- 
jeeliende'liquides'pulréfiés'on constate : raccélération duipoula^t deJa respi^ 
ration, ranoresie; les 'Ohiens (hurlent quelquefois tfortcment. On voit souvent4e 
ooma, jamais de 'mouvements ^^convukifs. i^ 'LefluK 'Giilpvaire,'le'méléopisflae, 
le catarrhe gaetro-HUteetinal, se montrent «près les injections intra-'veiaeiiscft, 
mais p«»*avec les injections ^oue-outanéeiB. 43^ Ijq mort n'a junais suivi J'ôntro- 
duetiou'de liquides 'putréfiés filtrée ou 'bouillis ^ avec îles liquides ordinainee Ja 
mortalité edt de 36'ponr 400. 14'' A r^nitopsis, si k morta*eu lieu dans les 
premiers joufrs, on 'trouve au 'point d'injection les^isaus^en putréfaction avancée; 
si k' mort est tardive, ils sont comme 'deseéi^és. Dans lenosur, lesang fomne-des 
caillots mous et noirâtres. Hsd^ituellement le 'ccsnr, les ipoumons, le foie, les 
reins, neprésentent pas de lésions ; «seule, ia rate est pûfois tuméfiée -et tson 
tissu remdlli. 

Les expériences de liukomsky (1^75) ^avec des liquides ^putrides ou érysipé- 
lateux tendeilt à démontrer la possibilité de raproduire une inflaraaaation <éry- 
sipélateuse par la mise en -contact avec des plaies siniples; <rinjectioB sous- 
<3Utanée détermine 'habituellement des phlegmons. 'MaUienreuseme»t'ûes eonctu- 
«ions, conformes 'à *la théorie de fititer et 'de Ortb, sont contredites par des 
d*echerohes de 'Hiller et Tillmanns. Comme Ailler-^ice «dernier rejette absolument 
4'action des bactéries. «Mais toutes ces expénenoes «dans 'lesquelles des liquides 
baotérffères mis en oontact avec ^ee piaiea, cm énfectés -sous k «peau, se sont 
montrés complètement innocents, perdent leur valeur pnr l'impossibilité aujour- 
d'hui ^reoomiue «de la •détemunaticn précise é^ <la nature 4es microbes. Il ciûsèe, 
«comme l'a démontré Pasteur, de bons et de mauvais microbes. Les pmiinâers 
«n'ooeasionnent pas^'aocidenls, les seconda peuvent amener irapidement la «ocrt. 
^ries caractères morphologiques ne peraaettent <pa(s de les ilistiuguer; leurs 
propriétés pbjsiologiques seules* les cavadérisent. Û faut donc admettre que les 
.expérimentateur qui ont eu le courage de s'injecter 4 eux^^mâmes des liquides 
bactërifàres sont, fort heureusement, tombés sur des microbes innocents. Il 
élevait en être ainsi dans les expériences d-où Traube et fischeidlen ont coodii 



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SEPTICÉMIE. 23 

que les lapins et les chiens sij^pportent sans dommages durables Ti^jection dans 
le sang de guaatiiés considérables de liquides renfermant des baptéries, et que 
«esdMdénes sont rdétrui(es après vingt-quatre ou quarante-huit heures. Ainsi 
également dai^ Jeseipérienoes de Zûlaer« (de Uiller, de Miller, qui refusent aux 
iMMSléiies .toute jtttion toxique. 

Panum.ae.feit le déienseur d'Une doctrine miite en distinguant deux formes 
^d'infection .putride.: l'une simple, non inoculable, résultat de Faction d'un poison 
efaimique, la sepsine; iFaulre inoculable et .parasitaire, due à la multiplication 
•dans Tof^aniameidu microsporon seipticum. iG'est aussi sur Jes recherches ex^é- 
rimeotaJes, 'Ct principalement sur les effets produits par Tinti-oduction dans 
l'organiaiDe de .liquides putrides dépourvus de microbes, qu*est basée cette 
théorie. 

Nous ne pouvons ipasser sous silence les recherches de Billrolh^ur les formes 
•de végétation desooccohaotéries septiques et sur la part qu'elles prennent au 
dévafeppemsnt des aecideats traumatiques, car elles reposent en partie sur 
des études expérimentales . 

La division des microphytes en deux ^andes classes, les coccosy sphériques, 
isolés ou réunis, et les bactéries, cylindriques, n'offre d'in^poptance qu'au 
point de wie figuratif, puisqu'il est admis par Billroth lui-même que ces deux 
foniM6 se :trouvent combinées dansja même espèce, la coccobactérie s^ptique. 
Qu'il e'agitfse de végétaux microscc^piques^ d'algues oscillariées ou de micro- 
zoaires, peu ^nons importe. Leurs propriétés physiologiques ofDrent seules de 
rintéffét. Billroth étudiant lies formes qui se produisent sur les cadavres ,pré- 
'tend que le sang, >la flérosité péricardique, même avant J'aecès de 1'^, ren- 
fennent souvent des bactéries. Il admet, contrairement à Cohii^, RindOeisob, 
Sanderson, Pasteur, etc., qu'il existe dans presque tous nos tissus et principa- 
lement dans le sang des germes de bactéries [micraxyma hœmococcos), sus- 
ceptibles de ae développer ultérieurement. La .première sécrétion des plaies est 
Ma-pfopre au développement rapide de coccos isolés et de strepto-coccos ; les 
bactéries n'apparaissent que ,plus tard, parfois jamais. La lymphe et le sang sont 
un mauvais terrain pour les bactéries. Ces humeurs, ainsi que le pus, se putré- 
fient plus lentement que. les infusions de tissus, et les formes les plus petites 
•des «oecos et des bactéries s'y développent seulement. II ressort de ces obser- 
vations que les divers états des substances protéiques sont d'une grande impor- 
taaee pour la multiplication des cocco^bactéries. 

Les espèces putrides présentent une remarquable faculté d'acclimatation, et 
J'en ne trouve dans l'organisme humain aucune végétation qui n'appartienne 
pasà k bactérie septique. Toutefois ces microbes ne se développent pas sans 
ohstAcles dans l'organisme vivant. Les naouvements, incessants des liquides, le 
besoin d'uue grande quantité d'eau, l'énergie vitale des tissus, s'opposent à leur 
npide aecroiasement. D'après Billroth les bactéries de la putréfaction, portées 
dois le sang d'un animal sain» ne s'y développent pas, et pas une observation 
sériMise ne démontre leur existence dans le sang d'un homme vivant et tbien 
piftant. tLe rapport étiologique de ces microphytes avec les affections septiques 
et €8 que l'on a appelé la putridité du sang n'est aucunement établi. Les sucs 
des tissus et les tisaua du corps sain, sauf les tractus abdominaux, sont, par 
leurs échanges nutritifs énei^iques, un très-médiocre aliment pour les cocco- 
baeléries.fPourqttecelles^i se développent dans les tissus, il fautnece^saic^ment 
que s'y forment deS' composés chimiques capables de leur servir de UQurriture, 



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n SEPTICÉMIE. 

les zymoïdes, phlogislique ou putride. Leur mélange avec le pus ou les exsudais 
donne à ces humeurs des propriétés phlogistiques infectieuses. Le zymoïde phlo- 
. gistique peut se produire sans infection, dans les inflammations aiguës, et amener 
sans la présence de cocco-bactéries Textension du processus aigu. 

Le zymoïde phlogistique et septique desséché est ûxé dans les cocco-bactéries 
desséchées. Est-il toujours actif et dans quelles conditions? Le zymoïde peut-il 
être fixé seulement par les cocco-bactéries ou peut-il persister sans elles dans 
les liquides ou les substances .desséchées? Il parait certain que les cocco-bac- 
téries sont, dans des conditions déterminées, les porteurs et les multiplicateurs 
du zymoïde, et peuvent produire de la sorte une série de processus spécifiques 
de destruction. C*est cette propriété qui les rend agents de contagion. Sous 
rinfluence du zymoïde phlogistique et septique, il se développe dans les tissus 
enflammés et putrides un poison intense qui y persiste un certain temps. Ce 
poison, non odorant, est la source de Tintoxication phlogistique et septique. Les 
cocco-bactéries ne sont pas liées à la présence de corps toxiques 'dans les liquides 
putrides, car nombre de ces liquides les contiennent sans produire d'intoxica- 
tion. L'origine et la persistance du poison septique ne sont pas non plus liées 
aux cocco-bactéries, car dans les processus inflammatoires graves et la gangrène 
le poison septique peut naître sans végétations dans les parties malades. L'in- 
flammation aiguë, suraiguê, et la gangrène, sont à peu de chose près des pro- 
cessus identiques. L'eiïet phlogogène et pyrogène de ces produits a pour base le 
développement de formes analogues de la décomposition des tissus. 

Richardson (1875) constate que les poisons septiques peuvent, suivant la 
dose introduite dans Téconomie, ou bien empêcher complètement l'absorption de ' 
l'oxygène par le sang et déterminer la mort par asphyxie après une courte 
période de chaleur, ou bien produire un état fébrile continu, ou des accès de 
fièvre séparés par des intermissions complètes. 

Hiller (1875), pour étudier la nature du poison putride, isole les bactéries 
dans Teau distillée par la filtration des liquides de culture dans des vases en 
terre poreuse, par la diffusion au travers de membranes animales, par la décan- 
tation et des lavages répétés. 

Le liquide d'isolement grouille de microbes et cependant, injecté dans le tissu 
cellulaire des animaux, il n'amène pas d'accidents, sauf parfois un peu d'œdème 
local. 11 s'est à lui-même injecté ce liquide bactérifère. Tout en admettant la 
présence presque constante de ces organismes dans les complications acciden- 
telles des plaies, Hiller conclut que les microbes portent le poison septique, 
que peut-être ils peuvent le reproduire ou le développer, mais que par eux- 
mêmes ils n'ont pas d*action mécanique comme les vrais parasites, qu'ils ne 
détruisent pas les tissus, et ne provoquent par leur simple présence ni inflam- 
mation ni suppuration. Les bactéries ne sont donc pas par elles-mêmes la cause 
de la fermentation putride. Elles se nourrissent des produits de la putréfaction, 
mais elles ne la développent pas ; elles ne produisent, non plus, par leur mul- 
tiplication, aucun ferment chimique capable de déterminer la dégénérescence 
putride. Les ferments putrides sont des corps organiques, solides, indépendants 
ou du moins distincts des bactéries. Dans les poussières atmosphériques on 
trouve des organismes inférieurs, des ferments putrides et des particules 
putréfiées, aussi leur mélange avec de l'eau donne des liquides très-sep tiques. 

Kehrer (1875), en injectant sur dés lapins les lochies de femmes bien portantes, 
les a vues donner des phlegmons et des abcès volumineux absolument comme 



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SEPTICÉMIE. 35 

les lochies putrides. Plus on s*ëloigne des couches, plus leur action est dange- 
reuse. Si donc toutes les femmes n'ont pas la fièvre utérine, il faut l'attribuer 
à ce que les plaies sont protégées par les granulations quand les lochies 
deYiennent pyrogènes (deuxième ou troisième jour). 

Hohenhansen (1875) a démontré que les liquides putréfiés injectés dans les 
bronches déterminent rapidement une pneumonie lobaire aTec tous les signes 
de la septicémie. Au contraire l'inspiration de gaz putrides ne détermine d'acci- 
dents que si Ton y ajoute l'injection d'une certaine quantité de liquide qui, gon- 
flant les cellules pulmonaires, permet le passage et Tabsorption des agents sep- 
tiques. Bnrdon-Sanderson, dont nous avons déjà cité les remarquables travaux, 
en pratiquant des injections successives d'exsudats péritonéaux sur des lapins, 
constate une augmentation de l'activité infectieuse, arrivant à donner un produit 
toxique très-virulent. Mais cet accroissement de puissance n'est pas graduel et 
régulier, il se fait par sauts, et paraît influencé par l'état du sujet autant que 
par lorigine de la matière transmise. Les produits^ les plus actifs sont fournis 
par les animaux qui ont le plus longtemps résisté aux processus les plus 
intenses. Il n'est pas établi, au reste, que les troubles de calorification résultent 
directement de l'introduction de Tagent infectieux dans le sang. Richardson 
croit que la pyrexie est plutôt le résultat secondaire de processus spéciaux ayant 
leur siège dans les parties enflammées. On voit en effet une fièvre insignifiante 
suivre Tinjection directe dans le sang de quantités considérables de liquides 
virulents. L'action phlogogène et l'action pyrogène ne sont donc pas identiques. 
11 n'est pas possible de se prononcer définitivement sur la présence constante de 
microbes caractéristiques dans les liquides infectieux, comme démontrant que 
ces microbes sont le siège de ces propriétés infectieuses. 

Bellien, reprenant sur des lapins et déjeunes chiens les expériences anté- 
rieures sur la nature de l'érysipèle, conclut, contrairement à Lukomsky, que 
l'injection sous la peau ou l'application sur les plaies de liquides ou de sub- 
stances putrides riches en bactéries ne produit que des phlegmons suppures. 
L'injection sous-cutanée du liquide frais des bulles érysipélateuses ou du pus 
frais pris dans le voisinage des plaies érysipélateuses (liquides sans bactéries) 
a produit des érysipèles. Les bactéries ne se montrent dans les liquides qu'a- 
près trois jours de conservation, au moment où l$i contagiosité spécifique diminue 
et où les injections déterminent surtout des abcès. Mathieu et Maljean dans 
leurs recherches sur les effets pyrétiques des injections purulentes, septiques et 
ammoniacales, constatent des inflammations locales, des phénomènes morbides 
généraux, et à l'autopsie les lésions de la pyohémie. 11 n'y a pas d'élévation de la 
température sans qu'on n'observe en même temps une altération du sang. Dès le 
second jour de la fièvre, les globules ont perdu les deux ou les trois dixièmes 
de leur capacité d'absorption pour l'oxygène. Ces auteurs en déduisent que les 
liquides pyrétogènes altèrent le sang avant de produire la fièvre. Quoique cette 
conclusion semble très-juste, elle n'est appuyée que sur deux expériences, 
encore l'une d'elles nous a paru fort peu probante. 

Rocli (1878), outre les bacillus de la septicémie, a trouvé chez les animaux 
inoculés avec du sang putréfié des micrococcus remarquables par leur multi- 
plication rapide en chaînes régulières. Ces microbes n'existent pas dans le sang 
des animaux, qui transmet seulement les bacillus de la septicémie. Mais, si au 
lieu de sang on inocule la sérosité de l'oedème local, on produit, outre la 
septicémie générale, des accidents locaux qui consistent en foyers gangreneux 



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i6 SEPTICÉMIE. 

s'étendant au loin à pait(ir du ipoint d'inoculiiioiu Le sang .et les viscères œ 
•renferment .pas de hactëmes,,niaisoa trouve de ifèa-iiombreax.mici:ococcus^daAs 
les Uasus mor&ifiés. 

Si l'on injecte à des lapins une «eringue entière «de liquide putnde, au Ixuit 
de deux jours l'anorexie, raffiaiblisBement, se prononcent, et l'animal suocombe 
du quatrième : au einquiàme jour. .L'autopaie montre >une infiltrttion puruienle 
du tissu oelluiaire, àes eausudat£ péritonëaux, de la tuméfaction de la rate et 
des foyers mëtastatiques dans le foie et des poumons. Le sang est virulent, 
c'est une véritable pyohémie. Dans tous bs points duoorps, on trouve des mî- 
orocMcais; dans Jos vaisseaux .ik 'englobant îles globules jrouges, les .foui adhérar 
^t< déterminent ainsides thiomboees. Des^microbes (nouveaux ise ionment :saas 
eesae au fojer «d'iinoQulatîon, et vmit se fixer dans les ûapilbârea, pendant .que 
lies Ijmpathiques restent indemnes- 

Chez les lapins également, les injections d'une infusion putride de viande 
'déterminent une suppuration iehoreuse diffuse du tissu eellulaixe avec tdas 
ibactéries diverses. La séDosilé.de l'indème sur lesJimitesidu foyer renferme en 
abondance des micrococcusovdies, assez volumineux^ quel'on retrouve dans le 
lang, dois les papilles rénales et surtout dans k pulpe de la rate fortement 
ttuméfiée. L'inj«otion de eette aécosilé sur un autre lapin reproduit lesimèmes 
aoûidfflits, mais sans suppuration. diffuse du tissu cellulaire. , Le sang contient 
toujours des microûoeeus ovales et volumineux, mais nulle part on ne constate 
de thromboees. Ce n'est plus la pjnbémia, mais une véritable septicémie. 

Dans Kérysipèle, Kodi aironvé,.très-ak)ndanis.dans les voies lymphatiques, 
de petite bâcillus n'ayant que .3ft de loog snr 0,SfA de large. La oo^uaion 
générale de son travail est que les diverses Cdraes d'infection traumatique 
expérimentale semblent oorr^pondre à la présence de paraaites spéciaux. En 
est-il de même chez Tbomme? Ce sont des recherahes nouvelles à poursuivre. 

L'ostéomyélite apootanée s'accompagne souvent de symptômes lyphoïdes,i dont 
la «auae a âé mj^rtée à une «véritable septioémie, k une intoxication du 
sang. Blandin invoquait la phlébite médullaire suj^urée; Kloae, de Brealau, 
une. altération chiauque apéoiale de la graisse médullaire ; .mais les preuves 
nan<pient à Tappui de ces liypothèses. Le professeur Gosaelin admet le déve- 
lofppeaient de produits toxiques résultant de la décomposition putride de fat 
moeUe ossease, soit par l'action de l'air (lésions exposées), soit par une vicia- 
lion perticulièoe du eang suite de la croissance trop rapide des jeuaes sufeU. 
Roser eroitaussià une altération primitive du sang, eonsécutive au surmenage. 
L'expériflientation s'est efforcée d'édaircir c^ faits. Maas a démontré que ehez 
les animaux la de^nictionde la moelle «sseuse ne provoque pas néooecai- 
renient la nécrose, si elle ne s'accompagne d'une large destruction du périoste 
on d'altérations eeptiqiaes du tissu médullaire. Koeber^ après avoir détruit la 
mœUe, lionne la brèche Srite à l'os et applique un pansement antiseptique; il 
n'efaeerveoi nécoose, ni phénomènes graves. Si, au contmire, il .injecte dans. le 
Canal médullaire des liquides septiques, chargés de bactéries actives, l'os ae 
mortilie et l'animal a«Roombeavec tous les phénomènes de l'ostéranyélite pu- 
tride. Bien plus, si, après avoir détruit la.moeUe avec les pnécautinns antisi^ 
tiques, an nourrit les animaux avec des matières imprégnées de liquides pu- 
trides, on les voit mourir avec les accidents généraux de l'ostéomyélite infas- 
tienae. Ces derniers résultats confirment les expériences de Chauvaau sur. le 
biitevntMige avec mptinedu cordon, suivi d'i^joetions putrides dans tes ' 



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SfiPTICÉIIIE. 27 

ilBVieiiIreat Aussi ^pK les geones «i les agents iafecliem .ne pënètaent pts 
seolement dans l'organisme par les plaies expotées, mais que d'autres voies, 
rintolin, 4e poumon, sont ouTtvtes k leur introdiidion. Les gennes agiraient 
ariors primithoment sur ie sang, et par lui sur laimeelle osseuse enflammée, 
pourdétendner les moideiits septioémiques. 

GoKiH d'Alfort, a itpds eesteipënoMes enies Yariaet de mille bçons, et ^es 
•«ODolusions sont toute Sût -osotrures à celles des physiologistes allemands. Sur 
-fes ofaioos en bouDe 8«ité,Hm Tafasenoe de ees oauaes inlemes, de ces prëdispo- 
«itîons iMOBMies qui temblont iiiffe aaîtne rostéomyélite» les Jësions directes 
éô la moelle osnuBe, même de longue durée, ne 'pfësonient que peude gravité 
•41 s«{ipoitiOt «ans danger le contact prolongéderair,!du pus, et unième desima- 
«lièves septiques* Ces eupérienoes répétées sur d'autres animaux, agneaux, J)é- 
liers, taureaux, ont pu pm^oqner Tosléite et .la périoslite, mais très^ffîcile- 
meat la 'suppvrâtion de la aïoelle. i«e «ootaot (prolongé «le Fatr ne détermine 
mi fuppwvlMi du tissu méduèbure, va aeeidents putrides; il en est de même 
>de Tapplioalion de substances putrides sur les plmes. U but donc «dmettneJa 
^lëoesttité id'an élat spécial 4e rerganiame poar le développenient do l'osléo- 
mpfâito 'iilfeetimise. 

Té éen at fiW») a obtenu sur quatre «skofes 4ks formes de septicémie tout 
à fait comparables à la gangrène «foudreyante gaaeuse de riiomme. Ayant pris 
4e la sérosilë des buUes à'wm malade oiteHit de gangrène foudroyante rapide- 
mont mortelle, il* on injouta deux gouttes,: soit pures, «oit additionnées de divers 
iiqufies asitiBepliq«e8,à «oui leobaiyes. ihiit nTéprouvèrent aucun aocidont. Un 
4e «mx 4out riqectkni contemnt quinne igs«ttes de solution phéniquée à i pour 
iOO tomba «naAadeie^psairvème ijonr. Une grande quantité de gax se produisit 
'4un8 4e tnsoieellalaiK 80U9«utané'«t dans rintestsn .pluaiours heures avaot.la 
oort, qfnî«rrf?a'le «shcième jour. A l'autepsie, nombreuses bulles contenant <de 
la oénosité rosée, infiltration «anieuse trèo éteadur du iiasu cellulaire sous- 
^dVtaifé. n» de pus, pas idlabcès mcésaux, hyporénûe avec plaques eccbymo- 
tiques dans presque tous les .insoères. 

Su juin't878, ayant recueilli 4e la sérosité de ^ngsène fioudroyante sur le 
4adtvro d'un iiomme mort depuis quatre heures, deux goûtes 4u liquide diluées 
4«ns Tîogt *go«ltles 4'oam ifurent injectées dans k tissu cellulaire du dos .à 
oifliq cobojss. Deux n'épvoovèrent >a«cun ijnaiaise «érîeux, .trois mounu^ent le 
troisième et> le quatrième jour. Pendant ila vie, âls létaient gonflés par des. gaz 
déreiqipés dans le iissu iceltolaireieous^ulané. £n passant le doigt isur Ja 
région dorsale, 'on «entait lune . crépite tion gaxeuse Irès-duanifeste ; nuiisii.ne 
fut pas possible -à Tédenat de > constater le bruisseaoent gaxeux signalé ckez 
rhomme par plusieurs autenrs.'et^'il lui avait été donné d'observer plusieurs 
ibis, et Botammontdans doux cas de gangrène gaxonse fondroyante du service de 
Vai^te. Sur ces* trois cobayes, mêmes lésions que chez le préeédonU Pas d'aboès 
viscéraux, décomposition eadavérique 'trèfr-rapide. Présence .dans la sérosité 
péritonéale,>au«ioment 4e la «sort, .de da iMustérie septique.de Pasteur. 

Il rénrite 4e ces -expériences multiptiées que les divers produits morbides 
>^ou lessubotances putrides introdmteo dans l!éaonomie , part inoculation donnant 
lieu 'à une «érîe ^accidents looaux et :généraux,. variables. avec ia /nature du 
toiiqoe, avec lairaee, ràge,i la santé de l'ammalrécopteur, variables aussi/avec 
les conditions de milieu. lEn somme, aucune^ loiipositivene res8ort4e l'examen 
desmiUiors '40 fiâts publiés. La «diversité des conditions expérimsntaleamnd. 



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28 SEPTICÉMIE. 

au reste, la comparaison des résultats obtenus aussi difiQdle que sans utilité 
pour en tirer quelque règle générale. 

Action des produits chimiques de la putréfaction. Gaspard, dont nous ne 
saurions trop citer les remarquables expériences, parait être le premier qui ait 
recherché l'action sur Torganisme des composés chimiques définis qui se for- 
ment dans la putréfaction. Les injections diacide carbonique et d*hydrogène 
sulfuré ne déterminent pas d'accidents. L'ammoniaque au contraire se montre 
toxique, il amène constamment la mort avec des hémorrhagies intestinales, 
mais les symptômes qui résultent de son introduction dans le sang ne peuvent 
être absolument assimilés aux phénomènes de l'infection putride expérimentale. 

Plus tard A. Boyer (1854) attribue aux produits ammoniacaux les effets du 
pus fétide. Bonnet (1857) en accuse l'hydrogène sulfuré et le sulfhydrate 
d'ammoniaque ; Persoz et Dumas, l'acide hydrocyanique. 

Billroth (1856), en injectant dans le sang du sulfhydrate d'ammoniaque, re- 
produit à peu près les symptômes de l'infection putride, il retrouve même 
dans un cas l'acide sulfhydrique dans le sang, mais il se refuse à y voir la seule 
cause de la septicémie. Les expériences de Claude Bernard ont irréfutable- 
ment démontré qu'en injectant des gaz toxiques dans les veines leur élimi- 
nation rapide par le poumon s'opposait à la production des accidents qui 
éclatent au contraire après les injections artérielles. 

Billroth injecte dans le tissu sous-cutané de nombreuses substances : carbo- 
nate d'ammoniaque, urée, sédiments d'urines alcalines, solution d'hydrogène 
sulfuré, sulfure de carbone, sulfhydrate d'ammoniaque, etc. Le sulfure de car- 
bone amène une légère élévation de la température; avec la leucine le thermo- 
mètre monte d*un degré. Le sulfhydrate d'ammoniaque détermine des phleg- 
mons locaux limités et de guérison rapide; le carbonate ammonique une 
phlegmasie gangreneuse. L'accumulation de ce dernier sel dans le sang a pour 
effet un abaissement de température en rapport avec la quantité injectée. De 
toutes les substances essayées, c'est la seule qui produise ce résultat. Beck 
prétend que le carbonate d'ammoniaque est toxique. 

Weber reprend à son tour ces expériences (1865). L'hydrogène sulfuré, le 
sulfure d'ammonium, l'acide butyrique, le carbonate d'ammoniaque, introduits 
dans le sang, n'amènent jamais d'embolies, mais comme les substances putrides 
déterminent des inflammations de la muqueuse intestinale. L'hydrogène sulfui*é 
par son action sur l'organisme est le corps qui se rapproche le plus du sang, 
du pus et de la sérosité putrides. Mis en contact avec les tissus, il développe 
ainsi que le carbonate d'ammoniaque des phlegmasies locales. Introduit dans 
le sang l'hydrogène sulfuré détermine comme le sulfhydrate ammonique, et 
plus que lui, une élévation notable de la température du corps. L'acide buty- 
rique et le carbonate d'ammoniaque abaissent au contmre et d'une façon 
marquée la chaleur animale. Cependant Weber ne peut conclure des résultats 
obtenus à la production d'une véritable septicémie. 

11 est donc démontré que l'action toxique des substances putréfiées n'est pas 
due à l'un de ces composés chimiques. Bergmann cherche à déterminer ce poi- 
son par l'analyse chimique et trouve la sepsine. Cette substance toxique résiste 
à Faction de l'alcool, de l'éther, à une température de plus de 100 degrés, elle 
traverse les filtres. C'est une matière azotée, stable, diffusible, soluble dans 
l'alcool, non précipitable par l'acétate de plomb, mais réduite par la liqueur 
cupro-potassique. Klebs en fait un isomère de la caséine, pendant que Schérer 



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SEPTICÉMIE. 29 

et Yirchow y yoient une matière chromogène qui se colore en rose par Faction 
de l'acide nitrique. L'intensité de cette coloration est en rapport direct avec la 
puissance toxique des liquides. 

C'est également à l'analyse chimique que Panum demande la solution de la 
question, et les résultats de ses expériences sont confirmés par les recherches 
d'Hémmer, de Stich, etc. Nous pouvons les résumer dans les propositions sui- 
vantes : 1* le poison septique n'est pas volatil, il est fixe et reste dans les 
résidus de la distillation: 2^ il n'est détruit ni par lacoction prolongée pendant 
onze heures, ni par l 'évapora tion ; 3* il est insoluble dans l'alcool absolu et 
soluble dans l'eau ; 4^ il est condensé à la surface des substances albuminoïdes, 
qui ne sont pas poison par elles-mêmes, et il en est séparé par un lavage pro- 
longé; 5* son intensité est comparable à celle du curare et des alcaloïdes; 
12 milligrammes après avoir été soumis à la cuisson, à la dessiccation et à 
l'action de l'alcool, suffisent pour tuer un chien de petite taille;. 6<^ s'il agit 
comme un ferment, il diffère des autres ferments par sa résistance à la chaleur 
et k l'alcool. 

C'est ce poison auquel on a donné les noms de septine, sepsine et pyine. 
Quoique sou existence ait été contestée, que Pasteur en particulier n'ait jamais 
pu le retrouver ni dans le sang, ni dans les tissus ou les humeurs des animaux 
septicémiques, et le considère comme le produit d'une erreur expérimentale, 
Panum (1874) continuait encore k l'admettre comme la source d'une des foimes 
de l'infection putride. 

Samuel (1873) ne retrouve pas dans les composés chimiques des matières 
putréfiées la réaction caractéristique de l'effet local de ces substances. La leu- 
cine, les acides butyrique et valérianique, le carbonate d'ammoniaque, l'eau 
sulfureuse, l'acide sulfocarbonique, ne produisent pas par l'injection sous la 
peau des phlegmasies semblables. Le sulfure d'ammonium produit bien des 
plaques d'inflammation gangreneuse, mais sans l'odeur de putréfaction. De plus, 
la réaction physiologique ou expérimentale du pus altéré est sans aucun rapport 
avec les quantités d'acide butyrique, formique ou valérianique qu'il contient. 
On ne peut donc attribuer l'action des substances putrides sur l'organisme à 
aucun de ces composés chimiques de la putréfaction. 

L'action phlogogène locale du cari[)onate d'ammoniaque a été de nouveau 
mise en relief par les expériences de Gosselin et de A. Bobin. Les accidents ne 
devîoment sérieux que lorsqu'il est injecté pendant longtemps d'une façon 
continue. Zûlier par la méthode de Stas assure avoir constaté dans certaines 
périodes de la putréfaction la formation d'un alcaloïde toxique qui par ses pro- 
priétés physiologiques se rapproche de l'atropine et de l'hyoscyamine. Sa nature 
a varié, du reste, avec les substances putréfiées et la période de la putréfaction. 
L'oxydation eu lui enlevant de l'eau et de l'acide carbonique le transforme en 
corps plus stables. Cet alcaloïde semble nécessaire au développement et à la 
mtddplication des bactéries. De même l'injection des bactéi*ies, qui seule ne 
produit pas d'accidents, en fait développer, si on y ajoute 20 à 50 milligrammes 
de sulfate d'atropine. La sepsine, ainsi que le dit Duclaux, peut donc ajouter 
son effet à celui que produiraient les infusoires, et les deux processus septiques 
et pyohémiques peuvent avoh* par suite de nombreux points de contact. 

Depuis ces derniers travaux la question s'est enrichie de nouvelles recherches. 
Un savant italien, Selmi, a découvert, formées dans l'organisme par la putré- 
faction, des substances qu'il désigne du nom de ptomaines. Leurs propriétés les 



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^ SEPTICÉMIE. 

riipprochent dea alodoSchB. JUhtureuBemant.die^ii'oi^ p«6ëléjitfiqu*ioi)ttoMe^ 
et d^onti^ par Tanfllyse (A. Robbi^ 1878*). Selani ne nie pts k jusltoese d« 
la théone de Pasteur, mais il croit que le rôle de» ptomaîsM explique las ano- 
malies si fréquentes des Decherohes eiférâmentales. Les vibriaos» MBt la- cause 
premier» du dérangement dans Tétat normal àsk VkoamxÙBi pm l*alléiaAkMa 
qu'ils produisent des tnimewrs et des tiaan»; las pÉamau^a engeiidféaBiaaai la 
cause de phénomènes tràs^nwes» Ibrsqu'ellao ajouleai laura effiats peanieifiiir iu 
Faetion aHérante des tibnûos. G*e8l à Ta^fenir de raantrac oa quiilj ai dit vcaii 
et de positif dans Tinfluenoa sur Torganisme do ces cQBij|K)sés>chi«iqiiea dont la 
nature roste hypothétique jusqu'à ce jour; Nau& n'avons pas le» hasesûadispeife-' 
safofef* pour une telle diseussion; U faut d'abord que les ptOBunnes» soient isÂlëee». 
et expérimentées à Tétat d'isolenaent. 

De L*A0TI0If DBS CORPS SOUDIS IHTBOOf IffS KAN» LR flffSff&lBfi QtRaOIiàlQltft.. NoUS» 

n-a¥ons pa&à faire Thistoire de rembolie*etde la throBsbasa, maisitoul simplar- 
ment à inchquor en quelques mot» les réenlAats d& rintroduûttoni dànsi le sang: 
de corps inertes et de petit volume. 

Cruvœlhier'en injectant dans te- sang* du neacure* métallique: ¥oifait se fermer 
des dé()dt8 caséaux autour des globules uMmanida aarrêtés dans le pwiwim 
eiayton et Gaspard' avaient avani lui- Qons4afté cettn adioa du masaure injeolé 
parles veines. Il coneluait de ses recherohesque-taufe oarpsi étranger inyroîduii 
en nature dans le système veineux détenmine, loKflqnaisonélimiaatioa pan les 
émonctoires est impossible, des abcès viscéraux entièrement aembtabkft ai ceux 
qui succèdent aux {Aaies et aux opérations. chimrgioalesK. des ahoès sentie résul- 
tat d\ine phtébite eapiMaire* Daroei(i6éS) n'a;vttise pfedttiKsûœ^d^àlB.piiina- 
lents que lorsque l'introduelioii de po«i4res> inertes, daiks^ le sang éteût suivie de: 
l'injection de matières' putride». 

Nous avons dit le rôle oansidérable que les eignnHrgian& fiançaie^ et fiartieur 
Itèrement le professeurSédiUbt(iM9y, foisaieut jouenanxglohuiea du pus^aas- 
la production des lémns locales et des phénomènes généraux: de lapyokénria. 
Cette doctrine fut battue- en brèche par Lebert, par Vogel^ par Beok». par Littré: 
et Re^in^ et surtout par Yirchow, qui cherchèrent à démonirerqse le- passade* 
du pus en nature dans le sang ne peut se faire que par elfinationel scn i oMc nA 
dans des circoBstanoesexoepëanneiies. Atveo la négatioD de la. phlébite saipfninée 
et la démonstration de la nature puriformeet non pwruliQnite des oaillotsi veineux. 
désagrégés prit naiasance la tl^rie* embWique, qui* n*éiait en saome cpaluK 
retour aux idées de Cruveilhier plus on. moins- modifiées. Yirchew^ Sanuflav, ea 
injectant dans la veine juguk»re de la fibrinsf des partîcttks dcr eaoutcfaewc, cte 
moeHe de sureau, en un mot> des substimces inertest n- avuent pa» va se; produire 
dé nodules purulents. Ils admettent dbnc que IHechéaiie, Karrét simple dft la 
circulation dans un déparlement vasealldre, ne suffit pas pour produise^des^ 
abcès métastatique^; il famt, pour-que la suppuratiem sep roduise^das- eaiJkiUeAàL 
propriétés particulière», putrides ouseptiqans. C'est parce qu*ik se sont ioaKibés, 
des liquides septiques des plaies que les ckétritus des oaiUols veineux entrainéa. 
dans la ciroulation peuvent amenei* à leur point d'arrêt dans las* oapiUaires- lu 
formation de noyaux purulents. 

Weber (dS^) concluait de ses expérieooes que : 1^ les emboèias capillaiires: 
expliquent la production des infarctus et des aiioès mékastatiqaes';. ^ de petièes 
masses emboHqnespeuventtraverserls poume»ets'aprétendaii8 dlautit s Mgoaefi;: 
3* les inflammations diffuses des^ séreuses soirt: parfiMS lai suite d'ambalites.. 



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SBPTIGfiHI'E. 54' 

coaHBe danstririlit'py^dmiqiw; 4* les obstnactMHK inBcidtipe» par des- corps 
solides i^àetr grasse, etc.)' amàaeni pUiOèt «n aiMnssement qu'une- ëiëi«tioa de 
latempépitare. La fièvre^ ne sorrient alors que seeondaîreiiient à k produetioii 
d*mflammations yiscërales, elle ne* s'observe qu^après plvsieussi jours^ Le carac* 
tèm piAtUe des eiirii)olie» ne serait dooe pas nécessaire an déindoppement des 
aboès- nétaBtaitiqnes. Cette ofînioni, centraim ani reobtrclMs it Ùlhoth' et de 
Nkcbam^ est ëgataneot: dMeradue par Pelts, qui n*adi»stpi»t FallérailioB préalable 
da sai^ eemne indispensable pouv ta prôdactÎQa à^ eel4ectieBs pnmilealss 
visctfradw* a Les* abcès nétastatiquesi èè l'iarfÏBotioa' pu tt uifei iO s ne sont antre 
chose, dit cet auteur, au point de Tue anaUMnique du nioiiis> qne de» infarctus 
ramolMsT es tout seaoUables'à eeax que natts* pre aa q uons par nos iBieeUions de 
poussières organiques ou inorganiques, i 

•sflB «M essellante- étnde sar les- infinvctus viacërauii (1867) natra ami le 
daclaov Lefeavrer psofessear i l'Écohr de médecnieda Rennes, a bien signalé les 
noniNreuBes obseuriliés de cas peohegches expé ium ent afa i. Pourqnai des- gnunb- 
tim» cm èa i i q iw us peudiflérentes en apparenea-, produisen t eièss tantôt las léûoBs 
de rinisclioa porulentlie, imMt des infim^us solides aivec das phénanènes typfai- 
ques généraux, tantôt des altérations tacaèes^ sans auau» letentissMBent sur 
TéosnoBiia? Pourquoi les détritne moléculaipas da PeDdoearde «loéré, Iss dAris 
de caiOats veineux, aoqenèrent4Js dana certains eaa das pioy iélés- toai^pies? 
Paorquov, ici, une ttandance fetale à 1« suppuration ; là, awcune réaction, géaéndef 
Pour expliquer ces terminaisons dilTérentes, on a sowcnt invaqoé rinAuenea de 
Vétat géaéral des siqelB> maâs n'a'-l^-eD pas pris l'eflbt penr la cause? Lefeurvre, 
dnne sas expérienoss, a tU' sa proMia tantôt des> inlinitiis simples^ tisitfti dbs 
tnfuratas gangreneux lorsque l'inflanunatia» était plu» wre. Bn éebors da Tm^ 
flnence de Taiy, qu'an ne peut a» reste iwfoqnar qaie pour tes infiMrdna puln»o- 
DBires> on est feraé dl'avover san i g na ra a c e pour le» eonditiana <fni détarînineaÉ 
kl gangfèae. L'aoïistence da vibrian sqitiqtte et d« micrabe du pu» foumirail 
peut-être de ce» faits une interprétation plausible, si (enr présence était eoo- 
stalée dans les ftijerB de gangrène on de snppnration dé? eleppés- autour des 
urfastlua. 

Pluaicnrs autopsias ayant, dans certains cas de tranaatisBies graves et le plus 
sauveal de fractures compliquées, bit découvrir dans le» capillaires du poumon 
daa gWbnles huileux abondants, on a demandé à rexpérienee TexpUcalioD de 
ces lésions. Les études de Yirchow, Gohn, Papum, Weber, Zenker, Wagner, ele., 
ant été complétées par les expéricnees de Bnscb. En injectant dans, la moelle 
oasenaede l*haile caèorée avec du einsAre, i) reireave après m temps très^court 
daa enriwUes gnasseuses dans les poumons^ San» dente, la moeUa osseuse 
pénètre en nature dans Téconomie par les vaisseaux rompus du canal médullaire. 
BnsB le poumon on constafte des ecchynoaeS) daa bémorrhagie»» des foyers 
apoplectiques, mais pas d*abeès métastatiqnes, à moins que la matière n*entralne 
«fec eUe des substances septiques. Mulot (1869) a pratiqué quatorze expérienees 
peor détenniner le rôle des embolies graisseuses, mais ses résultais n*oot pas 
été concluants. Bergmann n*obCie»( d'accidents q«*en injectant des ^piantit& 
considérables de graisse, ou en ajoutant au liqnide des filaments bactériièrea. 

Saa ans ai;» foanoa au sans lier aux agcimiits as la PABroamon. Dans un 
mémoire tout récent, Colin, d'Alfert, a décrit celte altératisn du sang, qai se 
r^procbe de la septicémie expérimentale par sa nature, nnisen difiGIre par les 
omdition» oà naissent les altérations, ainsi qne par les accidents produits par 



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32 SEPTICÉMIE. 

l'inoculation. Chez les animaux, après un part régulier et sans cause évidente, 
on voit parfois se développer des péritonites, des pleurésies, des péricardites, 
qu*on ne saurait confondre avec les états putrides ordinaires. Par élimination, 
il faut nécessairement admettre une altération du sang. 

Une lapine, huit jours après le part, alors que sa matrice est normale et sans 
excrétion de mucus putride, succombe avec une double pleurésie séro-purulente. 
L'intestin grêle est très-congestionné, et plein de matières sanguinolentes; le 
sang, de couleur violacée, peu coagulable, visqueux, à globules rapetisses, 
déformés, avec de très-longs prolongements. Il est chargé de corpuscules irré- 
guliers, pâles, changeants, mobiles. 

I. Deux gouttes de ce sang sont inoculées à un lapin et à trois oiseaux : pas 
d'accidents. 

II. Deux gouttes de la sérosité pleurétique sont inoculées à un second lapin. 
Douze heures après, un phlegmon oedémateux s'est formé autour des piqilijres, 
l'animal est abattu et succombe après trente et une heures. L'autopsie montre 
des plaques purulentes ou caséeuses au niveau des piqûres, les ganglions voisins 
sont rouges et tuméfiés, la rate très-grosse, Tintestin et les viscères normaux ; 
dans le sang moins de corpuscules mouvants. 

m. Lapin ; deux piqûres à la lancette avec le sang du lapin II. En douze à 
quinze heures, phlegmon autour des piqûres, mort en vingtrcinq heures. Plaques 
caséeuses aux points d*inoculation, rate volumineuse, intestin rosé, même état 
du sang que chez le lapin II. 

IV. Lapin ; deux piqûres avec le sang du lapin III. En douze heures, phlegmon, 
adpamie, mort au bout de vingt-quatre heures. Le sang est demi-fluide, yiolacé, 
ses globules se déforment facilement; il est chargé de granules pâles à mouve- 
ment brownien ; intestin rosé, rate gonflée, ganglion précrural coloré en noir, 
infiltration purulente aux poipts d'inoculation. On a donc affaire à un état viru- 
lent du sang, puisqu'il se reproduit de façon constante par l'inoculation. Hais 
cet état est-il la septicémie ou seulement quelque chose d'analogue? 

V. Le sang du lapin IV est inoculé â un cheval, un taureau, un agneau : 
résultat négatif. Sur deux chiens, il se produit le troisième jour une légère 
élevure rouge au point d'insertion, mais sans fièvre, et l'appétit persiste ainsi 
que la santé. Une tourtei*elle également inoculée tombe malade le second jour 
et succombe le quatrième, sans offrir de lésions ni du tube digestif ni des 
viscères. 

VI. L'inoculation du sang de la tourterelle à un lapin se montre stérile, et 
ne provoque même pas de réaction locale. Colin en conclut qu'il ne s'agit pas 
de la septicémie ordinaire, car celle-ci passe de l'oiseau au mammifère et réci- 
proquement. 

VII. Une gouttelette de liquide prise par expression des tissus sur la piqûre 
&ite au cheval (V), au bout de vingt-quatre heures, est inoculée à un lapin. Cet 
animal succombe en quarante-cinq heures, avec un phlegmon et une plaque 
caséeuse au point d'inoculation. Les ganglions sont engorgés, le sang violacé, 
demi-fluide et chargé de granulations mouvantes. 

VIII. Inoculation à un lapin du sang du lapin VII : résultat négatif. 

IX. Inoculation â un lapin de sérosité exprimée des piqûres du chien après 
soixante-dix-huit heures : résultat absolument négatif. 

Ainsi, dit Colin, une femelle, morte huit jours après le part, sans septicité 
apparente vers l'utérus ou le péritoine, présente un état du sang analogue à la 



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SEPTICÉMIE. 35 

septkëmie, mais ce sang n'est pas virulent. La sërosîtë d*un épanchement 
pleurales! au contraire contagieuse et par inoculation elle communique sa viru- 
lence au sang de Tanimal inoculé. Cette virulence tue les lapins et un oiseau ; 
elle est sans action sur le taureau, Tagneau, et à peu près sur le chien ; sur le 
cheval elle est aussi sans eflet, mais le pouvoir virulent se conserve un certain 
temps dans les piqûres et peutrêtre la virulence s*y regénère; puis elle s'affai- 
blit et s'éteint brusquement chez les mêmes lapins tout à l'heure si sensibles à 
son action. Ce n'est donc pas la septicémie, où la virulence, constante dans le 
sang, tue très-rapidement sans s'atténuer ni s'éteindre par les transmissions. Ici. 
la virulence n'est pas nécessairement attachée au sang altéré, elle peut procéder 
d'un produit de sécrétion, revenir au sang, s'en séparer, tout en laissant dans ce 
liquide les autres particularités de son altération, par conséquent s'atténuer, 
s'éteindre, indépendamment de l'état auquel elle paraît liée. 

Il nous paraît que Colin tire de cette expérience des conclusions fort atta- 
quables. 

Sans doute le premier lapin n'a pas succombé à la septicémie, mais la 
sérosité purulente prise dans sa plèvre enflammée a pu parfaitement développer 
cette affection chez le lapin inoculé, dont le sang a pris le pouvoir infectieux. 
Pour ce qui est des divers animaux chez lesquels l'inoculation s'est montrée sans 
eflet, ils appartenaient à des espèces que Colin lui-même a classées parmi les 
plus réfractaires. Enfin les derniers résultats se comprennent parfaitement, car 
il est reconnu que les inoculations virulentes sont loin de réussir dans tous les 
cas. Nous pensons donc que ces faits ne peuvent aucunement former une caté- 
gorie à part, et qu'il s'agit bien de la septicémie et non d'un état morbide voisin» 
mais tout à fait distinct. 

RiSUMÉ DBS RKGHERCHES BXPiRllIElITÀLSS. NaTORE DE l'àGEICT 00 DES AGE2(TS 

sEPTiQUEs. Si nous cherchons à résumer les enseignements qui ressortent de ces 
expériences multipliées, il nous semble légitime d'en conclure qu'il iaut recon- 
naître aux matières putrides plusieurs modes d'action. Tout d'abord les liquides, 
dépouillés par une filtration complète de leurs éléments corpusculaires comme 
des microbes qu'ils peuvent contenir, doivent être séparés des humeurs chargées 
d'éléments solides ou figurés. Pasteur a démontré que ces liquides ne possédaient 
pas d'action toxique après la filtration sur d'épaisses couches de plâtre. Il semble 
aussi résulter. des recherches expérimentales que les accidents putrides doivent 
être distingués par leur origine des phénomènes pyohémiques, et les faits anciens 
confirment la distinction de la septicémie et de la pyohémie, comme les cultures 
de Pasteur permettent de faire agir isolément le vibrion septique et le microbe 
du pus. Avant que les méthodes modernes de filtration et de culture fussent 
connues et appliquées, cette séparation absolue des agents septiques et pyohémi- 
ques n'était pas possible, mais elle se trouvait souvent naturellement pratiquée 
par l'origine des substances employées. 

Si, laissant de côté les accidents d'infection purulente, nous bornons notre 
attention à l'examen des effets produits par les matières putrides, nous sommes 
obligés de leur reconnaître plusieurs modes d'action. 

1"* Les liquides putrides injectés dans les veines ou introduits dans l'économie 
en grande quantité déterminent une mort rapide, parfois foudroyante, sans 
engendrer un état virulent du sang et des humeurs de l'animal empoisonné. Il 
s'agit dans ces cas d'une intoxication véritable, d'un empoisonnement et non 
d'une maladie infectieuse. On peut lui conserver le nom d'intoxication septique. 
mcT. BNc. z* s. IX. 3 



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U SEPTICÉMIE. 

2^ Les matières putrides introduites dans lorganisme amènent le développe- 
ment d*un état virulent caractérise par ia présence, dans le sang et les humeurs, 
d*un microbe dont la multiplication dans l'économie parait être la cause des 
phénomènes morbides. Ge microbe, c'est le vibrion septique sous ses formes si 
diverses, et la maladie est la septicémie virulente expérimentale. 

5^ Les matières putrides introduites dans Téconomie déterminent des phéno- 
mènes morbides en rapport avec la quantité des composés chimiques qu*y a 
produits la décomposition avancée. De nouveau, Vétat morbide déterminé cesse 
d'être virulent; il s'agit cette fois encore d'un empoisonnement véritable; c'est 
l'infection putride des anciens. 

Ces propositions nous semblent appuyées sur un certain nombre de preuves,, 
elles permettent de comprendre les résultats expérimentaux. Sont-elles l'expres- 
sion vraie des faits? Nous allons essayer de le démontrer, en signalant de notre 
mieux les points qui restent encore à élucider. 

I. De l'intoxication septique expérimentale. Que dans certains cas l'intro- 
duction de matières septiques dans l'organisme amène une mort foudroyante, 
dans l'espace de quelques minutes à une ou plusieurs heures, le fait n'est pas 
contestable. Les expériences de Colin d'Alfoi*t, de Samuel, de Panum, etc., l'ont 
parfaitement démontré. Elles ont de même établi que l'animal succombe avec des 
symptômes nerveux, avec des phénomènes morbides qui présentent la plus 
grande analogie avec les efiTets toxiques de certains alcaloïdes. L'autopsie reste 
muette sur la cause matérielle de la mort; quelques taches hémorrhagiques de 
Fendocarde, quelques sufTusions sanguines des séreuses (Bouillaud, Colin),, 
telles sont les seules altérations nécroscopiques, encore sont-elles loin d'être 
constantes. Ni le sang ni les humeurs de l'animal intoxiqué ne possèdent de 
puissance contagieuse. Comment expliquer ces feits autrement que par l'action 
d*un poison organique? la chose nous parait impossible. Le microscope ne 
décèle la présence d^aucun microbe, d'aucun germe corpusculaire. Et si Ton 
récuse la valeur de ces examens, la courte durée des accidents et plus encore 
l'absence de virulence ne permettent pas d'admettre son action. Le temps maté- 
riel manque pour son développement et sa multiplication. Les mêmes raisons 
autorisent à rejeter l'hypothèse d'un poison chimique sécrété ou transporté par 
les micro-organismes. On objectera peut-être que dans les injections de pus frais 
en quantité considérable dans les veines on voit aussi les animaux périr 
presque subitement. Mais dans ces cas la mort résulte d'une obstruction méca-- 
nique des capillaires pulmonaires, d'une véritable asphyxie qui ne saurait se 
produire par l'injection de liquides même grossièrement filtrés. De plus, Samuel 
a vu ces intoxications rapides succéder à l'introduction de liquides septiques 
dans le tissu sous-cutané, et jamais les phénomènes morbides n'ont offert la 
moindre ressemblance avec les symptômes si nets de l'asphyxie. 

Sans doute, l'intoxication septique se produit surtout après les injections 
directes dans le sang, et quand les liquides sont poussés en quantités notables. 
Ces conditions n'ont rien qui plaide contre l'hypothèse d'un empoisonnement 
véritable. L'injection vasculaire met la substance toxique en contact direct avec 
le sang et par lui est rapidement portée aux centres nerveux sur lesquels semble 
se concentrer son action. De même, poison chimique, elle agit avec d'autant plus 
d'intensité que sa quantité est plus grande. 

Dans quelles conditions de la décomposition putride se produit cet agent 
toxique? Les fiaits ne permettent pas de répondre nettement à cette question» 



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SEPTICÉMIE. 55 

Diaprés les recherches de Samuel, ce serait dans le second stade de la putréfiao- 
tîon, dans la période qu'il désigne sous le nom de septogène, que se développe- 
rait à un certain moment cette puissance toxique. Colin n'est pas plus pp^is 
sous ce rapport. Cependant les multiples tentatives faites avec les composés 
chimiques qui caractérisent la période ultime de la putréfaction donnenti le 
droit d'éliminé l'action de ces produits de la décomposition avancée. Si nou» ne 
craignions d'émettre une hypothèse nouvelle, nous dirions que c'est probable* 
ment tout à fait au début de la putréfaction, avant le développement de la'VÛnii- 
lence septique, que se forme la substance toxique dont les faitsjdémontrent l'eEZis- 
tence. Il est à regretter que les analyses chimiques aient presque toujours eu 
pour objet les matières putréfiées dans un état avancé d'altération. 

Nous devous, par les mêmes raisons qui nous ont fait repousser l'actÎKi de 
microbes, rejeter dans ces casi l'hypothèse de transformations isomériques des 
substances albuminoïdes, susceptibles de se transmettre par simple contast ou 
par inoculation. Ces changements, si rapides qu'on les suppose, n'auraient pas 
le temps de s'accomplir. Tout nous porte donc à admettre l'action d'un poison 
comme cause de ces accidents foudroyants. Mais quel est ce poison ? Évidemment, 
ni Tacide sulfhydrique, ni le sulfhydrate ou le carbonate d'ammoniaque ; ni la 
leucine ou la tyrosine, puisque l'expérience montre que l'injection de ces 
substances dans le sang ne produit pas les phénomènes de l'intoxication septiqneu 
L'analyse chimique appliquée à l'étude du poison putride a fait découvrir dans 
les substances plusieurs corps dont la réunion expliquerait la variété des résul- 
tats expérimentaux : un corps soluble dans l'eau (Panum); un corps soluble 
dans râlcool et narcotique ; un alcaloïde (Zulzer) ; enfin la septine ou sepsine: de 
Richardson, Bergmann, Panum, qui se rapproche égalem^t par ses pi-opriétés 
des alcaloïdes tels que l'atropine. U est vrai que des maîtres éminents,et Pasieur 
en particulier, n'ont jamais pu retrouver la sepsine et croient à une erreur dans 
les analyses. U est donc impossible, dans l'état actuel de la science, d'affirmer 
l'existence d'un composé chimique nettement défini ; mais qu'il existe un poison 
filtrable, dialysable, séparable des bactériens, non détruit par la cuisson à 
130 degrés, qui ne résulte ni de la sécrétion des microbes, ni d'une véritable 
fiermentation, la chose est au moins acceptable pour les cas spéciaux dont nous 
no«s occupons. Que ce poison soit simple ou qu'il soit formé par la réunion de 
plusieurs corps distincts, c'est à la diimie de résoudre la question. Nous avons 
donné les raisons qxu obligent à considérer l'intoxication septique foudroyaote 
comme un empoisonnement véritable. Rapidité d'action et absence de virulence 
nous ont fait rejeter la théorie parasitaire pour l'explication de ces accidents. 
L'avenir dira si nous avons bien jugé. Jusqu'ici le terme de sepsine peut éire 
accepté pour désigner cette substance toxique, en réservant sa compesitina 
intime qui reste encore à déterminer. 

U. De LA SEPTICÉMIE VIRULENTE EXPÉRIMENTALE. Cet état morbidc infectieux 
et contagieux, résultat de l'introduction dans l'organisme des matières pu- 
trides, est dû à l'action d'un organisme microscopique, le vibrion septique. 
Cette théorie, jadis simple hypothèse, nous parait actuellement assise sur des 
bases indiscutables. Nous devons cependant passer en revue les objections 
principales qui lui sont opposées, et mettre en relief les faits qui démontrent 
la nature parasitaire de la septicémie. 

L'introduction des matières septiques dans l'organisme ne donne pas cou- 
sUmment naissance à la septicémie infectieuse. Personne ne conteste ce fait, que 



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56 SEPTICÉMIE. 

nous-méme avons fait pleinement ressortir en comparant Taction du sang septi- 
cémique à celle du sang putréfié à Tair. Certaines espèces animales se mon- 
trent plus particulièrement réfractaires, certaines se montrent plus sensi- 
bles, comme tous les terrains ne laissent pas germer et grandir toutes les 
plantes avec une égale facilité. Pasteur reconnaît tout le premier que les 
tissus vivants offrent une résistance considérable à la multiplication des mi- 
crobes. Rien de surpi*enant que les inoculations ou injections de liquides pu- 
trides donnent tantôt des résultats positifs, tantôt des résultats négatifs. En 
dehors des conditions plus ou moins favorables que présentent les animaux en 
expérience, que de variétés d*état et d'origine dans les matières employées ! Ce- 
lui-ci se sert de macérations anciennes de tissus animaux, celui-là de sang 
putréfié. LHin filtre plus ou moins grossièrement ses liquides, Tautre les 
injecte avec les corps solides qu'ils tiennent en suspension. Le pus sain ou 
fétide, les sérosités limpides ou purulentes, les exsudats inflammatoires, les 
matières intestinales, servent d'une façon pour ainsi dire indifférente à ces 
délicates recherches. Chacun suivant ses tendances choisit une voie d'intro- 
duction différente : injections vasculaires ou sous-cutanées, inoculations à la 
lancette, ingestion dans les voies digestives. Et bien peu d'expérimentateurs son- 
gent à noter avec exactitude le degré de décomposition putride des matières 
introduites dans l'organisme. Rien donc de surprenant que dans dés conditions 
si diverses les résultats obtenus ne se montrent pas toujours identiques. 

Mais quand les conditions expérimentales sont les mêmes, les effets obtenus 
ne présentent plus ces dissemblances. Que l'on se borne à introduire sous la 
peau d'un animal sensible, comme le lapin ou le cobaye, du sang emprunté à 
un animal septicémique ou qu'on injecte les vibrions isolés et cultivés dans un 
liquide indifférent, les mêmes phénomènes morbides se produisent et l'on voit 
se développer la septicémie virulente. Tous les observateurs sont d'accord sur 
la constance des résultats, et discuter ces faits serait actuellement vouloir re- 
mettre en question des vérités démontrées. 

Leplat et Jaillard injectant des liquides bactérifères, et ne vopnt pas se 
reproduire le charbon auquel avait succombé l'animal dont ils prenaient le sang, 
en avaient conclu que les micro-organismes ne sont pas les agents infectieux. 
La nature parasitaire de la pustule maligne et du sang de rate comme produit 
de la bactéridie chari>onneuse n'est plus contestable aujourd'hui. Hais la même 
objection a bien des fois été reprise à propos de la septicémie virulente. Malgré 
les travaux de Davaine, de Coze et Feltz, de Pasteur ; malgré des milliers d'ex- 
périences en deçà et au delà du Rhin, comme de l'autre côté du détroit, le 
vibrion septique n'est pas encore reconnu comme l'agent nécessaire de la 
septicémie. 

Les injections de liquides bactérifères sont parfois, dit-on, inofiTensives. Non- 
seulement les animaux, mais l'homme lui-même (Hiller, Miller, Bastian, 
Richardson, etc.), les supportent sans danger, et l'on retrouve les microbes 
dans le sang sans que leur présence ait entraîné aucun inconvénient. Ces expé- 
riences prouvent tout simplement que tous les micro-organismes ne sont pas 
dangereux, que tous, indifféremment, ne provoquent pas la septicémie, et que 
les expérimentateurs n'ont pas eu, fort heureusement pour eux, affaire à un 
vibrion septique. Mais, répondent ceux-ci, ces microbes ne diffèrent en rien par 
leur aspect des organismes qu'on rencontre dans les liquides putrides les plus 
toxiques. Le fait est vrai, et c'est là un des points qui méritent les recherches 



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SEPTICÉMIE. 37 

les plus attentives. Non-seulement les caractères morphologiques des Tibrions 
ne permettent pas de les diviser en espèces, mais les transformations qu'ils 
subissent, les changements de forme qu'ils éprouvent, soit dans un même mi- 
lieu, soit surtout dans des conditions de vie différentes, sont tellement consi- 
dérables, parfois si imprévus, qu'on ne saurait admettre les classifications 
proposées par Cohn et par Billroth. Les propriétés physiologiques sont actuel- 
lement le seul critérium qui permette de séparer les microbes en espèces 
distinctes. 

Aussi peu fondée est l'objection qui consiste à admettre la présence, dans le 
sang, de microphytes normaux, pour rejeter Faction toxique du vibrion sep- 
tique. Tout d'abord l'existence des hémo-coccus, des microzymasdu sang normal, 
est encore en discussion. Puis, la constance de ces granulations sphériques fût- 
elle démontrée, que rien ne prouverait leur nature. 11 faut les isoler, les cul- 
tiver, les injecter dans l'organisme et reproduire ainsi la septicémie infectieuse, 
et rien de cela n'a été fait. 

Nous ne discuterons pas l'hypothèse d'un poison chimique, qui n'explique 
aucunement des accidents infectieux et contagieux. Cette théorie n'est accep- 
table qu'en faisant de ce poison chimique une véritable sécrétion, un produit 
de la vie des micro-organismes dont elle implique ainsi l'existence nécessaire. 
Un composé chimique défini agit proportionnellement aux doses injectées et non 
oï quantités infinitésimales ; il ne saurait se reproduire dans l'organisme, s'y 
multiplier des millions de fois en quelques heures, et même les ferments 
solubles ne montrent pas cette puissance de régénération. 

kvL reste, la question est aujourd'hui nettement posée. Isoler les bactéries des 
liquides qui les renferment, et faire agir d'un côté le liquide, de l'autre les 
bactéries, tel est le seul moyen d'arriver à une conclusion positive. Pour ob- 
tenir un liquide privé* complètement de microbes, diiïérents procédés ont été 
employés. La filtration simple, sur papier double, sur l'argile, laisse passer les 
bftcÂéries du moins en partie. La filtration sur une couche épaisse de plâtre, à 
l'aide du vide, arrête complètement les microbes, et le liquide injecté se montre 
sans action et reste stérile. L'action de l'alcool, de l'iode, de la quinine, est 
nulle sur les spores ou germes qui résistent également à l'ébuUition. 11 faut 
pour les détruire une température de 100 à 130 degrés prolongée pendant 
plusieurs heures, ou de 200 degrés pendant quelques minutes. II en est de même 
de l'air ou de l'oxygène comprimés à haute tension qui tuent les vibrions 
adultes, mais laissent complète la vitalité des germes. Toutes les expériences 
ioToquées jadis contre la nature parasitaire de l'agent septicémique tombent 
derant ces faits. Les liquides putrides séparés des bactéries ne donnent plus la 
septicémie virulente. 

La contre-épreuve doit être fournie par l'isolement aussi complet que pos- 
sible du vibrion septique et son inoculation. Les dilutions ne valent rien, elles 
ODt servi, nous l'avons vu, à montrer la progression de la virulence. Chauveau 
f*ett servi du dialyseur pour prouver la nature corpusculaire des virus : il y 
aurait peut-être là, dit Nepveu, des expériences à renouveler. Les lavages très- 
soignés et les filtrations répétées sont susceptibles de débarrasser les microbes 
des principes infectieux dont ils peuvent être chargés. Cependant ils n'offrent 
pfts la même sécurité pour l'isolement que les cultures dont s'est servi Pasteur. 
Quand le vibrion septique ensemencé à dose minime dans un liquide indifférent 
s'y est multiplié un certain nombre de fois, il est impossible de prétendre qu'il 



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3S SËPTiCÉllIE. 

QODterve encore un principe quelconque emprunté à son premier liquide. Or, 
dans ces conditions, le vibrion conserve son activité spécifique, et introduit dans 
un organisme convenable y reproduit la septicémie virulente. 

Ainsi s'expliquent les résultats difTéreuts produits par Tinoculation de liquides 
pulrides ou du sang d*un septicémique. Les premiers ne renferment pas forcé- 
ment le vibrion septique, et s'il le contiennent, c'est souvent en même temps que 
d'autres microphytes qui peuvent nuire à son développement ou l'arrêter com- 
plètement. Dans le sang de l'animal infecté, le vibrion septique se développe 
comme dans un milieu de culture, à l'abri de l'oxygène et à l'état d'isolement. 

La septicémie virulente expérimentale est forcément d'origine le plus souvent 
hétérochthone, puisque les substances introduites dans l'organismes ont emprun- 
tées à un autre animal. Cette affection, d'après quelques faits de Davame, pour^ 
rait, dans des conditions favorables, se transmettre par l'air empesté, qui ser- 
virait alors de véhicule aux germes septiques. Cet éminent observateur a eu 
l'occasion d'observer deux épidémies de septicémie chez des animaux enfermés 
dans le même local que des sujets infectés. Une température élevée, et une 
atmosphère confinée, sont les conditions qui favorisent cette propagation. Ces 
faits incontestables n'ont rien de contradictoire avec la nature parasitaire de la 
septicémie, et Ton comprend parfaitement que des germes introduits dans les 
voies pulmonaires ou digestives puissent s'y développer et pénétrer dans l'éco- 
nomie. 

Ce n'est pas ici le lieu de discuter l'origine spontanée ou hétérochthone de la 
septicémie virulente. Cette discussion sera mieux à sa place dans l'histoire de la 
septicémie humaine, à laquelle les adversaires comme les défensem's de la 
tlM^orie des germes morbides ont emprunté leurs principaux arguments. Qui dit 
expérimentale dit forcément extérieure, et les recherches n'ont pas eu jusqu'ici 
pour but spécial le développement spontané de la septicémie chez les animaux. 

Béchamp admet que par l'inoculation des bactéries aux animaux, ou l'injec- 
tion d'une substance en putréfaction et privée de bactéries dans le sang, on pro- 
voque un changement de milieu favorable à l'évolution des microzymas normaux 
de l'animal en bactéries, et les désordres qui en sont la conséquence. Hais ces 
tbéories un peu vagues sur le rôle des microzymas sont restées jusqu'ici à l'état 
de spéculation. Au reste, Klebs, examinant le sang puisé directement dans le 
«œur d'animaux bien portants, n'y a jamais rien trouvé de semblable à des spores, 
pendant que les granulations étaient manifestes dans le sang des chiens atteints 
de fièvre traumatique. Il a de plus constaté la présence de bactéries et de vibrions 
mobiles, mais, contrairement aux allégations d'Hansen, uniquement dans les états 
morbides produits par l'importation et la multiplication des microbes dans l'or- 
ganisme. Ces recherches, faites avec toutes les précautions nécessaires pour 
éviter le contact de l'air et à une température de 31 à 40 degrés, ont démontré 
les modifications surprenantes que peuvent subir les micro-organismes et leurs 
«orpuscules-germes. 

Burdon-Sanderson est aussi net sur ce point. Ni dans le sang, ni dans les 
tissus, ni dans les humeurs des animaux sains, il n'a jamais rencontré de germes 
ni de microzymas développés. 11 les croit apportés probablement par l'eau potable 
ou par les autres fluides aqueux en contact avec le corps; au moins l'existence 
de germes dans ces liquides est-elle actuellement démontrée. Il n'en est pas de 
même d'une prétendue différence spécifique entre les microzymas des liquides 
extrinsèques et les organismes des sujets infectés, difféi^ence qui, à l'instar de 



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SEPTICÉMIE. 39 

la génération spontanée, n*est encore qu'une pure hypothèse. II ne s'ensuit pas 
cependant pour Sanderson que le contage ait primitivement une origine exté- 
rieure; les microzymas peuvent le transporter d'une partie infectée à une partie 
saine ou d'un individu malade à un sujet bien portant, sans être eux-mêmes 
capables de le produire. Les faits démontrent donc, il nous semble, d'une façon 
péremptoire, la nature parasitaire de la septicémie virulente expérimentale. 

III. InFicnoN pnTRn>E ExpÉaiMB;«TALB. Les matières putréfiées perdent après 
un certain temps le pouvoir de développer la septicémie virulente. Cette modi- 
fication coïncide avec les phases les plus avance de la décomposition putride, 
et est reconnue par tous les expérimentateurs. Pour Davaine et Pasteur, comme 
pour Robin et Colin, d'Alfort, la putridité tue la virulence. On s'est même, bien à 
tort, suivant nous, appuyé sur ces faits pour nier absolument la nature parasitaire 
de la septicémie expérimentale. 11 eût fallu pour cela démontrer tout d'abord 
que les liquides fétides arrivés au dernier stade de la putréfaction contenaient 
encore le vibrion septique ou ses germes. Ainsi que l'a fort justement dit PasteuTt 
les résultats négatifs n*ont jamais une valeur absolue quand ils sont contredits par 
des expériences positives. Les liquides fétides, grouillant de microbes, ne pro* 
duisent pas d'affection virulente, transmissible par inoculation; nous sommes en 
droit d'en conclure que les micro-organismes qu'ils renferment ne sont pas la 
cause des accidents toxiques. Les cultures ne réussissent pas plus que les injec- 
tions des liquides primitifs. Au contraire, les accidents sont irréguliers dans leur 
production et dans leur intensité. Us varient avec le mode d'introduction, avec 
la quantité et la nature de la substance injectée. Il s'agit donc encore dans ces 
conditions d'une véritable intoxication. Les recherches expérimentales ont montré 
depuis longtemps les propriétés toxiques des composés chimiques qui sont le 
produit de la putréfaction avancée. Ces matières fétides, sur lesquelles ont sur- 
tout porté les analyses chimiques, contiennent des composés fort nombreux et 
variables dans leur proportion relative. La leucine, la tyrosine, les acides buty- 
rique, valérianique ; le carbonate et le sulfhydrate d'ammoniaque ; l'hydrogène 
sulfuré et les hydrogènes phosphores, autant de corps que l'on rencontre dans 
les produits avancés de la putréfaction. Ces corps sont presque tous, plus ou 
moins, doués de propriétés phlogogènes et pyrogènes, les expériences en font 
foi. Il nous paraît qu'on peut légitimement leur attribuer la plus grande part 
dans les accidents produits par l'introduction dans 1 économie de substances 
putréfiées ayant perdu toute puissance virulente. Hais nous ne voudrions pas 
affirmer qu'à côté d'elles il n'existe pas des composés chimiques différents, 
également toxiques, et dont la nature est encore inconnue. 

Ainsi, dans notre pensée, la putréfaction au point de vue de l'action sur 
l'organisme des substances en décomposition comprendrait trois périodes prin- 
cipales. A son début, comme dans ses phases ultimes, elle donnerait naissance 
à des produits toxiques, à des poisons dont la composition moléculaire n'est 
pas encore nettement déterminée, mais dont la nature se traduit par des phé- 
nomènes morbides, par les intoxications qui suivent leur introduction dans 
l'économie. Entre ces deux périodes, nous en plaçons une troisième, dans 
laquelle les matières putrides agissent par les microbes qu'elles contiennent, 
microbes dont la multiplication dans l'organisme se traduit par la septicémie 
virulente et contagieuse. 

Ces périodes n'ont pas de limites tranchées au point de vue de leur début etde 
leur terminaison. Les conditions extérieures de température, d'humidité, d'état 



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40 SEPTICÉMIE. 

électrique, ont sur leur durée la même influence qu'elles exercent d*une façon 
générale sur la marche de la décomposition putride. La nature des matières» 
Taccès facile ou difficile de Tair extérieur, exercent également leur action. Pas- 
teur n'a-t-il pas montré que le contact de Toxygène suffît pour tuer les vibrions 
septiques et pour empêcher le développement des corpuscules-germes? Cette 
seule influence explique les nombreuses manières d*être des liquides putrides 
et rend compte des résultats si variés que donnent les expériences. D*un autre 
côté, il n'est aucunement impossible, et nous regardons comme un fait presque 
certain, que les composés chimiques dont nous avons admis l'existence joignent 
souvent leurs effets à ceux du vibrion septique. Les phénomènes naturels ne se 
prêtent pas d*habitude à ces classifications, à ces divisions, que les besoins de 
l'étude nous obligent à établir. 

lY. Septico-ptorémib expérimentale. Le vibrion septique lui-même peut 
vivre à côté d'un autre microbe, le microbe du pus. Sous ce rapport encore les 
recherches anciennes ont été confirmées parles belles expériences de Pasteur, et 
ses inoculations doubles ont reproduit les phénomènes morbides que Sédillot, 
Darcet, Castelnau, Batailhé, produisaient par les injections du pus putride ou 
décomposé. 

Injecte-t-on du pus normal dans les veines, en grande quantité à la fois, 
comme le liquide ne contient pas de microbes, ou bien il asphyxie rapidement 
l'animal par l'obstruction des capillaires du poumon, ou bien après quelques 
accidents la santé se rétablit. Que les injections soient faites en plusieurs 
fois, avec de faibles doses de liquides purulents, et des abcès métastatiques 
simples pourront se produire, car le pus engendre le pus. Les globules puru- 
lents plus ou moins agglutinés agissent alors comme les poussières inertes 
dont nous avons parlé, mais, au lieu d'infarctus simples, ils sont le noyau de 
petits foyers de suppuration. Les belles expériences de Gaspard, de Sédillot, 
de Weber , ne sauraient être infirmées par les résultats négatifs obtenus par 
Chauveau et par d'autres observateurs. Mais ces abcès simples, d'habitude peu 
nombreux, n'entratnent pas forcément des phénomènes morbides. Ainsi que l'a 
constaté Pasteur, ils se résorbent avec une très-grande facilité, et si l'animal 
n'est pas sacrifié, leur existence passe le plus souvent inaperçue. Ainsi s'expli- 
quent probablement les résultats différents donnés par les expériences. 

Ce pus, nornial par son aspect extérieur, sans odeur putride, sans commen- 
cement de décomposition, contient souvent un microbe spécial, à la fois aérobie 
et anaérobie, dont nous avons dû la découverte à Pasteur. L'introduction dans 
l'organisme de ce pus normal en apparence développe alors des accidents re- 
doutables. Tout à l'heure les collections secondaires étaient peu nombreuses, 
petites, facilement résorbées, les phénomènes généraux peu prononcés ; main- 
tenant les abcès métastatiques viscéraux sont la règle, ils sont nombreux, plus 
volumineux, entretenus et grandis par la multiplication incessante du microbe, 
et les foyers primitifs deviennent le point de départ d'abcès plus ou moins éloi- 
gnés. En même temps éclatent les frissons répétés, et tous les symptômes de 
l'infection purulente dont l'autopsie fait constater les lésions. 

Ce n'est pas tout encore. Que de fois, injectant dans le tissu cellulaire du pus 
fétide ou des liquides putrides, n'a-t-on pas noté, en même temps que les symp- 
tomes typhoïdes de la septicémie, les abcès métastatiques de l'infection puru- 
lente ! De là, même dans la pathologie expérimentale, la confusion faite par 
nombre d'auteurs entre ces deux états morbides. Celte confusion était forcée. 



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SEPTICÉMIE. 41 

Le pus putréGë contient à la fois le vibrion septique et le microbe du pus, et 
coinbien de sérosités putrides qui ne soient*pas mélangées d*humeur purulente! 
La septico-pyohémie est dans ces cas le résultat des injections. Associé au vibrion 
septique, le microbe du pus, bien moins actif que le premier, est pour ainsi dire 
entraîné par son compagnon. Avec lui porté dans tous les organes, il se mul- 
tiplie avec une rapidité prodigieuse, il envahit tous les tissus, et les phénomènes 
morbides participent des deux affections. Tantôt la septicémie prédomine et 
avec elle les symptômes typhoïdes, la fièvre continue ou rémittente et les alté- 
rations gangreneuses. Tantôt, mais plus rarement, car le microbe du pus a 
moins de puissance expansive que le vibrion septique, ce sont les symptômes 
pyobémiques qui occupent le premier rang. L'autopsie montre alors de nom- 
breux abcès viscéraux, dont le pus verdàtre et putride traduit la double 
(Nrigine. 

Et ce ne sont pas des hypothèses que nous émettons ici, car la méthode si 
instructive et si précieuse des cultures isolées permet de reproduire à volonté 
les états morbides simples ou complexes que nous venons de décrire. Comme 
la septicémie contagieuse et parasitaire, la pyohémie également parasitaire est 
uneafiection virulente et transmissible par inoculation. La septico-pyohémie 
possède comme ses deux composantes le pouvoir contagieux, et c*est par les 
germes et par les microbes adultes que se transmet la maladie. 

m. SepUeémie médÎMle. Des MALADIES SBPTICOÏDES EN yÉDEClMB. NoUS avOUS 

d^à signalé plusieurs fois la confusion qui tend à s*établir entre les multiples 
aQections tant médicales que chirurgicales, dans lesquelles des bactériens ont 
été rencontrés dans le sang, les tissus ou les humeurs. Ces affections, bien 
distinctes, par leurs symptômes et par leurs lésions, des septicémies véritables, 
devraient être désignées sous le nom de septicoïdes, les accidents septicé- 
miques n'étant, dans ces cas, qu'une complication éventuelle et non un fait 
nécessaire. Nous n'avons pas à discuter ici la nature parasitaire ou non de 
toutes les makdies infectieuses. Quand bien même cette nature serait démontrée, 
nous croyons que la diversité des phénomènes morbides ne permet aucu- 
nement, dans l'état actuel de la science, de confondre des entités morbides 
aussi distinctes que la fièvre typhoïde et l'endocardite ulcéreuse, que l'érysipèle 
et Vinfection purulente. 

Si, d'accord avec la théorie des germes, on admet pour ces affections ce 
point de ressemblance, que tontes résultent du développement et de la n^ulti- 
plication dans Téconomie d'un organisme microscopique, comme la diversité 
des faits entraîne en bonne logique la diversité des causes, il nous parait indis- 
p^isable de ne pas reculer devant l'hypothèse de germes et de microbes spéci- 
fiques. Telle est, du reste, la voie féconde dans laquelle est entré Pasteur 
qui, tout en rejetant les classifications des microbes basées sur les caractères 
morphologiques, n'hésite pas d'après leurs propriétés physiologiques à décrire 
des organismes spécifiques pour la septicémie, pour Tinfection purulente et 
même pour la fièvre puerpérale. 

Nous pensons, comme Vallin et LerebouUet, que les études de ce genre ne 
sauraient être trop encouragées ; que les progrès de la médecine clinique seront 
dus pour la plus grande part dfms l'avenir aux recherches si précises de lif 
pathologie expérimentale. Hais jusqu*à nouvel ordre il y a plus d'inconvénients 
que d'avantages à créer une classe d'affections dites septicémiques, car la 



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43 SEPTICÉMIE* 

confusion dans les mots entraine la confusion dans les idées et nuit aux progrès 
de la science. 

Les termes anciens de maladies infectieuses, maladies contagieuses ou infecto- 
contagieuses, expriment des idées justes, et s*ils manquent parfois de toute la 
précision désirable, ils ont Tavantage de ne pas entraîner avec eux les opinions 
doctrinales que supposent démontrées les expressions de zymotiques et de 
septicémiques ou septiqucs. Le mot putrides est encore bien plus vague et 
devrait être complètement abandonné. 

Parmi les maladies dont la nature parasitaire est actuellement discutée, 
parce que lexamen a fait cx)nstater des micro-organismes dans le sang, les 
humeurs, les produits de sécrétion ou d'excrétion, nous trouvons; lu diphthérie, 
la fièvre typhoïde, le choléra, la fièvre récurrente (spirochète d'Obermeier), la 
syphilis, et d'autres encore. Or quel médecin voudrait réunir ces afTections sous 
une dénomination commune? Dans Tendocardite ulcéreuse, dans certaines 
formes de néphrites, les bactériens circulant dans le sang pourraient être le 
.point de départ de lésions, d*inflammations viscérales circonscrites ou diffuses. 
En pénétrant dans le sang par les lymphatiques ou les veines, ils s'amassent, 
dit Nepveu, dans les globules blancs, s'entassent dans les plus fins capillaires, 
et de là passent dans certaines sécrétions, l'urine, le lait, etc. Les épitheliums 
de certaines glandes, les canalicules des reins, sont bondés de ces microbes. 
L'influence exacte de leur présence sur les troubles fonctionnels est très-diCBcile 
à pénétrer, c En tout cas, ajoute Nepveu dans une de ses excellentes études 
critiques, il faut retenir ce fait extrêmement important : c'est que l'examen 
direct du sang (goutte obtenue par une piqûre du doigt) peut ne montrer à 
peine que quelques bactériens, lorsque les principaux viscères 9'en trouvent 
presque remplis. Us s'y amassent pour ainsi dire et s'y arrêtent. On comprend 
ainsi qu'à moins d'un examen très-attentif on ne puisse diagnostiquer leur 
présence, et qu'il faut un certain effort d'esprit pourprésumer leur importance, i 

Leur rôle pathogénique dans les diverses maladies où leur présence semble 
• constante n'est pas mieux déterminé. Dans la théorie chimique, ils ne sont que 
les véhicules innocents ou peut-être les propagateurs de l'agent morbifique. 
Dans la théorie zymotique, ils jouent le rôle de ferments, d'agents premiers 
et exclusifs de production des divers principes infectieux. Mialhe les considère 
comme formant les ferments solubles ou zymazes, qui par leur action déter- 
minent les accidents. Leur présence dans cette hypothèse est aussi indispensable 
que dans la théorie parasitaire, où le danger naît de leur prolifération et de leur 
^rapide multiplication. 

Nous avons signalé bien des fois la difficulté que crée pour l'étude des 
microbes l'impossibilité de séparer par leurs caractères morphologiques des 
espèces que leurs propriétés physiologiques montrent tout à fait différentes. 
C'est par les cultures successives dans des liquides indifférents, c'est par l'ino- 
culation de ces bactériens isolés des milieux où ils vivent, qu'on arrivera à 
déterminer leur mode d'action. Malheureusement les expériences n'ont jusqu'ici 
porté que sur quelques microbes, le vibrion septique, le microbe du pus et 
surtout la bactéridie charbonneuse. La fièvre typhoïde, l'endocardite ulcéreuse, 
k diphthérie et les autres affections septicoïdes médicales, sont encore à étudier. 
*Nous en pourrions dire autant des affections chirurgicales, érysipèle, pourri- 
ture d'hôpital, ostéomyélite septique, dont le microbe, spécifique ou non, n'a 
4>as été cultivé et isolé, puis inoculé dans cet état d'isolement. 



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SEPTICÉMIE. 45 

c Au poiot de vue médical^ dit Nepveu, on pourrait aussi, ne cëdant aux 
bactériens que ce rôle de corpuscules indilTërents, peut-être, établir leur impor- 
tance de la même manière que dans les lésions chirurgicales. Ainsi s*explique 
pour certains auteurs que, dans certaines épidémies de nature variable, selon 
le fo^fer primitif, ces agents subalternes seraient les intermédiaires faciles de 
la dissémination, i 

E. Saterwbaite, rapporteur de la section d*hygiène au Congrès médical de 
Philadelphie (1876), résume dans les propositions suivantes les conclusions 
adoptées dans l'état actuel de la science sur la production des maladies par 
les germes : i^ D après les dernières recherches scientifiques, il est permis de 
<roire que dans un certain nombre de maladies infectieuses le germe se 
présente sous une forme moléculaire et n*est pas une substance soluble. ^ En 
ce qui concerne la septicémie, la fièvre puerpéi*ale, l'érysipèle, la pourriture 
<l*hépital, la fièvre typhoïde, etc., rien ne prouve que ces aÎTections aient pour 
causes des orga&ismes microscopiques appartenant au règne végétal. 3® La cause 
€t la nature de ces affections ne sont pas encore connues. 

Maurice Raynaud (1873) tend à rapprocher Térysipèle des maladies infeo^ 
tieuses ; non Térysipèle bénin qui n'est qu'une angioleucite, mais l'érysipèle 
vrai qui nécessite un trauma et un élément spécifique, comme un germe 
infectieux pénétrant du dehors au dedans par la voie ouverte. Les épidémies 
d'mfection purulente, de fièvre puerpérale, coïncident avec les épidémies d'érysi- 
pèle. La fièvre typhoïde, la grippe, la dysenterie, l'ophthalmie purulente, sont 
également en rapport fréquent avec l'érysipèle. 

Baynaud se demande si ces diverses affections sont le résultat d'agents 
multiples. Le même agent, dit-il, qui, pénélrant directement dans le sang, ou 
absorbé par les voies respiratoires, produirait les maladies infectieuses ci-dessus 
mentionnées» produit un érysipèle, lorsqu'il pénètre dans l'économie par un 
Iraumatisme intéressant les vaisseaux lymphatiques. L'agent morbide est le 
même, mais là porte d'entrée diffère. 

L'obstacle apporté par les ganglions à la marche de l'agent morbifique et 
à sa dissémination dans l'économie rend compte de la gravité relativement 
moindre de l'érysipèle. La face plus exposée aux traumatismes et à l'action des 
miasmes atmosphériques, douée d'un réseau lymphatique très-riche et trèssuper- 
ûciel, est forcément le siège le plus fréquent de l'inoculation et du développe- 
ment de l'érysipèle vrai. 

Coze et Feitz font du typhus des armées, si bien étudié par Pringle, Bilguer» 
Jacquot, Barallier, Marouin, Hagnus Huss, Virchow, etc., une septicémie iden- 
tique à la septicémie chirurgicale. Le caractère plus contagieux du typhus' 
tient, suivant ces auteurs, à ce que l'élément infectieux a crû en activité et en 
puissance en passant dans un grand nombre d'organismes. Nous ne pouvons 
nous ranger à cette opinion, car, si la septicémie chirurgicale et le typhus des 
armées se rencontrent souvent côte à côte à l'état épidémique, nous avons vu 
bien souvent, et notamment dans les ambulances de Sedan et de Versailles, la 
septicémie enlever pendant des semaines presque tous les blessés, sans qu'il se 
développât chez les sujets sans traumatismes, réunis dans les mêmes salles 
encombrées, la moindre affection typhique ou typhoïde. De semblables généra- 
lisations demandent plus que de simples analogies dans les symptômes, pour 
entraîner la conviction. Or les recherches expérimentales sont muettes sur cette 
4|iiestioa d'identité de nature. Le typhus des armées peut être une maladie 



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4i SEPTICÉMIE. 

seplicoide, mais rien n autorise à en faire une forme de la septicémie et surtout 
à l'identifier de façon absolue avec la septicémie des blessés. 

Lereboullet (1877) n'admet que comme d'ingénieuses conceptions toutes les 
théories parasitaires des maladies pyrétiques. Les vibrions et les bactéries peu^ 
vent par leur développement compliquer une maladie préexistante, ils ne sau- 
raient la caractériser. Ils peuvent, suivant lui, donner naissance aux phénomènes 
septicémiques qui se passent au sein de l'organisme ; jamais on n'a scientifi- 
quement démontré qu'ils soient les agents d'une maladie spécifique déter- 
minée. Il reconnaît cependant avec Yallin que ces hypothèses peuvent servir à 
instituer un programme de recherches positives expérimentales, véritablement 
scientifiques. Humbert (1871) se refusait également à considérer la septicémie 
comme une entité morbide nettement définie. 

lies récents travaux de Pasteur ont forcément modifié les opinions émises 
jusqu'alors sur la théorie parasitaire des maladies contagieuses. Dans un article 
tout récent (décembre 1879), notre distingué collègue et ami Lereboullet 
reconnaît que, parmi les maladies à virus fixe^ un grand nombre paraissent 
dues à un microbe spécial. Dans son opinion la septicémie n'est toujours pas 
une maladie déterminée, elle n'est qu'un état morbide venant compliquer et 
aggraver un grand nombre d'affections. Davaine a montré que la septicémie 
virulente pouvait se communiquer sans contact immédiat du lapin infecté au 
lapin sain, comme s'il existait un vims volatil^ dont les germes éliminés sont 
transportés à distance. Lereboullet admet par voie d'analogie et comme une 
hypothèse probable ce transport à petite distance, par l'air, des germes mor- 
bides, mais des cultures sont nécessaires pour démontrer la réalité de ces faits. 
Pour le développement des accidents putrides, septicémiques ou virulents, il 
faut aux germes des conditions extérieures (plaies, épanchements de sang, 
collections de pus formant foyer actif, excès de température) que Pasteur et 
Davaine n'ont guère précisées, et encore pour la septicémie seulement. Le virus 
est présent, mais il ne se développe pas tant que les conditions' du milieu ne 
sont pas convenables. 

Pour ce qui est de la septicémie, Lereboullet reconnaît volontiers avec Pasteur 
et Davaine que l'inoculation de certaines espèces de vibrions déterminera tou- 
jours des accidents septicémiques ; mais ne croyant pas à une spécificité dis- 
tincte et différente dans la septicémie traumatique, la septicémie puerpérale et 
la septicémie des fièvres continues, il attcndi'a des observations plus précises 
pour affirmer l'existence d'un vibrion spécial à la septicémie des femmes en 
couches et différent de celui qui détermine des accidents analogues dans 
"l'ostéomyélite et la fièvre typhoïde. 

Les dernières rechcrdies ont démontré lu facilité de confondre les corpus- 
cules germes, sphéroïdes, brillants, microzymas de Béchamp, avec les gi'anula- 
tions moléculaires, résultat de la désagrégation des tbsus. 11 est donc néces- 
saite de distinguer, de décrire, d'isoler, de cultiver et d'inoculer ces microbes 
ou leurs germes pour en prouver la nature. 

La vieille médecine, contre laquelle Pasteur s'est élevé avec trop de force 
peut-être, la vieille médecine comprend que tout n'est pas dit avec les germes ; 
elle s'efforce d'étudier les conditions du milieu pathologique dans lesquelles ces 
germes trouvent les éléments nécessaires à leurs évolutions et à leur multi- 
plication. Elle s'efforce de déterminer dans quels cas l'encombrement crée la 
septicémie puerpérale ou la fièvre typhoïde ; d'expliquer pourquoi la septicémie 



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SEPTICÉMIE 45 

chirurgicale frappe certains blesses et épargne leurs Toisins dont les plaies ne 
sont pas moins exposées à Tendroit des germes infectieux. En nous dévoilant 
révolution difTéi^ente de la fièvre typhoïde et des affections charbonneuses, elle 
nous met en garde contre des généralisations hâtives. 

Certes, nous sommes d*accord avec notre distingué confrère pour repousser 
une assimilation prématurée entre toutes les maladies infectieuses. Mais nous 
pensons que les expériences si précises de Pasteur ont justement mis hors de 
contestation cette assimilation. En décrivant le vibrion septique et le microbe 
du pus, en montrant leur nature spéciale et leur spécificité physiologique, 
rillustre professeur de l'École normale s'est justement montré l'adversaire de 
ces généralisations sans fondement. Que la fièvre typhoïde puisse se compliquer 
à sa seconde période (Hirtz, Czemicki, etc.) d'accidents septiques, nous ne sau- 
rions en douter. Hais pour nous ces phénomènes ne sont qu'accidentels, et 
viennent se surajouter à la maladie première. Toutes les fièvres typhoïdes ne se 
compliquent pas de septicémie. Il faut, pour qu'éclatent les accidents septiques, 
que l'ulcération des plaques de Peyer ou des follicules clos ouvre une porte 
d'entrée aux matières putrides contenues dans T intestin. Mais les malades 
peuvent succomber bien avant cette période. La fièvre typhoïde à un certain 
moment de son évolution peut, tout comme la dysenterie ulcéreuse, se com- 
pliquer de phénomènes septiques ; mais qu'elle soit une septicémie véritable, 
les expériences de Yulpian ont démontré le contraire. Ainsi que Chauveau et 
Colin, d'Alfort, l'ont fait remarquer, ce n'est pas la fièvre typhoïde que Cose et 
Fellz, que Davaine, transmettaient à leurs lapins par l'inoculation de sang 
typhoïde, mais tout simplement la septicémie par décomposition putride du 
sang inoculé. Il nous parait donc impossible d'admettre, dans l'état actuel de 
la science, que la fièvre typhoïde est due au même vibrion que la septicémie 
vraie et virulente, et nous nous croyons autorisé à la faire rentrer dans le cadre 
des affections septicoïdes, c'est-à-dire qui peuvent se compliquer de phénomènes 
septiques. 

Pasteur, du reste, n'a jamais prétendu que la septicémie fûit une entité 
morbide unique et nettement définie. La terre renferme naturellement une 
multitude de germes d'espèces microscopiques variées. C'est là ce qui rend 
si difficile de mettre en évidence la présence des bactéries dans le sol et expli- 
que les résultats négatifs obtenus par Colin, d'Alfort. Mais on ne peut se refuser, 
après les résultats positifs obtenus par Pasteur, de méditer la proposition qu'il 
énonçait à l'Académie de médecine il y a quelques semaines : « Ihms nos expé- 
riences, nous avons rencontré cette circonstance remarquable, que toutes les 
terres naturelles que nous avons eu l'occasion d'examiner renferment des germes 
propres à donner une septicémie particulière. » Après l'enfouissement d'ani- 
maux charbonneux, la terre au bout de dix mois renferme encore dans ses 
couches superficielles des corpuscules-germes dont l'inoculation donne le char- 
bon, pendant que dans ses couches profondes se cache le germe revivifiable du 
vibrion septique. Si la virulence est née par la putridité au contact de l'air, il 
parait donc démontré que dans des conditions dilférentes les corpuscules-germes 
ne perdent pas leur vitalité. Ces expériences remarquables renversent à notre 
avis tontes les observations contradictoires de Colin, car tous les raisonnements 
ne peuvent prévaloir contre un fait positif. 

La spontanéité des maladies contagieuses, si nettement attaquée par Pasteur 
comme une doctrine qui vieillit, nous semble bien près de sombrer dans la 



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46 SEPTICÉMIE. 

lutte. Oui, la médecine et la chirurgie traversent une époque de transition et 
de crise où deux courants, deux doctrines opposées, trouvent encore des parti- 
sans convaincus. Mais Chauflard n*est plus là pour soutenir la cause de la spon- 
tanéité morbide, et la théorie des germes, la théorie du contage vivant, née ou 
renouvelée d'hier, voit grandir chaque jour le nombre de ses adeptes. 

G*est qu*elle s'appuie sur des faits irréfutables, sur des expériences ingé- 
nieuses et pi*écises ; c*est que chaque heure elle fait un pas en aVant, et que la 
nature parasitaire du charbon, de la septicémie virulente, aujourd'hui démontrée,, 
nous fait voir dans quelques années la même certitude étendue à la morve, au 
typhus, à rérysipèlc, et plus tard sans doute à toutes les maladies contagieuses» 

Si la virulence est invariablement et constamment détruite par la putréfaction, 
il parait impossible, dit Colin, d'Alfort, que le cadavre une fois putréfié ou Tune 
quelconque de ses parties devienne le point de départ d'une contagion. Oui. 
mais Texpérience montre que la putréfaction peut rester incomplète dans cer- 
taines conditions et que la contagion persiste. 

Si la virulence s'éteint dans les liquides, dans les tissus oh la bactérie 
persiste, la virulence est une propriété indépendante de la bactérie. D'accord ; 
mais Colin avoue lui-même qu'il y a bactérie et bactérie, puisqu'il demande à 
ses adversaires de lui fournir les caractères qui font distinguer le microbe inof- 
fensif de la bactérie charbonneuse, et le corpuscule-germe des granulations 
moléculaires. 11 défend donc la spontanéité non pour les parasites, mais pour 
les proto-organismes de nature douteuse et à rôle problématique, parce qu'il 
n'est pas prouvé : 1® que ces microbes sont la cause de l'affection, la condition 
indispensable de son existence ; 2<> que l'organisme malade est impuissant à 
faire en plus naître en lui, dans ses tissus, dans ses liquides, un globule 
mouvant ou un filament immobile. Et comme exemple il montre l'organisme 
sécrétant les spermatozoïdes, les hématies, les leucocytes, les acides biliaires, 
et bien d'autres corpuscules ou produits plus compliqués de structure et de 
composition que les germes des microbes. 

Pour les affections sans microbes (rage, morve), la méthode expérimentale 
n'a pas à se prononcer, mais l'observation. Chacun sait qu'il y a trente ans à 
peine on en disait autant de la gale et de toutes les affections cutanées para- 
sitaires. Au reste, pour Colin les faits démontrent la spontanéité de la moi*ve» 
du charbon, de la pébrine, du tubercule, du typhus, en un mot, de tous les 
virus, c La négation de la spontanéité au nom des principes n'est acceptable 
que pour les maladies parasitaires et sûrement parasitaires ; car le parasite ne 
peut être engendré ni par l'organisme, ni par les causes spécifiques ou com- 
munes ; mais encore il y a parasites et parasites. Les uns sont véritablement la 
cause de la maladie, les autres ne sont que ses comparses, quelques-uns ses 
invités et ses hôtes. L'acare est bien certainement la cause de la gale, mais le 
vibrion dit septique n'est pas sûrement la cause de la septicémie : il se déve- 
loppe dans le pus d'une plaie comme il le ferait sur un tas de fumier ou dans 
une fosse à purin. La plus petite plaie est pour cet être microscopique un 
océan ou un continent ; il peut se disséminer dans la circulation, s'il y est porté 
par l'absorption ; il peut y vivre, s'y multiplier, si le sang est altéré, si ce 
liquide lui fournit des conditions d'existence, sinon, il y périt. S'il en était 
autrement, toutes les plaies entraîneraient la septicémie, car toutes montrent 
des vibrions, toutes en re<;oivent les germes, toutes envoient de ces vibrions ou 
de ces germes dans le torrent circulatoire. » Il n'est jamais venu à l'idée de 



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SEPTICÉMIE. 47 

Pasteur de nier les influences des milieux sur la possibilité et la facilité du déve- 
loppement des germes morbides. Loin delà, il les a toujours signalées et mises^ 
en relief. Mais un terrain si bien préparé qu'il soit ne crée pas la plante, si la 
semence n'y est jetée ; et nous comprenons que l'illustre savant qui a consacré^ 
la plus grande partie de sa yie à chercher la génération spontanée sans la pou- 
Toir découvrir, Thabile expérimentateur dont les expériences sont constamment 
restées inattaquables, exige ^utre chose que des raisonnements pour croire à la 
spontanéité du développement des microbes infectieux. 

La discussion porte surtout sur le rôle des parasites dans les maladies infec- 
tieuses. Selon Guiard (1874), le domaine des maladies parasitaires est assez 
restreint, car on ne doit comprendre dans celte classe que les affections qui, 
déterminées par la présence et l'évolution du parasite, naissent et évoluent avec 
lui. Les malarlies pseudo-parasitaires sont des affections compliquées par la 
présence d'un organisme inférieur, et non le résultat de sa présence. Ces proto- 
organismes, vibrions ou bactéries, apparaissent en même temps que les compli- 
cations septicémiques, mais ils ne sont point par eux-mêmes les agents d'une 
maladie spécifique et distincte. Avec eux, comme dans la plupart des maladies 
fébriles, se montrent dans le sang ou les humeurs un grand nombre de granu- 
ktions élémentaires, vestiges derniers de la désagrégation des tissus. En somme, 
les maladies miasmatiques et virulentes ne sont pas parasitaires. 

Robin s'est montré l'adversaire constant de la théorie parasitaire des maladies 
infectieuses. Pour lui les végétaux parasites, cryptogamiques, ne sont pas et ne 
peuvent être des agents Tirulents. Les microzymas, bactéries ou vibrions trouvés 
dans le sang de rate, le charbon, la septicémie, la fièvre typhoïde de l'homme 
(Tigri, 1865), la fièvre typhoïde du cheval (Signol, 1861), les matières intesti- 
nales, ne sont que des états différents du même cryptogame qui par son dévo- 
loppement complet forme le leptothrix. Ce ne sont donc que de simples épiphé- 
nomènes, au plus les véhicules de l'humeur virulente dont ils sont imprégnés. 
Jamais les bactéries ne possèdent de propriétés virtilentes, quand elles sont 
séparées du sang, du pus, des humeurs, à l'état, quel qu'il soit, dit de viru- 
lence. Cette virulence n'est pas la putréfaction (vaccine, syphilis, etc.); elle n'est 
pas davantage la putridité ou la fermentation, et les divers états virulents 
(variole, chancres, syphilis, ophthalmie purulente, conjonctivite granuleuse, etc.) 
ne peuvent s'expliquer par l'action de parasites bactériens. En somme, les 
bactéries se multiplient dans le sang comme dans toute autre humeur, dans les 
liquides rirulents ou non, mais à condition qu'ils soient déjà dans tel ou tel 
état d'altération commençante, et cette multiplication marche parallèlement à la 
virulence, quand virulence il y a, jusqu'à production de la fermentation et de la 
putréfaction qui a lieu plus ou moins vite, suivant leur composition chimique, 
dans l'économie ou en dehors. 

La théorie de Robin est en quelque sorte basée sur des négations. Elle 
8*appuie sur l'impossibilité d'expliquer par la doctrine parasitaire toutes les 
maladies infectieuses, pour rejeter absolument l'action des microbes. Les 
recherches expérimentales récentes, en résolvant ces questions d'une façon 
péremptoire pour le charbon et la septicémie, en faveur de la théorie des germes, 
ne permettent plus ces réfutations à priori. Ce qui est démontré vrai pour ces 
afiêctions le sera demain peut-être pour d'autres maladies voisines. Nous ne 
pouvons qu'en appeler au déterminisme de Claude Bernard et redire sans nous 
lasser que le progrès sera dans la détermination précise des phénomènes, bien 



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48 SEPTICÉMIE. 

plus que dans des discussions théoriques qui s'égarent trop souvent dans leurs 
généralisations préconçues. 

Piorry disait justement à TAcadéniie de médecine en 1875 : Tagent septique 
ou septis est un fait. L'action du septis sur le sang est incontestable, septicémie 
la désigne. La septicémie à un très-haut degré peut devenir contagieuse >le terme 
septiosémie exprimera cette qualité. Septicémie et septiosémie s'ajoutent trop 
souvent aux agents épidémiques contagieux et en augmentent infiniment la 
gravité. On ignore encore, ajoutait-il, en quoi consistent beaucoup d'agents 
contagieux. 11 y a lieu de croire que ce n'est pas seulement la division extrême 
des corps septiques qui donne lieu aux phénomènes contagieux, mais que c'est 
bien plutôt la fermentation ou la génération d'animalcules ou de phyticules. 

Nous avons déjà cité le remarquable travail de Lacassagne sur la putridité 
morbide et sa classification en groupes ou séries des affections septicémiques. 
Nous avons dit les raisons qui nous font exclure de ces groupes les intoxications 
par les alcaloïdes, la foudre, l'alcool et les carbures, le phosphore et les gaz 
méphitiques ou toxiques, pour ne conserver que les deux premiers groupes de 
notre distingué collègue. 

Le premier groupe ou septicémies aiguës comprend les fièvres (éruptives, 
miasmatiques, traumatiques, septicémiques et gangreneuses, pyohémiques et 
puerpérales, virus, infection par des produits putrides et nécrosés). Toutes ces 
maladies se rapprochent par leur marche essentiellement aiguë, par leur tempé- 
rature élevée, par la dominance des symptômes ataxo-adynamiques, par la 
fréquence des hémorrhagies et d'un ictère le plus souvent hématique, par la 
putréfaction rapide des excrétions et du cadavre. Elles se rapprochent égale- 
ment par les lésions anatomiques. Nous les résumons ici d'après cet auteur. 

a. Altérations des principes constitutifs du sang : sang noirâtre, diffluent, 
non coagulable. Diminution des globules rouges et de l'albumine, augmentation 
de l'eau et de la fibrine ; diminution de l'oxygène et augmentation de l'acide 
carbonique. Dissolution de l'hémoglobine, coloration du sérum par l'héma- 
tine, précipitation de l'albumine des globules, quelquefois cristaux d'hémato- 
sine ou pigment mélanémique. Parfois leucocytose, mycrocythémie, etc. Présence 
d'infusoires. 

b. Altérations du sang par des substances étrangères : détritus granulo-grais- 
seux, gi*anulo-protéiques, gangreneux, globules de graisse (d'où possibilité 
d'embolies capillaires), probablement le principe morbifique lui-même. Ces 
substances se montrent dans les affections ulcéreuses ou gangreneuses de la 
peau, du tissu cellulaire, des os, des muscles, des viscères, de l'endocarde, de 
i'endartère, etc. 

c. Altérations des muqueuses, de la peau et de leurs sécrétions. Sécheresse, 
aridité, souvent coloration sub-ictérique par infiltration de pigment sanguin 
dans les cellules. Sécrétion de mucus visqueux, rose, contenant des globules 
de pus, des hématies, des infusoires, et se putréfiant avec rapidité. Congestions 
et hémorrhagies. Éruptions diverses, miliaires, pétéchiales. Dans le' cas d'em- 
bolies capillaires, infarctus suppures ou gangreneux. 

d. Altération des parenchymes glandulaires, nerveux et musculaires : altéra- 
tions communes ; congestion, imbibition sanguine, exsudations séreuses ou 
hémorrhagiques. Dégénération et fonte vitreuse, désagrégation granulo-graisseuse 
ou granulo-protéique. Infusoires dans les foyers de désagrégation. Parfois in- 
farctus par embolies graisseuses, granulo-protéiques, pigmentaires, gangreneuses » 



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SEPTICÉMIE. 49 

et leurs modifications ultérieures. De là des altérations de Tolume, de terme, de 
consistance, de coloration, variables pour chaque organe. 

Le cœur est flasque, friable, jaune sale, ses cavités dilatées. Son tissu congts- 
tionné a subi la dégénération vitreuse et granulo-graisseuse avec tendance à la 
liquéfaction du contenu strié des fibres. Peu de prolifération des noyaux mus- 
culaires. Les muscles sont par places décolorés et jaunâtres, parsemés de foyers 
de ramollissement et de taches hémorrfaagiques. Mêmes altérations histologiques 
de la fibre musculaire. 

Dans les poumons : pneumonies exsudatives, diffuses ou lobulaires, souvent 
lobaires. Coloration violacée ou rouge sombre ; camification ou hépatisation 
du tissu, ramolli et firiable. Au microscope : exsudation fibrineuse, hémorrha- 
gique et parfois purulente ; multiplication des éléments épithéliaux en état de 
tumé£iiction trouble. Parfois foyers de suppuration (pyohémie) ou foyers de ra- 
mollissement par fonte muqueuse ou granulo-graisseuse ; parfois infarctus pai 
embolies capillaires. 

Le foie augmenté ou diminué de volume est flasque, friable, rouge sombre 
ou jaune sale, son tissu congestionné. Parfois infiltration trouble et granuleuse 
on infiltration granulo-graisseuse des cellules; parfois désagrégation difluse 
avec atrophie ou foyers miliaires multiples et disséminés, dont le contenu est 
formé tantôt par des débris de cellules mêlés à des globules de graisse et à des 
hématies, tantôt par des leucocytes. La rate est gonflée, ramollie, d'un rouge 
sombre, elle est le siège d'une congestion et d'une imbibition sanguine prononcées 
avec ou sans multiplication nucléaire du tissu adénoïde et hypertrophie des 
follicules clos. Parfois foyers de suppuration (pyohémie), foyers de ramollisse- 
ment avec pigmentation (mélanémie mai-emmatique) ; parfois infaiotus. Les 
reins sont tuméfiés, mous, friables, avec une coloration ronge ou jaune sale de 
leur substance corticale. Conmie altérations histologiques : néphrite catar- 
rfaale, exsudât vitreux ou hémorrhagique dans les tubes, tuméfaction 
trouble ou infiltration granulo-graisseuse de Tépithélium. A un degré plus 
avancé, désagrégation granulo-protéique et graisseuse, ou fonte muqueuse des 
cellules épithéliales. La désagrégation est diffuse ou se fait par foyers miliaires 
multiples dont le contenu est une substance colloïde parsemée de fines granula- 
tions, des débris épithéliaux mêlés à du. sang extravasé, ou des globules de pus. 
Le plus souvent ces foyers contiennent des bactériens. Quelquefois infarctus. 

Les centres nerveux sont congestionnés, ramollis ; leur substance rougeâtre ou 
jaune sale ; les altérations histologiques sont jusqu'ici peu connues. 

Le second groupe de Lacassagne comprend les intoxications septicémiques 
et miasmatiques chroniques et les effluves. Les effets sont presque semblables, 
mais elles difilèrent des intoxications aiguës par les symptômes cliniques et 
par les altérations anatomiques. 

Dans le sang les globules se détruisent moins vite, il y a prédominance de la 
dyscrasie hydrémique, suffusions séreuses plutôt qu'hémorrhagiques ; parfois 
ictère hématique, parfois mélanémie, moins d'infusoires. Les altérations des 
solides présentent la marque d*un processus irritatif à la fois néoplasique et 
bypertrophique. Du côté du système musculaire, amaigrissement considérable, 
allâ^ation granulo-graisseuse ou vitreuse de la fibre musculaire sans tendance à 
la liquéfaction, prolifération active des noyi^x du muscle et du sarcolemme. 
Dans les poumons, pneumonies lobulaires à tendance caséeuse ou scléreuse. 
Stéatose des épithéliums du foie et des reins ; hypertrophie et pigmentation de 
mcT. sac. 3* s. IX. 4 



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U SEPTICÉMIE. 

la rate. Infarctus de même ordre que dans la septicémie aiguë et dans les 
mêmes conditions. 

Les infusoires, vibrions ou bactéries, se rencontrent, par ordre de fréquence, 
•dans les excrétions en voie de putréfaction, dans les foyers de lésions phlegma- 
siques ou dégénératives, dans les glandes vasculaires sanguines, enfin, et plus rare- 
ment, dans les humeurs et particulièrement dans le sang. Leur forme et leur gran- 
deur varient avec les milieux et les maladies. C'est dans le sang qu'on trouve les 
formes les plus élémentaires. Le nombre des microbes est du l'esté en rapport 
avec Tacuité du processus. Lacassagne admet que les phénomènes de putridité 
dans l'organisme sont de Tordre des fermentations putrides. Les faits médicaux, 
chirurgicaux et obstétricaux, rentrent sous la même loi. Il ne s'agit pas d'élé- 
ments spécifiques pour chaque cas, mais d'infusoires déterminant la fermentation 
putride. 

Les preuves? 1" Les caractères objectifs de certains infusoires de cette fermen- 
tation et de ceux que Ton rencontre vlanc ks maladies sus-mentionnées sont 
identiques. 2® Les expériences démontrent que des matières putrides injectées 
dans l'économie sont suivies d'une puUulationde ces infusoires. 3® Ceux--ci, pris 
dans le sang, peuvent se développer par inoculation chez un autre animal. 
4<* Toutes les maladies du premier groupe montrent une corrélation évidente 
^ntre les symptômes et les désordres anatomiques. 

Cependant Lacassagne repousse comme une erreur capitale l'opinion de Coze 
•et Feltz,qui font des microbes les agents directs de la maladie et leur attribuent 
un pouvoir virulent spécifique. Ces auteurs dans leurs injections n'ont jamais 
déterminé que la même maladie. L'action des virus n'est pas de Tordre des fer- 
mentations. « Il faut donc convenir, ajoute-t-il, que les infusoires ne sont pas 
les agents spéciaux de diverses maladies, mais qu'ils sont les agents communs 
des mêmes phénomènes morbides qui se passent au sein de l'économie dans des 
•conditions diverses. Ces infusoires ne sont ni le miasme, ni le virus ; ils ne sont 
que l'agent de la putridité. i> Ainsi, après avoir tracé de main de maître un ta- 
>bleau des caractères qui rapprochent ces diverses aflections,, après les avoir réunies 
dans des groupes nettement définis, notre collègue arrive à ne reconnaître à ce 
<;aractère commun, la présence des infusoires, qu'une importance relative, et à 
faire des septicémies quelque chose comme une complication d'un très-grand 
nombre de maladies. Âictuellement il est démontré que les microbes sont bien 
l'agent virulent du charbon, de la septicémie expérimentale, et sans doute 
d'autres affections contagieuses, et la croyance à leur spécificité, non pas morpho- 
logique, mais physiologique, s'impose avec la diflérence de leurs propriétés. D'un 
aulre côté, Lacassagne nous parait avoir trop largement ouvert le cadre des 
septicémies tant aiguës que chroniques, précisément parce qu'il admet l'unité 
d'espèce des organismes inférieurs au point de vue de leur action sur l'écono- 
mie. Les remarquables travaux de Pasteur n'avaient pas encore porté la lumière 
dans ces obscures questions. 

Dans ses études sur les grands processus morbides, Picot (1878) envisage la 
question de la septicémie d'une façon différente. Admettant comme un état 
distinct l'empoisonnement par injection dans les veines de grandes quantités de 
matières putrides, il reconnaît que, malgré quelques différences dans la marche 
de la maladie et les lésions anatomiques, toutes les substances si diverses 
employées dans les expérienoes (pus altéré ou putréfié, sanie gangreneuse, 
sécrétions physiologiques ou pathologiques en voie de putréfaction, sang pris 



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SEPTICÉMIE. 51 

sur le cadavre ou conservé quelques jours, sang frais à 40 degrés, infusions 
végétales» etc.) ont toujours pour r^ultat le développement de la septicémie 
virulente. 

Rejetant Thypothèse d*un poison chimique déûni comme cause de la septi- 
4^mie virulente expérimentale, Picot repousse également la théorie parasitaire 
de Pasteur, en 8*appuyant sur les objections que nous avons combattues, et, 
d accord avec Robin, il admet la distinction des deux états virulents et pu- 
trides, le dernier marqué par la production dans les matières en putréfaction 
de composés chimiques bien définis. La septicémie est une maladie dont la 
nature se rapproche de celle des fermentations, mais elle n*est pas elle-même 
une fermentation véritable. 

Les maladies septiques on septicoïdes «ont le résultat de Tinfection par 
les émanations des matières animales en décomposition. Elles ont pour carac« 
tère commun la septicité ou la putridité, comprennent en partie les fièvres 
putrides des anciens, et forment un groupe naturel oîi viennent prendre rang : 
la septicémie et ses variétés (infection purulente, fièvre puerpérale, piqûre 
anatomique), les typhus, la pourriture d*hôpital, Térysipèle, la diphthérie, le 
charbon. Plusieurs de ces affections sont produites par Taction des miasmes 
humains, conséquenoes de Teacombrement ordinaire ou nosocomial : tels la 
septicémie, la fièvre puerpérale, la pourriture d*h6pital, les typhns. Les recher- 
ches de Pouchety Pasteur, Lemaire, Robin, Tyndall, ont démontré danâ Tat- 
mosphère humaine saine la présence de matières organiques en voie d^altération 
putride manifeste. Ces matières en décomposition existent en quantité bien plus 
considârable encore dans TaUnosphère nosocomiale. Les analyses et les travaux 
de Réveil, de Lutz, Chalvet, Eiselt, Guérin, ne permettent pas le doute à cet 
^ard. Nepveu en a constaté Texistence dans les eaux de lavage des murs des 
salles de la Pitié, et Hiller en injectant à des animaux des solutions obtenues 
avec ces poussières a vu se développer la septicémie. Ces miasmes putrides 
pénètrent dans Torganisme par les voies aériennes comme dans les diarrhées 
d*amphithéâtre;par la surface cutanée peut-être, si Ton s'en rapporte aux expé- 
riences de Bichat, en tout cas par les plaies exposées. Il est donc établi que les 
affections septicémiques résultent de Tabsorption de matières en voie de fermen- 
tation putride. Toutefois, Picot rejette pour le typhus et pour la fièvre typhoïde 
le germe spécifique admis par Budd, par Tyndall et Guéneau de Hussy. Il pense 
qu'il n*e8t pas possible actuellement de se prononcer sur la nature du principe 
contagieux. Let^erich (1878) serait cependant parvenu à développer la fièvre 
typhoïde chez des lapins par l'ingestion ou l'inoculation de liquides tenant en 
suspension des organismes inférieurs obtenus par les lavages répétée de salles de 
typhoïdes. 

Ces agents contagieux peuvent se transmettre et pénétrer dans Tëconomie 
par des voies différentes; ils agissent à doses infinitésimales et se montrent fort 
ioiaces, sauf l'influence de la putréfaction qui les détruit rapidement. Tous les 
organismes ne se montrent, pas également aptes à contracter les maladies septi- 
coïdes, il faut une certaine réceptivité des sujets : l'âge, la race, les conditions 
^lygiéniques, exercent, sous ce rapport, une influence incontestable. Un caractère 
important qui distingue les affections septiques proprement dites des maladies 
Tirulentes, c'est qu'elles n'entraînent pas l'immunité et peuvent se reproduire 
tin nombre de fois illimité. Souvent aussi elles viennent compliquer d'autres 
infections et particulièrement les fièvres éruptives. La variole septicémique s'est 



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52 SEPTICÉMIE. 

montrée très-commune en 1870. L*incubation, dans les maladies septicoldes, 
varie suivant la réceptivité individuelle. Rare dans la piqûre anatomique, elle 
est d*une durée inconnue, mais certainement très-courle, dans la pyohémie et la 
fièvre puerpéi-ale. Dans la diphlhérie elle est de 2 à 5 jours ; dans les typhus et 
dans la fièvre typhoïde bien plus variable encore. Il semble que pendant cette 
période de calme apparent les agents infectieux se développent et se multiplient 
dans Torganisme, jusqu*au moment où leur accumulation se traduit au dehors 
par Texplosion des phénomènes morbides. 

Quoique la marche en soit essentiellement différente, on retrouve dans toutes 
ces affections, plus ou moins marquée, une période dite d*infection secondaire, 
caractérisée par les éruptions cutanées et les productions métastaliques. Les 
symptômes se rapportent à l'état typhoïde, et la spécificité est constante. Nous 
ne dirons rien des altérations anatomiques, nous les avons résumées plus haut. 
La nature des agents infectieux a surtout fait Tobjet des discussions modernes. 
La présence de microbes divers dans le sang est un fait constaté pour la plupart 
des maladies septicoïdes. Ces organismes existent aussi dans les produits de 
sécrétion et d'excrétion, mais leur existence constante et nécessaire n'est aucu- 
nement démontrée. Aussi, se basant sur les recherches de Billroth, Lewis, Hiller, 
Lewitzki, et sur les expériences de Colin et de Bert, que nous avons déjà dis- 
cutées. Picot n'hésite pas à rejeter la nature parasitaire des affections septicoïdes. 
L*igent infectieux n'est pas un ferment soluble, puisqu'il se reproduit d'une 
façon en quelque sorte illimitée. Le sang des malades ne contient pas toujours 
des microbes, même dans les infections septiques ou septicoïdes. Si l'on admet 
une fermentation, force est également d'admettre des organismes spéciaux pour 
chaque infection, pour le typhus, la diphthérie, la septicémie. Telle est l'opinion 
de Birch-Hirchsfeld, telle est également la conviction de Pasteur. Mais, étant 
démontré que les abcès ordinaires contiennent parfois des microbes (Bergeron), 
comment ces organismes venus du dehors et traversant les tissus, les vaisseaux, 
le sang, peuvent-ils arriver jusqu'à ces foyers purulents sans produire ni septi- 
cémie ni pyohémie, sans se multiplier dans l'organisme ? « Sans doute, dit 
Picot, il est facile de répondre que les conditions de leur développement n'exis- 
taient pas, mais alors ces conditions résident donc dans une certaine modifi- 
cation du milieu intérieur, et dès lors ce ne sont plus les bactéries qui sont 
l'origine première du mal. » Aussi en revient-il à la doctrine de Bobin : les 
maladies infectieuses ne sont dues qu'à des modifications des principes albu- 
minoïdes du sang et des tissus organiques, consistant dans des changements 
de nature moléculaire par l'action des agents infectieux. Ceux-ci ne sont 
eux-mêmes que des matières organiques ayant subi lesdites modifications et 
capables de les développer dans les humeurs et les tissus avec lesquels ils sont 
mis en contact. Les bactéries et vibrions ne se développent qu'à la suite de ces 
modifications du milieu intérieur, et sont au plus les véhicules du poison infec- 
tieux. D'après les expériences toutes récentes de Klein, la pneumo-entérite 
infectieuse du porc serait due à l'action d'un microbe ou schyzomycète spéci- 
fique. Feltz (1878), rejetant la présence des ferments figurés dans le sang vei- 
neux normal, vivant, se croit encore autorisé à admettre que le sang vivant ' 
des typhoïdes contient des germes cryptogamiques susceptibles de végéter dans 
des ballons ne renfermant que de l'air complètement pur. 

Le professeur L. Colin désigne sous le nom de miasme l'agent par lequel les 
maladies infectieuses et les milieux connus sous les noms de foyers d'infection 



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SEPTICÉMIE. 55 

exercent, à travers Tatmosphère, leur influence morbiflque sur l'organisme* 
Le miasme ne comprend, dans les émanations de ces foyers, que cette fonction 
de la cause morbide qui n*est encore ni physiquement ni chimiquement 
démontrée et doit diminuer et disparaître par les progrès de la science. Le 
miasme nosocomial est la variété la plus commune du miasme humain. A son 
plus iaible degré il produit des troubles gastriques, des érysipèles bénins, des 
ictères; plus intense, il développe le typhus, la pourriture d*hôpital, Tinfection 
purulente, l'érysipèle infectieux, la fièvre puerpérale, principalement si l'air 
est de plus vicié par des émanations putrides. Faut-il admettre des germes 
spéciaux pour la pyohémie, le typhus, l'érysipèle? L. Colin ne le pense pas. La 
coïncidence si fréquente de ces affections semble indiquer la profonde analogie, 
sinon l'identité de leurs causes, dont les effets sont modi6és par les conditions 
de l'organisme. 

Ces effets vont se renforçant par les progrès incessants de l'intoxication, et 
les plaies, voies ouvertes à l'absorption des miasmes, expliquent le danger 
auquel sont exposés les blessés et les femmes en couche. Quoi qu'il en soit de la 
nature de leur cause, les analogies entre l'infection purulente et la fièvre puer- 
pérale, entre ces maladies et le typhus, justifient les termes de typhus chirurgi- 
cal et de typhus puerpéral par lesquels on les a parfois désignées. Cette dénomi- 
nation est également confirmée : i® par la présence de la fièvre puerpérale dans 
les petits services d'accouchements annexés aux grands hôpitaux; 2® par la 
coïncidence des érysipèles, àe& opbthalmies purulentes et des inflammations 
des séreuses ; 3® par le développement d'accidents analogues chez les malades 
non blessés ; 4* par leur rareté comme par celle du typhus dans les hôpitaux 
bien ventilés. M. L. Colin reconnaît d'ailleurs la part énorme prise par l'orga- 
nisme à l'élaboration et surtout à l'action morbide du miasme chirurgical 
ou puerpéral; il reconnaît le rôle considérable de la plaie (Verneuil, Legouest, 
Gosselin) et des conditions générales ou locales du malade (Chaufiard). C'est 
ainsi qu'à Bicétre, pendant le siège de Paris, malgré la présence de huit mille 
varioleux, l'infection purulente ne s'est pas montrée plus fréquente que dans 
les ambulances. 

Au nombre des atf«îctions septicémiques ou septicoïdes, il faut fanger aussi 
la myosite suraiguë ou infectieuse, sur laquelle des travaux récents ont appelé 
l'attention. Hayem en fait une maladie générale, infectieuse, analogue aux 
formes malignes de la périostite et de lostéomyélite. Elle se montre chez des 
sujets jeunes, surmenés, placés dans de mauvaises conditions hygiéniques, et se 
caractérise par un frisson soudain, quelques douleurs rhumatoldes, une fièvre 
intense à forme plus ou moins rémittente et des phénomènes typhoïdes, suivis 
d'une mort rapide. A l'autopsie, on trouve des abcès musculaires, des périostites, 
des ostéomyélites, des arthrites suppurées et souvent des abcès métastatiques 
dans les viscères ; parfois il n'y a que suppuration musculaire. Nicaise, sur 
trois cas, l'a vue survenir deux fois sans plaie exposée : on pourrait donc la ran- 
ger dans les formes de la septicémie interne et spontanée. 

Hirtz comprend sous le nom de fièvres virulentes, dues à l'inoculation d'une 
substance septique, la pustule maligne, la pyohémie, la septicémie, la diphthérite, 
la fièvre puerpérale. Dans ces maladies, le processus fébrile est lié, mais non 
subordonné iiux accidents locaux. 

LerebouUet divise les maladies fébriles en : maladies caractérisées par une 
courbe fébrile cyclique toujours à peu près la même, et maladies fébriles à 



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54 SEPTICÉMIE. 

courbe thermique irrëgulière. Dans les fièvres à révolution typique, à marche 
suraiguë et secondaires, rentrent la fièvre traumatique, les accès ëphémères^ 
consécutifs au cathétérisme, la fièvre par commotion nerveuse intense des bles- 
sés ou des opérés. A côté de ces affections, on peut placer les fièvres pyohëmiques 
cycliques des accouchées et les fièvres hectiques. 

Les fièvres aiypiqties sont toujours symptomatiques d'une lésion primitive* 
ment localisée ou d'une évolution organique générale. Dans ce groupe rentrent 
la plupart des fièvres puerpérales qui, bien que souvent typiques, alors surtout 
qu'elles sont dues seulement à la résorption de matières putrides, sont aussi 
parfois très-analogues à la fièvre symptomatique de la péritonite. 

Dans sa classification des fièvres, notre distingué collègue forme un premier 
groupe des maladies fébriles à cause intérieure et par conséquent indéter- 
minée, et un second groupe comprenant les maladies fébriles qui peuvent être 
directement rattachées à une cause occasionnelle déterminée. Dans le 6* ordre 
de ce second groupe, rentrent les maladies fébriles dont Torigine première est 
inconnue, mais qui paraissent dues à un virus transmissible, soit par contages^ 
diffusibles, soit par inoculation; maladies endémo-épidémiques éminemment 
contagieuses, caractérisées par les déterminations moii)ides qui se font du côté 
de la peau et par mi cycle fébrile toujom^ spécifique. Telles sont les fièvres 
éruptives; tel Térysipèle de la face, maladie fébrile tantôt primitive, tantôt 
consécutive à des lésions primitivement localisées, toujours caractérisée par une^ 
fièvre précédant l'éruption, à évolution cyclique préfixe, et s'accompagnant 
quelquefois d'états généraux graves qui la rapprochent des fièvres d'origine 
infectieuse. 

Le septième ordre du second groupe comprend les maladies fébriles dont 
révolution est subordonnée à l'introduction dans l'organisme d'une substance 
septique, née sous l'influence d'un traumatisme, ou pénétrant par un orifice 
d'inoculation; première lésion locale, qui précède la généralisation de la maladie. 
Dans cette catégorie se placent : a) les fièvres puerpérales, toujours consécutives 
à une lésion première, mais présentant des caractères spéciaux dus à l'infection 
secondaire de l'organisme ; b) les fièvres symptomatiques de la pustule maligne, 
de la morne, de la pyohémie, etc. Ces afTections sont évidemment destinées à 
disparaître dans l'avenir du groupe des fièvres proprement dites. 

Le professeur Bemheim définit la contagion : un acte par lequel une maladie 
déterminée se communique d'un individu qui en est affecté à un autre individu 
par contact immédiat ou médiat, au moyen d'un principe matériel qui émane 
du corps du premier, quelle que soit son origine primitive, et qui se multiplie 
sur le sujet auquel il est transmis. Le contage est le principe à l'aide duquel 
les maladies contagieuses se transmettent : il doit donc se reproduire et se 
multiplier dans l'organisme. 

Le miasme est un poison contenu dans le milieu extérieur, sol, air ou eau,^ 
susceptible de s'y multiplier et de se reproduire indéfiniment. Il diffère du 
contage, en ce qu'il n'est pas susceptible de se reproduire, de se multiplier 
dans l'organisme, du moins forcément. Mais le miasme peut devenir contage, 
et le contage miasme; une maladie peut être à la fois miasmatique et conta- 
gieuse. 

Certains germes ne restent pas inertes dans le milieu extérieur, mais conti- 
nuent à s'y multiplier, c'est-à-dire y deviennent miasmes. C'est ainsi que les 
contages de la fièvre puerpérale et de la septicémie persistent avec ténacité 



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SEPTICÉMIE. 55 

dans les salles, malgré la Tentilation et la dësinfection. Bemheim l'a constate 
à Dijon poar la septicémie des blessés. Un récent exemple s'en est offert à notre 
observation pour la fièvre puerpérale. Au mois de janvier 1879, une jeune 
femme, à sa troisième grossesse, et après un accouchement qui n*avait présenté 
aucun incident particulier, succomba dans notre service à une fièvre puerpérale 
de moyenne durée. De temps immémorial jamais pareil accident ne s'était 
produit à l'hôpital d'Orléansville, largement aéré, et oîi se pratiquent au plus 
dix à douze accouchements par an. La femme était isolée, et nous ne pûmes 
. nous expliquer sa maladie qu'en l'attribuant à ce que le médecin aide-major qui 
l'avait assistée sortait de la salle d'autopsie au moment où on vint l'appeler 
près de la parturiente. Quoiqu'il se fût nettoyé les mains avec le plus grand 
soin, rinfection par des substances septiques apportées de l'amphithéâtre nous 
parut incontestable. A l'autopsie, péritonite purulente, peu d'altération de la 
muqueuse utérine. 

La salle d'accouchements fut abandonnée pendant trois mois, lavée au chlore 
et à l'acide phénique, les murs passés à la chaux, la literie complètement renou- 
velée et la plus large aération maintenue pendant tout ce temps. Au bout de trois 
mcHS deux femmes y accouchèrent à quelques jours de distance, toutes les deux 
multipares et d'excellente santé. L'une d'elles n'eut aucun accident. La seconde 
fut prise de fièvre puerpérale et succomba après huit jours de souffrances avec 
une péritonite suppurée. Nous ne serions donc pas éloigné d'admettre avec 
Bemheim que le germe septicémique se répand dans le milieu ambiant et con- 
tinue non-seulement à y vivre (contage médiat), mais à s'y multiplier (contage 
devenu miasme). 

Certains contages n'affectent pas l'organisme sain, ne s'y développent que dans 
certaines conditions morbides particulières et exigent en quelque sorte une 
porte d'entrée spéciale. La septicémie, dit Bernheim, n'est contagieuse que 
pour les blessés. Le poison septicémique contenu dans une salle n'infecte le 
corps que s'il y a une plaie apte à le recevoir. Le contage de la fièvre puerpé* 
raie n'infecte c]ue les accouchées et ne pénétre dans Téconomie que par la plaie 
utérine. Ces maladies d'origine infectieuse nosocomiale (septicémie, pyohémie, 
fièvre puerpérale, etc.), qui ne s'adressent qu'à des sujets atteints de trauma- 
tisme, forment un groupe distinct, dont l'agent contagieux, probablement de 
nature parasitaire, se généralise dans l'économie par la voie sanguine ou 
lymphatique. 

Léon Colin, dans son i^emarquable traité des maladies épidémiques, ne se 
montre pas convaincu de la vérité de la théorie des germes. La fréquence et la 
gravité des épidémies, dit-il, tiennent à des raisons multiples ; elles sont loin 
d*étre constamment l'indice de l'accumulation d'une quantité exceptionnelle de 
germes morbides. Que de fois le milieu épidémique a joué le rôle de cause 
suffisante et produit les maladies de toutes pièces sans intervention de cause 
extérieure, spécifique ou nonl Comme le rappelait éloquemment U. Trélat 
dans une séance du congrès d'hygiène de 1878, il suffit d'encombrer de blessés 
la demeure la plus salubre, la plus éloignée dé toutes chances de contage, une 
ferme isolée, par exemple, pour développer des épidémies d'infection purulente. 
N'en est-il pas ainsi du typhus, de la fièvre puerpérale? 

Pour le professeur L. Colin, les affections septicoîdes, l'infection purulente,. 
Vérysipèle nosocomial, la pourriture d'hôpital, la fièvre puerpérale, sont des 
nuladies infecto-contagieuses ou miasmatiques virulentes. Dans la fièvre puer- 



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56 SEPTICÉMIE. 

pérale en particulier, le contage est souvent transporté par des individus sains. 
L'agent étiologique des maladies infectieuses est le miasme^ celui des maladies 
contagieuses est le virvs. En quoi se distinguent ces agents ? Le virus repré- 
sente une cause morbide plus nette, mieux déterminée dans sa puissance et son 
lieu d*origine, et aHirmée déjà par son passage dans plusieurs organismes ; ici le 
germe sort pleinement élaboré d'un milieu vivant, et prouve sa vertu spéci- 
fique en reproduisant, sur un milieu identique, Taffection dont il procède 
(Chauffard). 

Le miasme, au contraire, intermédiaire morbide, non pas toujours entre 
deux maladies identiques, mais entre l'organisme et un foyer d*infection, 
n'éveille plus l'idée d'une généalogie aussi nette : en le voyant transmis à 
l'homme par un milieu dont rien souvent ne rappelle le milieu humain, l'idée 
nous vient tout d'abord de sa création sur place, de sa spontanéité. 

liCs germes spécifiques (miasmes originels ou virus) de la pourriture d'hô- 
pital (Larrey) et de la fièvre puerpérale (P. Dubois) tendent à monter, à 
s'élever vers les salles supérieures. Parmi les maladies septicoïdes, plusieurs 
présentent le double caractère : i^ de naître de miasmes provenant d'un orga- 
nisme humain non atteint de l'afTection ; 2<^ de se transmettre par contage de 
virus. Tels la fièvre puerpérale et l'érysipèle nosocomial. L'atmosphère des 
hôpitaux est donc souvent un véritable mélange d'atmosphère miasmatique et 
d'atmosphère virulente. 

Le professeur L. Colin, abordant la théorie des germes, montre que pour elle 
il n'y a pas de distinction entre les miasmes et les virus. Le développement ou 
la disparition des épidémies comme des maladies virulentes est affaire de 
conditions extérieures favorables ou défavorables. A la doctrine du milieu 
septique Pasteur a substitué celle du milieu fermentescible. U n'admet pas 
l'état gazeux des germes spécifiques et croit avec Tyndall à l'innocuité de l'air 
optiquement pur. Les travaux de Béchamp, de Chauveau, de Huxley, ont montré 
les métamorphoses multiples des organismes inférieurs et leur passage de la 
granulation-germe à l'état de bactérie ou de vibrion. Ces faits ont été pleine- 
ment confirmés par les cultures artificielles de Cohn et de Pasteur. La filtra- 
tion sur le plâtre, combinée avec l'aspiration par le vide, supprime les corpus- 
cules virulents et les germes et donne des liquides complètement inoffensifs 
dans les injections. De là la conclusion à l'existence de germes spécifiques, 
dont le développement, la nourriture, occasionnent les désordres qui caractéri- 
sent l'état fébrile. 

L. Colin considère comme des faits aujourd'hui acquis les découvertes de 
Pasteur et de Davaine sur le charbon et la septicémie. Hais il remarque avec 
raison que l'on est arrivé à reléguer la propriété virulente dans des éléments 
dont la vitalité est bien plus contestable que celle des bactéries et des vibrions. 
Les corpuscules brillants de Pasteur, les corpuscules sphéroïdes de Burdon- 
Sanderson, les microzymas de Béchamp, etc., sont des particules dont l'infinie 
petitesse rend l'analyse et la description impossibles et dont la vitalité est 
encore une énigme. Ne sont-ils pas, ces corpuscules-germes, les granulations que 
Chauveau s'attachait jadis à séparer des parasites? « En résumé, dit L. Colin, 
aujourd'hui même, je ne crois pas qu'on puisse définir les germes d'une manière 
plus précise qu'en disant qu'ils sont des particules de matières organiques 
détachées d'un malade, s'il s'agit d'un virus ; d'un foyer d'infection, si c*est 
un miasme. Prétendre que ces particules sont animées, c'est faire une hypothèse; 



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SEPTICÉMIE, 57 

je dirai plus : soutenir qu'elles n'existent qu'à Tétat solide, que jamais elles ne 
sont galeuses, c'est affirmer sans preuve encore suiBsante. » Nous avons tenu 
à reproduire ici les opinions de Tëminent professeur du Yal-de^râce, pour 
montrer que la théorie parasitaire des maladies infecto-contagieuses était 
loin d'être acceptée par de très-bons esprits. 

Les émanations putrides sont végétales ou animales. A la seconde espèce 
appartiennent les maladies septiques. Dans la production de ces afTections : 
infection purulente, fièvre puerpérale, érysipèle nosocomial, typhus, fièvre 
typhoïde, etc., Tencombrement joue par lui-même un rôle indispensable et 
majeur. La pyohémie, la fièvre puerpérale, l'érysipèle nosocomial, la pourri- 
ture d'hôpital, représentent la plus haute expression du miasme nosocomial, et 
se rapprochent par leurs caractères et les conditions de leur développement. 
Dans l'immense majorité des cas elles sévissent sur des sujets porteurs de 
plaies exposées, elles régnent ensemble et paraissent pouvoir s'engendrer récipro- 
quement. Au dix-septième siècle on constatait la fièvre puerpérale chez les femmes 
placées dans THotel-Dieu au-dessus de la salle des blessés. Dernièrement 
encore, pendant les épidémies de fièvre puerpérale, le^ blessés de l'hôpital des 
Cliniques présentaient des cas nombreux de pyohémie et de pourriture. La fièvre 
puerpérale peut engendrer l'érysipèle épidémique (1861, hôpitaux de Paris; 
1872, Lariboisière, Saint-Louis). En Amérique (1841-1854) on voit la fièvre 
puerpérale naître sous l'influence de l'érysipèle. Les médecins de leur côté peu- 
vent transporter ces diverses affections. Dans ces conditions les altérations que 
subit l'organisme donnent une gravité spéciale à l'inoculation accidentelle des 
liquides. 

Ces affections se rapprochent du typhus pai' leur développement surtout dans 
les hôpitaux, par leur fréquence et leur gravité en rapport avec l'agglomération 
humaine, par leur rareté dans les climals où la douceur de la température 
permet de ventiler les salles d'une façon presque permanente. L'encombrement 
est leur cause génératrice; le contage la cause de leur propagation, mais 
elles se propagent moins exclusivement par l'atmosphère que ne le fait le typhus. 
La dénomination de typhus puerpéral, de typhus chirurgical, est donc juste, 
et se trouve confirmée par leur développement, dans des cas très-rares, sur des 
organismes en dehors de toute lésion traumatique. Les conditions génératrices 
relevant d'un même milieu épidémique, l'encombrement nosocomial, accusent 
leur parenté originelle. 

Selon Math. Duval et Lereboullet, tout ce qu'on peut afiirmer, c'est que les 
fermentations putrides qui se passent dans l'organisme se traduisent par des 
phénomènes identiques, quelle que soit l'espèce de maladie, et que les infusoires 
restent semblables dans tous les cas. 11 est impossible par l'inspection du sang 
de reconnaître la maladie infectieuse, cause de son altération; il est aussi impos- 
sible par l'injection de sang chargé de vibrions de provoquer une maladie 
spécifique distincte. Les infusoires sont donc, non les agents directs d'une mala- 
die spécifique, mais les agents communs des phénomènes septicémiques qui, 
dans des conditions diverses, peuvent se passer au sein de l'organisme. Se déve- 
loppant rapidement dans les humeurs pathologiques, ils peuvent compliquer 
une maladie préexistante, mais ils ne sauraient la caractériser. Bien souvent, 
du reste, ils ont été confondus avec des granulations élémentaires sans vitalilé, 
résultat de la décomposition rapide des tissus. 

L'hypothèse de la nature parasitaire des maladies putrides remonte déjà loin 



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58 SEPTIGËMIË. 

de nous. Défendue au dix-septième siècle par Hauptmann et le père A. Kircher, par 
Paulini, Blanchi, Andry, Nysander, elle ne tarda pas à être étendue aux mala- 
dies virulentes. Combattue par de Haen, Wichmann, Sauvages, Broussais, elle 
était complètement tombée dans Toubli, quand Raspaii essaya de la faire 
renaître. Les recherches modernes de Boussingault (1834) , Beauperthuy et 
Adet de Roseville (1858), de Schrœder et Dusch, et bientôt de Chalvet, Réveil 
et surtout Pasteur, ne permirent plus de mettre en doute le rôle important 
que jouent dans la fermentation putride et probablement dans les accidents 
putrides les organismes microscopiques. Pouchet (1864) signale la présence de 
bactéries et de vibrions dans les produits de sécrétion des phlegmasies des 
bronches, des fosses nasales et du conduit auditif. Puis viennent les expériences 
de Davaine sur le charbon, de Leplat et Jaillard, qui conduisent à la découverte 
de la septicémie, de Coze et Feltz sur les fermentations intra-organiques. Ces 
auteurs sont des premiers à attribuer aux infusoires un rôle nécessaire dans le 
développement des maladies infectieuses , et à admettre la spécificité des 
microbes spéciaux pour chacune de ces affections. 

En somme, malgré les résistances qu'elle rencontre encore dans Tesprit 
d'un grand nombre de médecins, malgré les faits qu'elle laisse inexpliqués, la 
théorie des germes morbides animés fait chaque jour de nouveaux progrès. 
Dans un certain nombre de maladies internes, dans Tendocardite ulcéreuse^ 
dans le typhus, dans la fièvre récurrente, dans la diphthérie, la présence con- 
stante des microbes est un fait aujourd'hui à peu près démontré. Mais, généra- 
lisant la doctrine parasitaire, est-on autorisé à créer une classe de septicémies 
internes, ayant pour caractéristique l'existence d'une décomposition septique 
ou putride s'accomplissant plus ou moins rapidement dans l'économie? Faut-il 
admettre une septicémie-typhus, une septicémie typhoïde, comme une septi- 
cémie puerpérale et chirurgicale? A cette question, nous répondons hardiment : 
non. Pour nous, les découvertes modernes, les recherches de Davaine et surtout 
de Pasteur, ne permettent pas l'hésitation sur ce point. Non, les inoculations 
du microbe ou vibrion septique ne développent jamais ni le typhus, ni la 
fièvre typhoïde, ni la diphthérie, pas plus que l'injection de pus louable et 
dépourvu d'organismes spécifiques ne fait naître la septicémie. 

On nous objectera peut-être que les inoculations de sang typhoïde ont fait 
dans les mains de Coze et Feltz, de Davaine, etc., développer la s^cémie 
virulente. Sans doute, mais les injections du sang syphilitique, du sang des varie- 
leux et des scarlatineux, ont produit les mêmes effets. En faut-il conclure à l'iden- 
tité de ces afTections et à celle de leur agent virulent? Personne, croyons-nous, 
n'oserait soutenir une pareille conclusion. Ces résultats sont des erreurs insé- 
parables des expériences faites avec des liquides complexes et plus ou moins 
altérés. Désormais, ainsi que l'a dit Pasteur, seront seules positives, indiscu- 
tables, les conclusions de recherches faites avec des microbes cultivés à Tétai 
d'isolement, dans des liquides indifférents par eux-mêmes. 

Oui, la septicémie peut compliquer tous les états morbides dans lesquels se 
trouvent réunies, en même temps qu'une fermentation putride, les conditions 
favorables à la pénétration du vibrion septique. La fièvre typhoïde à sa seconde 
période, la dysenterie, la variole, réalisent plus ou moins ces conditions. Elles 
se rencontrent aussi dans bien d'autres affections. Qu'en raison de l'analogie 
que présentent alors les phénomènes morbides on accepte le nom de septicoïdes, 
pour faire ressortir leur ressemblance pathologique, nous le comprenons aisé- 



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SEPTICÉMIE. b9 

ment ; mais nous ne pouvons que le redire : pour nous, ces analogies n'autorisent 
aucunement à admettre une identité d'origine et de nature que repoussent 
à la fois et la clinique et la pathologie expérimentale. 

Cette partie de notre travail était depuis longtemps terminée, lorsque parut la 
thèse d'agrégation de Perret (1880) où se trouve à nouveau discutée la question 
épineuse de la septicémie dans les aflections médicales proprement dites. Nous 
avons déjà indiqué la signification large, él par là même peu précise, que cet 
auteur attache au terme de septicémie. Il reconnaît qu'au point de vue des 
affections médicales il n'est possible, le plus souvent, que d'émettre des hypo- 
thèses, car les expériences n'ont pas donné de i ésultats positifs. Nous ne saurions, 
toutefois, agrandir comme Perret le cadre des infections septicémiques. C'est 
ainsi que, parmi les septicémies d'origine respiratoire, les accidents produits 
par l'inhalation de gaz et de miasmes putrides, les phénomènes de la pneumonie 
gangreneuse, si différents dans leurs symptômes et leur gravité, ne doivent pas, 
à notre avis, être confondus avec la fièvre hectique des bronchites suppurées et 
fétides, de la pleurésie purulente, et de la phthisie pulmonaire à ses dernières 
périodes. Dans la pneumonie gangreneuse on peut invoquer l'action d'organismes 
inférieurs, peut-être du vibrion septique, pendant que l'infection putride des 
dernières affections n'est pour nous, le plus souvent, qu'une intoxication par des 
composés chimiques. 

Nous sonmies portés à ranger dans la même classe, au point de vue étiologique, 
les accidents qui succèdent à l'introduction dans les voies digestives de matières 
en décomposition avancée, quand la muqueuse n'offre pas de solution de 
continuité. * 

Dans les fièvres éruptives, surtout dans la variole, dans les suppurations du 
foie, on peut observer la pyohémie simple, non infectieuse, mais la septico- 
pyohémie et plus encore la septicémie pure sont certainement des plus rares. 
Elncore s'agit-il dans tous ces cas de complications intercurrentes qui n'autorisent 
pas, il nous semble, à faire rentrer ces faits anormaux parmi les maladies 
septicémiques. 

Sous ce demierchef, Perret étudie le typhus récurrent, l'endocardite ulcéreuse, 
la fièvre typhoïde, l'érysipèle médical et la pyohémie spontanée. Nous n'avons 
jamais nié la possibilité de la pyohémie spontanée, mais d'accord avec Pasteur 
nous la séparons nettement de la pyohémie classique, externe, trauroatique, 
dont elle n'offre ni la virulence, ni la cooftagiosité. Pas plus que la fièvre 
récurrente, produite par un organisme spécial, la spirille, elle ne doit être 
classée dans la septicémie véritable. L'éqsipèle dit médical est le plus souvent 
d'origine traumatique, mais le point d'entrée du virus échappe à l'observation. 
Nous y reviendrons dans la septicémie chirurgicale. 

Les preuves données par Perret à l'appui de la nature septicémique de 
l'endocardite ulcéreuse et de la fièvre typhoïde ne suffisent pas pour entraîner 
la conviction. Lui-même reste avec raison dans le doute. Mais eût-on démontré 
la nature parasitaire de ces affections, qu'il faudrait encore définir le parasite 
infectieux. Est-ce un organisme spécial ? Nous pensons qu'il en doit être ainsi. 
&i tout cas, cet organisme n'est certainement pas le vibrion septique, pas plus 
que la fièvre typhoïde n'est la septicémie. Nous repoussons donc, une fois 
encore, cette doctrine qui ne tend à rien moins qu'à confondre sous le nom de 
septicémies des maladies essentiellement différentes par leurs symptômes et leur 
aspect clinique. 



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60 SEPTICÉMIE. 

IV. De la ■epUoémîe en chirurgie. HISTOIRE ET DOCTRINES. La même COnfu- 

sioo que nous avons combattue en traitant de la septicémie en médecine et des 
maladies septicoïdes médicales, nous allons de nouveau la rencontrer dans cette 
partie de notre sujet. Ce n*est pas d*aujourd*hui que les accidents tant locaux 
que généraux qui suivent les grandes plaies et les opérations importantes ont 
été signalés, et les anciens médecins n'ignoraient pas que les traumatismes les 
plus minimes en apparence entraînaient parfois à leur suite des phénomènes 
morbides rapidement mortels. Nous verrons tout à Theure que l'analogie d'ori- 
gine et de nature de ces complications était soupçonnée ou admise depuis 
longtemps, bien avant que la doctrine septicémique et la théorie des germes 
vivants, telles que nous les comprenons aujourd'hui, eussent fait leiur apparition. 
Nous n'avons rien à signaler avant Hippocrate dont les admirables ouvrages 
sont le résumé des connaissances chirurgicales de son époque. Les complications 
des plaies et des couches ne semblent avoir frappé le père de la médecine que 
comme des phénomènes locaux tenant tant à l'inflammation violente qu'à la 
suppression des lochies. Braidwod, dans son historique de la pyohémie, n'hésite 
pas cependant à attribuer à Hippocrate, non-seulement la connaissance de 
rinfection purulente, mais encore une doctrine étiologique s'appliquant égale- 
ment à la fièvre de lait, à la morve, à la phlébite, qui seraient le résultat de 
rimpuissance des émonctoircs naturels à rejeter de l'économie des principes 
nuisibles capables de produire la maladie ; en somme, une ébauche de la théorie 
septicémique. 

Galien, malgré le rôle considérable qu'il fait jouer à la putridité de l'air dans 
l'étiologie morbide, n est pas plus net*qu'Hippocrate, et n*a pas tracé des com- 
plications fébriles des grandes plaies le tableau magistral que Celse nous en a 
laissé. Jacotius dans ses commentaires parle bien de fièvres avec frissons surve- 
nant pendant la suppuration ; il les compare aux fièvres putrides, pendant que 
Rhazès ne reconnaît à ces accidents des blessures aucun caractère putride, 
aucune malignité, si elles ne s'accompagnent d'inflammation des méninges ou 
des organes thoraciques. Les chirurgiens arabes et arabistes sont muets sur 
ces aflections ou ne cherchent pas à les rapprocher dans une étiologie commune. 
Paracelse, dans ses conceptions toujours vagues et hasardeuses, n'hésite pas à 
attribuer à l'air la cause de la corruption des tissus exposés à son action. L'air 
corrompu conçoit un venin qu'il communique à tous les corps qu'il attouche. 
Comme il détermine la pourriture des fruits, la vermoulure des bois, il corrompt 
les ulcères des hommes. 

Â. Paré, dans les guerres nombreuses auxquelles il assiste, n'est pas sans 
remarquer que les blessures sont loin de se cicatriser constamment avec la 
même facilité. L'influence d'un air malsain n'a pas échappé à son observation 
sagace, et voyant les plaies se compliquer et les blessés succomber, alors que 
les maladies pestilentielles exercent leurs ravages, il en tire cette conclusion que 
l'air rendu malsain par une cause manifeste ou occulte peut rendre les plaies 
putrides, altérer les esprits et causer la mort. La même observation, nous dit- 
il, avait été faite auparavant par M. D'Âlechamps dans sa chirurgie française. 

C'est à l'inspiration et transpiration de l'air altéré et pourri que Paré attribue 
la pourriture, la puanteur et l'infection des plaies, ainsi que les fièvres 
continues qui les accompagnent. H signale également les aposthèmes externes ou 
internes, les abcès du poumon, du foie ou de la rate, mais il ne confond pas 
ces accidents avec ceux que provoquent le croupissement et la décomposition du 



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SEPTICÉMIE. 61 

pus sous les eschares, et surtout la pourriture des chairs meurtries et cachées 
sous une croûte plus épaisse qu'il ne convient. Il est donc impossible de trouver 
dans les œuvres de Paré, aussi bien que dans Sennert, Magatus et les auteurs 
de cette époque, une doctrine générale appliquée aux complications des plaies. 
La pernicieuse influence d*un air vicié par des émanations putrides sur la 
marche des lésions ti'aumatiques est nettement reconnue, ainsi que les accidents 
qui résultent de la putréfaction du pus et des tissus mortifiés, mais on ne va 
pas plus loin. 

Cette explication des accidents fébriles des plaies par la résorption du pus 
sain ou altéré règne encore dans la plus grande partie des ouvrages du dix-septième 
et du dix-huitième siècle. Boerhaave admet le passage direct du pus dans la 
circulation par Tulcération des vaisseaux sanguins ou lymphatiques, son mélange 
avec le sang et son dépôt dans les viscères. Marchetti, Valsalva, Massa, etc., se 
rattachent paiement à cette doctrine. Musitanus attribue les fièvres traumatiques 
à l'absorption du pus devenu fétide au contact de Tair. C'est qu'en effet la 
distinction entre l'infection purulente et l'infection putride n'existe pas pour 
nombre de chirurgiens. On est bien plus occupé d'expliquer la formation des 
abcès métastatiques, et les solidistes rejettent absolument la pénétration du pus 
dans le sang et son dépôt ou son arrêt dans les capillaires comme cause des 
inflanunations suppnratives disséminées des viscères. 

Cependant le pus sain et louable ne peut être accusé de provoquer des acci- 
doits qu'on voit le plus souvent coïncider avec la fétidité des sécrétions des 
plaies. Magatus connaissait déjà les effets de Tinfection du sang par le pus 
devenu putride au contact de l'air. Quesnay, La Flize, Goursaud, distinguent le 
reflux simple de la suppuration des accidents funestes résultant du pus putréfié. 
Quesnaj signale les propriétés irritantes des. matières de suppuration dépravée 
que peut fournir une plaie contuse récente, et du pus croupi au contact de 
l'atmosphère. Belloste fait jouer un grand rôle dans les accidents des plaies aux 
atomes chargés de matières putrides. C'est dans les hôpitaux remplis de malades 
que l'air se charge surtout de miasmes dangereux, c'est dans ces conditions, dit 
Col de Villars, qu'on observe les complications traumatiques pai* la corruption 
du pus. 

Nous nous arrêterons un instant sur les travaux de Quesnay, dont Puel s'est 
attaché avec justice à faire ressoitir l'importance et l'originalité, en y démontrant 
l'ébauche de la doctrine moderne de la septicémie. Rejetant d'une façon presque 
absolue la théorie de la métastase et de l'absorption du pus normal, ainsi que 
ses qualités malfaisantes, l'auteur du Traité de la suppuration et du Mémoire 
sur les vices des humeurs fait jouer le principal rôle à la résorption des liquides 
putrides. Il les voit déterminer des accidents convulsifs (tétanos scpticémique). 
H constate que le pus provenant d'une inflammation intense est plus susceptible 
de dépravation. En même temps que le pus, il range parmi les impuretés 
organiques susceptibles de vicier les humeurs en pénétrant dans le sang les 
à^ms de sucs détruits par une lièvre intense (septicémie par produits néoplasi- 
ques etexsudats inflammatoires). Enfin, dans les ulcères intérieurs, il attribue 
la fièvre lente à la résorption des matières fournies par les surfaces ulcérées, 
résorption semblable à celle du pus putride des plaies exposées. 

Au point de vue théorique il distingue dans la décomposition des matières 
organiques deux actes indépendants, fermentation et putréfaction. La putréfac- 
ti«ï, plus spéciale aux matières animales, est caractérisée pai' la fétidité de ses 



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«2 SEPTICÉMIE. 

produits. La fermeDiation ou corruption peut s'accomplir hors du contact de 
1 air et donne en général des produits moins toxiques, quoique le pus des abcès 
de longue durée acquière parfois à Tintérieur du corps une malignité plus 
prononcée. Plus toxiques également sont les produits des premières phases de la 
décomposition. Ces substances altérées agissent : l** soit sur les liquides, les 
humeurs seulement déterminant des accidents colliquatifs, sueurs, diarrhée, 
urines abondantes et fétides ; soit 2<* sur les solides par leur malignité ; soit enfin 
5* par contagion et malignité à la fois. Cette distinction entre Taction de conta- 
gion ou fermentation et de malignité ou putridito se rapproche de la théorie 
défendue par Ch. Robin et acceptée par Puel : aussi ce dernier s*est efforcé de 
nous en montrer les germes dans les travaux des chirurgiens du dix-huitième 
siècle et en particulier de Quesnay. Nous la retrouvons également, cette double 
influence distincte, contagion de pourriture et contagion de fermentation, 
admise par Cliampeaux pour expliquer les effets variés de Tair chargé d'exha- 
laisons putrides sur la marche des plaies exposées. Il reconnaît deux sortes 
d*air : Tun extérieur ou atmosphérique, Tautre intérieur, susceptible de déter- 
miner une putréfaction imparfaite, et dont les produits sans odeur sont doués 
néanmoins de propriétés toxiques. Lombard accuse les exhalaisons des malades 
ei des plaies, dont les fluides sont décomposés par l'action de l'air humide, de 
porter et de disperser dans l'atmosphère les germes d'une corruption inévitable. 
Ces exhalaisons, pénétrant dans le sang par la respiration, ne tardent pas à 
provoquer des phénomènes morbides. La Flize, Saucerotte et Didelot recon- 
naissent également la pernicieuse influence de l'air putride sur la marche des 
plaies. 

Les expériences de Haller injectant de l'eau putride dans les veines et voyant 
succomber rapidement les animaux ainsi intoxiqués éveillèrent peu l'attention 
de ses contemporains. Cependant Huxham comparait les lièvres pestilentielles 
aux fièvres des gangrènes, où la matière sanieuse de la partie gangrenée 
reportée dans la masse du sang produit dans les humeurs une disposition 
universelle à la gangrène, et Stohl rangeait la résorption du pus et de l'ichor au 
nombre des causes de la fièvre putride. J.-L. Petit connaît comme ses 
devanciers le reflux des matières purulentes et les accidents fébriles, putrides, 
ainsi que les abcès du poumon et du foie qui en sont le résultat. Mais il ne 
clierche pas à s'en rendre un compte précis, ou, comme il le dit, à pénétrer ce 
mystère. L'influence de l'air sur les plaies et le pus qu'il altère, l'action sur 
l'économie d'une atmosphère corrompue par la peste, par le remuement des 
terres, par l'encombrement des hôpitaux, le croupissement du pus dans les 
sinus et clapiers, sont parmi les causes principales de ce reflux de la suppura- 
tion. A côté de la métastase purulente. Petit, voyant les abcès viscéraux se former 
en très-peu de temps, se demande si cela ne vient pas de ce que le pus qui est 
dans le sang est déjà tout formé, et ne change presque point de nature. 

Ainsi que le remarque Puel, les eflets résultant de la pénétration du pus 
putride dans le sang étaient une connaissance vulgaire et générale au dix- 
huitième siècle. Réoolier, après Guillemeau, Hauriceau, Levret, etc., avait 
signalé les accidents fébriles graves, consécutifs à la décomposition putride des 
débris de placenta retenus dans la matrice. On n'ignorait pas, depuis les obser- 
vations de Papin, Mariette, Boyle, Boissier, etc., que les matières animales ne se 
putréfient.pas lorsqu'elles sont mises à labridu contact de l'air. Quelques auteurs 
distinguaient même dans la décomposition des humeurs, du pus, des matières 



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SEPTICÉMIE. 6S- 

orgaoiques en gëoëral, deux actes différents : Tun s*accomplissant hors du 
contact de l*air, Tautre sous son influence. A ces deux états correspondaient des 
produits distincts, pi'oduits plus pernicieux quand laltëration se fait dans 
î'intiniité des tissus. Ces deux actions peuvent être réunies chez le même 
sujet, mais à la contagion de fermentation appartient surtout le pouvoir de 
communiquer aux humeurs le mouvement intestin de décomposition. Ces théories 
encore vagues étaient en quelque sorte une ébauche de la doctrine de Robin sur 
la distinction des périodes de virulence et de putridité. 

Marchand nous semble cependant être allé trop loin en prétendant conclure : 
de ce que la doctrine de la résorption d*agents susceptibles d engendrer Tem- 
poisonnement du sang, comme cause des pyrexies graves chirurgicales, était 
monnaie courante au siècle dernier, que la doctiinede la septicémie était formulée 
nettement. Uévin distinguait deux formes de la fièvre traumatique. La 
première fièvre inflammatoire, suite ordinaire de la douleur, du séjour des 
sucs dans les vaisseaux de la partie blessée et de Tinflammation, dépend aussi 
de k pr^ence d'un corps étranger et de la suppuration qui se prépare. Elle 
^lisparait dVdinaire avec la sécrétion du pus. La seconde, bien distincte, est la 
fièvre putride, produit du mauvais air respiré dans les hôpitaux, des matières 
dépravées omtenues dans les premières voies ou de la résorption de quelques 
sucs pervertis dans le fond de la plaie. Loin de confondre dans une étiologie 
conmiune les accidents fébriles des plaies, Hévin s*attache donc au contraire à les 
différencier. Pigrai, Pouteau, Bertrandi, Desault, expliquent les abcès métasta- 
tiques du foie par la sympathie, la commotion locale, ou des théories mécaniques. 
De Uaen soutient que le pus se forme de toutes pièces dans le sang. En un mot, 
la doctrine septicémiqjue, qui réunit au point de vue pathogénique les complica- 
tions fébriles du traumatisme exposé, n*a pas encore, à la fin du siècle dernier, 
acquis un rang dans la science, quoique émise sous forme un peu vague par 
quelques écrivains. 

TéttOD, dans son rapport sur les hôpitaux de Paris, après avoir signalé la 
situalioD déplorable où se trouvaient les nouvelles accouchées, n*hésite pas à 
attribuer en partie la cause des infections qui les déciment au voisinage des 
salles de blessés, dont les exhalaisons putrides remontent jusqu'aux étages 
supérieurs. La pourriture d'hôpital est pour tous les chirurgiens le résultat du 
mauvais air des salles où sont encombrés les malades, soit que les miasmes 
putrides agissant directement sur la plaie en pervertissent les sécrétions ; soit 
que pénétrant dans le sang, et apportant dans l'organisme un ferment de 
décomposition, ils produisent d'abord des fièvi*es putrides et consécutivement la 
gangrène des tissus altérés. De ce côté, non plus, rien qui se rapproche d'une 
doctrine positive de la septicémie. 

Les chirurgiens du commencement de ce siècle sont encore .bien plus 
éloignés des théories humorales des pyrexies chirurgicales. Dumas, Fournier et 
Vaidy, Ristelhueber, invoquent, pour expliquer la fièvre des blessés, la douleur, 
l'émotion, l'inflammation ou l'irritation des plaies. L'infection purulente 
expliquée par une influence nerveuse (Travers), une irritation sympathique du 
foie (Larrey), ou par ]a pénétration directe dans le sang du pus sécrété par les 
veines enflammées. La doctrine de la phlébite suppurée émise pai* Hunter et 
Paletta est consacrée par les ti avaux de Ribes, d'Hogdson, de Breschet, sur les 
mflammations vasculaires. Monteggia soulient presque seul la théorie de la 
résorption du pus et des sécrétions morbides altérées. Cependant Guéniard et 



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64 SEPTICÉMIE. 

Chappiiis regardent l'air imprégné des miasmes de la corruption animale qui 
règne dans les hôpitaux comme le grand véhicule de la matière virulente qui, 
déposée sur les plaies, détermine la gangrène humide. Bell et Mourgues ont vu 
la pourriture d'hôpital augmenter par la communication des salles de 6évreux 
avec les salles de blessés, et chacun recoimait que cette affection se montre 
contagieuse en répandant dans l'atmosphère ses molécules septiques. C'est à 
peine si quelques auteurs, Bell, Bancel, Delpech, Boyer, invoquent encoi*e la 
résorption du pus altéré. 

Boyer, qui représente les idées chirurgicales de la fin du siècle dernier et 
des premières années de notre époque, distingue nettement les complications 
principales des lésions suppurantes. La fièvre hectique résulte de la décompo- 
sition, au contact de l'air, du pus des abcès froids et des abcès par congestion , 
de la résorption par les lymphatiques de cette humeur altérée et fétide. La 
gangrène, produite par la malignité de la cause de l'inflammation, parait tou- 
jours résulter de l'action d'un agent délétère ou d'une substance hétérogène 
pernicieuse répandue dans l'économie aniniale. Le pus d'inflammation régu- 
lière, qui n'est pas exposé trop longtemps au contact de l'air, ne contracte 
aucune qualité nuisible et peut être résorbé par les lymphatiques sans troubles 
notables de l'organisme. Hais, s'il reste exposé à l'air, dans son foyer, il se 
corrompt et acquiert des qualités pernicieuses prouvées par sa fétidité et par 
l'irritation locale qu'il développe. Résorbé, ce pus altéré détermine des acci- 
dents : fièvres, colliquations, dépôts viscéraux, faiblesse, marasme, et enfin 
la mort. Quant à la suppression, dite aussi, par une idée théorique, reflux de la 
suppuration, elle paraît bien plus le résultat que la cause des abcès intérieurs, 
produits d'une inflammation irritative. Au moins ne peut-on comprendre qu'un 
pus qui n'a éprouvé aucune altération puisse, en refluant dans l'économie 
animale par les voies de la circulation, donner lieu à des accidents aussi 
fâcheux et rapidement mortels. 

Gaspard, par ses recherches expérimentales, inaugure brillamment les études 
sur les phénomènes morbides produits par l'introduction des substances putri- 
des dans la circulation. Ses travaux fondent sur des bases sérieuses la doctrine 
de la septicémie, le mot seul lui fait défaut. Hais sa théorie, par sa généralité 
même, par les multiples états morbides, tant médicaux que chirurgicaux, aux- 
quels elle s'appli((ue, n'attire pas toute l'attention qu'elle mérite. Les expé- 
riences de Leuret, Trousseau et Dupuy, Hamont, passent également presque 
inaperçues. Bouillaud formule cependant avec une grande netteté et une auto- 
rité incontestable ia doctrine de la septicémie. « La résorption du pus, dit 
l'illustre professeur (1847), ne s'opère impunément pour la constitution 
qu'autant qu'il est de bonne nature, louable ; mais qu'il possède des propriétés 
septiques, toxiques, on voit éclater ces redoutables accidents qu'on désigne 
assez généralement aujourd'hui sous le nom d'infection purulente. Cette infec- 
tion purulente n'est d'ailleurs qu'une des espèces ou des formes d'une infection 
que, pour ma part, j'ai depuis près de vingt ans l'habitude d'appeler infection 
septiqueou putride. La dénomination d'infection purulente n'est rien moins que 
complètement exacte. La résorption d'une quantité plus ou moins notable de pus 
louable a lieu tous les jours dans certaines phlegmasies terminées par suppu- 
ration, sans qu'il en résulte de graves accidents. Le seul pus capable de pro- 
duire les accidents propres à l'infection purulente est celui qui, soit par son 
contact avec l'air, soit par toute autre cause, a déjà subi une putréfaction 



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SEPTICÉMIE. ((5 

plus ou moins aTaocée, et c'est pour cela que je range Tinfeetion dont il est 
k matière parmi les espèces que comprend 1 infection septique, putride ou 
typhoïde, véritable genre de maladies. » 

Pendant ce temps, les chirurgiens étaient surtout occupés d'expliquer les 
altérations morbides de la pyémie, et, comme lobserve justement Puel, c'est h 
Tamphithéàlre qu'ils écrivaient son histoire. Les solidistes sont devenus rares ; 
la présence du pus en nature dans le sang semble, après les travaux de 
VeJpeau, Dance, Maréchal, Legallois, Cruveilhier, etc., un fait hors de discussion. 
U controverse règne encore sur les voies d'introduction, sur la résorption, la 
phlébite ou l'angioleucite suppurées. Tessier presque seul défend avec énergie 
la diatbèse purulente spontanée et l'impossibilité du passage direct dans la 
circulation, du pus sécrété par les veines enflammées et emprisonné, suivant 
lui, par la présence constante d'un caillot. James, en Angleterre, avait depuis 
longtemps démontré cette barrière et considéré comme une pure hypothèse le 
mélange du pus avec le sang. Piorry cependant consacre le iàit par le nom 
expressif de pyohémie. Dance, Tonnelle, Botrel, Duplay, assimilent les accidents 
de la fièvre puerpérale à l'infection purulente. 

L'intoxication par le pus putréfié et les sécrétions décomposées des plaies 
semble en ce moment complètement oubliée, et quand Bérard ramène l'atten- 
tion sur l'infection dite putride, cet empoisonnement si connu des anciens 
paraît une maladie nouvelle. Bérard accentue du reste sa distinction d'origine 
et de nature avec la pyohémie. Sa doctrine peut se résumer dans les proposi- 
tions suivantes : i"" l'infection purulente est le résultat le a sécrétion du pus 
dans les veines et de son mélange avec le sang. 2" L'absorption dans les foyers 
purulents ou à la surface des plaies ne peut produire ni cette intoxication, ni 
les abcès métastatiques, que le pus soit altéré ou non. 3*^ L'infection purulente 
n'est pas possible par l'aspiration exercée sur le pus par les veines ouvertes et 
béantes. 4® L'infection purulente est impossible par l'absorption exercée par 
les lymphatiques. 5*" L'inflammation des vaisseaux lymphatiques avec suppura- 
tion dans leur cavité ne parait pas non plus une cause possible de pyohémie. 
6* Dans Tinfection putride, le sang a reçu, non du pus en nature avec ses 
principes organiques insolubles, mais des substances solubles qui peuvent 
être éliminée par divers émonctoires aussi facilement qu'introduites par 
imbibition. 

Quelques chirurgiens, toutefois, n'admettaient pas aussi exclusivement l'ori- 
gine phlébitiquo de l'infection purulente. Auguste Boyer (1832) considère ces 
accidents comme le résultat de l'absorption d'un pus fétide, altérant le sang 
par ses produits ammoniacaux. Le pus louable ne peut causer la mort que 
par l'obstrucUon des capillaires pulmonaires, action toute mécanique, et les 
abcès viscéraux ne sont que des inflammations sympathiques ou des fontes 
tuberculeuses. 

Bonnet accuse également l'hydrogène sulfuré et le sulfhydrate d'ammonia- 
que contenus dans le pus altéré de la surface des plaies d'occasionner les acci- 
dents fébriles. 

A côté de celte action du pus et des matières putrides de la plaie, le rôle du 
milieu atmosphérique, de l'air chargé de miasmes, ne reste pas absolument 
négligé. Mais en dehors de Bérard, qui n'admet que l'influence locale de ces 
miasmes, démontrée par l'innocuité du séjour des individus non blessés dans 
les salles infectées, presque tous les chirurgiens pensent que cette atmosphère 
wcT. wc. 5* i. K. 5 



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60 SEPTIGÉMII. 

empestée agit sur réoonomie principalemoit par la voie pntmoDaire. C'est 
égdement à un ageot miasmalique produit de 1 eneonibrement qu'on attribue 
le développement de la pourriture d'hôpital. Toutefois oa ne senble pas saisir 
le lieu qui peut rapprocher ces diverses affeeiioDS. A. Boyer signale cxfeûèuni^ 
mais sans ea rechercher la nature, ces étais partiouliers dé l'atmosphère 
nosocomiaie, où l'on observe en même temps de véritables épiéémies de phlé- 
bite, d'érysipèle et d'infection purulente. La oontagioB de ces affections n'est 
pas eneore démontrée, mais Velpean la soupçonne de pouvoir se iaire par les^ 
surfaces suppurantes* 

Avec ûttrcet (184l2) renaît la théorie septieémique. Les accidents généraux 
sont Teffet de la viciation sp^iale du sang par les liquides putrides résorbés ; 
les abcès métastatiques, le résultat de l'aprèt des corpuscules solides du pss,. 
plus ou moins goaflés, dans les capillaires des poumoos. Dans les antres, orga- 
nes, les dépôts purulents ont pour point de départ les héiMrrbagtes sou»- 
séreusesi et parenchymateiases qui caractérisent l'empoisonnement par les 
manières putrides. Sédillot (1842-1843) entrevoit de son oâlé l'origine septieé- 
mique des accidents dits pyohémiques. 11 se demande s'ils ne tiendraient pas à 
la pénétration dans la circulatioD des détritus provenant de ht fimte ulcéreuse 
des tissus, détritus détachés et entraînés avec le pus. Mais bientôt* guidé par 
ses recherches eipérimeutales, il rejette presque d'une façon absolue l'assimi- 
la{li(m étiologique de l'infection purulente et dé la septicémie. Dans son beau- 
traité de la pyohémie, reprenant et variant les expériences de Gaspard, d'Aran» 
de Caatelaau et Ducrest, il attribue exclnsivement l'infection pmrulente et ses^ 
lésions à h pénétration dans le sang du pus saiu, louable et san» odeur. L'in- 
fection putride de Bécard n'est que la fièvre hectique. Quant à la septicémie oia. 
iuiectiofii puitride vraie, facile à produire ehez les animaux comme aflectioD 
distincte, eUe n'existe pas ou du moius ne semble pas avoir été observée bolé- 
ment chez Thomme. Bialadîe de nature essentiellement gangréaeuse, à lésion» 
anatomiques spéciales, caii^e par l'introduction dans le sang de la sérosité 
altérée du pus, ea est en droit de l'admeltce dans certains eas comme com- 
plication de l'infection purulente. On se trouve alors en présence d'une sep« 
tico-pyohémie. 

Laissant de oôié les opinions peutrétre trop «iclusives de Sédillot sur la 
phlébite suppurée comme cause de pyohémie, nous ne pouvons qu'admirer avec 
quelle justesse notre vénéré maître a discuté cette question si compliquée des 
accidents fébriles des gi'ands traumaiismes. Alors que la doctrine étiologique 
de la septicémie reprenait faveur parmi nos chirurgiens, nombre de ses défeo- 
seuns ont invoqué en faveur de leur thèse l'opinion du poefesseur de Strasbourg. 
Pour nous, au contraire, le grand mérite de Sédillot, c'est,, appuyé sur ses expé- 
riences et sur l'observation clinique, d'avoir nettement séparé dans leur origine 
comme dans leur nature la pyohémie, la septicémie et l'infection putride chro- 
nique. Sans admettre sa théorie de la production des abcès métastatiques et de 
la phlébite suppurée, nous sommes heureux de reconnaître que ses conclusions 
générales sont en parfait accord avec les recherches les plus récentes. 

Les auteurs classiques de l'époque, Nélaton, Bérard et Denonvilliers, ne font 
aucune allusion à la doctrine septieémique, et se contentent de séparer l'infection 
purulente de l'intoxication putride chrcmique, résultat de l'altération du pus 
dans les foyers profonds. Bonnet confond ces (feux affections dans une commune 
origine, la résorption de liquides putrides. Castelnau et Ducrest admettent le 



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SEPTICEMIE. 67 

Biëlange chi p» vrtm le sang comme la cause commune àbs abcès multiples qui 
se développent à la suite des couches, des lësioHS tFaumatiques et des opéra- 
tions chirorgicales;. 

Pendant i|aeratttoben et les recher^fes expérimentales se portent presque ex- 
etosncneiit ttmt les conditions locales des plaies, raflération du pus au contact 
de Tàirv k naodè de pénéiradon et dlM^tion du pits introdkirt dans le sang, on 
Btfglige à pen près oonplétement Tinfluenee ëtiologique de ratmospbère noso- 
flomiale. VbiUÔniier reoonnah la nature eontagietise db la fièyre puerpérale épi* 
déiniqoev il b oonsicfôre comme une maladie essentiellement g^éralfe, dont le 
earactère anatomique est Texislence du pu9 dans tel ou tel point de Féconomie, 
et propose de la dânanmer fièvre pyogénjqœ des femmes en eouefce. 

ATee Goplaml et.surtoiit A. 6iiérin (1847) renaît la théorie miasmatique de 
ViHfectioa pnmknte; mieux nommée tifpkus chirurgical. Ces miasmes répan* 
dus daas Tair des bépitaux, prsdnits des éinana tiens animales dont la nature 
est ineaanucr, agiasent surtout par la plaie, peut-être aussi par le pomnon, 
■uns-en tout cas beanooup pibs rarement. 

VefB- Is même époque (iÎM), Semmefweiss, fopnt la fiètre puerpérale aug- 
BKBftsr ie fréquence pendant les mois où les étudiants fréquentent les salles de 
dissection, en conclut que raffectibn résulte de Kapport de substances putrides, 
pcoffaant des eadawes, et portées par le toucher dans les parties génitales des 
fommes réoemmant flcoouohées; La fièrre puerpérale n'est donc qu'une intoxi- 
eatiaor putarîde. Simpson e» Angleterre Tassimile complétiement k la fièvre des 
Menés. Tenles le»dbua sowt des infections, dbes à Tactron d*uff poison spéd- 
fiqne de nature inoomue, toutes les deux sont éminemment contagieuses et se 
nmUrent lanfeât sporadiques et tantèt épidémiques. Stoltr, moins affirmatST, ne 
oroîtpas LT ii Ée U ion putride comme eause unique et exehsrre des accidents 
posifiéFanx. Elle résaltev cette fièvre puerpérale, d\ra levain, d*un ferment de 
nature ineannEne,. c'est une maladie zjmotique. Elle est transmrssible, soit par 
1b contact de matières pro^isanst de personnes infectées, soit par des miasmes 
iëpandu9 dans Tair. Stolter ne croit pas qu^en temps ordinaire la fièvre puer- 
pérale puisse étn transmise aimi à distance, mais il Ta vue souvent se fixer à 
onrtaÎBs lits» à certains appartements, et il' pense que c*est surtout en temps 
d'épidémie grave que le principe contagieux ou z}motique doit pouvoir se pro* 
pager, sinon se collecter. 

Duaunlpidlier ne veit dans ta fièvre puerpérale qu'une intoxication, par pé- 
Déèratias. dans le sang du pus eu de matières putrides. Tkmier est moins affir- 
mmtiL Povr lui, les accidents loeaur ne sont que Teffet d'une cause plus puissante 
a gliMi t sot l'éconaoïie entière. Luroth en Allemagne, Danyau en France, ont 
avec namlHre d^auteurs décrit la* putrescence de Tutérus. Ici on trouve la mu- 
qoeose utérine ramollie, grisâtre, baignée dans une samié ichorense d'une féti- 
dité repmissante. G'est la métrite gangreneuse emportant les malades en quel- 
ques faonrea, sans laisser de lésions viscérales. 11 y a véritablement dans ces cas 
JÊÊB intcrxicaties putride fouihoyante, et une grande analogie avec les phénomènes 
morbite produits par l'injection dans les veines de grandes quantitéis de li- 
quides sepdqnes. Mais il en est rarement ainsi, et les accidents locaux ordinaires^ 
iiâammation du përiloine, de l'utérus et de ses annexes, des veines et des 
Ifaiphatiques, n'expliquent qu'en partie et très incomplètement la mortalité. 
Les symptômes, la marche et quelquefois l'absence de lésions, tout dans cette 
maladie,, dit Tarner, indique un empoisonnement par une sorte de ferment 



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68 SEPTICÉMIii:. 

morbide. Les choses ne se passent pas autrement dans les empoisonnements 
des amphithéâtres d*anatomie. 

Dans la remarquable discussion qui s*ëlève à TAcadémie de médecine sur la 
nature de la fièvre puerpérale, les opinions les plus diverses trouvent des dé- 
fenseurs. Guérard admet qu'il se produit chez les femmes malades un principe 
qui peut être recueilli et transmis par le toucher, qui peut être absorbé par 
une femme saine et développer chez elle la même affection, toutes conditions 
propres aux virus; mais il rejette TassimUation de la plaie utérine à une phie 
récente, ainsi que l'identité de nature acceptée entre la lièvre puerpérale et les 
intoxications septiques ou purulentes. Pour Depaul, il existe une maladie puer- 
pérale essentielle, pour laquelle il propose les noms de typhus ou de septicémie 
puerpérale. Épidémique dans les services d'accouchements, elle est habituel- 
lement précédée par l'apparition du muguet, de l'ophthalmie purulente, de Téry- 
sipèle. Contagieuse par communication directe ou indirecte, elle attaque parfois 
les femmes non accouchées et les élèves sages-femmes des services. Les acci- 
dents locaux sont variables et Ton voit parfois se développer dans son cours des 
éruptions habituellement scarlatiniformes. Les altérations du sang ont été dé- 
crites par Scanzoni comme pyohémiques ou septicémiques. Pour Depaul elle se 
distingue également et de Tinfection purulente et de l'infection putride. Beau 
en fait une phlegmasie, Piorry une réunion d'accidents ou d'états organopa- 
thiques (métrite, phlébite, péritonite, septicémie, pyohémie,etc.), presque tous 
de nature septique. La fièvre puerpérale n'est pas une unité morbide à poison 
spécifique, mais un ensemble d'états pathologiques susceptibles de se manifester 
d'une manière irrégulière et très-variée. Yésou, dès le dix-septième siècle, a^ait 
attribué la mortalité des femmes en couche, à l'Hôtel-Dieu de Paris, aux vapeurs 
infectes provenant de la salle des blessés placée à l'étage inférieur. Il ne s'agit 
donc pas d'une pyrexie, mais d'une altération du sang. L'ordre de succession des 
phénomènes est généralement le suivant : 1^ prédisposition puerpérale; 2® état 
traumatique de l'utérus ; 3® altération du sang, par les caillots putréfiés par le 
contact de l'air dans l'utérus dilaté ou superficiellement gangrené, ou par les 
matières septiques que répandent dans l'atmosphère et l'encombrement et les 
exhalaisons des liquides excrétés, ou par les deux réunis ; en un mot, infection 
putride ou septicémie qui à un haut degré peut être contagieuse ; 4<> phlegma- 
sies septiques avec abcès pyoïdes dans divers organes, etc. 

Hervez de Chégoin considère également la fièvre puerpérale comme une in- 
fection, une altération du saug postérieure à l'accouchement. Cette infection 
est putride ou purulente, ces deux formes se confondant à la dernière période 
de la maladie, son foyer est dans la matrice. Pour Trousseau, la fièvre puer- 
pérale est une maladie commune à la femme, au nouveau-né, à l'homme môme. 
Tessier, Dance, Yelpeau, etc., ont signalé son analogie avec la fièvre des blessés, 
la fièvre septique ; elle ne diffère pas en réalité de la fièvre chirurgicale, de la 
résorption purulente. Dans la presque universalité des cas, la plaie placentaire, 
ou le traumatisme, quel qu'il soit, n'est pas l'occasion de la maladie. Sa cause 
spécifique, efficiente, est dans un principe spécifique, inconnu dans son es- 
sence, mais connu dans ses eilets, un levain, un ferment, qu'on peut à bon 
droit comparer aux plantes cryptogamiques. Il n'est pas absolument impossible 
cependant que dans un foyer épidémique on puisse contracter la maladie, sans 
aucun traumatisme, quel qu'il soit. 

Paul Dubois n'admet ni l'infection purulente ni l'infection putride; il met en 



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SEPTICÉMIE. 69 

doute la contagion médiate ou immédiate, et se prononce pour une fièvre essen- 
tielle, de nature inconnue. Danyau se rapproche de cette opinion et considère 
la fièvre puerpérale comme une maladie miasmatique, dont l'agent inconnu pé- 
nètre dans le sang, Tempoisoilne, et le rend apte à la production souvent très- 
rapide de localisations inflammatoires variées, mais peut tuer avant toute loca- 
lisation. Gazeaux croit à une phlegmasie, compliquée, dans les épidémies, d*une 
influence inconnue, et non à une pyrexie spécifique. Pour Cruveilhier, il s*agit 
d'une infection miasmatique due à Tencombrement, d*une fièvre traumatique, 
véritable typhus puerpéral se rapprochant de la pourriture dliôpital. Les lésions 
anatomiques varient. La phlébite suppurée se montre plus rarement que la 
lymphangite, cause probable de l'altération du sang. Les abcès viscéraux sont 
fort rares et la possibilité d'une infection purulente véritable par les lympha- 
tiques ne lui paraît pas démontrée. 

Aussi localisateur se montre Yelpeau, en même temps que non-conlagioniste. 
Dès 1828, il professait que les différences d'action du pus résorbé paraissent 
en rapport avec sa nature, et qu'il n'a pas les mêmes propriétés malfaisantes 
lorsqu'il reste enfermé à l'intérieur du corps que lorsqu'il a été en contact avec 
l'air. La fièvre puerpérale est un mélange d'infection purulente et d'infection 
putride, mais avec quelque chose de spécial dans l'altération du sang, comme 
une sorte de fermentation. En somme, les accoucheurs penchent pour une entité 
morbide spéciale, les chirurgiens au contraire croient à une sorte de septicémie, 
doctrine que Bouillaud formule avec le plus de précision. 11 y a, dit-il, deux 
espèces de septicité : l'une primitive, le typhus ; l'autre, la septicémie secondaire 
par lésions locales, sorte de fermentation communiquée à toute la masse du 
sang par les matières absorbées. Ici il y a fièvre septique par absorption de 
matières putrides venues de la plaie utérine, fièvre aggravée par l'encombrement, 
mais qui ne présente absolument rien de spécifique. 

Murphy et d'autres auteurs anglais, se rapprochant de cette opinion, font de 
la fièvre puerpérale une intoxication se])tiqiie du sang analogue au typhus chi- 
rurgical et à l'érysipèle. Si dans la phlébite pure on rencontre des caillots obli- 
térateurs, dans l'infection septique au contraire, ou bien ces coagulums se désa- 
grègent rapidement, ou bien ils ne se forment pas. Jules Guérin reprend une 
théorie qu'il avait émise dès 1840 et que depuis il n'a cessé de soutenir dans 
ses écrits, comme à la tribune académique, contre les attaques de Depaul. Pour 
lui la non-rétraction de l'utérus, en permettant l'accès de l'air, fait de la mu- 
queuse utérine une plaie ouverte, exposée et suppurante. Les caillots sanguins, 
les lochies, subissent la décomposition putride, et les liquides altérés sont en par- 
tie résorbés, pendant qu'une autre partie traversant le canal des trompes passe 
dans le péritoine. 11 y a donc une plaie spéciale, baignée par un liquide spécial, 
et soumise à l'action d'un air chargé de miasmes spéciaux : de là également 
une*putridité spéciale susceptible de s'inoculer par contagion miasmatique ou 
directe. Eu un mot, la fièvre puerpérale est une septicémie particulière. En 
Italie, l'école de Florence, avec Nannoni, Bufalini, Polizzari, regarde la fièvre 
puerpérale comme une infection purulente, variable avec la qualité de la sup- 
puration. Celle-ci est-elle ichoreuse ou septique, au lieu d'une pyohémie on ob- 
serve une fièvre putride, une septicémie, et la mort est bien plus rapide. L'in- 
fection purulente varie elle-même avec les conditious de santé de la femme et 
la quantité du pus résorbé. La diathèse séro-albumineuse si fréquente, les 
mauvaises conditions morales et sociales, l'encombrement et les exhalaisons 



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70 SEPTICÉMIEL 

septiques du local hospitalier, les hémorrhiigftes âaiérieures, les maoœyavres 
obstétricales, Tabsence de soins liygiéniques, favoriseai la puitréfadion utërine. 
Or, après i*accouchement, la muquieuse utérine ibrme une vaste plaie, munie 
de vaisseaux absorbants, pourvue de veines nombreuses et variqueuses dont la 
déchirure est suffisammeat prouvée par l'^coukment du sang. Le pus, retenu 
dans Tutéruset le vagin par l'inertie de la matrice, séjourne au contact de rair- 
se putréfie, et son absorption est des plusiaciles. Il y a doâc là réunies lofltefi 
les ooaditions d'une infection septique. 

Pendant que la théorie de Tinfedion septique est appelée par les ehirur,g»enis 
k expliquer les phénomènes morbides désignés sous le nom de tfièvre puerpérafe» 
la décomposition putride du pus et des sécrétions des ptlaies exposées, sous TiiH 
nuencede Tair, reprend avec Bonnet (de Lyoa), avec B>^h€«*«nd, Alquié, Valette^ 
une part considérable dans le développement de Tinfection purulente. 

H. Lee (1850) rejette la doctrine de la phlébite supipurée et ne considère les 
inflammations des veines que comme la conséqueuce et non la cause du passage 
dans le sang d'un élément morbide ou étranger. C'est à Tintroduiction dao^ 
réoonomie de ces principes morbides que doivent être rapportés les aeoidentis 
généraux, les veines ne jouant que le simple rôle de voie d'introduction. Pour 
que se produise Tinfecllon purulente, le sang doit être vicié au point que sa 
ooagukbilité soit altérée. Vogel admet également que la formation de .coagulums 
dans les veines de petite dimension^ que les infarctus viscéraux qui les suivenU 
ne sont ^e le résultat de Taltération du sang, et nonle ùkii dcglobules piiro- 
lents arrêtés dans les capillaires. SoUy (1854) invoque une influence atmosphé- 
rique inconnue. Wood, généralisant la fièvre pphémique, admet qu'elle peut 
succéder aux plaies exposées comme aux iaflammatioas soufi^^utauées. Elle est 
la conséquence de l'absorption par les veines d« pus altéré ou d'autres produite 
sanieux de l'inflammation, point de départ d'un ehangemeot xymoiique du 
sang, qui porte probablement sur la fibrine. Ce poison est le liquide sanieux 
qui résulte de la décomposition du pus et pénètre soit par la ipÛe ou.le foyer 
inflammatoire, soit par le tube digestif. 

La guerre de Crimée met les chirurgiens militaires Inmçais aux prises lavec 
les plus redoutables complicatians .des plaies et nous vaut de .remarquables 
travaux. Après Raynaud et Cruveilhier, Tharsile Valette reprand la lugilbne 
histoire de l'oatéomyélite des amputés. Uae conmie il'infection purulente ,à la 
viciation de l'air qui suit rencombrement des blessés, ses symptômes généraux 
se conibudent souvent avec ceux de la pyohémie. Tout en admettant une intime 
liaison entre ces deux affections, Valette .reconnaît cependant que les léaioas 
viscérales ne sont pas un fait constant dans l'inilammation de la moelle osaeuse^ 
et qu'à côté de l'inOection purulente classique elle se conduit, tantôt oomme 
une intoxication putride sura^é, tantôt comme un empoisonnement lent se 
rapprochant de l'infection putride chronique. A la même époque, Gosselln^ à 
propos des fractures en V du tibia et de leur gravité considérable^ émet^it 
l'idée que la décomposition de. la nacelle osseuse sous l'influence de l'air donne 
lieu à la formation de produits doués d'une toxicité spéciale. 

Salleron nous décrit d'une façon magistrale toutes ces complications fébriles 
redoutables qui déciment les blessés et les amputés. La gangrène foudroyante 
avec emphysième, toujours mortelle, ne sévissant que par des températures 
levées, résulte de l'action d'un agent sq^tique violent déterminant une.pertui^ 
bation oi^anique profonde, et j>ouvant amener la mort» alors même que la 



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SEPTIGÉMEE. 71 

fDertifici^ion est peu étendue. S»lleroa se demande s'il 7 a même une gangrène 
TériUble, en présence de Tétat des tissus. Si la doctrine septioéraique eàt ^é 
plus oonaoe^ nul doute que cet obseryateur distingue n 'eût donné à cette affec^ 
tion le nom de sepiicénie foudroyante ou gangreneuse. Malgré les remarquables 
succès qu'il obtknt des applications de perchlorure de fer sur les plaies infeo^ 
tées, la pourriture d*hàpilal n*esi pour lui qu*un typhuê traumatique^ une manl*^ 
iestation locale d un état pathologique général. Toujours il a vu son développe^ 
ment précédé et accompagné de symptômes généraux annonçant d*une manière 
évidente et positive Tintoxication pi^ustante de Torganisme. Elle rentre donc, 
sous le rapport de son origine 6t de sa nature, dans les infections par des 
matières putrides ou septiques. Les conditions mauvaises des blessés, Tinfection 
des hôpitaux enoomlurés, n*ont que foft rarement engendré l'érysipèle, et cette 
affection de courte durée n'a jamais occasionné la mort. L'infection purulente, 
au contraire, sévit d'une manière terrible, se montrant tantôt sous la forme 
aigaë, tantôt avec les allures de la fièvre bectique. Elle se confondait si souvent 
avec rinfection putride, que Salieron n*hésile pas à déclarer que la distinction 
de ces états morbides était le plus souTent complètement et absolument impos- 
sible. En ae reportant à l'admirable description qu'il a tracée de cette affectkm, 
«n voit que ce chirurgien a fort rarement rencontré la pyohémie vraie, et presque 
toujours l'infection putride pure ou la septico-pyohémie. Ce fait n'a rien de 
surprenant, quand on songe aux conditions du milieu où il observait. Des 
Uesiés ëpoisés, des Itdpilanx encombrés, des salles depuis longtemps infectées, 
expliquent la rareté dis suppurations franches et louables, la fréquence d'in*- 
âunraations sourdes et b&tardes, la facilité de décomposition de sécrétions tou- 
jours abondantes et séivuses, bien plus que vraiment purulentes. Tout en 
mmhaWant, faits en main, ks assertions de Bérard et les conclusions trop 
absolues de Sédillot sur le rôle prépondérant de la phlébite suppurée, Saller<m 
ne reoonoatt pas moins l'importance de la résorption par les plaies, du pus et 
des séraaités altérées. Mal^é les conditions si favorables en apparence des 
malades et des hôpitaux, il n'a pas observé un seul cas de diathèse purulente 
spontanée: une plaie suppurante ou un foyer de suppuration est donc l'antéeé- 
denA dïUgë de la pyohémie. Quels sont les rapports de ces diverses eomplica*- 
tions? € La gangrène avec emphysème, la pourriture d'hôpital et 1 infection 
purulente ont sévi, dit Salieron, sur des blessés qui aTaîent été soumis aux 
mêmes influences débilitantes, qui se trouvaient dans les mêmes conditions 
lijgiëniqnes mauTatses, qui présentaient à peu près les mêmes lésions physiques, 
4)ui aonrent avaient subi les mômes opérations. Ces trois accidents ont le plus 
«Mivent prétenté des symptômes préliminaires, sinon parfaitement semblables, 
an moins très-analognes. L'imminence morbide n'avait rien de spécial; elle 
tradoisait nn état pathologique général ; mais rien ne pouvait faire pronostiquer 
one oomplication plutôt qu'une autre. D'après ces considérations, ces analogies 
éliolo^qnes, il serait presque permis d'élablir et de conclure que les mêmes 
causes morbides peuvent produire des états pathologiques difTérents. Mais, si 
on principe de philosophie dit qu'il ne faut pas multiplier les êtres sans néces- 
sité, nu axiome de logique dit que les mêmes causes produisent toujours les 
mêmes efiets. Malgré la ressemManoe ou l'analogie des phénomènes initiaux, 
je crois qu'il est impossible de confondre en un seul tout des états morbides 
ansni dissemUaUes, et de ne pas voir toutes les dilTérences symptomatob- 
giquea et analomo-pathologiques qui caractérisent, à la période d'état, les trois 



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n SEPTICÉMIE. 

accidents précités. La prédisposition individuelle, Tidiosyncrasie ne suffit pas 
pour expliquer une telle différence, il faut nécessairement admettre une modifi- 
cation profonde dans la nature de Vagent septique et dans le mode d*intoxication. » 
Bomiard, au contraire, fait de la pourriture d'hôpital une maladie externe 
de nature miasmatique et non virulente, essentiellement contagieuse par infec- 
tion et parjnoculation, spécifique, se développant sous Tinfluence d*une certaine 
modification catalytique des substances de Tair, déteiminée par l'encombrement. 
L*infection est purement et essentiellement locale, comme le démontre le traite- 
ment. Si Taffection progresse, alors seulement arrive la résorption septique 
avec les symptômes d'une infection générale. Le miasme de la pourriture est 
spécial, il n'agit que sur les tissus dépouillés de leur épiderme et en contact 
avec l'atmosphère. C'est un corpuscule faisant naître par sa présence, et sans y 
participer chimiquement, une désorganisation spécifique du genre des fermen- 
tations ou de la putréfaction. 

La longue discussion qui s'élève à l'Académie de médecine (1856-1857) sur 
la méthode sous-cutanée fait ressortir une fois de plus (J. Guérin, Yelpeau, 
Renault, Bouley) l'influence incontestable de l'action de l'air sur la décomposi- 
tion du pus à la surface des plaies exposées et sur le développement des compli- 
cations septiques du traumatisme. Les expériences de Dechambre et Marc Sée 
sur la marche des plaies, exposées à l'action isolée des différents gaz qui con- 
stituent l'atmosphère ordinaire (1857), confirment en partie, ce fait acquit au- 
jourd'hui. Robin, rejetant le mélange du pus au sang, pour admettre une leu- 
cocytose pathologique, réunit sous la dénomination commune de pyohémie la 
phlébite, la morve, la fièvre puerpérale, l'infection purulente, affections dans 
lesquelles il y a une tendance marquée à la formation des collections puru- 
lentes. L'infection putride est le résultat de l'absorption des produits liquides 
de la décomposition du pus putréfié, dans les foyers où il séjourne au contact 
de l'air. L'infection purulente, comme la fièvre puerpérale, sont des altérations 
primitives des substances organiques du sang dues à des influences locales ou 
de milieu. 

Ghassaignac (1859) appelle cachexies purulentes les états de l'organisme dans 
lesquels il y a, du fait d*une suppuration existante, une sorte d'empoisonnement 
général par le pus. Les manifestations en sont différentes suivant l'origine de la 
suppuration. De là les infections puerpérale, urinaire, traumatique. A côté de 
ces affections, mais nettement distincts, se placent les empoisonnements 
putrides aigus et chroniques, cachexies coïncidant souvent avec des états puru- 
lents locaux et dépendant de la décomposition putride dans les foyera purulents. 
Vers 1860, la doctrine septicémique ne comptait en France que quelques 
rares partisans parmi nos chirurgiens. Follin (1861), dans son traité de patho- 
logie externe bien vite devenu classique, définit encore l'infection purulente 
une affection produite par l'introduction du pus dans le sang et caractérisée 
par des altérations variées, dont le dernier terme est la formation d'abcès mul- 
tiples. Le mélange du pus au sang peut être constaté à l'oeil nu et au micro- 
scope. La viciation de l'air par l'encombrement, la rétention du pus, favorisent 
le développement de la pyohémie chirurgicale et obstétricale, maladies de même 
nature qui, sous des influences mal déterminées, prennent le caractère épidémi- 
que. Follin les sépare au reste de l'infection putride ou hecticité purulente, état 
morbide qui paraît résulter de l'absorption des principes solubles d'un pus vicié et 
fétide, et de Temphysème traumatique, que l'on commençait à peine à connaître. 



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SEPTICËMIE. 73 

Jules Guërin (1865), tout en rejetant la doctrine de la phlébite suppiurëè, et 
en considérant la résorption des parties séreuses et putrides du pus comme la 
cause ordinaire de l'infection purulente, admet également que le pus peut être 
résorbé en nature par l'atonie des vaisseaux. Batailhé (1865) est plus affirmatif. 
Si la mort arrive dans les premiers jours qui suivent les plaies ou les opéra- 
tions, jamais, dit-il, on ne constate d'abcès métastatiques. Ces collections ne se 
fonoent que si la mort est plus tardive et par résorption des liquides putréfiés. 
U faut donc supprimer le terme de phlébite suppurative infectieuse, car il n*est 
pas exact, et remplacer le mot infection purulente par celui d*infection putride 
des premiers jours. La fièvre puerpérale n*est qu'une infection putride. 

Telle était à peu près lopinion que nous soutenions dans notre thèse de doc- 
torat, en cette même année. Il y a, disionsHious, dans l'infection purulente, 
deux points essentiels et indépendants à considérer : d'une part les phénomènes 
généraux, de l'autre les altérations anatomiques locales. Les phénomènes géné- 
raux sont dus à une infection du sang produite par l'absorption de substances 
septiques ou par leur développement à l'intérieur de l'économie. Les accidents 
locaux, les collections purulentes ou puriformes que Ton est convenu d'appeler 
abcès métastatiques, varient dans leur nature, leur structure anatomique, et 
doivent par conséquent varier dans leur mode de production. Et, sans nous 
servir du mot de septicémie, encore peu adopté, nous concluons sans réserves 
à l'origine septicémique de l'infection purulente, à la septico-pyohémie de 
Sédillot. Mais, pendant que cette union de l'empoisonnement septique et de la 
pyohémie était pour uotie maître un phénomène peu fréquent, nous en faisions 
le fait habituel de l'infection purulente clinique. 

Maisonueuve pose nettement dans sa clinique chirurgicale le problème de la 
ualure commune des fièvres chirurgicales. Partant du fait, pour lui démontré, 
de la pénétration du pus dans le sang à la suite de la phlébite (intoxication 
purulente), il se demande si toutes les fièvres chirurgicales' ne viennent pas 
d'une intoxication analogue, les symptômes spéciaux résultant de la spécialité 
de la substance toxique. Ainsi la fièvre uréthrale par absorption d'urine septique; 
la fièvre hectique produit du pus décomposé dans les foyers anfractueux; la 
fièvre traumatique, résultat de la résorption du sang et de la lymphe, morts 
et putréfiés au contact de l'air ; enfin la fièvre inflammatoire, conséquence de 
l'absorption du sang altéré. 

U est plus précis encore dans sa théorie des intoxications chirurgicales qu'il 
formule quelques années plus tard (1866). Tous les accidents fébriles consécu- 
tifs aux lésions traumatiques sont le résultat d'un empoisonnement dû à l'intro- 
duction dans le ton*ent circulatoire de substances toxiques produites par 
l'organisme lui-même. Cette doctrine est basée sur les propositions suivantes : 
I* Le sang, la lymphe et les autres liquides vivants, exposés à l'air libre ou en 
contact avec des corps délétères, perdent bientôt leur vitalité ; 2® une fois 
morts, ces liquides se putréfient comme le font toutes les substances organiques 
soumises aux conditions générales de putréfaction : air, chaleur, humidité ; 
5** leurs produits de décomposition ont des qualités éminemment septiques ; 
4*' il en est de même pour certains liquides excrémentitiels : la bile, l'urine, 
les liquides ou les gaz de l'intestin ; 5<* en s'infillrant dans les parties per- 
méables en contact, telles que le tissu cellulaire, les orifices des vaisseaux 
lymphatiques et veineux, ces substances produisent des inflammations locales 
désignées sous les noms de phlegmons simples, diffus ou gangreneux, d'érysi- 



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74 . SEPTICÉMIE. 

^èles, d'angioleacito, de phlébites ; 6*^ ces mêmes poisons putrides, seuls ou 
mélangés aux produits de rifldamiBation spéciale quïts ont provoquée, peufeut, 
«n pénétrant dans le torveot circulatoire, altérer le sang lui-même, troubler 
ses fonctions importantes, puis, cireniant avec lui dans toit l^organisne, porter 
leur action délétère sur les éléments les plus intines de Técenomie; 7* après 
leur expulsion des voies circulatoires, ils peuvent encore, en séjournant dans 
les réseaux capillaires, les parendiymes, les cavités sérenses, ceHulaires, etc., 
devenir la cause d'une infinité de désordres secondaires, souvent aussi redou- 
tables que les primitifs (accidents roétastatiq»es) ; 8^ Tensemble de ces pcrtnr* 
bâtions produites pair la présence d'agents délétères dans la circulation coustitne 
les fièvres cliirur^cales; 9^ ces âèvres ont dans leurs symptômes et leur maitche 
des caractères spéciaux, variables avec la nibstanœ toxicpie et permettant 4e 
reconnaître leur ortgioe ; 10° il est possible de les prévenir, soit an empêchant 
4e poisou de naître par la putréiaction des liquides exsudés, soit en le détrai- 
sant sur place, soit en fermant les voies de pénétration. H est difficile de trouver 
une doctrine plus large et, sauf le nom de septicémie, les intoxications chimr- 
^cales de Maisonneuve comprennent tout ce qu*on peut embrasser dans les 
septicémies dites traumatiques, ou mieux chirurgicales* 

Avec Yirchow se prononce en Allemagne le mouvement qui doit aboutir à 
une conception renouvelée de la doctrine septicémique en chirurgie. Se basant 
sur ses expériences perscHineUes et sur ses recherches anatomo-pathologiques, 
le professeur de Berlin repousse, comme absolument erronée, la doctrine de la 
phlébite suppurée et le passage dans le sang du pus en nature. Avec Lebert, 
Donné, Robin, il croit impossible la distinction des globules du pus et des 
leucocytes du sang. Le pus complet ne peut arriver dms Tintérieur d'un vais- 
seau que par intravasation, fait rare ; Tabsorptisn ne s'exerce que sur le sénm 
purulent, à moins de transformation graisseuse* Au point die v«e morpholo- 
gique, il n'y a donc pas de pyobéinie. Ce qu on a pris pour du pus veineux 
n'est qu'un liquide puriforme. Le rôle principal dans les accidents est dû, d'un 
côté aux emliolies, cause des abcès métastatiquas ; de l'autre, aux liqwdes 
résorbés, liquides icfaoreux et putrides d'où résultent les phénomènes généraux, 
mieux dénommés ichorrhémie ou sepiioén&ie. L'infection purulente n'est qu'une 
septicémie embolique. 

Schuh (1862) reconnaît à la pyohémie deux origioes variables : tanièt la 
décomposition putride locale, tantôt l'action d'un miasme spécifique. Cette 
théorie miasmatique, depuis longtemps défiendue par A. Guérin en France, 
eonstitue le fond de la doctrine de Roser, qiii lait de la pyohémie une maladie 
xymotique. Les Uiromboses ne sont pas la cause, mais l'eiOfet de la maladie, et 
un miasme ^démique ou endémique s'ajoute à la résor{»tion septiquc, eoaune 
cause des accidents. Roser admet donc : i^ une pyobémie par miasmes ou conta- 
gion ; 2® des pyohémies secondaires par auto-infection^ affections septiques véri- 
tables et phénomènes pyobémiques. La fièvre, l'érysipèie, la diarrhée, sont les 
trois formes principales de l'afleetion. 

One remarque importante, que nous verrons sans cesse confirmée dans la 
suite de ce travail, frappe en ce moment notre esprit. Les complications fébriles 
des plaies, tantôt sporadiques, tantôt épidémiques, résultent vraiserablablemenl 
soit d'une alléraliœi des sécrétions des plaies, soit de l'influenoe sur l'économie 
du milieu atmosphérique plus ou moins vicié où sont plongés les blessa. Les 
cliniciens ebservaiit les épidémies cherchent plus souvent dans une altérràon 



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SJiPTICÉMlË. ïïh 

de Ttir, dans «me iofluenae Buafiinatii(|ae, k cause des lèvres chirncgicaks. Les 
eipérimfflatatettTs, au ceatraire, ne fouinnt reproduwe œs coDdkicoiB de idoia- 
4ioa, chfivehent daas les oonditions locales, que leurs injections de lifuidfiB 
patiides simulent assez liien, rorigine des complicatioiie «ejptiques. Geihe ;ten- 
danoe est Irôs^accusëe daits las travaaix de Weber^ qui fait de la pyehémie nue 
«epiicéaiie embolique. Les oonelusi(Mis de eet eoqidrimeBtateMr ee rapfunochenL, 
au teste, de œlles de Billroth, dont ke ouvcages, phis connus, doivent aous 
arrêter un instant. 

AÛis ses études expérimentales sur la fièvre traumatiqiie et sur les maladies 
inuuBAtâ(|ues accidentelles, le proiefiaeur de Vienne constat d^aboni que, la 
4eiiifiiéraiofe des plaies ou des parties enflammëes ne dépassant cpi'exoeption- 
oeUcHie&t la température reetale, on n y peut oherober Ja source jde k fièvre 
traumatique ou inflammatoire* Clette fièvre résulte de Taclian d*un ageat eici- 
tateur proiant sa source dans la partie enflammée et tcansmîs aii sang d'une 
façon q«eleûiifne. D*>un foyer : putride, et profcahlemeat aoissi d*uii iîiyeriinflam- 
mataire, il se isonmumkpie au sang des isuhstanoes susceptibles d'exciter la 
fièae^ l'absorption de ces substances oi leur mélange avec k sang ont lieu par 
^'intecmddiaice des lymphatiques; fes corps résadbés sont probablement de 
jiatuœ moléoulaire. Gonuiie les muqueuses. Je néoplasme inflanum&tfiire (bour- 
geons charnus, .panois ides .abcès, etc.) oppose, du reste, «ne barrière irès^ide 
i la pénétration des matières putrides, il n!est pas inviiaâsemUable que l'étendue 
de rûaflammattioB tnaumatique, aussi bien ^pie de la Téaetien fébrile ^nécaâe 
{fièi«e traHmalique), dépende delà quantité et de k qualité de <paek|UB3 jv^ 
stanœs qm adhèrent anx boude de îa pkSe réceaèe et dans.aon intériem, na liien 
«'y ferment ultérieurement, eÉ4|ui sont résorbées par les vaisseaux lympliKtiques 
«Bcoff emeris m oommenœaent. .Lee conditiens de résorption. Sa naimie des 
sttkAaDces, -qui n*ont pas néoessainoment une odeur de iputrékctkn» dans le 
sens vulgaire, peut-être aussi Taptitude de la lymphe et du aasg k subir des 
modificatioiis 4Âtmiques (iknr fa«ientescibilité), pevnrait être considérées comme 
aatMptibles de iûen des vaniations ofaex les di«evs indivâdus. 

fiiÛfoth, chenehaDt â défiMoArer rabsorplion par les l^pfaaltiques, prend 
pav fiumpfe rmoGuktion du ykva cadavérique et la ancoession des phénomènes 
qui Im succèdent : ^^ cantonnement sur pkce; iubercHfe anatomique, noci- 
dents locaux inflammatoires; 9^ ^stpèie, lymphile «u|ierfieîelle dif&ise^ 
S* Ijmpbangite ei lympbadénite ; përi^lynaphite; compression des vaisseaux Gi 
anêt drauktokie, avec abcès isolés et pÛeg^nons diffiis; quelquefois canionne- 
flKBt dans ks ganglions et par moments accidents locaux ou généraux ; 4* pénë- 
Mien dans le sang ; fièvre pins ou aaoius vive, et â récidi'ves, si i*absoi^tion 
coBtkne; &* dans k tissu enflammé, û se produit de nouvelles snbstanoes qai 
CMDmencent par provaquer une nonveUe inflammation autour d'elles, et qui, 
ea continuant de se mêler au sang^ entretiennent la fièvre. Les matières putrides 
agiiaent donc à la naanière d'un ferment sur les tissus eft.sur le sang. 

la fièvre traumatique est donc k résultat d'une infection opérée dans k 
corps mÉDae de l'indîvida. La s^ticémie et k pyohémie sont ks formes fes pins 
intenses de l'intoxication par des matières putrides on du pus; en un mot, k 
fièvre traumatique dans aa pins hante expression. Fièvres traumatiqnes et 
fièwes secondaires sont dues à k résorption des aubstanoes pyngènes qui se 
^ekppant sur k (daie. Les thnondiases veineuses proviennent de k oompnta- 
<ttn des mnespar les tissus voisins infiltrés, et de l'afifeihttaseaentdes oontrao- 



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76 SEPTICÉMIE. 

tions cardiaques par TintoxicatioD du sang. L'embolie simple est incapable de 
produire Tinfection purulente; il est nécessaire qu*il s'y ajoute une intoxication 
septique. Quant à la nature du miasme qui vicie l'atmosplière et active, s*il ne 
la provoque, Tinfection putride par la décomposition des liquides sécrétés, 
Billroth penche pour des matières purulentes desséchées, peut-être mélangées à 
des organismes inférieurs, matières suspendues dans Tatmosphère, en même 
temps qu'elles se déposent sur les draps, les linges à pansement, et adhèrent 
aux instruments du chirurgien. 

Le professeur de Vienne est moins net sur la nature commune de ces affec- 
tions dans son traité de pathologie chirurgicale générale. Sous la dénomination 
de maladies générales pouvant s'ajouter aux plaies et à d'autres foyers inflam- 
matoires et dont l'évolution se caractérise essentiellement par les symptômes 
d'un état morbide du sang, il étudie : i^ la fièvre traumatique et la fièvre inflam- 
matoii*e; 2*^ la fièvre septicémique et la septicémie; 5® la fièvre pyohémique et 
la pyohémie. L'érysipèle, la pourriture d'hôpital, l'ostéomyélite infectieuse, sont 
donc exclues de cette classe d'affections dues à la résorption de substances qui 
prennent naissance sur la plaie, dans ses environs, ou bien dans un autre foyer 
inflammatoire. La conception septicémique de Billroth est donc bien plus 
étroite que celle de Gaspard, de Bouillaud, que celle de Maisonneuve et des 
autres chirurgiens français dont nous avons analysé les travaux. 

l*' La fièvre traumatique et la fièvre inflammatoire sont dues en partie à la 
résorption de substances ; les unes, produit de la mortification des tissus à la 
surface de la plaie, les autres se formant directement pendant les processus 
inflammatoires traumatiques ou spontanés. L'intoxication est plus ou moins 
forte suivant la quantité et la qualité des produits résorbés, elle est presque 
normale, si la plaie est importante. La fièvre inflammatoire secondaire résulte 
des phlegmasies du tissu cellulaire, des veines ou des lymphatiques, et marche 
avec ces processus locaux. 

2^ On entend par septicémie une affection générale, presque toujours 
aiguë, due au passage de diverses substances putrides dans le sang, et l'on croit 
que ces substances putrides, agissant sur ce liquide à la manière des ferments, 
le corrompent à un tel point qu'il ne peut plus remplir ses fonctions physiolo- 
giques. Ce poison probablement moléculaire est absorbé par les lymphatiques. 
Avec 0. Weber, on peut aussi admettre comme possible l'infection à un degré 
très-léger, par un liquide ichoreux, pur de tout élément moléculaire, pénétrant 
par les parois des capillaires et des veines, ou même au travers des thrombus, 
mais c'est le fait le plus rare. Les conditions les plus favorables sont fournies 
par la décomposition à la surface des plaies récentes ; dans les trois premiers 
jours, l'infection locale et générale est un fait prévu. Est-elle légère, on a la 
fièvre traumatique simple. Si l'infection locale prédomine, c'est l'œdème puru- 
lent aigu de Pirogoff ; si c'est l'infection générale, la septicémie éclate avec 
ses symptômes typhoïdes. Ailleurs c'est un foyer gangreneux étendu, trauma- 
tique ou spontané, et surtout la gangrène humide, qui eat l'origine de l'infec- 
tion. Tel est le cas pour la gangrène de la surface placentaire de l'utérus; car 
une bonne partie des fièvres puerpérales ne sont que des septicémies. L'idée qui 
s'attache au mot septicémique repose sur une base entièrement étiologique. 

3® La pyohémie est considérée comme occasionnée par le mélange du pus ou 
de quelques-uns des éléments du pus avec le sang. Il n'en est pas toujours 
ainsi. S'agit-il d'un miasme atmosphérique formé ou déposé sur les plaies ? 



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SEPTICÉMIE. 77 

Ooif si ce miasme consiste en matières purulentes, desséchées, pulvérulentes, 
peut-être mélangées à des organismes microscopiques et suspendues dans Tair 
des salles mal aérées, ou adhérentes aux draps, aux linges, aux instruments. 
Celte conception du miasme est riche de conséquences, celle du miasme gazéi- 
forme ne conduit à rien. Hûter (1869) sépare la pyohémie de la fièvre septicé- 
mique pure, qui domine les quatre ou cinq premiers jours ; plus tard on observe 
surtout la septico-pyohémie. Roser (1860-1867) accentue cette distinction. La 
pjobémie est une maladie zymotiquej spéci6que. Septicémie est un terme col- 
lectif pour désigner toutes sortes d'états du sang, résultant de son intoxication 
par des matières diverses. 

Le compendium de chirurgie de Holmes nous renseigne sur les doctrines 
adoptées en Angleterre (1861) pour expliquer les complications fébriles des 
plaies. Sans y rencontrer précise et nette, comme en Allemagne, la doctrine 
seplicémique, nous en voyons toutefois poindre les données générales. Les symp- 
tômes des plaies de dissection ou piqûres anatomiques sont attribués à un 
virus spécifique agissant d*abord sur le sang, puis sur le système nerveux. 
L'érysipèle, résultat d'une altération morbide spéciale du liquide sanguin, con- 
tagieux en même temps qu*infectieux, est rapproché de la phlébite, de Tangio- 
leuciteet surtout delà fièvre puerpérale. Une atmosphère viciée par une ventila- 
tion insuffisante ou des effluves nuisibles engendre le poison ou prédispose à 
sa réception. La fièvre hectique ou suppurative trouve ses causes médicales 
dans les altérations chroniques des viscères, les causes chirurgicales dans les 
suppurations profuses et prolongées. Elle ne provient, ni de Tabsorption et de 
Tinlroduction dans le sang d*un élément étranger ou de quelque matière morbi- 
fique, ni de la participation de Téconomie à une inflammation locale ; mais elle 
se produit quand une maladie locale arrête la fourniture d'éléments albumi- 
neux du sang, ou quand le désordre local (suppuration) laisse sortir de l'éco- 
nomie les éléments albumineux ou azotés du sang, dans une proportion qui 
dépasse les forces du patient. On l'attribuait jadis à tort à l'absorption du pus, 
elle n'offre aucune relation avec la pyohémie. La fièvre traumatique, primitive 
ou secondaire, parfois suivie de septicémie ou de pyohémie, n'est pas coDsidérée 
comme ayant la même origine. J. Paget regarde la fièvi*e inflanmiatoire comme 
une réaction, mais semble pressentir ses rapports avec les fièvres dites spécifi- 
ques (érysipèle, pyohémies, etc.) qui la suivent souvent de très-près. John Simon, 
prenant pour type des processus inflammatoires un cas d'anthrax, admet l'absorp- 
tion d'une partie des liquides putréfiés et attribue la fièvre h une infection 
constitutionnelle, dont les agents sout le sang veineux et la lymphe venus des 
parties enflammées. L'adénite symptomatique, si fréquente, montre que la lymphe 
est chargée de certains principes empruntés aux pailies pblogosées, principes 
capables de déterminer h leur tour une inflammation. Il faut au reste distin- 
guer les inflammations communes communicables des inflammations spécifi- 
ques. l*Les premières, dit J. Simon, n'exigent qu'un contact immédiat suffisant 
des produits inflammatoires de la première personne avec les éléments dyna- 
miques des tissus de la seconde personne ; les secondes exigent une certaine pré- 
disposition. 2^ La contagiosité des inflammations communes semble résider dans 
le développement corpusculaire, et le contage paraît être inhérent aux formes en 
croissance. 3^ La susceptibilité aux inflammations communes conmiunicables 
semble résider dans la vitalité ordinaire des germes de croissance des tissus ; 
la susceptibilité aux contagions spécifiques semble résider dans la présence. 



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7g S8PT1CÉHIB. 

daoM les pavonohyiDes^ de composés oi gjnkpn» sans fie ov relat»fBfla»nt sasi mv 
sur lesquels les cooUges spécifiques apssetà Gomine fennenb. 4^ Daos les- 
ppodnits dl*Mainmatiair ODomiuae inoculés, la prédbminaaoe du pusr e^ ud fail 
nuffqué et esseniîel, pencbml que le» ooHta^' spéeififces semblent ne* pRxhiire 
dé soppuratioa que ptr une voie indineote, et tendeut à dttenîr incvtes à mesure 
qu'il» derieniKtit cerpuiculairesr. 

Letenne pyo/i^ée désigne Taltérttie»' du sang par ristroduelioii dans Téo»- 
Bonie! et TastiaB de* certsnns produits aEnimoux. Beaucoup d*éarivaî«s' canfoiK 
dent soue les nom» de pyohémie ou infection puiriiniBr deux maMi» r rune, 
conséquence primaire ou directe d*un poison, dans laquelle lias é lé meats Aoides 
sont probaUementr f^iscipalenient altesnis ; Tautri, comfiiootion êeomKUarey 
distincte et seofeot indépendante. Un poistn animal oo septique introduit 
dans réoonomie est k cause excitante de* raffectien pvim«re ; infeetion de- 
y économie. Ce poison, ineonnu dans sa naturel, pénètre rarement par Isa pour 
mons on tes voies digestives, mais haloituellement p«r les plaies, lear uloèner,, 
ou ies surfaoes muqueuses, seiwveKt es contant avec dés mâàèieB putriées ou 
des produits smimaux. i^a imparte d^où proviennent cas mattènss'; pus iKeom- 
posév sécrétioifs altérées, peam ou: tissus mortifiési, végétaux en putvéfaetioD, 
leur actimi se traduisant toujours soit par des^ accidents géÉiémn, ml par 
des acetdeirts pmrement locaux. Gatlencber décrit se«B le nom' dé phénomènes' 
généraux Tinfection putride foudrojante, aiguë et subaigne. Aux piiénoaène& 
iaflammatcôr^ beaux il rattache les^ phlegmons dif&ia, l'artàrïtls, la phUHte, 
Pangioleucite, le phlegmon érysipélateux. Ces derniers seraient surtout krrésul* 
tai de Tactibn des produite chimiqwes irrilHits de la déeompositiov putride, \h 
m manque à cette description magistrale que le' nom de septioémie. 

La pyohémie, complication seoondaira, ne ptraH due «i ài mie diathâse spoiï- 
tanée, ni à. hi pénétration eH> nature du pus dans te sang, ok sa présmee n'est 
anaaunenwnt chémontrée. L'embolie veimnise sendile plus proiMbli^ mas le 
sénuD décomposé et les fluides de même caractère amènent en phis des com- 
{riicaAionft par le développement d'actions vitales on chimiques; L'introduotioa 
dans le sang de fibrine désagrégée est avssi une cause d'infection puntlente. 
fittSMonne GaUendersépare la septicémie, ou infection: septique, de la poyhémie 
vraioy caractérisée par des abcès secxMidfirires^ 

£rkhsui (1S64) et Fayrer ({M6) insistent sur les rapports de la |dilébifce et 
de l'ostéonrpélite suppurées avec la pjohémie ; rapports déjà signalés, par les 
Français-, surtout Chassaignac, et qu^'ÀlIen {^èéb) nliésite pas cependant à 
cansidéTOr cononne incertains* Savory (l'86B) ne croit pts^ qu'on pwisse <Kstin- 
guerhi pfoMmn de la septicémie ou* idnrrfaémie. Tandis que les simples oafr 
d'emfaoHe doivent ^ro rapportés à l' actîm de particules solides^ TafifeetioD 
terrible que Tott appelle pyohémie semble due à l'aetion de queUque suiMitanoe 
putride qui empoisonne îe sang. Les effets de ce poison subtil sont de pkia 
pi«portionnés à son activité, h la quantité absorbée et à la rapidité de cette 
absorption. Baker (1866) £ait jouer aux capillaîres et à leur obstruction le rôle 
de beaucoup le plus impoi^tant dans les phénomènes qui suivent Fiiitnoduetion 
dansi le sang de corps étrangers toxiques ou antres. Bristovre se rattaohe 
également à une théorie mixte de l'infection purulente. Nous ne vopns pas, 
ditril, comment la théorie de l'embolie pourrait expliquer ces cas de pyobéôrie, 
qui ont leur point de départ dans le sptème nerveux (veineux?; et d^ns lesquels 
les poumons écKîippent complètement ou* à peu près> tandis que des abcès 



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&EPTICfMIE. 19' 

seeondaires se trouvait, et quelquefois entrèa-grande abondanee, dans d'autres- 
oiganes. Enfin» il nous panât tout aussi énorme d& eoosidërer comme du pus 
seulement les corpuscmles purulents qu'il le serait de donner ce nom oxckisi- 
^PCBBifist anxëlëraeiila l^oides. En un mot, noos sommes disposés à onoire que, 
sous rinfloeace de quelque tninsfomation délétère suirenant dans la source 
primitiTe du bobU du pus makain, ou des éléments de pus malsain (icbor), ae 
frayeut un cfaemia duia le saog et rempoisonnetit; que ce poison témoigne son 
esisteDce, d'un côté en produisant dans le san^ une tendance à se eoaguler dao» 
les petita Taisseaux, et d'un autre en produisant des effets plus subtils, mais 
plus sérieux,, daas récooeoue eu général. Nous ne touIobs paa nier que qoek- 
qaes^unes des léflions locales soient réellement dues à des embolies, quelques* 
unes Même à l'aoeumjoiaAiou du pus formawt des masses coagulées; mais 
nous oroyoos que des tèt omboses seules sont les causes les pbs communes des 
obstructions des petits vaisseaux qui produiseul ensuite les aboès secon- 
daires. 

firaâdniroed, à fuinaw aieiis emprunté ei partie répinion des auteurs anglais, 
dëinit b pyofaémie on fièvre suppura tire, désignatiea qui lui send>le plus juste : 
f Une fiètre qui sévit à tous les âges, est géoéralenent oomécutive à des plaies, 
des inflammations signés des os, à l'état puerpéiral, à des opérations cfairargi- 
cales, ottà d'antaes souraas purulenles eu d'infectten septique. Elle pariâl exis- 
ter quelquefois sous forme d'épidémie. » Chraniqoe ou aiguë, elle se montre 
t ièaa eiiTent daosk pratique priiée, et l'os a exagéré l'influence des couditioas 
lHM|>italièses sur son déieleppement* Elle n'est pas œntagieuse, en tant que 
ceuMWMiicable par une mature morbifique transportée par l'atmesplière, mais 
eUe semble iaoeuliUedans- quelfuee conctitious cxeeptiouneUes. Biîtidweod est 
au leste ibrt peu ooQclùaoit, eeuiiae le démontre h citation suivante : c TeHes 
sont les eptnions diverses qui se rattacbeal à ce seul poison animal, au piin- 
cife nuisible de cette seule fièvre. Sa source est encore inoonmMr, ses caractères 
physiques n'oel pas enoare été décou^'eris, ses propriétés obi miques ne sont pas 
déterminées, et sa dose reste à être fixée. Quel est le poison, le t materies 
modbâ », lu cause efficiente de la fièvre suppurative ? Où se développe*t-il, dans 
quelles conditions et sens quelle forme péuètre-thil et se reproduit-il dans 
récoaamio? Voilà des problèmes qui restent enoore sans solution. » 

Pendant que la doctrine septieénisque, appuyée sur des redierches expéramen* 
taies répétées, renaissait en ÂUeeuigne, mais moins large et moins précise que 
duui les travaux de Gaspard et de ses successeurs ; pendant que cette théârie 
prenait rang en Angleterre par les examens anatomo-patbologiques et lesobserva- 
tiens cliniques qui combattaient également l'hypotlièse de la pénétration directe 
du pus dans le sang, les esprits en France «liraient peu à peu dans un autre 
courant d'idées. Legouest (186&) démontre par des observations inattaquables 
le trausp^irt et la contagion médiate de l'agent pyohémique. Mdnoyer, Dumont, 
Areuasobn, indineut vers la tUéorie uiMsmatique. Trousseau, s'appuyant sur 
les travaux de Pasteur, Réveil, Chai vct, Eiselt, se demande si lesépidémies d'in- 
fection purulente et de fièvre puerpérale ne peuvent être attribuées à ce que 
ratmosphère renferme à un moment donné des germes purulents^ des giobules 
purulents altérés qui, en se déposant sur la ploie, source nécessaire, obligée, de 
riofedion, agissent de telle façon que la sérosité du pus de cette plaie soit 
modifiée d'une façon spécifique, génératrice de l'infection générale. La sérosité 
de la plaie ainsi modifiée pourrait être comparée, dans son action procimiiieou 



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80 SEPTICÉMIE. 

éloignée, à l'action des virus. Polli (1861) indique le premier la nature para- 
sitaire probable des miasmes morbides. L'influence nocive de l'air sur les pro- 
duits de sécrétion des plaies est de nouveau mise en relief par J. Guérin, 
Gosselin, Piorry, A. Guérin, Richet, Marc Sée, etc. Ou cherciie les méthodes de 
pansement qui, en empêchant l'accès de l'air sur les surfaces suppurantes, ou 
en modifiant les tissus exposés, s'opposent à la décomposition putride et à l'ab- 
sorption des liquides septiques que les nouvelles expériences de Demarquay ne 
permettent pas de révoquer en doute. A côté de l'absorption, il importe de ne 
pas oublier le rôle de l'imbibition, sur lequel Marc Sée insiste judicieusement 
dans la production des phlegmasies locales ou de voisinage. Tous les chirur- 
giens, au reste, font jouer également un rôle considérable aux miasmes nosoco- 
miaux, à l'opposé de Maisonneuve (thèse de Dransark, 1869), pour qui les 
liquides organiques une fois mortifiés ont la propriété de se putréfier au contact 
de l'air, quelque pur qu'il soit. 

Yelpeau n'hésite pas à attribuer l'angioleucite de causes externes à l'absor- 
ption de matières irritantes, formées, soit au contact de l'air, soit dans l'intimité 
des tissus. Les dernières possèdent rarement des propriétés aussi nuisibles, aussi 
toxiques que les premières, que l'action de l'air soit de nature chimique ou 
qu'il agisse comme ferment par les organismes microscopiques qu'il contient. 
Mais ces produits septiques résorbés arrivent bientôt dans la circulation. Une 
partie des accidents généraux résulte de l'infection du sang, infection qu'on ne 
peut contester, quoiqu'elle se fasse avec lenteur et en quelque sorte molécule 
par molécule. Dans l'intoxication par la voie lymphatique on n'observe pas les 
effets rapides, intenses, qui suivent l'absorption veineuse; rarement il se produit 
des abcès viscéraux, des épanchements purulents^ sans doute en raison du trans- 
port plus lent, du ballottage, des arrêts momentanés qui déterminent des modi- 
fications dans la constitution des matériaux putrides. La mort eyt le résultat de 
cette infection générale, qui par ses symptômes d'empoisonnement sépare, bien 
plus que par les caractères des phénomènes locaux, l'angioleucite septique de 
la lymphangite simple. 

Avec les belles recherches de Pasteur sur le rôle des êtres vivants dans la 
production de la fermentation putride, commence une ère de nouvelles études. 
Le miasme, cet agent jusqu'ici inconnu dans sa nature, le miasme nosocomial, 
Réveil, Eiselt, Ghaivet, Faucher, le placent dans ces corpuscules d'origine 
animale qui flottent par myriades dans l'atmosphère des salles d'hôpital. 
Samuelson insiste sur la ténacité vitale des germes et sur leur résistance aux 
agents de destruction. 

Lemaire (1864) constate qu'ils sont entraînés dans l'atmosphère par les gaz, 
produits constants de toute fermentation. Bientôt les expériences de Davaine, 
de Coze et Feltz, montrent ces organismes dans le sang des animaux et de 
l'homme (thèse de Sabatier, 1865) atteints de maladies septiques ou d'infection 
putride. Développés sur la plaie, ils passent de là dans le sang. Il en est proba- 
blement de même dans la fièvre puerpérale. 

Les surfaces des plaies exposées, dit Décrand, récentes ou anciennes, sont 
constamment recouvertes de molécules primitivement organisées, inévita- 
blement vouées à la décomposition putride. Le sang, la lymphe plastique, le 
pus, les détritus organiques, se putréfient plus ou moins rapidement. Ainsi le 
blessé fournit lui-même la matière putrescible, pendant que de l'atmosplière 
viennent les germes, agenis de la fermentation. Ces germes sont nombreux et 



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SEPTICÉMIE. XI 

▼ariés dans Tair yicië des hôpitaux. Ce ne sont pas les produits chimiques de la 
putréfaction qui forment les poisons les plus énergiques pour Téoonomie ; ce 
sont les matières putrescibles elles-mêmes, alors que leur mouvement de 
décomposition est encore éloigné du terme final et qu'elles n ont pas perdu tout 
caractère d'organisation. S'éloignant de la théorie parasitaire de Goze et Feltz, 
Robin (i867) sépare l'infection purulente, altération sur place, primitive, 
moléculaire, isomérique, des substances coagulables du sang , de l'infection 
putride, due à l'introduction de toutes pièces, dans l'économie, de certains 
principes immédiats, nouveaux, accidentels, hydrogène sulfuré, sulfhydrate 
d'ammoniaque, etc. 

Eufttache, d'après la théorie des microzymas de Béchamp et d'Estor, donne 
des complications fébriles des , plaies l'explication suivante, qui comprend en 
réalité une théorie complète de la septicémie : t Une lésion traumatique, chirur- 
gicale ou accidentelle, détermine réflectivement (par action sur le système 
nerveux) l'apparition de la fièvre. La lésion et la fièvre s'ajoutant ensemble, il 
s'ensuit une transformation considérable de microzymas en bactéries qui, 
modifiant la nutrition, augmentent les combustions interstitielles et entre- 
tiennent la fièvre dont le degré d'intensité sera en rapport alors avec la quantité 
de ces ferments transformés. S'ils sont peu nombreux, la fièvre symptomatique 
de leur présence sera très-modérée et de courte durée. A un degré de plus, 
nous aurons la fièvre secondaire ou de suppuration, le nouvel état de la partie 
amenant un trouble local plus durable. Enfin, si les conditions locales deviennent 
de plus en plus mauvaises, la transformation anormale se fait en plus grande 
quantité, sur une plus grande étendue, et l'on arrive ainsi successivement et 
graduellement aux phénomènes de l'infection putride et de l'infection puru- 
lente, f 

Joessel explique par les conditions atmosphériques la fréquence des throm- 
boses dans les hôpitaux et à certaines périodes de l'année. 11 existe sans doute 
dans l'air, en même temps que des substances de décomposition putride, un 
vâitable miasme infectieux qui ne devient efficace que quand il se concentre. 
Ce miasme possède à la fois une action générale et une action locale ; l'altération 
de la plaie précède ou accompagne l'altération du sang. Il y a deux sortes 
d'infection. L'une doit son origine à des substances formées dans la plaie (pus 
décomposé, détritus de mortification, etc.), l'autre à des substances venant de 
l'atmosphère, à des miasmes qui agissent sur la plaie ou directement sur le 
sang. Roser (i870) rejette pour la pourriture d'hôpital toute autre action 
qu'une infection locale, spécifique et parasitaire. 

Dans le domaine obstétrical, Béhier, se basant sur plus de deux mille obser- 
vations, et comparant la plaie utérine à une plaie chirurgicale, rejette la 
doctrine de la fièvre puerpérale, entité morbide distincte. Plusieurs affections, 
péritonite, ovarite, métrite, phlébite et angioleucite suppurées, tantôt isolées, 
mais plus souvent réunies, donnent à la maladie une physionomie variable. La 
gangrène de la muqueuse utérine, étendue parfois au vagin et à la vulve elle- 
même, offre une similitude parfaite avec la pourriture d'hôpital, à forme 
diphtéritique, et se montre contagieuse comme elle. Les suites anormales de 
l'accouchement peuvent donc se diviseï* en trois groupes : P inflammation 
excessive locale; 2** phlébite, infection, putridité consécutive; 3^ symptômes 
ttaxo-adynamiques, complication de péritonite ou de gangrène parfois diphthé- 
ritique. 

Mcr. BBC. 3* s. IX. 6 



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.t<2 SEPTICÉMIE. 

L*ëcole de Montpellier» avec Castan et Anglada, se rattache au contraire à 
i*es8entialitë de la fièvre puerpérale» et n'admet pas son origine purement 
•septicëmique. 

Cependant Hayrhofer (1862) constatait dans les lochies des femmes malades 
•de nombreux vibrions. Injectés sous la peau ou dans la cavité utérine de 
femelles, après le part, ces liquides déterminent des phénomènes morbides 
locaux et généraux. On ne saurait nier Tinfluence de ces organismes microsco- 
piques dans la genèse des maladies puerpérales. Peut-être sont-ils le miasme, 
le principe infectant admis par Hervieux (1865) dans Tatmosphère, et qui se 
•développe principalement sous TinQuence de deux causes bien démonti^ées : 
Tagglomération et l'occupation permanente des locaux. Lucas-Championnière 
(1870) insiste surtout sur la fréquence de la lymphangite utérine, comme 
cause d'infection générale et de mort chez les accouchées. Il fait jouer un grand 
rôle à l'encombrement, à l'épidémicité, dans le développement des lymphites 
répliques, que le simple toucher peut amener même avant l'accouchement. La 
contagion vient compliquer ces conditions nocives, mais sur un plan secon- 
Klaire. 

Malgré quelques divergences, la doctrine septicémique des accidents fébriles 
•du traumatisme, depuis la fièvre primitive jusqu'à la pyohémie confirmée, était 
généralement admise en Allemagne, telle que l'avaient faite les travaux de 
Viixshow, de Weber, de Billroth. 

La nature de l'agent ou des agents septiques, composés chimiques définis ou 
inconnus, corpuscules organisés de nature douteuse, miasmes, divisait encore 
les esprits. Cette doctrine rentra alors en France, et à partir de 1868 nous la 
voyons adoptée par quelques chirurgiens. Les thèses de Beale (1868), Eude 
(1871), Trouessart (1870), etc., ne sont qu'un résumé des opinions des 
•chirurgiens allemands. 

Blum (1869) ne croit aucunement démontrée la nature septicémique de la 
fièvre traumatique primitive. Admissible pour les fièvres secondaires, cette 
origine est pour les traumatismes survenant chez des gens bien portants peu 
en accord avec les faits. L'invasion presque inunédiate, les frissons, l'évolution 
thermique des accidents qui succèdent aux injections de matières putrides, ne 
^e retrouvent pas ici. Passant successivement en revue les théories : de l'éré- 
thisme nerveux d'un appareil central régulateur de la chaleur animale, consé- 
cutivement à une irritation périphérique (Eustache, 1868); de l'action de la 
^ouleur^ des pertes de sang, de l'inQammation locale, conune causes de h 
fièvre , Blum arrive à conclure que l'explication est actuellement fort difficile : 
4( La fièvre traumatique primitive est le produit complexe d'un certain nombre 
ûe phénomènes qui accompagnent le traumatisme, et dont l'action sur l'éco- 
nomie n'est pas encore déterminée. La douleur, l'hémorrhagie, dans un certain 
nombre de cas l'élévation de température qui a lieu dans la plaie, doivent avoir 
sur sa production une influence prépondérante, mais qu'il est impossible de 
•définir avec nos connaissances actuelles. » Cheviet (1869) démontrait cependant 
par des courbes tbermométriques que les traumatismes sous-cutanés, fractures, 
luxations, contusions, guérissent habituellement sans réaction fébrile. Il y a 
toutefois des exceptions, qui prouvent que le contact de l'air n'est pas indispen- 
sable à la production de ces accidents. La formation des collections purulentes 
«ous-cutanées s'accompagne d une fièvre de suppuration dont la courbe thermo- 
métrique est la même que pour la fièvre primitive des plaies exposées. Tant 



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SEPTICÉMIE. 8S 

<iue le pus est louable, les oscillations de la température sont régulières ; mais, 
si par Taction de Tair ce pus se trouve mélange à des matières en putréfaction, 
la courbe Ihennique prend immédiatement une forme plus ou moins irré- 
^ière. 

Bans son étude sur la pyoliémie» Blum (1869), api-ès avoir montré par This-^ 
torique de raifection combien il est difficile de déterminer d'une manière 
exacte sa patbogënie, définit la maladie : Tétat morbide développé par la péné- 
tration dans le fang du pus ou de quelqu'une de ses parties constituantes, que 
cette pénétration ait lieu d*une manière directe ou indirecte. L'introduction 
dans la circulation de fibrine altérée, comme dans Fendocardite ulcéreuse, 
donne naissance à des accidents pyohémiques, mais non à la vraie pyohémie* 
Tout en distinguant cette dernière de la septicémie, Blum nous paraît admettre 
leur réunion fréquente en clinique comme complication des plaies. 

C'est Clément à cet auteur que n^us devons la première étude complète 
&i(e en France sur la septicémje chirurgicale aiguë (1870). Blum donne au 
terme septiquef appliqué aux substai^ces délétères qui peuvent empoisonner 
l'économie, une signification trèsJarge, et adopte une classification qui ne nous 
semble plus admissible aujourd'hui. Rejetant les noms d'infection putride, 
d*ichorrhéniiey de fièvre hectique et septicémique, il définit la septicémie 
traumatique aiguë : les accidents aigus dus à l'introduction dans l'économie du 
blessé des produits de putréfaction,, que ces, produits résultent du trauma ou 
viennent du milieu extérieur. L'action toxique de ces matières n'est pas due à 
un corps simple, mais àime substance de composition et de nature complexes. 
Après avoir passé en revue les divisions plus ou moins compliquées de Roser, 
Stromeyer, Pirogoff, qui ont multiplié les formes de l'intoxication septique, 
Blum conclut que le processus putride n'est probablement pas unique, et que 
les contradioUons expérimentales viennent de ce que les substances septiques 
jouisaeot de propriétés virulentes variables. Il serait donc rationnel d'étudier une 
à une les intoxications par ces diverses substances, mais une telle étude ne lui 
parait pas possible. Ses conclusions se ressentent forcément de ces difficultés, 
et le groupe des alfections septicémiques chirurgicales n'a pas dans son travail 
de limites nettes et précises. 

Cette question si obscure de la septicémie chirurgicale apparaît enfin devant 
TAcadénaie^ médecine, à l'occasion d'une communication d'A. Guérin, sur la 
corabilité de l'infection purulente (1869-1871). Quittant bientôt le teiTain de 
la clinique pure, la discussion s'engage sur la nature de la pyohémie et des 
complications fébriles du traumatisme. Pour A. Guérin, dont les opinions 
n'ont pas varié depuis 1847^ l'infection purulents, véritable typhus chirurgical, 
est un empoisonnement miasmatique, une maladie éminemment infectieuse, 
c'est-à-dire contagieuse par l'air. Ces miasmes, émanations de la plaie du blessé 
ou d'un blessé voisin, pénètrent par les surfaces exposées pour de là se 
rendre dans toute Téconomie. 

Vemeuil généralise la question doctrinale qui, partie des travaux de Gaspard, 
Darcet, Sédillot, semble oubliée, en France et nous revient aujourd'hui de 
l'autre côté du Rbin. On n'a pris de l'affection que ses accidents ultimes, 
r^etant arbitrairement l'étude de ses débuts, de son évolution et des états 
intermédiaires. Le terme de typhus chirurgical n'est pas précis, il n'indique 
pas la nécessité d'une blessure, et cependant la plaie a le rôle étiologiquc prin- 
cipal» le rôle pour ainsi dire indispensable, soit en absorbant le virus venu du 



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84 SEPTICÉMIE. 

dehors, soit en le produisant elle-même. L*honorable professeur formule sa 
théorie dans les propositions suivantes : 

lo A la suite de plaies quelconques, récentes ou anciennes, sanglantes ou 
suppurantes, traumaliques ou spontanées, on peut Toir surgir des symptômes 
généraux plus ou moins intenses, plus ou moins durables, rappelant par leur 
ensemble les fièvres continues ou rémittentes. 

2^ L'apparition de ces symptômes précède de peu, ou suit de près, d*une 
manière générale coïncide avec des modifications fâcheuses survenues du côté 
de la plaie elle-même. 

3^ Ultérieurement, au bout d'un temps variable, souvent, mais non toujours, 
se développent des lésions secondaires, sévissant sur des organes éloignés sains 
jusque-là ; ces lésions affectent la forme dlnfarctus ou de collections purulentes. 

4^ La cause de ces symptômes généraux réside dans la pénétration dans le 
torrent circulatoire d*une substance toxique, septique, engendrée spontanément 
à la surface de la plaie, et à laquelle je donne le nom de virut trawnatique, 

5<* J'appelle iefiicémie traumatique la maladie générale provoquée acciden- 
tellement par rintroduction du virus en question, et je la range dans la classe 
des toxémies, des maladies infectieuses, des empoisonnements par matière 
organique. 

6^ Comme tous les empoisonnements, la septicémie peut être foudroyante ou 
seulement rapide ou successive ou lente. Dans le premier cas, elle tué sans 
laisser de traces. Si le poison pénètre en petite quantité, il peut être expulsé, 
alors la guérison est possible. Si la dose est trop faible pour tuer d*un seul coup, 
mais trop forte pour être éliminée, la maladie se prolonge, les lésions secon- 
daires surviennent, et Ton a alors affaire à Tinfection purulente classique. 

7^ L*infec(ion purulente n*est donc point une maladie spéciale, mais seulement 
une terminaison de la septicémie; c*est Tempoisonnement, plus des lésions 
fortuites, sus-ajoutécs, qui par leur nature et leur siège aggravent le pronostic 
jusqu'à le rendre presque immédiatement mortel. 

8® La septicémie et Tinfection purulente doivent être conjointement étudiées, 
elles sont inséparables. La seconde est à la première ce que la syphilis tertiaire 
est à la syphilis secondaire et primaire; ce que la cachexie cancéreuse est au 
cancer, la phthisie à la scrofule. 

Les plaies peuvent sécréter un fluide sanieux, putride, doué de propriétés 
délétères, comme l'ont démontré les injections veineuses de Gaspard, Sédillot, 
et celles plus probantes encore de Weber, Billroth, dans le tissu cellulaire. 
« C'est à cette substance sanieuse, résultant de la mortification moléculaire et 
superficielle des éléments anatomiques exposés, que je donne le nom de virus 
traumatique. » D*autres le nomment le poison septique des plaies. U se produit 
de très-bonne heure à la surface des plaies saignantes, parfois dès le premier 
jour, ordinairement vei*s le second ou le troisième. 11 résulte d'une action chi- 
mique inconnue que l'air exerce sur les éléments anatomiques mis à nu; 
exceptionnellement il peut naître dans la profondeur des organes, par le contact 
des éléments avec divers produits de sécrétion. Formé, ce poison est inoculable, 
il agit à doses infiniment petites, produit des efïets variables eu intensité, mais 
toujours comparables, et communique au sang ses propriétés délétères, ainsi 
qu'Otto Weber l'a démontré par les injections du sang des chiens inoculés. 
Pour Panum ce virus est fixe, résiste à l'alcool et à l'ébullition ; desséché, il 
conserve tses propriétés et peut être inoculé avec succès. L'air est son véhicule 



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SEPTIGËMIE. 85 

ordinaire. L*intoxication se présente du reste avec des degrés très-variés et peut 
fesser inaperçue. La fièvre traumatique simple n*est qu*un diminutif, une 
manifestation ébauchée de la septicémie. La condition essentielle de son action, 
c'est la pénétration dans le (on*eut circulatoire. Cette pénétration en effet est 
tout à fait accidentelle, pendant que sa production est presque constante. Les 
4X)nditions sont surtout favorables pendant les premiers jours. Toute plaie est 
une surface organique qui jouit du pouvoir d*endosmose et d*eiosmose, mais 
Je danger devient plus grand par la lésion des bourgeons charnus et Touverture 
des vaisseaux. Les infarctus, les abcès multiples, proviennent des embolies puru- 
lentes; Taltération des humeurs amène celle des solides, pour peu que la 
maladie se prolonge. L'étiologie locale est manifeste ; Tinfluence du milieu est 
démontrée par la fréquence des infections dans les hôpitaux et leur rareté dans 
les campagnes. L'inoculation se fait-elle par des molécules septiques flottant 
dans l'atmosphère et se déposant sur les surfaces exposées, ou s'opère-t-elle 
par d'autres voies, l'état général réagissant sur la plaie V Verneuil incline vers 
Ja première opinion. Quant à l'influence des conditions organiques ou constitu- 
tionnelles du sujet, elle est jusqu'ici peu connue, parce qu'on l'a peu étudiée. 

Legouest admet comme possible la giiérison de l'infection purulente : sans 
abcès, quelquefois ; avec des abcès intérieurs, plus rarement ; avec des abcès 
viscéraux, très-exceptionnellement. La présence du pus dans les veines, qu'elles 
soient ou non enflammées, est un fait démontré par l'observation directe. Il n'y 
a pas d'empoisonnement sans une plaie extérieure ou un foyer de suppuration 
intérieure. Mais la pyohémie est une affection distincte, et il ne saurait admettre 
ni le virus traumatique, ni l'unicité de la septicémie. 

Bouillaud et Piorry défendent la doctrine seplicémique, qu'ils ont depuis 
bien longtemps exposée dans leurs travaux. Nous avons dit que, la comprenant 
d'une façon plus large, ils faisaient rentrer dans le cadre des infections 
septiques, en même temps que les complications putrides des plaies et de 
l'accouchement, un certain nombre d'affections médicales, et en particulier, 
comme Coze et Feltz, le typhus épidémique des camps et des armées. 

Bouley montre que l'infection purulente existe chez les animaux comme chez 
l'homme après les traumatismes ; qu'elle s'y traduit par les mêmes signes et 
les mêmes lésions. Sa fréquence varie avec les espèces. Commune chez le cheval, 
le mouton, le porc, le lapin, elle est très-rare chez le bœuf, le chien, et ne 
parait pas exister chez les oiseaux. Les races sauvages y sont plus réfractaires. 
L'influence des tissus lésés et des milieux extérieurs est la même que pour 
l'espèce humaine. « Pour que l'infection se produise» dit le savant professeur 
d'Alfort, il faut toujours Tinlervention d'un travail de putridité locale, dont les 
produits résorbés et transportés par la voie de la circulation veineuse ou lym- 
phatique vont infecter le sang et en déterminer la désorganisation, de telle 
manière qu'en définitive, sans que je puisse en donner l'explication, le pus se 
forme avec une très-grande rapidité et en quantité excessive, relativement au 
principe résorbé, dans de certains organes, tels que le poumon, le foie et la 
rate, par un privilège spécial dont la condition est à trouver, t 11 n'admet pas 
cependant le virus traumatique, parce que la contagion par inoculation lui 
semble exceptionnelle et que les divers accidents du traumatisme ne sont iden- 
tiques, ni par la forme, ni par les signes, ni par les lésions anatomiques. 

Le professeur Gosselin considère la pyohémie comme une infection par alté- 
ration du sang consécutive à un empoisonnement miasmatique ; comme une 



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SO SEPTICÉMIE. 

infection par le passage dans le sang, non d*im virus, mais d'un poison putride 
insaisissable, absorbé par la phie cbez les blessés, les opérés et quelquefois les 
accouchées. C'est une variété de la septicémie chirurgicale, cette grande espèce 
morbide, dont la fièvre Iraumatique, au début de certaines plaeis, dont la fièvre 
hectique, à une période plus avancée, constituent d'autres variétés, et à 
laquelle appartiennent encore, à son avis, Térysipèle, la fièvre urineuse et la 
fièvre puerpérale. 

1^ La septicémie chirurgicale comprend la fièvre traumatique grave ou infec- 
tion putride des premiers jours et la pyohémie, mais le poison n'est pas le 
même. Les causes prédisposantes sont, ou bien individuelles, nature de la 
blessure et état de santé du blessé; ou bien extérieures, conditions de milieu. 
Dans la fièvre traumatique grave ou septicémie des premiers jours, les causes 
individuelles antérieures interviennent seules. Le temps manque pour Faction 
ou la production de miasmes, les autres blessés sont sans accidents; la maladie 
oflre la plus grande analogie avec les piqûres anatomiques graves. Il y a donc 
deux sortes de septicémies : Tune primitive où l'atmosphère n'est pour rien, et 
l'autre consécutive où le milieu extérieur peut jouer un rôle. 

2^ L'explication des accidents fébriles du traumatisme par l'absorption des 
matériaux toxiques à la surface des plaies est née en France. Ifagendie, 
Gaspard, Darcet, avaient substitué à la pyohémie la doctrine septicémique, ea 
admettant que l'air agissant sur Mes plaies y forme deux poisons, l'un subtil et 
comme ferment, l'autre solide, dont Tarrét dans les capillaires amène le déve- 
loppement des abcès métastatiques. Sédillot, A. Guérin, pins tard Maisonneuve,. 
sont des partisans, plus ou moins, de la théorie àeptioémique. Gosselin l'avait 
invoquée depuis longtemps, pour expliquer la fréquence des accidents et leur 
gravité après les lésions osseuses. Les chirurgiens allemands ont eu surteut le 
mérite d'adopter et de vulgariser le mot significatif de septicémie, emprunté à 
la nomenclature de Piorry. 

5^ La théorie septicémique n'est pas matériellement démontrée, et reste à 
l'état d'hypothèse tant que l'on n'aura pas isolé le poison traumatique. L'in^ 
fluence d'un air vicié est surtout dangereux par son introduction dans les voies 
respiratoires et son action sur le sang. 

A. Guérin ne saurait se ranger à cette opinion. L'infection est bien due aux 
miasmes dégagés par la décomposition du pus à la surface des plaies et des 
pièces de pansement, mais c'est par la plaie que se fait l'absorption. Ce n'est 
point par contact, ce n'est pas par inoculation que se produit la transmission de 
rinfection purulente, pas plus que de Tinfection putride, c'est par des émana* 
tiens dont 1 air est le véhicule. 

Verneuil revient sur l'cxistenee de la sepsine, poison animal isolé par 
Bergmann, et qui paraît surtout se former à la surface des plaies exposées. Il 
peut donc y avoir auto-infection, si le malade s'empoisonne par sa propre plaie. 
11 y a hétéro-infection quand le poison est transporté par les doigts, les pièces 
de pansement, d'un blessé à un autre, où quand il se répand dans l'atmosphère 
à la faveur des débris desséchés, des poussières qu'elle charrie en abondance. 
C'est là ce qui constitue le miasme seplique. Ce miasme aérien pénètre-t-il 
dans l'économie par la plaie ou par le poumon? Question non résolue. 

A. Guérin répond qu'il faut distinguer dans une plaie deux choses essentiels 
lement difféientes : l'une constituée par les globules du pus, par la sérosité 
sanieuse ou purulente; l'autre, une émanation insaisissable, qui jusqu'ici 



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SEPTICÉMIE. 87 

échappe à nos investigations, qu*ii appelle miasme. Ce miasme peut être 
absorbé par la plaie sitôt qu*il s'est formé à sa surfoce; il peut aussi se 
répandre dans Tatmosphère et agir sur les plaies des blessés voisins. 

D'après Vemeuil, le pus normal étant dépourvu de propriétés toxiques ne 
peut être considéré comme le poison de la pyohémie. Le pus altéré seul 
produit la septicémie simple ou embolique, mais la présence de Tair n*est pas 
nécessaire pour la production de la sepsine. 

Colin, d'Âlfort, appelle Tattention sur les rapports qui peuvent exister entre 
ces infections et les accidents presque semblables que détermine chez les 
animaux Tinoculalion de sang septique chargé de bactéries. J. Guérin, qui fait 
jouer le rôle capital à l'action de Tair sur les plaies, admet des intoxications^ 
simples dans la période de paralysie organique, et des intoxications composées^ 
quand agissent les ferments de l'atmosphère et les ferments propres de Téco- 
noroie. 

En somme, la doctrine septicémique n'avait guère trouvé parmi les chi- 
rurgiens de défenseurs convaincus que les professeurs Gosselin et VemeuiK 
La distinction étiologique de la pyohémie, de la septicémie, et d'une façon 
générale des diverses complications fébriles du traumatisme, conservait encore 
de nombreux et fermes partisans. 

Au reste, la question de nature de ces infections était à peine abordée. 
Yemeuil penchait vers la nature chimique du poison ou virus traumatique, 
mais sans être autrement affirmatif. La doctrine des germes morbides, la théorie 
parasitaire, discutée depuis quelques années dans les thèses et les publications 
périodiques, n'avait pas trouvé de défenseur à la tribune de l'Académie. 

En Angleten-e, Sanderson (1871-1872), dans ses recherches sur le principe 
ou ferment septique, reconnaîl que ce même ferment, agent de la décompo- 
sition de la matière organique, peut d'un côté déterminer la putréfaction du 
corps privé de vie, de l'autre produire par son introduction dans l'organisme 
vivant des processus fébriles et inflammatoiœs. 

Sédillot (1870) maintient la distinction entre la pyohémie vraie par passage dit 
pus dans le sang, et la septico-pyohémie, résultat de l'introduction dans l'éco- 
nomie du pus décomposé et fétide. Cette dernière se confond avec les affections 
septiques et gangreneuses produites par les éléments putrides. Miiis, complica- 
tion fréquente, on l'a souvent prise pour l'infection purulente véritable, malgré 
leurs caractères cliniques et anatomiques différents. L'empoisonnement chro- 
nique constitue la fièvre hectique, qui dépend surtout de l'action de l'hydrogène 
sulfuré et des composés chimiques du pus altéré et fétide, retenu dans les 
clapiers. 

Legouest insiste également sur la séparation de l'infection purulente et de 
rinfection putride. La première est une maladie fébrile, caractérisée par la 
formation de collections de pus dans divers points de l'économie, sous l'in- 
fluence de causes locales et générales. Souvent épidémique, elle est communi- 
cable par contagion médiate. En somme, la théorie de la pénétration du pus en 
nature dans le sang explicpie tout aussi bien que l'embolie et la thrombose 
la formation des abcès viscéraux. Quant à l'infection générale, les uns l'attri- 
buent à l'absorption par la plaie de gaz délétères répandus dans l'atmosphère, 
ou de gaz produits par la décomposition des tissus et des liquides à la surface 
de la plaie ; d'autres à l'action de la sepsine, principe isolable et actif de toutes 
les matières putrides. Hais la nature de l'agent infectieiTx, son mécanisme 



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88 SEPTICÉMIE. 

d'introduction, les conditions qui font tintôt Tinfection purulente et tantôt 
l'infection putride : autant de problèmes qui ne sont pas élucidés. 

L'infection putride aiguë, parfois foudroyante, ailleurs à marche lente ou 
chronique (fièvre hectique), n'est pas la pyohémie. Les lésions anatomiques 
manquent fort souvent. Cependant la distinction n'est pas toujours possible, an 
moins dans les formes aiguës. 

Richelot signale quatre formes dans les accidents fébriles des plaies : fièvre 
traumatique, infection purulente, infection putride ou septicémie chronique, 
infection putride ou septicémie aiguë. Celle-ci n*est pas un degré plus élevé 
de la fièvre traumatique, et se sépare mal de la pyohémie, aussi bien au lit du 
malade que dans les expériences. lies symptômes, aussi bien que les lésions 
anatomiques, sont souvent confondus, et Ton voit des frissons sans abcès, 
comme des abcès sans frissons. Quelle que soit leur origine, les matières absor- 
bées è la surface des plaies agissent par une propriété commune, la septicité. 
La fièvre traumatique est la forme légère de cette intoxication. La septicémie, 
degré plus élevé, lui succède ou la remplace, et se confond avec la fièvre inÛam- 
niatoire secondaire chronique ; c'est l'infection putride de Bérard. Aiguë, avec 
frissons et embolies viscérales, c'est l'infection purulente. Celle-ci n'est donc 
une terminaison de la septicémie qu'au point de vue clinique, car les embolies 
ne changent pas sa nature. Les objections contre l'unicité tirées des remit* 
tences de la fièvre, des grandes oscillations de la courbe thermométrique, de 
la gravité plus grande de la pyohémie, ne résistent pas à l'examen des faits. 
On voit la septicémie, sans fri98ons, suivie d'infarctus viscéreux ; on voit la 
pyohémie sans métastases malgré ses frissons classiques. C'est que les embolies 
comme le pus des caillots ne produisent de frissons que par le transport de 
matières septiquf s. Si celles-ci sont peu abondantes, les frissons manquent ou 
sont peu prononcés ; ils éclatent au contraire avec violence quand elles arrivent 
en quantité dans le sang. 

La nature septicémique de l'infection purulente est défendue également 
par Oppermann, qui rejette les théories zymotique et parasitaire. On peut 
admettre un miasme pour expliquer la forme épidémique et contagieuse de la 
pyohémie, mais à condition qu'on entende par ce mot des agents moléculaires 
animés ou non qui, arrivant au contact des plaies, vicient les sécrétions et 
déterminent un processus putride, local d*abord, mais plus tard généralisé. 
Une seconde forme, c*est la pyohémie sporadique, dans laquelle le poison se 
développe dans le corps du malade qui s'infecte lui-même. Cependant on ne 
peut en faire une affection spécifique. Elle ne présente, en effet, ni la marche 
typique, cyclique, fatale, des maladies zymotiques, ni leur personnalité mor- 
bide ; elle ne confère pas l'immunité. Ce n'est, pour bien dire, qu'une intoxi- 
cation à formes et à degrés multiples, variables avec la dose et la concentration 
du toxique déversé dans la circulation. 

Telle est à peu près la doctrine soutenue par Colin, d'Âlfort (1871), dont nous 
avons analysé plus haut les intéressantes recherches. Pour cet expérimentateur, il 
y u'dans l'infection purulente deux choses distinctes, mais le plus souvent réunies: 
l'absorption du pus en nature et Tabsorption des matières septiques associées 
au pus, attachées à ses éléments figurés. Le principal danger est dans l'intro- 
duction dans le sang de ces principes altérés, putrides, agissant à la fois 
comme poison et comme ferment ou virus. 

Dans les traumatismes internes ou externes, il n'y a pas seulement empoi- 



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SEPTICÉMIE. 89 

• 

sonnemenl par les produits septiques des organes blesses ou malades. Aux 
produits altérés des plaies ou des tissus lésés se joignent souvent les miasmes 
putrescibles de Tatmosphère, les miasmes de Thôpital, de Tencombrement, qui 
provoquent Taltération des liquides exhalés sur les surfaces vivantes et sont 
absorbés. De cette double infection, la première est la plus dangereuse. C'est 
surtout par ses produits altérés que l'organisme s'empoisonne chez Tamputé, 
la femme en couche, le typhoïde, etc. t Ne pas voir ces produits se déve- 
lopper dans l'économie, les chercher dans les milieux, c'est vraisemblablement 
lâcher la proie qu'on tient pour Tombre insaisissable, t 

Colin se montrait donc, par avance, l'adversaire de la nature parasitaire des 
affections septiques. Cependant Recklinghausen , Waldeyer et Uûter, Klebs, 
démontraient la présence des bactéries dans les plaies, dans le sang, dans les 
infarctus et les abcès métastatiques des sigets morts de septicémie et de 
pyohémie. Lister, par son pansement antiseptique, cherchait à détruire la 
vitalité des organismes atmosphériques et la putréfaction des tissus à la surface 
des solutions de continuité exposées. A. Guérin imaginait le pansement à 
louate, pour préserver les plaies de Taction des germes de l'air. Rendu n'hésite 
pas à attribuer Tinfection purulente au dépôt sur la plaie de corpuscules en 
susp^ision dans l'atmosphère. Les globules blancs les fixent, s'en imprègnent 
et les transportent dans l'organisme où ils se multiplient à la façon des fer- 
ments spécifiques, amenant rapidement une altération générale du sang. Ran- 
vier, au centre des petits Ilots suppures ou caséeux, qui constituent les abcès 
métastatiques à leur début, a trouvé des lacunes, des vides occupés par des 
gaz qu'on ne peut rapporter à la décomposition cadavérique. De plus, comme 
les auteurs allemands cités plus haut, il a constuté dans les plaies et dans la 
moelle osseuse la présence des microbes. 

Nous avons, en étudiant la septicémie à un point de vue général, analysé 
les recherches de Cioze et Feltz, partisans convaincus de la nature parasitaire 
des affections septiques. Ces expérimentateurs n'admettent aucune identité 
entre les infections putride et purulente. Dans cette dernière on ne trouve 
dans le sang ni l'altération spéciale des hématies, ni les infusoires de la septi- 
cémie. Cependant les deux affections peuvent se montrer simultanément, aussi 
bien dans la clinique que dans les expériences. La pyohémie pure n'est ni 
infectieuse, ni inoculable. Blum avec Bitlroth, Maisonneuve, Kœnig, etc., 
admet la nature septique de l'érysipèle traumatique. La fièvre puerpérale se 
rapproche beaucoup plus de la septicémie, et Texamen du sang donne les 
mêmes résultats. On y constate la déformation des hématies, et des points 
mobiles, ou de petites chaînettes à 2, 3 ou 4 grains, mobiles en totalité ou par 
articles. De plus l'inoculation du sang aux lapins produit une septicémie infec- 
tieuse. Coze et Feltz adoptent donc le nom de seplicémie puerpérale. 

La doctrine septicémique de lu fièvre traumatique n'est pas acceptée par 
Lucas-Championnière^ qui résume (1872) dans sa thèse d'agrégation les 
travaux entrepris sur ce sujet. U la définit : un mouvement fébrile qui survient 
peu après le traumatisme et coïncide avec le début des phénomènes de répa- 
ration. Passant en revue les diverses théories émises pour expliquer cette 
réaction fébrile, et s'attaquant corps à corps à la doctrine septicémique, Lucas- 
Championnière arrive à celte conclusion : les preuves en faveur de la théorie de 
l'infection du sang par la plaie n'ont que peu de valeur; dans la mesure d'in- 
terprétation possible, rhypothèse d'un processus irritatif local, retentissant sur 



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90 SEPTICÉMIE. 

l'économie par l'intermëdiaire du système nerveux, est encore la plus probable. 
Serrier (i872) rejette également la nature septicémique de la fièvre trauma» 
tique que Ton observe après les entorses, les luxations, les fractures simples. 
L'infection purulente, dans Topinion de notre distingué collègue, n'est pas non 
plus une maladie septicémique, mais une affection zymotique due à Tintrodnc- 
tion d'une sorte de ferment dans le sang. Servier Ta vue se développer chez un 
sujet ne présentant aucune plaie, dans une atmosphère saturée par la suppu- 
ration de nombreux blessés. 

La même année notre excellent maître, le professeur Maurice Perrin, appe- 
lait l'attention de l'Académie de médecine sur l'infection putride aiguë, signalée, 
mais peu étudiée jusqu'alors. C'est surtout après les coups de feu qu'on observe 
cette complication infectieuse, toujours très-grave et souvent foudroyante. Elle 
débute peu de temps après l'accident, et dans des conditions de putridité immi- 
nentes ou acquises. La marche du processus gangreneux dans l'épaisseur des 
tissus, les phénomènes généraux, témoignent clairement d'une infection ' géné^ 
raie de l'économie. Son début coïncide avec une modification de l'état de la 
plaie et avec une ulcération putride de ses produits. On ne saurait méconnaître 
les analogies de ces accidents avec la gangrène traumatique du cheval (Re- 
naut, 1840) et les effets des injections putrides. Au reste, la cause est la même. 
Un liquide putride en contact avec les tissus vivants est la source du pro- 
cessus gangreneux. Les faits de Malgaigne (1845), de Ghassaignac (i850), de 
Broca : traumatismes violents, compliqués dans la région blessée ou dans son 
voisinage, très-peu de temps après le choc, du développement de gaz plus ou 
moins délétères, précédant une gangrène rapidement mortelle, doivent être 
rapprochés des précédents. Leur explication par Tébranlement du traumatisme 
n'est pas acceptable. La production spontanée des gaz et la gangrène ne s'ex- 
pliquent que par la putréfaction des partie» vulnérées, foyer où fermentent et 
le sang et les détritus organiques. Cette infection diffère toutefois de la septi- 
cémie aiguë ordinaire, par l'importance de l'œdème gangreneux ; mais elle 
rentre dans le cadre des affections septiques par ses phénomènes généraux et 
par l'absence des lésions mélastatiques. 

En Allemagne, Lukomsky, Vogt, Hûter, Waldeyer, constatent la présence 
des bactéries dans le sang des pyohémiques comme des septicémiques, et rap- 
prochent ces deux affections. Birch-Hirschfeld trouve dans la rate gonflée le 
micrococcus septicus, que Klebs a étudié avec le plus grand soin dans ses 
investigations anatomo-pathologiques sur 133 blessés, morts à ta suite de 
coups de feu. Sur ces 133 décès, 68 sont dus à la septicémie aiguë, 5 à la 
septicémie chronique; enfin dans 11 la septicémie a joué un rôle plus ou 
moins considérable. Contrairement à Hûter, Klebs regarde la pyohémie et la 
septicémie comme des affections identiques. Les métastases sont aussi fréquen- 
tes dans l'une que dans l'autre. L'expérience démontre que l'infection séptique 
n'est pas le résultat de l'action du pus lui-même, mais ' bien des altérations 
produites par le microsporon septicum. Dans les liquides de sécrétion des 
plaies, on trouve des bactéries, des vibrions, des monades. Les microbes sont 
généralement filiformes, formés par la juxtaposition en séries linéaires de cor- 
puscules qui à l'état isolé forment à peine 1/2 /x de diamètre. Rarement ces 
corpuscules forment par leur réunion des agglomérations considérables. Hûter 
prétend que le pus séptique est caractérisé par la présence de vibrions qu'on 
ne rencontre pas dans le pus sain et \ouable. Klebs a ti*ouvé le microsporon 



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SEPTICÉMIE. 9f 

septicum dans le pus de mturaise nature, dans le liquide des diarrhées septi- 
quesy fort rarement dans le pus normal. Il étudie avec soin le mode de fixation 
et de développement dans les tissus, de ce parasite qui caractérise les plaies 
septiques. Dans la méningite cérébro-spinale, on ne trouve pas de spores, 
mais elles existent dans Tostéorayélite suppurée, sans foyer ni plaie exposée*' 
L'ostéomyélite est donc liée par sa nature à la septicémie. Klebs admet que des 
germes existant normalement dans le sang peuvent se développer dans des 
conditions pathologiques qui ne sont pas encore bien déterminée». 

La question de la septicémie est de nouveau reportée devant TAcadémie de 
médecine par une communication de Davaine. Mais la longue et intéressante 
discussion qui s'engage à ce sujet (1872*1873) porte bien plus sur ia septicémie 
expérimentale et virulente que sur le côté clinique et chirurgical du problème. 
A Davaine, qui accuse les chirurgiens de ne pas s'entendre sur la valeur exacte 
de cette expression, Vemeuil répond par la définition suivante : « Pour les 
chirurgiens, la septicémie chirurgicale est une maladie survenant à la suite des 
plaies et des blessures, et caractérisée dans la clinique par un ensemble de symp- 
tdmes qu'on peut reproduire à volonté expérimentalement, en injectant dans 
l'organisme d'un animal des matières putrides. » L'infection purulente est la 
septicémie ordinaire avec quelque chose de plus, encore mal connu, mai déter-^ 
miné, il est vrai, mais enfin ce n'est pas la septicémie. 

Chauflard, dans les complications fébriles des plaies, distingue nettement 
trois états morbides : la fièvre traumatique, l'infection purulente et l'infection 
putride. Rejetant complètement pour les premières l'absorption d'un miasme 
ou d'un poison, il attribue leur développement à des modifications directes et 
vpéàMles de l'activité vivante, troublée dans ses œuvres de nutrition normale 
par les conditions nouvelles que soulève la plaie. L'explication est fort vague et 
ne satisfait pas l'esprit. L'honorable professeur admet de plus la fièvre puru- 
lente spontanée et y fait rentrer la méningite cérébro-spinale épidémique, la 
fièvre purulente des maternité et des exanthèmes fébriles. Pour lui, l'infection 
putride seule est le résultat de la résorption des parties nuisibles de la 
phie. 

Chassaignac n'admet pas l'existence du virus traumatique, désigné par le nom 
de sepsine, et auquel on a le tort de rapporter commefà une cause commune la 
production de la pyohémie et de la septicémie, afiections absolument distinctes. 
Les virus ne sont pas des êtres de création artificielle, ils n'ont pas de degrés, 
ib ne sont pas susceptibles de perfectionnement ni de détérioration : chacun 
d'eux a son identité absolue et son unicité. Dès 1850, dans sa tlièse de concours 
sur les fractures compliquées, il décrivait l'empoisonnement immédiat de l'éco- 
nomie produit par une violence mécanique excessive et caractérisé : 1° par 
l'apparition de gaz dans le tissu des membres; 2^ par la* mort rapide au milieu 
de symptômes typhiques ; 3® par la décomposition exceptionnellement hâtive du 
eadavre. Autre chose est l'infection putride ou gangreneuse prenant son origine 
dans une plaie ; autre chose, cette sorte d'empoisonnement soudain de toute 
l'éconootte à la fois. Il y a donc deux maladies parfaitement distinctes. L'infec- 
tion purulente, observée dans les blessures récentes et chez les sujets opérés 
depuis peu; l'infection putride, conséquence des suppurations chroniques mal 
canalisées. 

Même au point de vue expérimental, Vulpian croit nécessaire de séparer de 
la septicémie aiguë ou suraiguè les cas oh la mort n'a lieu qu'après plusieurs 



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98 SEPTICÉMIE. 

jours, parce qu*alors les lésions anatomiques se rapprochent bien plus de Tinfec- 
tion purulente (abcès métasla tiques). 

Chassaignac revient de nouveau sur la distinction absolue de la septicémie et 
de la pyohémie. Quand par Tacte mécanique et traumatique de Topëration on a 
créé un foyer purulent au lieu d'inoculation, il faut compter avec ce foyer 
comme avec une source possible de Tinfection purulente. Jamais on ne produit 
la pyohémie par Tinoculation du poison septicémique, sans lésion des tissus 
par effraction avec purulence initiale. 

A la société pathologique de Londres (1872) la nature parasitaire de la pyohé- 
mie, adoptée par Burdon-Sanderson, en tant que les bactéries sont les véhicules 
du poison septique, rencontrait un ardent adversaire dans Charlton-Bastian, pour 
lequel Tinfluence des microbes, leur nature, leur rôle, et même leur présence 
dans le sang pendant la vie, sont des problèmes encore insolubles. 

Nepveu, quoiqu'il ait constaté dans le sang de tous les érysipélateux la pré- 
sence du bacterium punctum d*Ehrenberg, fait déjà soupçonné par Volkmann, n'est 
pas plus afGrmatif. Il ne rejette pas cependant, comme le fait Forget, d'une façon 
absolue, l'origine septique de l'érysipèle traumatique. Yerneuil, Trélat, M. Ray- 
naud, Gosselin, au contraire, font entrer cette affection dans le cadre des septi- 
cémies chirurgicales. 

La nature parasitaire de la pourriture d'hôpital est admise par Cohn, par 
Ebertli, et par presque tous les chirurgiens allemands. Son parasite est le micro- 
C0CCU8, apporté et déposé sur la plaie par l'air, où ses germes sont en suspen- 
sion. Beau l'attribue à l'action de microphytes s'implantant sur les plaies, s'y 
entourant d'une atmosphère septique à produits ammoniacaux, c'est-à-dire à 
produits fluidifiants de nos éléments organiques, et par conséquent très-propres 
à leur frayer une voie vers la profondeur des tissus. La contagion se fait au 
moyen de spores entraînés dans l'atmosphère. Pendant que les affections trau- 
matiques ou spontanées, localisées aux surfaces, seraient dues au développement 
de microphytes, les accidents par intoxication du sang, qui résultent de l'absorp- 
tion veineuse ou lymphatique et tendent conséquemment à se généraliser, 
proviendraient de l'action de microzoaires. La théorie est fort ingénieuse, mais 
ne s'appuie pas sur des fiiits probants. 

G. Richelot distingue deux formes dans la septicémie chirurgicale. Les pro- 
duits qui se résorbent à la surface des plaies exposées viennent du blessé lui- 
même. C'est dans l'économie qu'ils ont pris naissance, mais, une fois créés, ils 
subissent le contact de l'air et acquièrent surtout alors leurs propriétés septiques. 
Ailleurs, le poison formé dans la profondeur des tissus est directement absorbé 
sans avoir subi le contact de l'air (ostéomyélite, abcès sous^riostiques, péri- 
typhlite). 11 est ainsi établi que les matières septiques peuvent naître dans un 
foyer sous-cutané, et que l'oxygène contenu dans les organes suffit à y développer 
la putridité. C'est la septicémie autochthone. 

Hais dans d'autres cas la septicémie est hétérochthone, c'est-à-dire qu'elle 
vient du dehors. Il y a toujours dansies faits de cette nature quelques principes 
extérieurs, oxygène de l'air ou corpuscules organiques répandus dans la salle, 
attachés aux pièces de pansement, qui viennent modifier la plaie et en altérer 
les produits. C'est surtout dans les grands encombrements qu'apparaît l'influenoe 
de ces agents extérieurs, de ces miasmes, qui pénètrent dans l'économie soit 
directement par la plaie, soit par la voie pulmonaire. 

Go8selin,dan8 ses leçons cliniques (1873), nous fait connaître ses opinions sur 



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SEPTICÉMIE. 95 

la septicëmie chirargicale. II adopte ce terme pour designer tous les états fébriles 
produits par le passage de matériaux putrides dans le sang. La fièvre trauma* 
tique ou fièvre inflammatoire des anciens chirurgiens est la septicémie trau- 
maiique des premiers jours. Dès 1855 il exposait devant la Société de chirurgie 
ses idées sur la nature infectieuse de cette fièvre, et la rapportait au passage dans 
le sang de substances putrides» résultant de la décomposition au contact de Tair 
des liquides exhalés pendant les premières heures qui suivent le traumatisme et 
avant le développement de la suppuration. Il avait été conduit à cette explication 
par ses recherches sur Tabsorption de Tiodure de potassium à la surface des 
plaies et par ses expériences sur les chiens. En injectant sous la peau de ces ani- 
maux du pus sanguinolent et fétide de plaies récentes d*amputés, il les voyait 
succomber rapidement, ce qu*il n*obtenait pas par des injections de pus phleg- 
moneux. 

GosseJin admet trois variétés dans les phénomènes de la période initiale des 
plaies : 1* dans les plaies des parties molles, phénomènes locaux inflammatoires, 
pas de fièvre, rien de septicémique ; 2^ phénomènes locaux modérés avec fièvre : 
c'est la fièvre traumatique légère ou bénigne par absorption de matières putrides, 
premier degré de septicémie ; 3^ quand les os sont intéressés, la surface trau- 
matique gangreneuse, quand il se produit un phlegmon diffus profond avec 
sécrétion fétide : c'est la fièvre traumatique grave ou septicémie primitive essen- 
tiellement maligne. 

Quelle est la source du poison dans la fièvre traumatique? Les premiers auteurs 
Tattribuaient à la décomposition par Taction de Tair de la sérosité et du sang 
exhalés à la surface de la plaie : il devait donc se former indifféremment dans 
toutes les solutions de continuité exposées. Gosselin croit que le poison se forme 
rarement, sauf dans Tostéite ou la synovite suppurative aiguë : dans Tostéite, 
par la putréfaction de la graisse des os ou de la moelle osseuse, et la facilité de 
son absorption ; dans l'arthrite, par la décomposition de la matière grasse de la 
synovie, l'étendue de la surface absorbante et le croupissement ordinaire des 
liquides altérés. Dans ces cas, l'action des causes détériorantes est incontestable, 
mais l'influence des conditions atmosphériques mauvaises est bien moins cer- 
taine que dans la production de l'infection purulente. 

Qu'est-ce donc que la pyohémie et quelle est sa pathogénie? Gosselin passe en 
revue les théories les plus répandues : métastase et résorption du pus, phlébite, 
septicémie. Il montre que la doctrine septicémique est essentiellement d'origine 
française; le mot seul a fait longtemps défaut. Pour lui l'infection purulente se 
compose de deux choses : 1"* un ensemble de symptômes cliniques, la fièvre ; 
3* des lésions anatomiques multiples, dont les principales sont les abcès méta- 
statiques. La fièvre résulte d'un empoisonnement de l'économie par la résorption 
de matériaux toxiques, formés à la surface et surtout dans la profondeur des 
pbies. Le plus simple, louable, ne la produit pas, mais seulement le pus pu- 
tride. Les grosses veines, les veinules, les lymphatiques, sont les portes d'entrée 
des substances toxiques. 

D'où viennent, et comment se forment les poisons? A la rigueur, du pus des 
veines et des lymphatiques altéré par le contact de l'air, ou par la mauvaise 
nature du travail morbide. Souvent ils viennent de la plaie, par Tabsorptiou des 
capillaires s'exerçant sur les produits de décomposition du pus, du sang, des 
parties molles, de la moelle osseuse. Cette décomposition est le résultat de la 
malignité de l'inflammation suppurative et surtout de Tinfluence de l'air. Il y a 



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n SEPTICÉMIE. 

donc altération du sang, altération grave, non pas par le pus exclusivement^ 
mais par les putridités multiples du pus, du sang décomposé, des eschares, des 
exsudats, de la moelle osseuse. 

On objecte à tort la rareté de la pyohémie à la suite des applications de caus* 
tiques et des ostéites suppuratives chroniques. Dans l'ostéite suppurante aiguë» 
il n*y a pas seulement du pus, mais des produits putrides provenant de la des-* 
truction et de la mortification des tissus. Dans Tostéite chronique, si le foyer de 
suppuration est profond et étendu, on observe la septicémie chronique, dite aussi 
fièvre hectique ou infection putride. 

Quelle pai*tie, entre le s^ng, la sérosité, les exsudats, le pus, la moelle 
osseuse, etc., fournit le véritable poison de Tinfection purulente? Les sources 
«ont-elles les mêmes, les poisons sont-ils aussi les mêmes que pour la fièvre 
traumatique? Gosseiin, tout en croyant à une différence probable, à une origine 
.complexe des produits septiques, juge que la distinction est actuellement impos- 
sible. 11 est aussi difGcile de donner une explication rigoureuse de la formation 
des suppurations métastatiques. Les théories de la métastase, de la phlébite 
capillaire suppurée, de Tembolie sanguine ou fibrineuse, ne sont pas satisfai- 
santes. Sans doute 1-dtération du sang crée une aptitude spéciale à la suppu- 
ration. 

Le savant professeur n*est guère plus précis en ce qui touche à la septicémie 
chirurgicale proprement dite ou intoxication purulente. Cette affection se déve* 
loppe sous Faction de trois ordres de causes : 1^ causes locales ou anatomiques; 
formation à la surface des plaies et résorption de poisons septiques, primâpa- 
lement dans la période qui précède rétablissement définitif du travail de sup* 
puration ; 2<^ causes générales individuelles : âge, sexe, influences débilitantes et 
dépressives augmentant le travail de destruction; 3^ causes générales atmoq>hë- 
riques, auxquelles revient le rôle le plus important. La viciation de Tair, résul- 
tat de rencombrement, exerce Tinfluence la plus funeste. Hais en quoi consiste- 
t-elle? En émanations animales? En miasmes spéciaux provenant des plaies ea 
suppuration? En miasmes spécifiques venus des sujets intoxiqués? Dans tous 
ces modes à la fois? L'observation ne permet pas de se prononcer. 

Par quelle voie pénètrent ces émanations? Par la plaie? Par les voies respi- 
ratoires? Gosseiin admet l'influence locale dans une certaine mesure, mais il 
4iduiet aussi une influence générale donnant au sang par l'intermédiaire des 
voies respiratoires des qualités qui le prédisposent à fournir sur la plaie et 
dans le canal médullaire des produits facilement putrescibles. 

C'est à cette conclusion dernière que Chauveau, d'après ses recherches expé- 
rimentales, se voit obligé de ne pas souscrire. D'après quelques auteurs, l'état 
nosocomial, provoquant leis épidémies de pyohémie, agirait sur l'économie par 
l'absorption pulmonaire de miasmes infectants. Ces miasmes augmenteraient la 
réceptivité des sujets ou joueraient dans l'organisme lo rôle d'agents directs des 
accidents pyohémiques. 

11 parait plus rationnel de penser que l'atmosphère nosocomiale agit directe- 
ment sur l'accident primitif, sur la plaie exposée, source indéniable de l'agent 
pyohémique. Elle favorise la production de cet agent. De là l'indication, pour 
prévenir la pyohémie ou arrêter ses progrès, de porter son attention sur le 
foyer primaire, c'est-à-dire le lieu où très^^ertainement prend naissance l'agent 
pyohémique. 

Lacassagno, qui donne à la théorie septicémique une extension que nous avons 



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SEPTICÉMIE. 95 

combattue, explique les accidents septiques des plaies par Thypothèse d*uiie 
fermentation primitii:ement locale et secondairement interne et générale. 

Les germes trouvent dans les plaies suppurantes et ulcéreuses, en même temps 
que les conditions favorables à leur multiplication, des voies faciles pour la 
pénétration dans TéGonomie. 

Burdon-Sanderson, de ses recherches sur les produits infectieux des inflam* 
mations aiguës (1873), tire les conclusions suivantes : i^ La septicémie des 
pathologistes est une inflammation intense et destructive, accompagnée de fièvre 
maligne, que la clinique et leipérimentation montrent liées à Texistence dans 
le sang d'une matière albumineuse putrescente. Elle peut résulter de Tintro- 
duction dans le sang ou les séreuses d'une petite quantité des liquides fournis 
par les tissus vivants présentant certains états inflammatoires, et ces états ont 
les mêmes marques distinctives que Tinflammation d*origine septique. 

2^ La pyohémieest un état morbide général, fébrile, moins virulent que W 
-septicémie, accompagné dlnflanmiations disséminées, nombreuses, et tendant 
à la suppuration. Elle est étroitement liée à la septicémie par son origine et sa 
nature ; toutes les deux peuvent naître d'inflammations purement traumatiques 
sans pyohémie préexistante. 

3* La pyohémie et la septicémie sont caractérisées par la présence de micro- 
xymas dans les liquides infectés, et l'intensité de l'infection est proportionnelle 
k l'abondance et à la forme des microbes. Dans la septicémie, plus grave, on 
trouve des bactéries dans les exsudats et dans le sang; dans les cas chroniques, 
on rencontre des microzymas généralement sphériques et relativement peu 
nombreux. Malgré là transition très-ménagée qui existe entre Tinflammation 
traumatique simple et la phlogose pyohémique ou septique, il ne s'agit pas de 
deux degrés difTérents d'une maladie unique. Ces phlegmasies sont séparée par 
l'existence ou la non-existence d'un contage dans le sang et dans les tissus. S*il 
n'y a pas contage, l'inflammation reste simple ; si le contage existe, elle cesse 
d'être simple, quelle que soit au reste la quantité de substance infectante. En 
résumé, sans établir nettement la nature parasitaire des processus septiques, 
Saoderson la laisse entrevoir comme tout à fait probable. 

L'existence d'éruptions cutanées de nature diverse est un lien qui réunit 
encore les formes multiples de la septicémie traumatique. Yemeuil, Gubler, 
Lee, Braidwood, les ont constatées dans la pyohémie. Civiale les a signalées dans 
la fièvre «rinense, Bonnard dans l'infection putride. Reynes note également leur 
présence dans la fièvre traumatique; mais il n'est que juste de dire que ces 
exanthèmes, fort iConmiuns aussi dans la fièvre puerpérale, se montrent sous les 
aspects les plus divers, et dans toutes les intoxications du sang, quelles que 
soient leur nature et leur origine. Us n'oQrent donc au point de vue pathogé- 
nique qu'une importance tout à fait relative, 

Guyon, Fayrer, considèrent les germes de l'air comme la condition de la for- 
mation des atmosphères dites septiques, dont l'influence sur les fièvi*es chirur- 
gicales est depuis longtemps démontrée. Cette influeAce hospitalière n'est cepen- 
dant pas adoptée par tous les chirurgiens. Dans la discussion qui s'engage (1874) 
à la Société médico-chirurgicale de Londres sur les maladies septiques dans les 
hôpitaux et au dehors, Barwell, Holmes, Hutchinson, sont d'accord pour 
repousser l'hospitalisme de Simpson, en tant que cette expression implique une 
influence spéciale de l'atmosphère hospitalière, en rapport avec les dimensions 
des bâtiments et la grandeur des salles de malades. La discussion sur la pyohé- 



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96 SEPTICÉMIE. 

mie, engagée cette même année à la Société clinique de Londres, témoigne d'une 
même divergence dans les opinions. Bastian croit que ks miasmes septiques 
agissent bien plus sur l'état général du patient que sur la plaie même. En exa- 
minant les sécrétions de blessures traitées dans les hôpitaux par les moyens 
ordinaires, il n'y a pas trouvé, vingt-quatre heures après le pansement, de bac- 
téries ni d'organismes inférieurs différents, pour peu que le blessé soit en bon 
état et la température basse. Au contraire, quand la température extérieure 
dépasse 101 degnés Fahrenheit, les micro-organismes abondent. Ce développement 
d'organismes ne peut être attribué à la contamination des liquides par l'air, 
car il se produit également dans les sécrétions, alors même qu'il n'y a pas de 
plaie extérieure. 

Pour Holmes le ferment morbide existe dans les liquides sécrétés par la plaie, 
il est indépendant des influences atmosphériques. Gallender admet trois formes 
d'empoisonnement septique : 1<* parles produits putrides primitifs de la plaie 
doués d'une activité très-grande; 2® par les produits de putréfaction formés 
dans la plaie; enfin 5® par des embolies septiques. L'air n'a d'action sur les 
solutions de continuité qu'autant qu'il est déjà contaminé, altéré d'avance par 
les produits de la putréfaction. Spencer- Wells sépare nettement la pyohémie de la 
septicémie, cette dernière seule est le résultat de produits modifiés par l'action 
de l'air. Burdon-Sanderson admet également que la pyohémie n'est pas forcément 
la cause extérieure. 

La doctrine septicémique trouve des défenseurs. Pour d'autres, il n'y a pas 
de poison septique spécifique; mais une atmosphère viciée par des particules 
organiques (pus, lamelles épidermiques, germes), en contact avec les plaies, 
peut y déterminer des altérations d'où résulte la production d'un poison maté- 
riel, qui est ensuite absorbé par les lympathiques et les veines. Burdon-Sander- 
son maintient que la matière morbifique des maladies contagieuses, en général, 
consiste non en substances chimiques dissoutes dans des liquides fétides, mais 
en particules extrêmement minimes suspendues dans l'air, en organismes ({u'il 
appelle microzymas. 

Hoxon ne saurait partager cette manière de voir. L'injection de matières 
putrides dans les veines ou dans le tissu cellulaire des animaux ne reproduit ni 
les symptômes vrais de la pyohémie, ni ses lésions. Sanderson a prétendu que le 
poison de la pyohémie, matière septique bactérifère, augmentait d'activité par 
des inoculations successives. Ces expériences reprises par Moxon et Goodlart n'ont 
pas donné les mêmes résultats. Jamais ils n'ont trouvé de bactéries dans le sang 
des érysipélateux, des pyohémiques, pendant la vie des patients, malgré des 
examens nombreux. Peut-être a-t-on confondu les micro-organismes avec des 
granulations moléculaires. On trouve souvent des bactéries dans le pus des plaies 
exposées, jamais dans le pus d'un abcès avant son ouverture. La part qu'elles 
prennent au développement de la septicémie n'est pas déterminée. On ne peut 
dire si, avec Lister, la plaie est la porte d'entrée du poison pyohémique, ou avec 
Hicks si l'agent toxique péhètre par la voie pulmonaire ou les surfaces natu- 
relles. En résumé, l'embolisme simple, l'absorption purulente, et une fièvre 
générale due à la contagion, forment séparément des variétés distinctes de ce 
qu'on appelle la pyohémie; mais dans bon nombre de cas, peut-être dans la 
majorité, ces conditions existent simultanément. Godlee, pendant dix-huit mois, 
examinant le pus d'un nombre considérable d'abcès pyohémiques, immédiate- 
ment après leur ouverture, n'y a jamais rencontré de bactéries. 



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SEPTICÉMIE. 97 

En Allemagne, les recherches se multiplient sur Faction, le rôle des micro- 
organismes dans les complications du traumatisme. Les expériences faites avec 
les liquides putrides, les substances bactérifères, sont trop souvent exécutëes 
dans des conditions dilîérentes. De là la contradiction dans les résultats obtenus, 
résultats que nous avons eu Toccasion de discuter assez longuement pour n*avoir 
pas à y revenir. La doctrine septicëmique continue cependant à être adoptée par 
le plus grand nombre des chirurgiens, mais avec des variations plus ou moins 
grandes, portant principalement sur la nature de Tagent ou des agents sep- 
tiques. Panum distingue deux sortes de septicémie. Tune simple, non inocu- 
lable, véritable empoisonnement par la sepsine, dont l'existence lui semble 
indiscutable ; Tautre plus spécialement parasitaire, inoculable, produite par le 
microsporon septicum. Né dans des conditions mal connues (encombrement), 
ce champignon jouit de la propriété de se multiplier dans le sang pendant la vie, 
et produit ainsi rinllammation, la fièvre, la suppuration. Hiller, au point de vue 
clinique, admet trois infections : 1« Tichorrhémie, empoisonnement par un 
agent chimique, non contagieuse; 2° la septicémie contagieuse et viruleute; 3® la 
pyohémie, infection générale compliquée de lésions locales. 

Billroth divise les micro-organismes septiques, suivant leur forme sphé- 
rique ou allongée, en deux classes, les coccus et les bactéries, appartenant à une 
même espèce d'algue de la famille des Oscillariées. La coccobactei ia septica est 
un assemblage des deux formes principales dau't des proportions variables. Son 
origine probable est le niicrococcus, spoi*e susceptible de se multiplier par divi- 
sion. La pressée des cocco-bactéries dans le sang des individus morts de 
maladies septiques, érysipèle, pyohémie, septicémie, n'est aucunement la règle. 
La première sécrétion des plaies est très-favorable au développement rapide 
des coccus, les bactéries ne s'y présentent que plus tard, parfois jam.iis. On ne 
trouve que peu de coccus et des traces de bactéries très-petites, dans les plaies 
non réunies. Leur présence dans le pus fétide n'entraîne pas forcément la fièvre, 
et n'olTre aucun rapport immédiat avec la gravité de Tinflammation trauma- 
tique ou avec la pyohémie. A l'opposé, les suppurations profondes à Tabri de 
l'air peuvent donner une forte Gèvre, sans que le pus soit putride ou renferme 
des cocco- bactéries. Dans le liquide de l'érysipèle, Billroth a rencontré des 
streptococcus dans la moitié des cas seulement. Dans la pourriture d'hôpital, il 
a constaté des coccus et de très-petites bactéries. En résumé, tous les organismes 
qu'on observe dans les sécrélions, les exsudats et les tissus de l'homme vivant, 
ne se distinguent pas morphologiquement des formes qui se trouvent dans la 
putréfaction en dehors de l'organisme aux dépens des tissus morts, des exsudats 
et des sécrétions. Aucun signe morphologique ne permet d'avancer que telle ou 
telle forme de bactérie et de micrococcus se produit seulement dans telle ou 
telle maladie. 

Les espèces putrides, contrairement aux autres, présentent une remarquable 
faculté d'acclimatation. On ne trouve dans l'organisme humain aucune végétation 
qui n'appartienne pas à la cocco-bactérie septique. Des expériences de transplan- 
tation et de culture, il résulte que le danger d'infection par les micrococcus 
contenus dans l'air et dans l'eau est beaucoup moindre qu'on ne l'a prétendu. 

Billroth développe ensuite sa théorie du zymoïde phlogistique et du zymoîde 

putride, substance chimique qui se forme dans les tissus, sert à la nutrition 

des cocco-bactéries, et par son mélange avec les exsudats et le pus leur donne 

des propriétés phlogistiques infectieuses, d'un caractère spécifique. Les cocco- 

DICT. EKC. 3' s. IX. 7 



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-9S SEPTICÉMilE. 

bactéries fBument, dane des ceodîUoBB déterminées, étPê les porteurs et les mul- 
iiplicateirs de ce symdde, et comme tels deviconeat des agents de ^^ntagioiu 
Sous rîRfluence du zymoïde phlogistiqne et septique se-dévaloippe dans les tissus 
enflammés et putrides un corps d'une aciivité .toxique intense. Il n*7 ejûste que 
peu de temps., est inodore et constitue la cause la pUts poissaBte de rinflammsh 
tion septique. Les otcco^baotémes ne sont pas li^s.à li ^présence de ce «orps 
iomqne dans les liquides putrides, car J)6auooup en conlienneAt sans .produire 
d^intoxication. L'origine et la peroisUnoe du poison si^plique ne sont pas da^aii- 
iage le fut des oecoo-bacléries, oar dans les processus iaflamouitoires graves et 
dans la gœigrène le poison septique fieut naâlne en dehors de èout dévelop- 
pement de végétatimis dans les parties «iftlades. L'inflammaAion aiguë, sur- 
aiguë, et la gangrène, sont des prooesBus à peu piès identiques. L'effet phlogo- 
gène et pyrogèoe -de ces produits a peur bane le développement de foones 
analogues de kiléoomposition des4issus. 

Billroish est donc bien loin d'admettre tomme dânontrée Tinfluence prépoft- 
^rante«d66 organisnes inférieurs dans la produotian des )pbénoraèneB de la 
septicémie chirurgicale. Pour ce chirurgien k septicémie,ia pyobémie, la ûèm'e 
traumatique, sont des .auto-infedions, c'est-^-dire que le malade ou le blessé 
prennent toij^urs la eubstanœ toxique dans ie foyer inflammatoire ou putride. 
Les plaies peuvent tirer leur infection 4iu dehors, les .inflammations des fornaes 
les plus diverses .peuvent lêtoe appiortées de Textérinur par contact ou far ino- 
sudation ; mais ique dos subslanoes oapaUes de ^produire T^ysipèle, Ja lymphile, 
k,phléhite, la.pyobémie ou k septicémie, puissent pénétrer dans Torganisme par 
les voies pulmonaires <et intestinales, son expérience ne lui permet pas de se 
prononcer sur -ee point. 

•Bien peu difUéreaites, en somme, sont les q>inions du .professeur Cb. Robin, 
-adversaire ardent ot convaincu de la théorie parasitaire des fièvres ohirucgioaks. 
L'infoction putride, oonséquenoe des abcès, des^^iors où s^oume un «pus on 
puiréfaotion, est le résultat de kipénétrAtion dans le sang.des iproduits de cette 
putréfaction ; hydrogènorsulfuré, aulfhydratefd'ammonkque et autres, non délier- 
mines, mais tous ou presque tous composés diimiqiaes de Tordre des principes 
d'origine minérale. E\h est donc analogue ma empoisonneraents et aux intoxi- 
cations, et non aux iafeotions miasmatiques et aux affections virulentes. La con- 
dition néoessaire pour l'effet toxique, comme Claude Bernard l'a démontré, 
c'est l'arrivée de ces substances dans le^tème4uiériel..Les injections veineuses 
de matières putrides (Savory) ne tuent .pas les .animaux placés dans de bonnes 
•conditions hygiéniques, et ne. déterminent jamais d'accidents comparabks à l'in- 
fection tpurulente. ^uant aux vues émises sur la aepsiAe et son action, ee ne 
sont que des bypotlièses. 21 ne se produit donc d'accidenis par le pus fétide 
qu'autant que, la quantité absorbée dépassant celle qui est exhalée par les pmi- 
moos, Jes siibstances entrent dans le sang artériel. Des traoes de sulfliydrate 
d'ammonia(|tte dans l'Hirine déoèleot alors leur présente. Ces accidents cessent 
aussitôt que tous les gaz absorbés peuvent être entièiement exhales ,par le 
poumon. 

Les altérations du sang dans les infections dites purulentes et puerjiérales 
sont très-analogues. Ces maladies infectieuses sont probablement inoculables. La 
fièvre puerpéiale est très-cert.iinement contagieuse, l'infection purulente Test 
fort probablement aussi par les infirmiers, les vétamenls, les d^ets de panse- 
ment, etc., même chez les individus jqui ne présentent pas ^e plaies.. Uofain 



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SEPTICÉMIfL 99 

rc^te donc l'explication palhogénique de œs accidents : 1® par la phlébite sup- 
purée ût la résorption, soit du pus complet, soit isolément du sërum et des 
levcocyles; 2'* par le transport dans le saog et Tarrêt emboUque des caillots for- 
més ààm les veines. Il na reste donc, comme cause de ces maladies infec- 
tîeases» que le fait d*aItérations du plasma sanguin, particulièrement de ses 
substances coagulables, survenant lorsifue Téconomie se trouve graduellement 
pkcée dans de mau>tais6s conditions de rénovation moléculaire nutritive. Consé- 
cntiveoient, tous les produite dérivant du sang participent plus ou moins à ces 
altérations et peuvent les transmettre par les voies respiratoires ou par absorp- 
tion à la surlace des plaies* partout 4kh ils sont portés. Habituellement, ces 
maladies se prope^oi^ ainsi. 

Ces altérations se manifestent par des différences dans la coagulabilité de 
ohacune de ces substances, la rapidité de leur putrébction, la réti*actilité 
de la fibriae, etc. De .là les troubles dans la rénovation moléeulaire de la totalité 
des tissus, dans les sécrétions glandulaires, les excrétions; de là la teinte bla- 
Xardedes plaies et. l'absence du pus et surtout des globules purulents, effet, et non 
cause des accidents. Les leucocytes n!ont pas de propriétés nuisibles, nulle 
part ils ne ^ani en voie de résorption, mais ils sont plus nombreux dans le sang, 
ce que Robin avait constatédès 1895.11 n*y a rien dans ces phénomèues qui res* 
•eodile à une iermentation. Il n'ya.donc ni putridijté, m feimentation putride, 
ni intoxication, ni empoisonnement du sang. 11 n*y a pas davantage de viru- 
leoce, car jamais les végétations parasites ne sont des agents virulents. .Cb. Robin 
distingue oettemeot les infections putrides, véritables empoisonnements, par ré- 
sorption des composés chimiques formés pendaul laputràaction, des infections 
punileate.et puerpérale, altérations totiu$ $ub$UmHœ des principes jco^ulables 
du sang. 

i)aosxin excellent travail, Terrillon, s'appuyant sur Tanalogie des symptômes 
et des conditions de développement, ainsi que sur la nature des lésions anatomo- 
patboiogiques, propose pour rinfoction,putride aiguë, dite aussi érysipèle bronzé, 
gangrène foudroyante, etc., le nom plus significatif de septicémie aiguë à Corme 
gangreneuse. Henriot imagine la ithéorie suivante^pour certaines formes d'infec- 
tion purulente et de septicémie : Il y a dans ces maladies infectieuses tmis pé- 
riodes d'évolution : ,1° altération du sang, production considérable de globules 
blancs susceptibles de faire de la obaleur ; leucocytose phlogogène ; 2** pénétration 
dans le sang des ferments-bactéries, directement par les veines ou indirectement 
par la respiration ; 3*^ termentation du sang, déglobuJio<-asphyxhémie, a^ant pour 
caractéristique microscopique la déformation des globules, déglobuUe, et pour ca- 
raoiéristique chimique la désoxydation du sang, asphyxbémie. Pour préserver les 
Uessés, il fant empêcher la fermentation intra-organique, cause directe de la 
décomposition du sang et des altérations organiques. Or, deux éléments sont 
indÎ!|)ensabies pour la mise en ceuvre du Serment : un sang veineux pldagc^ène 
et no air chargé de bactéries. La plaie peut directement absorber le pus ou la 
matière scptique ; en plus, elle a une double action infectieuse en déversant dans 
le 8«ig des leucocytes phlogogènes et en jetant dans Tair un grand nombre de 
baotérie&. 

Ericlisen (1874) iait rentrer dans le même cadre le typhus, la pyohémie, la 
septicémie, la pourriture d'hôpital, Térysipèle. Toutes ces affections sont le ré- 
sultat de Teacombrement et de la viciation de Tair des hôpitaux, conditions 
éfd'à désigne par le terme d'hospitaUsme. Heiherg admet Tidentité de natmie des 



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100 SEPTICÉMIE. 

infections puerpérale et pyohémique. Toutes deux sont dues à Tintroduction dans 
les tissus d'organismes microscopiques. Ni les embolies, ni les abcès métasta- 
tiques, nesontcaractéiisliques; riniection peut exister sans eux, comme ces lé- 
sions peuvent se montrer sans troubles généraux. La bactéiîe est seule Tagent 
morbide et elle s*introduit par la plaie chez les accouchées, comme chez les 
blessés et les opérés. Si les lésions pyohémiques sont loin de la plaie primitive, 
c*est que le parasite, trouvant devant lui des veines ou des lymphatiques béants, 
y a pénétré et les a suivis pour se déposer dans les tissus. Plus souvent, les alté- 
rations viscérales éloignées succèdent aux accidents sur place, mais ces dernières 
comme les autres peuvent faire défaut et tout se borne à des modifications de la 
lymphe ou du sang. Toujours les bactéiies viennent de l'extérieur, mais une 
plaie exposée n'est aucunement indispensable pour leur pénétration dans l'éco- 
nomie. Les muqueuses, et surtout la muqueuse des voies respiratoires, peuvent, 
même avec un épitliélium intact, permettre leur passage dans les interstices ou 
par les lacunes ou fentes lymphatiques. 

Cette interminable discussion sur le rôle des organismes inférieurs dans les 
maladies infectieuses et septiques continue d'agiter les esprits dans les dernières 
années. Landau, Bastian, Bcale, se montrent opposés à la théorie des germes mor- 
bides que défend avec talent Burdon-Sanderson dans de nombreux écrîts. 
Hûter, Massiloff, Eberth, Dolsc{ienkofr, Letzerich, Œrtel, reconnaissent comme 
agent producteur de la diphthérie des plaies un mycosis spécifique. Volkm inn, 
Steudeuer, Orth, Lukomsky, attribuent au micrococcus la production et la pro- 
pagation de l'érysipèle, pendant que lliller et Arnold croient à la production d'un 
poison chimique, résultat de la décomposition des matières albuminoîdes. La 
Société pathologique de Londres (1875) voit défendre par ses membres les plus 
éminents les opinions les plus opposées. En somme, la théorie des germes mor- 
bides, vivants ou animés, trouve moins de partisans que l'ancienne doctrine 
physico-chimique des infections et des intoxications, et dans un grand nombre 
de cas l'origine spontanée, de novo, des maladies spécifiques, parait jusqu'ici la 
seule opinion admissible. 

En France, les opinions ne sont pas moins divisées. De Ranse ne croit pas dé- 
montré que les proto-organismes (bactéries- vibrions) soient les agents immédiats 
des accidents septiques, puisqu'on les rencontre dans le pus des plaies simples 
et marchant régulièrement vers la guérison. Mais leur présence dans le pus n'en 
est pas moins une circonstance aggravante et d'autant plus nuisible que l'état 
général du blessé et l'état de la plaie laissent plus à désirer. Gosselin qui, dans le 
pus des pansements ouatés, a rencontré les microbes ordinaires de la suppuration, 
n'admet pas la théorie de À. Guérin, attribuant à l'impossibilité du dépôt sur la 
plaie des germes charriés par l'atmosphère les bous résultats de sa méthode 
de traitement. Sans nier l'mtervention possible des ferments dans la patho- 
génie de l'infection purulente, il ne croit pas qu'ils agissent d'une façon 
nuisible sur toutes les substances organiques. Parmi les conditions qui i*endent 
leur action dangereuse est l'altération que produit dans les tissus ei les liquides 
exposés à l'air une inflammation traumatique intense. Pasteur est persuadé au 
contraire que la présence des germes à la surface des plaies est la condition 
uuique de leurs complications. Bouloumié constate Texistence des microbes 
dans toutes les plaies exposées, dans les abcès du voisinage, et même dans les 
collections purulentes profondes, sous forme de points mobiles très-réfringents, 
accolés souvent deux à deux. L'action nocive de ces organismes est au reste très- 



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SEPTICÉMIE. lOi 

variable. Peu nombreux et peu mobiles, sur une plaie en bon état et chez un 
individu sain, ils n entravent pas la cicatrisation. Très-nombreux et très-proli- 
feres, ils dëtniisent par liquéfaction les néocytes, pénètrent dans les parties voi- 
s'mes de la plaie et amènent la formation d'abcès de voisinage. Ces microbes en- 
vahissent Téconomie par les vaisseaux veineux ou lymphatiques, mais, s*il est sain, 
Torganisrae résiste, la fièvre et des évacuations critiques en sont les seules con- 
séquences. Au contraire, dans un organisme profondément débilité, incapable 
de résistance et préparé en quelque sorte aux fermentations, ils déterminent la 
fièvre septicémique et la mort par l'action combinée du toxique venu de la plaie 
(bactérie?) et du virus qui Ta engendré par la décomposition des éléments. Ces 
observations sont en opposition avec les résultats obtenus par Bergeronqui, dans 
le pus des abcès chauds, a toujours rencontré des vibrions, en dehors de toute 
pénétration possible des germes par les lymphatiques ou les veines. Le pus des 
abcès froids n'en renferme jamais. Sans rejeter Tintervention possible de ces mi- 
crobes dans la paihogénie de la septicémie, et tout en les considéi*ant comme in- 
diquant un état inflammatoire sérieux et une certaine tendance à la décompo- 
sition des humeurs, il croit que bien souvent ils n'exercent sur l'organisme 
aucune action toxique. 

D'où viennent donc ces différences d'observation. Boulon mié les attribue à 
l'hôpital, aux conditions de l'expérience. Bergeron n'a tenu aucun compte, ni 
de la température, ni de l'état des fonctions digestives, et n'a pas examiné le 
sang des malades. Gosselin vient de son côté affirmer l'exactitude des obsei*va- 
tions de Bergeron, faites sous ses yeux et dans son service. Ce fait positif en 
ressort: le pus des abcès chauds sans communication avec l'air renferme quelque- 
fois des vibrions et des bactéries indiquant, pour lui, un premier degré d'altéra- 
tion putride. La question des générations spontanées n'a rien à y voir. Les chi- 
rurgiens sont préoccupés par la pensée que les grandes fièvres qui compliquent 
les blessures sont des infections ayant pour agents des produits de décomposi- 
tion des liquides organiques et surtout du pus. En se putréfiant au contact de 
l'air, le pus donne de l'hydrogène sulfuré, de l'ammoniaque, etc.; putride, il 
se charge de vibrions et de bactéries. Ou a cru trouver dans la présence de ces 
microbes un moyen d'apprécier la nocivité de la suppuration. Dans son opinion, 
ces organismes indiquent seulement la possibilité et, dans une certaine mesure, 
l'existence de décompositions ultérieures plus graves. Us ne sont pas les agents 
dangereux, mais les avant-coureurs du danger, et de là l'intérêt de leur étude. 

Il a voulu rechercher si, chez certains sujets, le pus n'était pas assez putres- 
cible pour s'altérer, avant l'ouverture de son foyer, à un faible degré se tra- 
duisant par la présence des bactéries. On les constate dans les abcès chauds et 
fétides. Ce degré très-avancé n'était-il pas par hasard complémentaire d'un 
degré moins grave, dans lequel l'altération se traduirait seulement par le déve- 
loppement des microzymas?Ûn s'expliquerait ainsi la présence des vibrions dans 
le pus des abcès chauds chez les adultes et leur absence dans le pus des abcès 
froids à tous les âges. Quant à leur origine, il est difficile d'admettre le trans- 
port direct par l'air pour les vibrions des cavités closes, pour ceux qu'on trouve 
sous des bandages ouatés bien faits et dans l'urine, soit acide, soit ammoniacale, 
chez des sujets qui n'ont jamais été sondés, ou qui ne l'ont pas été depuis long- 
temp<:. Seulement on peut supposer qu'ils pénètrent par la respiration et qu'il y 
en a toujours dans l'économie, mais qu'ils y restent inactifs et inoffensifs, tant 
qu'ils ne trouvent pas un milieu approprié à leur évolution. Quand ce milieu se 



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toi SEFTICËMI8. 

produit, comme dlins le pnson dans le sang altéré par des matières tcnâques, 
alors les micro-organismes entrent en action. 

Gross, avec quelques réserves, Qiiimus, Richelot, admettent que la cause des 
accidents septicémiques n'est pas due à l'action des microbes agissant comme 
parasites, mais bien à ùes composés^ toxiques formés et absorbés à la surfoce des 
plaies. Ricbelot reconnaU trois formes de septicémie chirurgicale : auiochthoiie, 
hétérochthone et complexe. S'il n'y a pas de plaie extérieure, comme dans le» 
phlegmons sous-cutanés, la périostite, l'ostéomyélite, les phénomènes fébriles et 
typhiques, sont dus à un empoisonnement par des substences, produits inffam- 
matoires, semblables à celles qui, dans une plaie exposée, développent la fièrre 
traumatique on la septicémie. L'agent actif esUil un composé chimique déûni ou 
un microbe? Impossible de se prononcer. 11 faut donc distinguer trois ordres do 
faits : i^ une septicémie autochthone, dans laqueHe )e malade febrique seul les 
produits qui doivent l'infecter ; 2® une septicémie hétérochthone, dans laquelle 
tout vient du dehors. La voie pulmonaire est alors la principale, sinon la seule 
porte d'entrée de l'agent infectieux; 3* une septicémie complexe, dans ^quelle 
ces influence? se combinent. Évidemment, si les plaies produisent des matières 
toxiques, et si d'autre part elles peuvent en absorber, il est difficile d'admettre 
qu'une plaie donne accès aux principes émanés des malades voisins et soit en 
même temps incapable d*absori)er les siens propres. Cette considératioii em« 
pêche d'acceptei* dans ce qu'elle a d'exclusif la théorie miasmatique de A. Gué- 
rin et porte à croire que les blessés résorbent les produits de leur propre pkde» 
modifiés ou non pnr l'air ambiant. 

Nepveu, dans une première étude sur le rôle des organismes inférieurs dans 
les lésions chirurgicales (1874-^875), se basant sur 1- identité apparente de ces 
microbes chez Thomme vivant et dans les matières en putréfaction, n'admet pas 
de formes spécifiques, caractéristiques des diverses lésions traumatiques. Il» ne 
peuvent se développer que dans un milieu préalablement préparé, et les sub- 
stances putrides et phlogistiques forment pour ces organismes le milieu nutritif 
par excellence. Leur rapport de causalité avec les lé^ions locales n'est pas 
encore résolu, mais leur présence dans le sangdans les complications infectieuses 
ne* saurait être mise en doute. Leur mode d'action est fort différemment expli- 
qué; de multiples théories ont été émises à ce sujet. Les altérations des milieux 
et particulièrement de fair ne sont pas mieux élucidées-, et dans nombre decon* 
ditions on trouve intnnement liés ces deux éléments si difficiles à analyser : 
bactérie et poison toxique. 

La théorie des miasmes, dit Nepveu, bien vieille en France, est basée sur 
l'observation exacte des faits et sur la clinique. Les matières purulentes dessé- 
chées, pulvérulentes, répandues dans l'atmosphère; les organinnes vivante' ou 
morts, maie imprégnés de liquides septiques ; tous les corpuscules organique» 
ou inorganiques enfin, qui s'accumuleit dans des conditions de séjour et d« 
formntion favorables, dans des endroits peu ventilés et sujets à l'encombrement: 
telles sont les causes qui expliquent pour la plupart des chirurgien» la propagation 
facile à tonleune salle d'hôpital, par exemple, d'accidents septiques plus ou moins 
graves. Il faut cependant tenir compte aussi des altérations septiques spontanée» 
des liquides exsudés par les plaies» altérations de nature non précisée, mais exis- 
tant réellement, ptrisqu'elies se produisent dans^ les milieux les plus sains. 

En résumé, conclut Nepveu, dans les lésions chirurgicales, les cocco-baotéries 
ne jouent pas le rôle de parasites, ne constituent pas le poison septiqoe. Le pro- 



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SEPTICÉ1HIB. 1HA3 

diiîsent-elle& par séorëtion (Bertbdot) ; par fermentation (Fastonr) ? fte nombreui 
fluides qui renferment des cocco-btotértes ne sont pas septiques, le poison 
septique pourrait donc exister sans elles. Les eœco^baetéries trouveraient dans 
les liquider septiques, qu*on en désigne le principe- sous le mm de poison pu- 
tride avec Gaspard et Panum, île sepsine rvec Bergmann, au dezymoîdes pUogis- 
tique et (Hilride prqbaUement identiques avec BiâfaroHi, un l^rmio oâi oUea povr- 
raient se déyelopper' à l^nse; 

Ces organismes- sediargent donc du poisan putride dans certains milieux pu- 
trëiés , le fixent ainsi et en deviennent les prafMgateurs, aussi bien à l'état 
sec qu'àTétat humide. Telle est la théorie émisepar Lepkt et Jailkrd en i664» 
soatenue par Onimus en i873 et Btliroth en ii874. 

Devrait-on ainsi les faire dédioir de la posibion fue leur donnait ranctemne 
éeole, ils n*en joneraient pas noins, pour ke maUleur de Tespèce humaine, par 
leur difïnnon dans l'atmosphère, un rôle des plu9 importants^ que dénontrent 
amplement les accidents nosoconiam et la transmission posi^ible du plus grand 
nomiure des accidents septiques. 

Dans une nevue ^nérale sur la peorrituve d'hèpsial (iS75), Paul Berger 
nem^fài voir, d'après les travaux de Heine, Wolff, Nussbaum, etc., que TaD»- 
tomie pathologique a démontré dans cette oomplicalion dès plaies: l*ki présence 
de quantités énormes de monades, sembli^les à celles de la putréfaction ; â* la 
coagulation de la lymphe et ées liquides inter^-cellulaires ; 3^ une accumulation 
CQDSidénible de gloÎMiles de pus dans ki plaie et les tissas iioisins ; 4<* la dcstruo- 
tioB, kdéeeimposîtion et la putréfaction des éléments- anatomicpies et du liquide 
inteioellaJaire coagulé. 

La question étiologique^ est nuàns daire. Heine admet F^stenee d^un poison 
spécifiée, de nature inconniie, exdrçant son action sur k aarfieioe des plaies, et 
provoquant la coagulation des Uquides, aim qu'une tendance k une dé^iompo- 
RtioD rapide de caractère putride. Le râle des microbes est à peu près passif. 
Ik se développent là où ik trouvent un terrain propice; ik penveot^ dans ooe 
certaine mesure, aider le processus desli-ucteur par leur action mécanique, mais 
ik sont les effets et non la cause de la pourriture d'hàpkal. Heine apnt obtenu 
pir culture ces bactéries, isolées de tout autre élément de la plaie, a pansé des 
solutions de continuité avec ces liquides, sans voir se produire aucone altéi^a- 
tien. Au eontraore, les pansements avec des liquides animaux, riches en aub- 
sCanoes fifartnegènes et fifarino^pkotiques, ^insertion de ces substances dans ks 
pkies, déterminent des exaudats et. des ooagulalions^. Les faits de Pitha, Donme, 
Heine, WolIT, Nussbaum, montrant que la pourriture d^kôpital peut se déve- 
kf peren dehors de toute înûtieace nosecomiale. L*enoombi?enientmême n'aundt, 
suivant Iteine, qu'une action secondaii^, et ka conditions d'aéfationy d'humâ- 
dite, surtout les variations brusques et fréquentes de température», sont prinoi- 
pakment à accuser. L'agent de k pouvrituee est da naUire septique, infectieuse, 
spécifique, ma» son essence est incennaé. On sait seulenent qu'il peut être 
transporté par les liquides et par les gas. 

Quant à Tidentitë de k pourriture d'h^itd et de k dipbtliériey nous ne 
saurÎMis l'admettre, si l'on entend par ce demiar terme rempmsennement 
terribk qui se traduit par k croup chei l'enâmt; par une intoxioation géiiéraàe 
cbex l'adulte. Nous avens en 4870 et iMi assisléà de formidables épidémies 
de pourriture d'hôpital, et jamais nous m'avons vu la diphthérie se développer 
chez une des personnes toujours en contaet avec ks blessés.. Auoim fait de ce 



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104 SEPTICÉMIE. 

genre n'a été rapporté par les cliîrurgîens français pendant la guerre de Grimëe, 
où la pourriture sévit avec tant d'intensité. 

J. Rochard (1875) étudie sous le nom d'intoxication nosocomiale les acci- 
dents qui résultent de l'encombrement des malades et surtout des blessés. H 
est évident que ces complications meurtrières sont le résultat d'une infection 
locale, dont les plaies fournissent l'agent, dont l'air et les pièces de pansement 
sont le véhicule, dont l'absorption s'opèi*e par les surfaces traumatiqucs. Ces 
faits sont aujourd'hui démontrés, et les dissidences dans leur interprétation 
viennent surtout de l'abandon du point de vue étiologique général, en faveur de 
l'étude (les symptômes et surtout des lésions anatomiques. L'infection purulente 
est bien la forme la pins grave de cette intoxication ; mais l'éi^ysipèlo, l'angio- 
leucite, le phlegmon difTus, en sont aussi les produits. Pour ce qui est de la 
doctrine de la septicémie, Rochard distingue trois choses, que l'observation 
clinique ne permet pas suivant lui de confondre : i^ la fièvre traumatique, 
nécessaire dans les grandes lésions, réaction franche et légitime de l'organisme 
qui, survenant à son heure, suit normalement ses phases, se dissipe sans danger, 
se montre dans toutes les conditions. Pour y voir un empoisonnement, il faut 
faire abstraction de toutes les lois de la pathologie; 2<* l'infection purulente, 
caractérisée par son début brusque, ses accès fébriles, sa marche et sa gravité 
sans rapport avec la lésion point de départ, ses altérations anatomiques spéciales 
toujours identiques. C'est un empoisonnement opéré par la plaie, et l'influence 
du milieu prouve que le poison vient du dehors ; 5® l'infection putride aiguë 
et chronique. Aiguë, elle suit les grands traumatismes, les attrilions profondes 
des tissus. Elle se reconnaît par l'œdème gangreneux à marche envahissante, 
les symptômes de la septicémie aiguë expérimentale, la rapidité de la mort et 
les lédions gangreneuses en voie de développement. L'infection putride chro- 
nique, véritable auto-infection, est consécutive à la décomposition du pus à l'air 
dans les vastes foyers et à l'absorption des produits septiques. Elle est caracté- 
risée par la fièvre hectique, le marasme, et, si le blessé succombe, par l'absence 
des lésions de la pyohémie. 

Eu somme, dit le savant inspecteur de la médecine de marine, un fpit capital 
est admis par tous les chirurgiens : Dans des conditions connues, déterminées, 
l'atmosphère des salles des blessés s'imprè:;ne d'émanations délétères, dont les 
plaies sont le point de départ ; elle les dépose sur les pièces de pansement, sur 
les objets de literie, sur les surfaces traumatiqucs ; celles-ci les absorbent, il en 
résulte une intoxication spéciale, dont l'angioleucite et i'érysipèle sont les mani- 
festations les plus atténuées, dont l'infection purulente est la plus haute expres- 
sion. La nature de l'élément toxique est inconnue, mais Rochard pendie vers 
la probabilité d'un ferment spécial, qui circule avec le sang et se fixe dans 
quelques points des organes. 

Landau, au troisième congrès des diirurgiens allemands (1874), résumait 
dans les propositions suivantes les données acquises sur l'étiologie des fièvres 
traumatiqucs : 1" Les substances putrides sont caractérisées par l'existence de 
bactéries, point de départ indirect de la fièvre traumatique primitive et de la 
septicémie ; 2^ il est probable que la septicémie est due à la spécificité des 
bactéries ou du poison moi bide, résultat de leur action; 5<^ il est possible, niai< 
non prouvé, que la pyohémie provient de ce que les bactéries putréfient les 
thrombus veineux ; A^ la pyohémie et la septicémie peuvent survenir sans foyer 
notable, le poison est donc spécifique ; 5° la septicémie et la pyohémie sont 



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SEPTICÉMIE. 103 

produites par un agent toxique spécial différent du poison putride, agent qui, 
selon son action et son mode d'ubsorption, produit soit isolément l'une ou Tautrc 
de ces fièvres, soit la septico-pyohémie. 

L'étude de la fièvre puerpérale, au point de vue de sa nature et de ses causes, 
est activement poursuivie. D*Espine, s'appuyant sur les travaux antérieurs et 
sur ses expériences personnelles, conclut à son origine septique et la désigne 
sous le nom siguiûcatif de septicémie puerpérale. G*e t dans Tutérus qu'il faut 
chercher Torigine du poison et les conditions spéciales qui favorisent son absorp- 
tion, pour sui7re ensuite ses effets locaux et généraux sur l'économie. Les 
lochies dans les premiers jours seulement, et surtout du second au quatrième, 
renferment un nombre considérable de vibrions et de bactéries, qui disparaissent 
dans les couches normales, non fétides, dès que les lochies ont pris le caractère 
de pus. L'expérience montre que l'injection, dans le tissu cellulaire d'un lapin 
ou d'nn cobaye, de sang normal, de mucus vaginal, d'eau de l'amnios, n'est 
suivie d'aucun accident. L'injection d'une solution filtrée de lochies recueillies 
à la fin du pi*emier jour détermine toujours une fièvre appréciable, mais de 
(rèsHU)urte durée et sans autre signe d'intoxication. L'injection d'une solution 
filtrée de lochies recueillies à partir du troisième jour détermine une fièvre vive 
et persistante, un abcès au point d'inoculation, et entraine souvent la mort de 
l'animal avtc tous les symptômes de la septicémie. C'est surtout par les lympha- 
tiques que sont absorbés les produits septiques, pendant que la phlébite interne 
suppurée donne lieu aux lésions métnstatiques de la pyohémie. Pour d'Espine, 
les pleurésies, les arthrites, les phlegmons et abcès sous-cutanés, les inflamma- 
tions diffuses parencliymateuses, sont des lésions imputables à la septicémie 
puerpérale. 

Quin(|uaud considère également la. fièvre puerpérale comme un accident du 
tnuunatisme représenté chez les accouchées par la plaie utérine, les éraillurcs 
du col, du vagin. Cette fièvre se montre dans plus de la moitié des cas, débute 
à la fin du hocoud ou au commencement du troisième jour ; après le quatrième 
ou le cinquième, elle annonce des altérations de l'utérus ou de ses annexes. 
Les accidents infectieux sont caraclérbés par la présence dans le sang de fila- 
ments et de bâtonnets immobiles, et probablement par un état particulier de la 
fibrine, et non par des bactéries. Us consistent en des lymphites, des abcès de 
la vessie, du cerveau, des kystes purulents de l'ovaire, des pneumonies, des 
arthntes, des phlegmons ditfus. En somme, les accidents se rapprochent de 
l'infection purulente avec laquelle ils coïncident souvent, et les lésions sont les 
mêmes que chez les blessés : abcès viscéraux et arthropathies peut-être plus fré- 
quentes, phlegmons diffus disséminés, multiples, putrides, méningites, pleu- 
résies, endocardites, érysipèles, stéatoses aiguës du foie et des reins. Chez les 
enfants on constate au reste les mêmes accidents infectieux. 

Bouhon distingue la fièvre puerpérale proprement dite de la fièvre de lait, qui 
n'est en réalité qu'un accident du traumatisme utérin, plus ou moins aggravé 
par la lenletir de l'accouchement, les hémorrhagies, l'inertie utérine, la rétention 
de caillots, de débris placentaires, enfin la constitution médicale. Après le 
septième jour, on a affaire à une fièvre traumatique secondaire ou inflammatoire, 
due à des complications vers les mamelles ou les organes pelviens. Courty 
rapproche la fièvre puerpérale de l'érysipèle contagieux et de la pyohémie, et la 
lait l'entrer dans la classe des affections contagieuses et des altérations du sang. 
Développée, elle peut se propager par les miasmes nosocomiaux auxquels elle 



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1(^6 SBPTIGfiMIE. 

a donné naissanee et déterminer la septicémie chez dès femmes en puerpéralilê 
et chez les opérés dans un hôpital. Heiberg, Erichsen, admettent l'analogie et 
presque l'identité étiologique des septicémies puerpérale et chirurgicale. Rokî- 
tansky se range à cette opinion et constate dans les lochies des fbmmes malades 
la présence plus fréquente de leucocytes granuleux et de bactéries. Lee admet 
une spécificité liée à l'existence de microbes trè»-ttbondants, dans les lympha- 
tic[ues et dans les capillaires Scinguiiis. Ils donnent aux embolier et aur abeès 
le caractère septique. Suivant Landau, la flèTre puerpérale se propage par trans- 
port direct et par inoculât ion du poison spécifique sur la plaie génitale. Le viros 
cadavérique peut la produire comme il produit la septicémie et k pyohémie. Ce 
n*est pas Fabsonptrôn de matières simplement putrides, mais celle d*une sub* 
stanee spéciale trës^iflérente des^ produits^ de la putrél^tion et de ses agents, qui 
occasionne les accidents d'empoisonnement; eHe est très-tenace et ti^résistante. 
La contagion se ftiit directement par le transport par le personnel et non par Tair, 
comme le prouve Tinsuccès des mesures d'évacuation, d'isolement et de destruc- 
tion des prétendus germes morbide» attachés aux bâtiments. 

Toumatoire (1876), après un exameu complet des nombreuses théories 
émises sur la natui'e de la* fièvre puerpérale, conclut à une simple modification 
profbnde des forces vitales. Gadey, rejetant la comparaison de la femme aoeoiH 
cfaée au blessé et à l'opéré, distingue nettement les accidents imputables au 
traumatisme de la parturition des gvaves phénomène? morbides qui consttloent 
l'infection puerpérale. La rétention du placenta, comme la métrite gangreneuse, 
peuvei^ élre Torigine d'une véritable septicémie; mais^ la fièvre puerpérale 
proprement' dite est une pyrese essentielle-, distincte à la fors de Tinfection pam- 
lente et de la septicémie. 

Pioupe inôste sur la fréquence de la lymphangite utérine, ordinaireisent 
confondue avee la phlébite, et à laquelle doivent être rapportées les lésieos 
septioémiques. L'accouchée n'esL pour lui, comme pour Komorowski, qu'un 
blessé avec plaie utérine. Cependant Fouassier n'a pas trouvé dans ces condi- 
tions plus de leucocytes dans le sang qu'à la suite de couches normales, à 
l'opposé de ce qui se passe dans les lièvres septiques chirurgicales. Olshausen 
se remise également à considérer la scariatine dite puerpérale comme une de 
ces éruptions* cutanées si- communes dans les affections septicémiques. Pour cet 
auteur, elle se montre parfois dans les suites de couches les pius normales et 
avec tous les caractères d'une fièvre éruptive ordinaire. 

Léburd étudie les lésions des organes^ génitaux extenies chez* Ite nourelles 
accouchées, et leur influence sur le développement de la* septicémie puerpérale. 
Tous les accidents Cébriles du puerpérisme résultent d'une intoxication par 
absorption de produit» septiques. €ari Schroder, le premier, a soutenu Topi- 
nion que la fièvre dite puerpéitde n'esiquele résultat d'une résorption putride, 
et signalé les déchirures du col et de ta muqueuse vaginale et vulvaire comme 
plus importantes pour cette résorption que la pkie placentaire. Charpentier 
(1865), Winokel, d'Bspine, ont confirmé oette tbéeriei U feut donc entendre par 
sepiioémie puerpérale l'ensemble des accidents qui se montrent chez les femmes 
en oo«ehe et sont déterminés par l'absorption de matières septiques à la 
surface des sohittoDS de continuité du canal utéro^vaginal. La fièvre puerpérale 
n'offre rien de spéeifiifue ; elle est> analogue aux phlegmons, à la> pyohémie, à la 
septicémie chirurgicale, et n'en diffère que par le lieu d'infection* En même 
temps que des plaies récentes, ouvertes à l'absorption du poison septique, 



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SEPnCÉMiE. W7 

rétat général de Faooeuehée vient favoriser œtle résoipUon. Comnie la septi*- 
eénie ehiinigicale» rinfediMi puerpérale est antochthone ou hëtëroebthone. La- 
première s*obfier?e apte» les^ parturitions hborieuaes estraibaiit des traums»- 
lismes violenta, à la snitade la rétention ôa parties putréfiées, des inflamiBatîofls 
oatorrkfllesdea voies génitales, sources de sëorétions acres et fétides. La seconde 
est le résultat d'iuie inleotion directe par le contact, ou indirecte par les 
HÔasiMs de ratmosphère ; elle s'obserre surttMit pendant les épidémies. Quant 
a«x aecideoft», ik varient arec la qsantifté du poéson absor&é , et peut-«lre avec 
la nature du toxique. En tout cas, on peut les classer en trois groiqnes : l^* les 
cas légers, avec fièvre médioev», température de 2 degrés au-desstis de la nor- 
male, sentftKté des plaies vulvaires,. absence de piiénomènes généiranx; 2* les: 
cas moyens : abeès périrutérins, nausées, fièvre vinre,. etc. ; 5^ les cas> ordinaire^ 
ment morteb (foà se subdivisent en deux groupes : a) fièrre intense, absence de 
péritonite, ^mptômes typhoïdes^ infection purnlente aveo abcès méiastatiques; 
b) mêmes phénomènes avec péritonite en plus. Ces- derniers semblent le résultat 
d*nne absorption éttorme par la plaie placentaine, absorption favorisée par 
l'abseoce de retrait de f nt^s après la parliuritioii. La fièrre de lait, eoraane 
Tadmeftent Stoh, Picot, Natalia Guillot, Depaul, etc., n*est qu'une septicémie 
légère. 

k côté de la fièvre puerpérale, faut^^il placer dans le cadre des septicémies 
les acàdeots variés <fui suivent les maladies des voies nrinaires, et surtout les 
opérations pratiquées sm- letoanallurétliral et'dan» la vessie? Velpean, I3 premier,. 
semble amr signalé les. arthrites consécutive» au eatbétérisme et aux opérations' 
pratiquées sur l'urèthre (i^40). Il les rapproche des accidents de llinfectioo 
ponilente, et admet i'hjipolhèse de Tentiée dans le sang de certains principes 
de Turine, poor eiplii|aer la fièvre,, mais il est anrété par l'absence fréquente,, 
dans ces cas, de tente lésion, apparente des organes. Reybard invoque Tinflan^ 
matioR ; Bonnet (de Lyon), nft trouble de la oaloriûcatien ; Perrève, une aetioD 
nerveuse; Heurteloup, une défaillance nerveuse. Perdrigeen (185Â], Pbihpsy 
6iviale (1 859), Sédillot,eroient à Tintroéuction, dans le sang, de Turine plus ou 
moins ahérée oa de quelques-uns de ses principes Brun. (1^60), tout en consta- 
tant Tanalegie des symptômes avec eeux de Tinfeetion purulente, rejette Tidée 
de résorption urineuae et reconnaît comme cause de la fièvre urélbrale une 
donlear sui generis. TVoussean invoque le développement d*uiie phlébite eu d'une 
pyélo-néphrite, pendant que Merteier,. Mauvais, Marx., attribuent lea accès fébriles 
intermittents et le» pfalegmasîes spéciales à une élimination incomplète des 
matériaux de Turine. 

Avec Maisenneuve, son élève Saint-Germain (1861) revient à la théorie de 
la résorption urineuse, dont la vérité ressort de ce fait d'observation jouma«> 
lièrt, ^e le frisson n'apparaît jamais qu'après la première miction. La gravilé 
des accidents et leur variété sont soas la dépendance des qualités de Turiiie 
résorbée et de Taccès pins ou mœns libre du liquide. Cependant Dolbeau (1864) 
invoque de nouveau k congestion rénale, empêchant Télimination des maté- 
mnx de Turine ou ambiant le développement de composés toxiques^ et Malherbe 
se rattache à peu près à cette explication* 

Reliquet, rappelant le rôle protecteur de Tépithélium, démontré par les expé« 
riieeg de Mââs et de Susini, reeomiait pour cause de tous les accidents 
d'inloxieatîon urineuse la pénétration de l'urine dans le sang, soit par une 
fdaie, soit par absorption au travers du chorion dénudé. 11 admet une intoxica- 



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108 SEPTICÉMIE. 

tioa aiguë à forme bënigne avec un seul accès fébrile, ou des accès se repré- 
sentant à intervalles réguliers, mais peu intenses, et une forme très grave, sou- 
vent mortelle dès la premièi*e atteinte, mais qui en se prolongeant peut être suivie 
de phlegmons, d'arthrites suppurées, d'une éruption cutanée plus ou moins 
généraliste et presque toujours rapidement pustuleuse, enfin d'abcès viscéraux 
métastatiques. Tout en constatant l'analogie très-grande de cette fièvre uré- 
Ihrale avec la pyohémie, Reliquet, en raison de Torigine différente, de la gué- 
rison fréquente de l'intoxication urineuse, ne peut admettre la nature identique 
de Tagent toxique. 

La fièvre ou intoxication urineuse spontanée, observée dans le coui*sdes affec- 
tions qui déterminent la stagnation, dans Turèthre ou dans la vessie et les uretères, 
d'une urine habituellement altérée, reconnaît la même origine. La fermentation 
ammoniacale du liquide amène la destruction de l'épithélium protecteur et 
permet la résorption. Les accidents revêtent une marche plus lente, des formes 
plus variées, mais, en somme, ils relèvent tous d'un empoisonnement du sang. 

Thompson manque un peu de clarté. Il parait cependant disposé à attribuer 
la fièvre intermittente uréthrale à Tanurie consécutive aux traumatismes du 
canal et à la rétention de l'urée dans le sang. Elle est surtout fréquente lorsque 
les reins sont altérés. 

En somme, deux explications peuvent être invoquées pour le développement 
des accidents de Tintoxication urineuse : 1^ l'urémie ou l'accumulation dans le 
sang des matériaux de l'urine par suite de lésions des reins qui gênent ou 
abolissent leur fonction; 2"" la résorption de l'urine plus ou moins altérée. 
D'après Girard ces deux théories sont vraies, mai< elles s'appliquent à des phé- 
nomènes différents. Les deux causes se trouvent même assez souvent réunies: 
de là la complexité apparente des faits. A l'urémie appartiennent les accidents 
pernicieux; à la résorption urineuse appartiennent les accès fébriles intermit- 
tents et les abcès multiples, la fièvre pseudo-continue, enfin la fièvre hectique 
avec diarrhée, dyspepsie et quelquefois vomissements. 

Dans le cours d'une affection urinaire, les altérations des organes, aidées 
quelquefois par l'intervention chirurgicale, favorisent l'absorption d'une urine 
plus ou moins décomposée. Les accidents peuvent se classer dans trois groupes : 
i** accès fébrile unique, guérison rapide; 2* accès répétés, état grave, mort ou 
rétablissement lent ; 3<^ accès suivis d'inflammations et d'abcès multiples sur- 
tout articulaires, mais aussi musculaires et viscéraux. Jamais ces accès fébriles 
ne se produisent, hors d'urines altérées, louches, à dépôts abondants, réunies 
à des conditions anatomiques permettant leur absorption. Dans le troisième 
groupe sont souvent confondus avec l'intoxication urineuse des cas d'iafection 
purulente et de septicémie. 

Paulet voudrait qu'on substituât au mot de fièvre uréthrale le terme plus 
juste de fièvre urineuse. L'alcalinité de l'urine est intimement liée au dévelop- 
pement des organismes inférieurs, agents de sa fermentation. C'est labsorption 
de ces produits de fermentation qui détermine l'ammoniémie. Sans rejeter 
absolument la théorie de l'ammoniémie, le savant professeur de Lyon pense que 
le carbonate d'ammoniaque est résorbé en trop petite quantité pour être consi- 
déré comme la cause des accidents. 

Le professeur Gosselin a cherché à déterminer par l'expérience les rapports 
de la fièvre urineuse avec l'état ammoniacal de l'urine. H admet au reste comme 
causes des accidents urineux : 1« Iss altérations rénales et l'urémie; 2^ la 



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SEPTICÉMIE. 409 

résorption d'une urine altérée ou décomposée , par une solution de continuité 
de la vessie ou de Turèthre. Mais on connaît peu ou mal les réactions chimiques 
qui se font entre les principes multipliés contenus dans les urines muqueuses, 
purulentes ou sanguinolentes, et les produits uhinies plus ou moins stables 
résultant de ces réactions. L'expérience montre que le carbonate d'ammoniaque, 
injecté sous la peau en solution aqueuse, ne produit d*accidents locaux sérieux 
(suppuMtions, fusées purulentes) i|ue lorsque les injections sont répétées pen- 
dant longtemps, et d'une façon pour ainsi dire continue. 

L'urine acide normale, de densité moyenne 1023, injectée par petites doses 
soccesst?es dans le tissu cellulaire, est facilement résorbée; elle ne produit que 
des lésions locales peu sérieuses, ni suppuration, ni gungrètie. Elle peut déter- 
miner à la longue des accès de fièvre, ptéeentant une courbe thermique assez 
analogue à celle des accès fébriles qui suivent le cathétérisme. Mais la tempéra- 
ture revient bientôt à la normale, et pendant un temps très-Ion*; les injections 
d'urine sont bien tolérées et n'occasionnent pas de phénomènes graves. Pour 
amener la mort, il faut introduire le liquide en quantité considérable. A l'au- 
topsie, les l^ons viscérales sont insignifiantes, les reins seuls présentent une 
légère congestion. 

Les injections sous-cutanées de carbonate d'ammoniaque en solution dans 
Torine produisent : i^ des accidents fébriles, i*apides, continus, et une mort 
rapide; 2* des lésions locales intenses. Il faut employer des doses d'autant 
moins considérables, que le liquide renferme une plus grande proportion de 
carbonate d'ammoniaque. Dans ces expériences, les phénomènes morbides 
ofl'rent de l'analogie avec certaines formes de la fièvre urineuse, et avec les 
accidents locaux des infiltrations d'urine. 

Les injections sous-cutanées d'urine spontanément ammoniacale sont plus 
intéressantes encore : i^ elles déterminent rapidement des accidents fébriles, et 
en variant les modes d'injection on peut reproduire à volonté les différentes 
formes thermiques de la lièvre urineuse ; 2® l'urine altérée est très-toxique, et 
sa nocuité augmente avec la quantité de carbonate d'ammonniaque qu'elle con- 
tient; d^ les lésions locales expliquent les accidents locaux analogues observés 
chez l'homme, quand les tissus divisés sont mis en contact avec une urino 
ammoniacale; A'* les lésions viscérales sont les mêmes qu'à l'autopsie des sujets 
morts de fièvre urineuse; 5^ le pouvoir toxique de l'urine est plus considérable, 
longue son action s'exerce au contact de l'air; 6® la rapidité avec laqueîle une 
urine normale, mélangée de pus et de sang, se décompose au contact de l'air et 
des éléments anatomiques exposés, explique comment les accidents fébriles 
peuvent survenir après des opérations sur les voies unnaires, même alors que 
l'urine est acide avant Tintervention chirurgicale. 

Il résulte donc des recherches de Gosselin et A. Robin que le carbonate 
d'ammoniaque joue un certain rôle dans la production des accidents qui sur- 
viennent après les opérations sur les voies unnaires, mais qu'il n'en est pas le 
seul facteur. Une urine fétide est plus toxique qu'une urine non fétide : elle 
renferme donc des principes jusqu'à présent inconnus. 

En terminant, Gosselin signale les analogies qui rapprochent la fièvre uri- 
neuse de la septicémie chirurgicale. Les micro-organismes, vibrions et bactéries. 
qui existent en quantités innombrables dans les urines ammoniacales, peuvent, 
absorbés avec eux, joindre leur action à celle du carbonate d'ammoniaque et 
des antres composés chimiques. La fièvre urineuse serait ainsi un ensemble de 



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il(» SEPTICÉMIE. 

symptiffiAs Gomplexes dû aux effets synergiques de poisons chimiques et de 
poisons aepiiqwes. Les faits plaident en faveur de rhyp«lhèsd que oes organismes 
microscopiques agissent sur ies constituants chimiques du sang à la manière 
des ferments. Dans trois expëniences, le sang exannné au moment de k mort 
contenait une grande quantité de bâtonnets et de corpuscules jurrondis et 
mohiles. La dilution à un millionième d'une |;outtie Ae saog puisée dans le 
<!iBur d*un de ces lapins lue un cobaye en tiM>is jours, et à Taiitoipftie ea 
constate : le sang vioiacë et liquide, ime coloration intense de la hase des pou- 
mons, dans le foie des points blancs-^unâtnes, pointillés de rougiB, gros comme 
une 'tête d'épingle, très-nombreux, termes par des oellules hépatiques .en Toie 
de dégênéiesoence granuleuBe, quelques leucocytes, des Tibrions et des ooiipUs* 
oïdes mou«antA. Qtu>iquun eMunen iprobableaient insufiSsant n*aiâ pas montré 
dans le sang des bâtonnets mobiles, symptâmes «et tésions sont Jnen ceui de la 
septicémie. 

bans sa remarquable étude sur TaidMn de rair sur las plaies, G. Puni «borde 
nécessaii'emeiit la question de la septioémie chirurgicale et de ses manilestations 
iliveraes. La théorie septicémique du tétanos, déiandue par BiUroth^ Roser, 
Richardson, Travers, lui paraît, ainsi qu'à Ri'chelot, inacceptable ^squ'ici. La 
fièvre traumatique s obaerve en dehors de tout eontaet de l'air. Guériu, Larrey, 
Chassaignac, l'eot oonstatée après la méthode aoui-calanée, les , pansements par 
oecluaieiu la réunion immédiate* mnis toHjOAH^peu prononcée. Sous le pansement 
ouaté (Conord, Uervey) elle est oenstante, quoique Arèsraiténuée.A^emeuil, plaçant 
à eôté de blessés atteints de s^ptioémie des st^jets^sans plaies expasées-et enattente 
d'une opéeation, voit leur température s'ékfer jundessus de la normale et d'une 
façon très-nette. Lucas-Ghampionnière a constaté le même fût ahez les femmes 
saines placées dans des salles où règne la fiènre puerpérale. U/auidonc oonolure 
que rinflueiice d'un milieu miasmatique sur une plaie, par rapport à k fièvre 
traumatique, ne peut être rigoureusement établie, icette influence se confondant 
«vec l'action que le milieu oxerœ .conjointement «ur rK)igamsme soÂt «par k ^roie 
puhnonaire, soit par une autre voie. 

Les fièfres aeoondaires locales, érysipèle, lympbite, piilébite, «poradiques ou 
épidéiBiqHes,et pcobid>lement oonkgieuses,soiH le résultat de la pénétraiion 
ibne 'l'économie des produits putrides des pilaies. Vemeuil considère Térysi^le 
précaee comme de nature septicémique. Cm aileciions prennent le caractère 
4pidémique d^pa des circonstances où toiymuis L'atmosphère est chai*gée de 
principes, putrides. De même à Tétat spontané^ coonne dans les traumatiames 
exposés, l'intoxication piuUride est k condition essentielle de leur production. 
Elles sont donc d'origine septieémique. 

Puel rapporte l'infection putride à l'absorption du pus altéré au contact de 
l'air ; k pyohémie, à k. résorption d'un élément putride engendré à k furfiice 
desflaiesexpofiéeaet priooipafementdes piaies osseuaeA, élément qui empoiaonoe 
le sang. 

Toutes les théories lémisessurk paUiogénie de l'infection putride antochthone 
(Verneuil, Gosselin, Guérin) reconnaissent la production detmatière putresdUe 
à la surkoe des plaies, la transformation de cette matièee donnant naissance à 
l'élément septique, enfin l'^sorpktion par la plaie de cet télément septique. Hais 
les uns attribuent k formation de cet agent toxique k l'action physico^chimique 
de l'air; les autres, à l'influence des germes. Puel, s'appuyant sur les obsema- 
tions kites sur la auppuralion des plaies dans les pansements ooatés et aottisep* 



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SEPTICÉMIE. m 

tiques, niyette la .théorie. de Pasteur et d'Àlph.iGuérin.ILadmetquala rjsoqition 
de pas noa putride et isans 3nioix)bes peut donaer naissanee à Imtoxiottion 
putridft, pendant que le pus putride et cbaiigé d^erganismes ioDérieurs ne se 
montre pas constamment toxique. Se rattachant à la théorie de BobtE, iiooneiut : 
c A la surface d'une plaie exposée, la matière organique putrescible subit le 
phénomène de la décomposition putride, passant d'abord par Tiétat virulent et 
arrivant ensuite à Véûi putride. A chacun de oesdeiûc états correspond la 
formation «ur lo plaie de produits toxiques distincts, J'un virulent, l'autre 
putdde, de nature ohijiûque. A tel momeEt .donné la matière putride de èa 
plaie peut donc fournir, sait un .principe iaxique virulent !seul,^t un toKÎque 
putride seul, soit an principe taxiqueconiplexie mélangé en propwrtions indéfinies 
de chacun d'eux. » J)e là les effets diCGérents jde l'iuloxicatiim putride, tantôt 
iaclinaat vers la pf ohémie, et tantôt vêts la septicémie. La virtUenee se produit 
hors du contact de l'air, elle explique les intoxications des plaies récentes, les 
effats du pus non.Détide, la piqûre an atomique, les 9q)tioéiiii€s dites médicdes. 
La matière toxique de la putridUé résulte au contraire d'une action chimi(pie, 
essentielle, indispensable, favorisée par la chaleur, l'humidité, l'état électrique, 
l'agitation de l'atmosphèi'e. De là la disiinction admise par Colin (d'Alfort), 
Landau , Onimus, jSignol, Chau^eau, entre les ^ffete .du sang septicémique 
viruieiit, et l'action du -sang putréfié à l'air libre, poison chimique. La putridité 
lue la virulence, jet le sang de sujels atteints d'infedion pitride ohimique n'a 
pas de propriétés viinientes. 

Pour l'intoxication putride épidémique, hétérochthone, les théories de 
\emeuil, A. Guérin, J. Guénn, Goaselin, fiiUroth, Gical4ès, léakonneuve, Coze 
et Feltz, etc., se rédmseot en somme à deux interpnéèatioBs : i^ l'intoucation 
putride hétérochthone jésuite d*une,in&ueaee , générale de rsiricomne milieu 
BÛasfDBtiqae indéterminé. L'atmosphère, par l'actioa des -plaies et de l'eiioom- 
brement, est chai^gée dematériaux putrides. Ceux*ci,péflëtiiaat dans l'oiganisme, 
jBêdiiiettt à la fois l'état géaéral et :1a plaie et facilitient ainsi la formation du poi- 
son putride en mène temps que son absoirption; .2* l'héiéro-tufection résulte 
de L'acUoQ de l'air comme milieu .miasmatique défini, ipartîoulier, an contact 
avec les plaies et l'ongaaisme. L'air diargé d'un principe miasmatique défini 
(moléculaire, virus ou ferment) pénètre dans. le sang par la plaie ou par toute 
antre voie et contamine le sujet à distance. 

Tous admettent la présenoe dans 1 atmospbèBe de particaks mdrphoh)gi(pKS en 
suspension, inoigaaiques pour les uns, organiques pour les autres, animales oh 
végétales. Les particules organiques, fibres végétales, amidon, cellules d'épithé- 
lium ou de pus, organismes inférieurs, ferments de putréfaction, abondent dans 
l'air des salles d'hôpital, dans les poussières. Mats les tentatives faites pour 
transmettre eiqpérimentalement les diverses formes de l'infection putride à l'aide 
de liquides chargés de ces principes atmosphériques (Lutte, KoenigiCtc.) sont 
restées sans résultats concluants ; elle n'ont jamais produit que la septioénde. 
En somme, l'air peut servir de véhicule à des matières organiques diverses et 
particuliàremeut à des principes putrides provenant des plaies an suppuration. 

L'air, empruntant aux plaies des matériaux de leur surface,, les dépose sur la 
plaie ou fes introduit dans l'organisme par toute autre voie, et feur pénétration 
dans le sang amène une moclification de l'état généi^l, d'où résulte une facilité 
plus grande à la transformation putride des exsudats de la plaie et à leur 
abs^NTption. Les observations d'Axenfeld, de Gavarret, Verneuil, Crooq, 



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112 SEPTICÉMIE. 

J. Guërin, Mathieu, démontrent les qualités nuisibles de Tair chargé de 
particules putrides, quel que soit leur mode d'action. Puel conclut que faction 
de Tair sur les plaies, comme milieu miasmatique en général et sans caractère 
de spéciûcité, est une cause du développement de Tintoxication putride 
hétérochthone. 

L*action de Tair sur les plaies comme milieu miasmatique déterminé et 
spécifique parait à Puel beaucoup moms évidente. S'appuyant sur les multiples 
expériences négatives dont nous avons expliqué plus haut Tinterprétation 
erronée, il admet avec Billrotli, Leplat, Onimus, etc., que le miasme qui donne 
lieu à rintoxication putride hétérochthone ne peut être un organisme ferment, 
en tant qu'élément actif par lui-même, et sans prétendre qu'il ne puisse servir 
de moyen de transport à un principe virulent seul responsable des accidents. Il 
est évident que 1 agent contagieux apporté par l'air agit à dose infiniment 
petite, et qu'il jouit de propriétés virulentes incontestables. 

A la fin de sa longue et remarquable étude, Puel donne des conclusions 
que nous résumons ici le plus brièvement possible. Le contact prolongé de 
l'air morcifie les éléments anatomiques ; s'il est froid, ses effets locaux sont 
plus prononcés. L'air impur, chargé de miasmes putrides, amène la dégéné- 
rescence putride des éléments, le phagédénisme par gangrène moléculaire, la 
complication diphtliéroïde contagieuse des plaies. Il accroît la fièvre traumatique, 
probablement par son influence générale sur l'économie. Les fièvres cliirurgi- 
cales, à l'état sporadique, endémique ou épidémique, sont dues à l'intoxication 
putride. 

Dans l'intoxication putride autochthone, l'air par son action physico- 
chimique mortifie les éléments anatomiques, influence l'apport des exsudais, 
forme une matière putrescible. Dans la transformation de la matière putrescible 
pour la production de substances toxiques il y a deux opérations : la première 
aboutit à la virulence, l'air n'y joue aucun rôle ; la seconde, à la putriiiité, l'air 
y concourt par son action chimique et p.ir l'apport de quelque chose d'indéter- 
miné. Enfin, la pression atmosphérique est un agent d'absorption. 

Dans l'intoxication putride épidémique hétérochthone, l'air se charge au contact 
de la plaie de quelques-uns de ses éléments morphologiques. Gomme milieu 
miasmatique en général, le dépôt de molécules putrides sur les plaies hâte la 
décomposition putride des matériaux de leur surface. Agissant sur Técononiie, 
l'atmosphère viciée modifie les chairs, augmente les grangrènes moléculaires 
et par la débilitation favorise l'absorption. L'intoxication par un miasme 
spécifique virulent est actuellement démontrée, mais ce miasme n'est pas un 
organisme-ferment. C'est un poison organique de la nature des venins ou un 
virus proprement dit. Verneuil a démontré du reste la nécessité de reviser 
aujourd'hui la classification des substances infectantes inoculables et morbi- 
gènes. Les faits plaident en faveur de la théorie de Robin sur la nature des 
intoxications chirurgicales. 

L'crysipèle, l'infection purulente, sont des intoxications par un principe 
virulent transporté par l'air atmosphérique : de là la contagion et l'épidémicité. 
L'infection putride de Bérard est une intoxication par un poison chimique, 
agissant seulement à dose relativement élevée, non transportable à l'air ; elle 
n'est pas contagieuse. En clinique, l'érysipèle, l'infection purulente, résultent 
de plaies virulentes et à pus sans odeur ; Tinfection putride, de foyers oii la 
suppuration putréfiée a pris une odeur fétide et repoussante. Par l'expérimentci- 



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SEPTICÉMIE. 115 

tion, rinjection du sang d'une femme morte d'infection putride ne détermine 
chez les animaux ni yirulence, ni septicémie (Maurice Raynaud] ; Tinjection 
du sang de chevaux morts de gangrène traumatique n'occasionne pas d'acci- 
dents (Bouley, Colin). Le sang des sujets atteints d'infection putride (type 
clinique) n'est donc pas virulent, et cette affection n'est pas le résultat d'une 
intoxication virulente. Au contraire, l'injection du sang d'une femme morte de 
pyohémie spontanée (M. Raynaud), sans accès de l'air, détermine chez les 
lapins la septicémie virulente. 

En terminant cette longue analyse, nous devons remarquer que Puel ne fait 
dans son mémoire aucune mention de la septicémie chirurgicale proprement 
dite, dont la nature contagieuse et les propriétés virulentes, précisément parce 
qu'elles sont en désaccord avec la théorie qu'il adopte, méritaient, il nous 
semble, une discussion approfondie. 

A peu près à la même époque (1877), nous occupant également dedétenniner 
Taction de Tair sur les plaies, nous avons étudié son influence par ses qualités 
physiques, ses composants chimiques et les corpuscules solides, minéraux ou 
organiques, poussières, germes, microbes, dont il est ordinairement chargé. 
L'action physique de l'air est de nature irritative, peu importante du reste. 
L'action chimique, due principalement à l'oxygène, s'exerce sur les tissus dénu- 
dés, les éléments anatomiques privés de vie et les liquides sécrétés dont elle 
entraîne la décomposition putride. Dans la putréfaction prennent naissance des 
composés chimiques définis (acide sulfhydrique, ammoniaque, carbonate et 
sulfhydrate d'ammoniaque, leucine, tyrosine, acide butyrique, etc.) et des 
substances non définies (septine, sepsine ou pyine, gaz putrides). Les corps 
dissous ou tenus en suspension dans les liquides exhalés exercent sur les plaies 
par contact direct, et sur toute l'économie par absorption, une action nocive et 
malfaisante. 

Cette action toxique, véritable empoisonnement, s'exerce sur le blessé lui- 
même par sa plaie ; sur les blessés voisins, par leurs plaies également, et peut- 
être par la voie pulmonaire. 

Mais, disions-nous, l'action la moins contestable qu'exerce sur les plaies l'air 
atmosphérique est celle qu'il emprunte aux éléments qu'il tient constamment 
en suspension, ou par lesquels il est accidentellement vicié. Ces éléments sont- 
ils umquement les germes d'organismes inférieurs qui, trouvant dans les plaies 
des conditions favorables, s'y multiplient rapidement et envahissent ensuite 
toute l'économie? Ainsi l'admet la théorie des germes. Nous rejetions alors 
l'adoption exclusive de cette doctrine, en essayant de démontrer que le milieu 
extérieur ne possède une influence pernicieuse que dans des conditions spéciales. 
Pour nous, la plaie exposée joue un double rôle dans la production des accidents 
septiques. Elle est la source des miasmes ou agents infectieux qui se forment au 
contact de l'air et par son action. Mais, de plus, c'est par son contact avec cette 
plaie altérée que l'atmosphère se charge du principe, du miasme septique, et 
que, viciée, elle devient à son tour le véhicule et le propagateur de l'agent infec- 
tienx. C'est elle qui le dépose à la. surface des plaies jusque-là restées saines, et 
la solution de continuité se trouve ainsi et la source du poison, et la porte 
d'entrée qui lui permet d'envahir toute l'économie. On comprend aussi que le 
blessé puisse s'infecter lui-même et verser dans l'atmosphère le miasme qui, 
par son action sur les plaies voisines, y développe les mêmes altérations. De là 
la production des épidémies. La nature de l'agent infectieux est encore inconnue» 
DICT. EXC. 3« s. IX. 8 



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lié SEPTICÉMIE. 

et les condilioBi nécessaires à son développement ae sontpas jusqu'ici nettement 
déterminées. 

Les bactéries de la putréfaolimi oonstituent-eUes une espèce distincte ? Les 
micro-organismes qui vivent dans les liquides pvlréfiés à la surfaoe des plaies 
sont-ils exactement les mômes que les organismes renooatrés dais le sang des 
blessés qui succombent à Tinfection putride ? iLes altérations kcales des plaies, 
dipbtbérie, pourriture d*hôpital, érysipèle, sont^^lles dues à Taotion des mêmes 
microbes qui, pénétrant dans le sang, vont donner naissance à la septioémie, 
à Ja pyohémie, à la £èvie puerpérale? ou bien chacune de œs affeoètoos, que la 
dinique distingue, résulte-telie de Taction d*un agent spécifique, d*un nacra- 
pbyte particulier ? A ce point de vue de la spécificité, laquestiao nous fiaraissait 
encore insoluble. Pour les accidents locaux, la théorie parasitaive rencontre 
toujours cette même objection : si les germes existent oonstanmient dans 
l'atmosphère, s'ils sont déposés par elle à la sunface de toutes les plaies, et ne 
se développent que dans certaines conditions, c'est que les parasites ne sont 
pas la cause eiSciente de la nudadie, mais un simple phénomène accidentel. 
Pour les accidents généraux, •Iestfièvrescfairurgicalei,iiou6adm0ltions comme la 
plus probable la doctrine septioémique, la théorie de l'identité, et nous pensions 
que ces diverses infections septiques étaient, non dee espèces morbides diflérentes, 
mais des formes diverses d'une seule espèce, (résuhast des conditions variables 
de la plaie et du blessé, de la septicité filus ou moins grande des produits 
absorbés. La pyohénie dans cette hypothèse n'était qu'une septioémie embolique. 

Zimmermann (d 876), étudiant les abcès multiples dn tissu oellulaire consé- 
cutifs à l'érysipèle, remarque que, constatés depuis longtemps, ces d^)Ms, ainsi 
que les collections purulentes des viscères, ont été considérés, tanik comme 
une simple ooîncÂdenoe, et tantôt comme des abcès métastdtiques (Gosselin)» 
Cependant ils diflerent des abcès de la pyohémie par leur siège superficiel, 
par leur moindre gravité, par ila fièvre moins violente et sans variations caracté- 
ristiques. Si donc il s'agit d'une pyohémie, c'est une forme adynamique et 
relativement bénigne de cette affection. Parfois la ppbémie n'est pas douteuse 
(Gosselin, 6 cas, Uesprés, 23 «ur f63). Suivant Reynaud et Lordereau rinfeotion 
purulente vient, dans ces conditions, de la plaie et de la résorption qui s'y fait, 
non de l'érysipèle. Lorain voit dans l'érysipèle une manifestation cutanée de la 
pyohémie. Nombre d'auteurs considèrent les ^deux affections comme le résultat 
d'une même cause, l'infection septique. Zimmermann rousse cette identité 
d'oiigine, certains érysipèles suivis d'abcès ne présentant jamais de caractères 
sepUques. Pour lui, l'infection purulente résulte de la réunion de deux 
conditions : d'une part, la résorption du pus ; de l'autre, l'absorption d'uu 
virus particulier venant de l'atnMsphère ou de la suppuration déoofnposée 
dans la plaie. Cette affection se montre sous deux formes : la promit, sim- 
plement purulente et bénigne ; la seconde, purulente et seplique, maligne, 
différant par ses symptômes et sa courbe tfaermométrique. Le pus résorbé, 
ajoute-t-il, est une cause d'infectioi particulière de l'organisme ; il imprègne 
tous les tissus qui le laissent pour ainsi dire suinter de toutes parts. Quatit à 
l'infection purulente traumatique, elle se rapporte à l'érysipèle seplique, qui 
peut être son effet, sa manifestatiim, plutôt que sa cause. U y a dans toute cette 
discussion une question de virus dont on ne connaît pas encove et dont on ne 
saura pas, peut-être d'ici longtemps, la nature et le mode d'action. 
La courbe thermométrique dans les fièvres traumatiques présente des caractères 



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Septicémie. uf^ 

'mafùhÊnta à étoditE. tBilkoth, Wdber^ Wonderliofa, aocuqitent et dëvttloppeat la 
théorie septioémiqiie 'tomme explication gënërale des fièvres cbirurgicalea. 
Wunderlich distingoelatfiàfretraujiiatique prinûtÂre (Wuodiieber) de la fièTie 
traumaUque secondaire (Nachfieber). 11 classe la fièvre de lait dans les pyreouet^ 
tranmaftiques, et, KMatrant les asoiilaiions theraiiques et les .variatioiis de la 
pjohéaiie et de k leptîiéinie, il les range an point ude vue de i la oouriie therini- 
qae dans le .groiiye des .fièvres è fermes epproxÎBMtivement typiques, c^estià- 
dire sans type nettement cacaetëriatique. 

Vemeuil, d*âprèB les publiaOnns^ les tbèaes de ses ^élèvea, comprend ainsi 
lescuites da traumatisme : 4* Àbsenoe de réaction £éiNriie« i^ Piendo^fièvre ou 
fiàvre< émotive. S* Fièvre 'traumatique ordinaire, oaissaotivers le troisième jour, 
duiant deax à trois ^jouva, et caraotériiée par l'intensité des iphënomènes 
^néravx etTéléRnltiûiiide la ten^ératore. 4* Fièvre traumatique graviç, s^ptioé- 
aiie traoaatique »ignê, -intoatcatÎDn pulrîde aiguë, naissant du second au 
quatrième jour. La température ne descend pae vers le sixième ou le septième 
jour, mais elle s*élève de phis en plus. ^ Septicémie diirui^cale sur-aiguë, 
gangrène foudroyante^ ok la température moiUe rapidement à un niveau très- 
élevé, k mort surrive «n 24 ou 36 iheurse. 6^ Pyobémi^, complication plus 
tardive que k sepdttémieà laquelle elk suBoède souvent. 

ïamedion (i8'76), aeiiasaut sur iFétude des courbes .thermiques, propose k 
skssi&satioii suiviiiteéBSifièvrestraumatiqiies/. 

1. FiivKss TiuriuTiQVEs siMPLKS . . . . ( des blessés oa opérés. 

(IMS de fièTres secondaires). ! des accoachées (Sétvedehût). 



n. FlÈTtES TBADlUnQUB COMPOSÉES 



I prinifms. 
' * * ( seoQBdiires. 



Il* foudroyante (snraignê, gaogrèae fou* 
dro^eirte). 
2* atfué^èvreCnMiniaClqiie,grtiie»iBtosi- 
catiou putride Aiguë). 
*3' chronique (tiéTrc hectique). 
IHobéBie 
Fièvre puerpérale. 

— an&toniique. 

— jtriaeiise. 

Étudiant k fièvre traumatique simpk dans les lésions sou»-cutanées, et en 
particulier dans les ficactures simples, Famechon démontre par des observations 
probantes qu'oD.l'a niée Jûen à tort, et que,, plus ou moins, marquée, elle existe 
d*une façon presque constante. Elle n est pas explicabk par la théorie septisé- 
miqne. Est-elle due k Tirritation des nerls du > tissu enfiamni^, transmise aux 
centres des. nerfs vaso-moteuns ? Est-ce une .fièvre eongestive et inflammatoire, 
une réaction générale de l'économie ? RésuUe4-eUe d'une production .plus 
considérable de calorique au niveau de k, partie lésée, comme le veut Zimmer- 
manu ? Il est impossible de se prononcer actuellemeaL 

<Catte fièvre traumatique sin^ple, habituellement courte et légère, se montre 
également quand les plaies sont soustraites à l'action de Tair par un pansement 
approprié, oedusion, pansement ouaté (Uervey, ConQr).'La fièvi« dite de lait 
des accouchées rentre dai» .k même classe, et k pkie utérine se eoqpor(e 
d'habitude coaune une.pkie sousrcutanée, moins par son évolution locale (les 
kchios normales contiennent du pusi) que; par ^.sa réaction «ur Torganisme. 
Les observations de £amechon concordent sous .ce^ rapport avec celles de 
Chantreuil (1873). Gomme k fièvre de travail qui la. précède, k fièvrcfde.kit 



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116 SEPTICÉMIE. 

est influencée par la doulear et par les excitations nerveuses ; comme elle, elle 
n'a qu'une durée éphémère. Son développement plus tardif (3« au 5« jour après 
les couches) peut être rapporté à Tinfluence des pertes de sang pendant la 
parturition. 

La 6èvre traumatique composée est l'ascension secondaire de la température 
qui se produit parfois après la défervescence. Bien étudiée par Billroth, elle 
pourrait être nommée la fièvre des plaies exposées. Elle indique en général une 
inflammation intense ou le début d'une complication. 

Les fièvres traumatiqiies compliquées ou infectieuses sont toutes le résultat 
de l'absorption de principes septiques. Mais ont-elles pour origine un agent 
commun ou des agents spéciaux? La question pour Famechon ne semble pas 
élucidée. Au point de vue de la courbe thermique, les septicémies à forme 
foudroyante, aigué et chronique, se distinguent en général facilement de la 
pyohémie, qui, par ses brusques variations de température et l'irrégularité de 
ses allures, se dérobe à toute description. Dans l'infection purulente, l'irrégu- 
larité est le caractère le plus saillant de la courbe thermique, mais l'hyperpy- 
rexie pendant les frissons et l'abaissement parfois excessif de la température 
entre les accès ne sont pas des éléments moins importants à considérer. La 
septicémie pure est le plus souvent une pyrexie rémittente à marche assez 
régulière. Elle est facile à séparer de la pyohémie. Hais il n'en est pas ainsi de 
la septicémie à forme pyohémique, qui offre tous les symptômes de l'infection 
purulente sans en présenter les lésions anatomiques. Ici un diagnostic rigou- 
reux est absolument impossible. 

Cheviet (1869) décrit sous le nom de septico-pyohémie une infection due à la 
résorption du pus mélangé à des produits putrides, et l'oppose à la pyohémie 
isolée, où, les foyers suppurants étant soustraits à l'action de l'air, le pus n'est 
pas altéré. C'est l'infection purulente des auteurs. Sa description de la pyo- 
hémie se rapporte à la phlébite suppurée. Famechon n'admet pas cette opinion, 
qui représente la doctrine soutenue par le professeur Sédillot. Dans la fièvre 
puerpérale, les courbes thermiques se rapportent à deux types principaux : à la 
septicémie aiguë foudroyante et à la pyohémie. 

Le tétanos doit-il prendre rang, comme le veulent Travers, Roser, Richard- 
son, Billroth, dans les affections d'origine septicémique? Au premier abord 
l'hypothèse semble plausible. Le pouvoir réflexe de la moelle serait accru par 
l'intoxication seplique du sang, provenant soit de la résorption à la surface des 
plaies, soit de la rétention des produits normalement excrétés par la peau, 
quand la maladie spontanée résulte de l'exposition au froid. Mais Arloing et 
Tripier, en injectant du pus ou du sang recueillis sur un tétanique dans les 
vaisseaux d'un animal n'ont pas réussi à lui donner le tétanos. Ils ont égale- 
ment échoué en opérant de cheval à cheval. Les conditions de développement 
du tétanos plaident souvent, au reste, contre l'hypothèse d'une origine septi- 
cémique, et nous repoussons cette théorie, d'accord avec Nepveu et Richelot 
(1877). 

Le poison de l'infection purulente est-il un miasme transmissible par l'air? 
Aucun fait, dit Bouchardat (i877), ne vient à l'appui de cette hypothèse, car il 
ne se montre contagieux ni pour les médecins, ni pour les élèves et les infir- 
miers. Le virus des grands traumatismes ne se transmet pas plus par l'air que 
la syphilis. Les seuls individus qui en éprouvent l'influence sont les blessés 
ayant des plaies : il y a donc inoculation par les chirurgiens, les aides, les in- 



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SEPTICÉMIE. 117 

stroments, les objets de pansement. 11 en est ainsi de la piqâre anatomique ; 
ainsi de la fièvre puerpérale, dont le virus, s*il n'est pas identique au virus de 
rinfection purulente des blesses, en est au moins très-voisin. Ici encore Tino- 
culaiion est le seul moyen de contamination; il n*y a jamais de transmission 
par Tain De là les résultats absolument négatifs que donne la ventilation forcée 
avec un air à température constante, dans les salles des femmes en couche et 
des blessés. Au contraire, le miasme de Térysipèle chirurgical, transmissible 
par inoculation, Test également par Tatmosphère, comme le démontre la con- 
tagion atteignant les médecins, les élèves, les servants et les malades voisins. 

Bouchardat rejette complètement la théorie des germes appliquée à la patho- 
génie des fièvres chirurgicales. Les vibrions de la putréfaction n*ont absolu- 
ment rien de commun avec le virus de l'infection purulente. Le virus nosocomial 
se développe dans les grands traumatismes, en ville, comme à l'hôpital; il se 
produit spontanément dans les conditions convenables. Contient-il des ferments 
du premier ordre (êtres organisés et vivants), ou des ferments du second ordre 
(diastases) ? « Tant qu'on n'aura pas, dit le professeur d'hygiène de la Faculté de 
Ptiis, découvert, par des études microscopiques suivies, des ferments bien 
définis et distincts des vibrions de la fermentation putride, il sera rationnel 
d'admettre que le virus des grands traumatismes contient un ferment du second 
ordre. » Ces ferments se distinguent des ferments digestifs en ce que, comme 
tous les ferments des vii*us et des miasmes, ils ne s'épuisent pas par leur action, 
mais se reproduisent avec des caractères le plus souvent identiques et détermi- 
nent leurs manifestations caractéristiques chez des individus sains, ils se rap- 
prochent ainsi des ferments organisés et vivants. 

Le poison septique peut se développer dans la profondeur des tissus, pour 
ainsi dire spontanément, sans influence du milieu sur la lésion locale ou sur 
tout l'organisme par les voies respiratoires ou digestives. L'infection purulente 
est parfois d'origine spontanée. Telle est la thèse soutenue par Domec, en s*ap- 
payant sur les observations anciennes de De Haen, Tessier, Faivre, Bamberger, 
Fnant, Leudet, etc., et sur les faits plus récents de Senhouse-Kirkes, Wunder- 
lich, Nivert, Lancereaux et Blum. La phlébite suppurée, l'artérite et surtout 
l'aortite chronique suppurée, l'endocardite ulcéreuse, les abcès ouverts dans la 
circulation, l'inflanuuation du canal thoracique, la myosite infectieuse, lostéo- 
myélite, etc., par lesaccidentssepticémiquesou pyohémiques qu'elles détermi- 
nent, plaident en faveur de cette opinion. Domec conclut de ces faits que 
l'infection purulente peut se développer consécutivement à des plaies non expo- 
sées, qu'elle peut ctre réellement autochthone, que son origine interne est assez 
fréquente, enfin que le pus n*est pas le seul élément capable de produire la 
sq)ticémie avec abcès métastatiques. 

Haunoury (4877) délinit la fièvre traumatique des blessés : un mouvement 
fâirile qui apparaît dans les trois ou quatre premiers jours après un trauma- 
tisme, et qui n'est explicable ni par une alTection intercurrente, ni par un 
rappel de diathèse, ni pai* une inflammation viscérale développée par propaga- 
tion ou à distance, ni par la blessure directe d'un organe important, ni par 
une complication des plaies, ni par inoculation directe de substances putrides. 
11 faut donc séparer la fièvre inflammatoire et la fièvre d'inoculation de la fièvre 
traumatique véritable, résultat de l'absorption des matières septiques formées 
à la surface de la plaie et de leur introduction dans le torrent circulatoire. Les 
formes diverses de cette réaction fébrile s'expliquent aisément par la théorie 



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il» SEPTIGËMIB. 

septioëmique, si Ton tient compte de l*état des tisras, sains ou maladesi au 
nMmêni du trauma^ et de 1» durée nuriable de rélimiiittieR de ces pFoduit* 
septiques. 

Rochard» étudiant l'influence du dimat et de la raee enr la* mardie dea 
liions traumatiques, constate que dans là région polaire, si les plaies marchent 
avec une grande lenteur et s'aocempagnent souvent d'érysipèles et d'angioleu* 
cites dëyeloppés par l'action du froid, elles sont sujettes par ailleurs à peu de 
complication». Dans les climats torrides, la guérison est plus rapide. La fièvre 
traumatique revêt parfois la forme intermittente, mais elle est, en somme, moins 
mtense et de moins longue durée que dans les pays tempérés. L'érysipèle, le 
plegmon diffus, Tinfeotion purulente, s'observent très-rarementi Les raeea 
colorées présentent en général peu* de réaction, mais on a été tn>p loin en niant 
chez' elles Fexislence de la fièvre traumatique. Falk (i875), dans ses oonsidé* 
rations historiques et géographiques sur les fièvres pernideuses des blessési 
était arrivé aux conclusions suivantes : La pourriture d'hôpital et l'érj^ipèle 
traumatique sont partout également répandus. L'infeotion purulente et la 
septicémie, fréquentes en certains lieux, sont inconnues dans d'autres; elles 
augmentent de fréquence p»!idant> les saisons froides. Dans les climats tropicaux, 
S4^ioémie et pyohémie sont rares, mai» toujoui*s oette dernière est la plus 
eommune. Les races, les températures, l'altitude, l'état hygrométrique de l'air, 
n'exercent paa sur le développement de ces accidents une influence évidente. 
L'Europe et les États-Unis semblent fournir à la septicémie le terrain le plus 
favorable. 

La doctrine septicémique des complications fébriles du traumatisme reste 
encore pom* bien des chirargiens une hypothèse non démontrée. Terrier, dans 
son excellent! JHanfi^/ de pathologie ckirurgioale (i877), repousse l'origine sep- 
tique du tétanos. H n'admet pas davantage que la- fièvre traumatique doive 
rentrer dans le groupe des septicémies, car les lésions par les caustiques déter- 
minent une fièvre intense, et il est difficile d'admettre dans ces conditions une 
résorption quelconque de matières septiques, surtout quand le caustique se 
•combine chimiquement avec les tissus organisés. La nature de l'érysipèle trau- 
matique est aussi difficile à déterminer, ierrier définit la septicémie chirurgi- 
-cale : un ensemble d'accidents^néraux succédant au traumatisme et offrant de 
«nombreuses analogies avec ceux qui caractérisent certaines fonnes de la fièvre 
typhoïde, et en particulier la forme ataxo-adynamique. L'infbction purulente 
•ou pyohémie est une affection produite par une altération du sang et caracté- 
arisée par des lésions diverses, dont le dernier terme est la formation d'abcès 
multiples. Il est souvent difficile, parfois à peu près impossible, de la distinguer 
•de la septicémie, et leur nature est probablement identique. La revue critique de 
iLewe (1877) indique la tendance actuelle des chirurgiens allemands à adopter 
ia théorie de l'unicité des fièvres traumatiques» Mais au lieu du terme septi- 
céoiie ils préfèrent le mot pyohémie, pour éviter des malentendus (Perret). 

Nous avons déjà signalé les éruptions cutanées comme un symptôme fréquent 
dans les maladies infectieuses. Signalées par Verneuil, dans la pyohémie, comme 
avant^eoureurs d'une mort prochaine, ou les retrouve également dans la septi- 
cémie pure et dans la fièvre puerpérale. Besnier, Gastellier, Guéniot, ont décrit 
la miliaire et la scarlatinoïde puerpérales. Aubas (1878) décrit toutes ces affec- 
tions comme des éruptions septicémiques résultant de l'action d'un poison sep- 
tique, sans pouvoir définir ce poison. On les observe dans toutes les septicémies» 



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SEPTICÉMIE. 119 

soit ohimrgicale», soit puerpérales, soit antres. Comme pronostic, elles sont en 
général d*un fiftcheux augure, mais plus dans la septicémie traumatique que dans 
les fiacres puerpérales. 

Ch. Roiun conserve ses opimons sur la nature des complications fébriles du 
traumatisme. II n*admet que sauf térification ultérieure Texistence de la sepsine 
ou septine,. matière mal déterminée, qui se formerait dans les viandes en putré- 
ÊHstion, dans les plaies, dont le sul&te («erait les animaux à la dose de 10 mil*- 
J^frammes, et à laquelle on attribue sans preuves les accidents de l*infection 
purulente. La septicémie i^este pour lui une altération générale du sang, tant 
spontanée que suite des plaies. La cause de l'infection purulente serait une 
altération primitive du plasma sanguin déterminée par les conditions de nutri- 
tion nouvelles et débvorables qu'apportent Fopération, laccouchement, etc., 
surtout un milieu respirablc aussi mauvais que le sont les salles d*hôpitaux. 
Hais il n'existe là aucun poison ni< ferment proprement dits, soit de nouvelle 
formation, soit venu de l'extérieur, en* dehors de ce fait, que lés plaies absor- 
bent les liquides déposés à leur surflioe ou produits par elles, quand on les y 
Jaiflse séjourner. Cette absorption est prouvée par Todeur de l'haleine. Or, 
parmi ces substances il en est qui, étant de l'ordre des matières organiques 
Tirulentes, peuvent amener l'altération du plasma sanguin, surtout quand de 
mauvaises conditions individuelles ou hospitalières favorisent l'altération des 
liquides des plaies. Quant à la phlébite suppurée, à l'absorption des globules 
<hi pus, à Tintroduction' du pus en nature dans la circntetion, etc., toutes ces 
explications ne sont qu'un pur roman. Le terme de pyohémie ne peut dcmc 
s'appliquer qu'aux affections dans lesquelles il y a nne tendance marquée à la 
formation de collections purulentes, telles : la morve, la fièvre puerpérale, la 
piqûre anatomique, la phlébite, etc. Dans le pus, le sérum seul peut posséder 
des propriétés nuisibles, les globules injectés dans les veines ne produisent 
d'aeddents qu'à des doses énormes. L'infection putride est un véritable em- 
poisonnement par absorption de pus fétide, altéré au contact de l'air. La fièvre 
puerpérale parait être un mélange des infections putride et purulente, mais elle 
se rapproche davantage de cette dernière. 

Robin est aussi net sur l'action des vibrions qu'il considère comme des orga- 
nismes vitaux. Ils jouent, dans les tissus et dans les humeurs des êtres orga- 
nisés, le rdle destructeur de leurs principes immédiats, que remplissent tous 
les diampignons mveroscopiques appelés ferments. Hors de là, ils n'ont pas de 
propriété spécifiques malfaisantes, mais par leur énergique faculté d'assimi- 
lation ils amènent la décomposition des principes immédiats des humeurs et 
des éléments anatomiques. l)e ne possèdent pas de propriétés virulentes ou 
▼enimeuses propres, spécifiques, variant d'une espèce à une autre, et les consti- 
tuant la cause première de certaines maladies. Ils peuTent servir de véhicules 
aux humeurs virulentes, ils ne sont pas les virus. Cependant ils jouent le rôle 
de ferment, et par suite vn rôle épiphénoménal ou de complication dange- 
reuse, comme agents de putrescibilité, soit sur le cadavre, soit sur le vivant déjà 
malade, soit enfin sur le sujet sain qui les a reçus dans quelqu'un de ses 
tissus eu quelqu'une de ses humeurs, en même temps que le virus inoculé. 

Boinet (1879) considère comme démontré depuis les expériences de Hunter : 
1* qu'une plaie qui ne suppure pas ne peut donner l'infection' purulente; 
2* que, si avant la suppuration les vaisseaux sanguins et lymphatiques sont 
oblitérés et mis à l'abri du contact de l'air, il ne se produit pas d'infection 



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120 SEPTICÉMIE. 

purulente ; 5** que, si Ton prévient l'altération du pus, on n'observe pas davan- 
tage cette compiicalion. Pas de plaie, pas de pyohémie, quel que soit le milieu. 
Le virus purulent, non démontré jusqu'ici par la chimie et le microscope, pas 
plus que les autres virus, est formé pai* l'altération du pus absorbé par la plaie, 
il empoisonne le malade. Le pus en nature ne pénètre pas dans le sang par les 
ouvertures béantes des capillaires ; mais l'absorption fait entrer dans la circu- 
lation des éléments nouveaux et toxiques, résultat de la transformation d'un 
pus louable en pus fermenté, altéré, décomposé, putré6é. Ces éléments du pus 
altéré ont acquis et possèdent un principe morbifique virulent, insaisissable, 
qui s'introduit dans le sang, l'altère, l'empoisonne et lui fait subir ces états 
pathologiques qu'on rencontre principalement dans les organes les plus vascu- 
laires. Dans une plaie récente, non enflammée, il ne se produit pas de septi- 
cémie, sauf l'inoculation d'un pus toxique. Comment agit ce pus virulent? On 
n'en sait rien positivement, mais probablement comme les venins ou les virus, 
et introduit dans l'économie par une plaie, une piqûre, une écorcbure, il mo- 
difie promptement le sang. Celui-ci devient moins fluide, circule difficilement, 
se coagule, s'arrête dans les capillaires où il forme de petits caillots, de petites 
embolies microscopiques. Delà, à lautopsie, ce pointillé ecchymotique, ces 
petits abcès que l'on appelle à tort métastatiques. 

Panas constate que le danger de l'exposition des plaies à l'air est démontré 
par les faits. L'action chimique de l'air n'étant pas sanctionnée par l'observa- 
tion clinique, on se trouve conduit à admettre que l'agent nocif doit résider 
dans les poussières suspendues dans l'atmosphère. Mais la rareté des accidents 
septiques dans les campagnes, leur fréquence dans les hôpitaux, démontrent 
qu'un élément organique nouveau, né de l'encombrement et éminemment 
délétère, est venu s'ajouter à l'air. Cet agent toxique déposé sur les plaies, soit 
directement, soit indirectement, est la cause de leurs complications. L'absence 
de la septicémie et de la pyohémie chez les sujets non traumatisés, leur absence 
dans les lésions sous-cutanées, l'action préservatrice incontestable des antisep- 
tiques, plaident en faveur de la pénétration par la plaie de l'élément infec- 
tieux. Cet agent nocif n'est pas dans les poussières et les germes suspendus 
partout dans l'air : c'est un principe organique spécial, germe ou non, qui, né 
de l'encombrement, se propage dans les lieux infectés, soit par l'atmosphère, 
soit par les objets de pansement ou par inoculation. Comment expliquer dans 
cette théorie la fréquence de la septicémie et de la pyohémie dans les grandes 
amputations, dans les lésions des os et des tissus veineux? Pour la septicémie, 
plus est grande la surface suppurante, plus est considérable la quantité des 
liquides putrescibles ; plus les voies d'absorption sont larges, plus l'empoison- 
nement est facile. Dans la pyohémie, Panas distingue trois éléments : 1® le 
dépôt sur la plaie du poison septique ; 2^ l'absorption de ce poison ; 3^ la for- 
mation dans les veines de caillots qui se putréfient, se désagrègent et produi- 
sent des infarctus viscéraux, foyers nouveaux d'empoisonnement. Les plexus 
veineux favorisent donc l'infection, mais, en dehors de l'action du poison sep- 
tique, les coagulums adhérents s opposent à la résorption. S'appuyant sur les 
effets produits par l'injection d'eau ordinaire dans la tunique vaginale, Panas 
admet que le germe septique peut exister dans ce liquide, tel qu'on l'utilise 
journellement dans les pansements. 

Suivant Leube (1878) la septicémie pourrait se développer en dehors de 
toute lésion chirurgicale, et la genèse de cette forme morbide, kryptogénétique 



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SEPTICÉMIE. 121 

piatdt que spontanée, serait parfois très-obscure. Le diagnostic est alors des 
plus difficiles, surtout avec Tendocardite ulcéreuse. 

Picot, dont nous avons plus haut signalé les recherches sur la septicémie 
expérimentale, place dans sa classification des infections suivant leur mode 
d'apparition la septicémie, Tinfection purulente, la fièvre puerpérale, à la fois 
dans les infections autochthones et dans les infections hétérochthones contagioso- 
miasmatiques. Comme presque toutes les infoctions, on peut les définir : des 
maladies caractérisées par des lésions primitives du milieu intérieur, capables 
de se développer sous Tinfluence de doses extrêmement faibles d'agents jouant 
le rôle de germes pour ces maladies, et pendant lesquelles le sang, les humeurs 
et même les tissus des sujets atteints acquièrent la propriété de reproduire ces 
mêmes maladies, à des doses infinitésimales. 

La septico-pyohéniie autochthone est un type d'infection tirant son origine ex- 
dusivementde Torganisme malade. Elle se dévefoppe à la suite d'une lésion in- 
terne on externe inflammatoire, après une plaie exposée ou un abcès intérieur, 
chez un sujet isolé, placé dans un milieu salubre. La septico-pyohémie hété- 
rochthone est celle qu'un sujet blessé, bien portant, mais plongé dans un milieu 
infectieux, contracte très-probablement par l'action sur sa plaie de l'air exté- 
rieur. Le principe puisé dans le milieu extérieur (sol, air, eau, etc.) est le 
miasme. Primitivement élaboré dans d'autres organismes, éliminé, puis transmis 
d'individu à individu, il devient contage. Ce contage peut devenir miasme, et 
dans le milieu extérieur former un foyer d'infection, comme dans la septicémie 
et la fièvre puerpérale. Comme Bernheim, Picot a pu pendant la guerre de 4870 
vériûer cette observation pour la septicémie. L'ambulance de la Bretéche qu'il 
dirigeait, parfaitement organisée, se composait d'une salle immense, pourvue de 
fenâres sur trois faces, et ne comptant que quarante lits. La septicémie frappe 
deux amputés. La salle évacuée est désinfectée et laissée libre pendant quinze 
jours. Les blessés y sont remis, et la septicémie frappe immédiatement tous les 
amputés, toutes les lésions graves. Cependant Picot ne pense pas comme 
Bernheim que l'agent septicémique se reproduise et se multiplie hors de 
l'organisme, en raison de la très-faible proportion nécessaire pour Tintoxicalion. 

Ikms la clinique, les exemples sont nombreux de septico-pyohémies oîi l'ori- 
gine première du mal est dans l'organisme, en dehors de tout milieu insalubre 
ou contagifere. Quoique spécifique et infectieuse, son développement parait spon- 
tané, et cela dans les plaies exposées comme dans des lésions hors du contact de 
l'air. Cette condition dernière s'observe très-souvent, phlébites par contusions 
ou rhumatismes, inflammations de la veine porte, artérites, endocardite ulcé- 
reuse, abcès des os, des muscles, du foie, de la rate, du poumon ; foyers gan- 
greneux viscéraux. Le contact de l'air n'est donc pas nécessaire pour le déve- 
loppement de l'agent septique des auto-infections. Dans les plaies exposées, 
l'infection autochthone est le résultat de la résorption des matières putrescibles 
formées par la mortification des éléments anatomiques et des liquides albumî- 
neux. La sepsine, comme la nécessité des bactéries, n'est qu'une hypothèse. La 
virulence provient de modifications des substances albuminoïdes consécutives à 
la mort des éléments organiques. Les faits sont les mêmes chez les femmes 
atteintes de septicémie, après un accouchement à la campagne ou dans un 
milieu sain. Les lymphites, les phlébites, les altérations fréquentes des liquides 
à la surface de la matrice, ou la putréfaction de portions du placenta, expli- 
quent l'infection septique autochthone. 



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122 SEPTICÉMIE. ' 

Poiur les affections miasmatiques et contagieuses, Taltération putride dès 
matières organiques végétales et animales et leurs émanations constituent le 
miasme morbigène. L'action primitive de ce miasme est comparable à Tinjection 
première de sang putride chez' les animaux ; elle produit une maladie pendant 
laquelle s'élabore dans l'organisme un principe d'une grande activité, qvi, à 
très-petites doses, reproduit la maladie. Dans la théorie des germes, on rejette 
la possibilité du développement spontané. Suivant Picot, une maladie infoe^ 
tieuse, quoique spécifique, peut se développer spontanément. On le voit tous 
les jours pour l'infection purulente, la fièvre puerpérale, la septico^ohémie. Il> 
ajoute, du reste : c Ce développement spontané du mal veut dire simplement 
que la maladie ne résulte pas d'une contagion démontrée. » 

Les infections par des émanations animales, infections septiques ou septi- 
coîdes, ont pour caractère la septicité ou putridité. Rentrent dans cette classe 
la septicémie et ses variétés : typhus, infection purulente, fièvre puei*pérale, 
piqûre anatomique, pourriture d'hôpital, érysipèle, diphthérie, charbon. Plu- 
sieurs de ces affections : septicémie, fièvre puerpérale, pourriture d'hôpital, 
typhus, sont pour Picot le résultat de l'action du miasme himain, conséquence 
de l'encombrement ordinaire ou nosocomial. Hais il ne se prononce pas sur la- 
nature du principe contagieux, tout en lé séparant nettement d^ virus vrmi»^ 
souTcnt d'origine spontanée. 

L'agent nocif des infections septiques se transmet par l'air, par tes personnes, 
les objets de pansement, les eaux, le sol'. Les agents de la septicémie, de li' 
fièvre puerpérale, de l'érysipèle, de la pourriture d'hôpital, exigent ordinaire- 
ment pour pénétrer dans l'économie une plaie, une lésion de la peau ou des 
muqueuses ; mais ils peuvent également s'introduire par les voies aériennes et 
peut-être par le tube digestif. Ils sont très-tenaces, mais ne résistent pas à la 
putréfaction. L'influence des races, de l'âge, des conditions hygiéniques, mon* 
trent que pour leur développement cei*taines conditions de réceptivité du sujet 
sont indispensables. Au reste, elles n'entraînent pas l'immunité et peuvent se 
reproduire un nond)re de fois illimité. Dans la septicémie pure, la période d'in- 
cubation peut ne pas exister. Cette incubation est rare dans la piqûre anato* 
mique ; d'une durée inconnue, mais relativement courte, dans la pyohémie et 
la fièvre puerpérale. H est probable que cette période silencieuse correspond sim- 
plement au développement et à l'accumulation dans l'organisme de l'agent in* 
fectieux. 

Picot comprend comme suit les complications fébriles du traumatisme. La 
fièvre traumatique résulte du passage dans le sang des liquides épanchés au sein 
de la plaie, et des produits inflammatoires qui, même frais, jouissent de 
propriétés pyrogènes. C'est donc une fièvre inflammatoire, dont l'intensité est 
liée à la quantité des produits absorbés et à la rapidité de leur résorption. Elle 
appandt dès les premiers temps, avant la suppuration et la formation des 
thrombus. 

L'infection putride se produit d)ans les abcès putrides, les foyers se vidant 
mal et contenant du pus putréfié, dans les cas où des matières se décomposent 
dans l'intestin. C'est une intoxication réelle par les produits gazeux ou liquides 
de la putréfaction, quand ces substances ne sont pas assez vite rejetées hors 
de l'économie. Aussi guérit^elle quand on donne issue aux matières en putré- 
faction. 

La septicémie rapide est de même nature que la septicémie expérimentale. 



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SEPTICÉMIE. i35 

CfiniqoeHieiit, oir k reoeoElre dans les piqûres anatomique»,. dans les trauma^ 
lismes considérables, à la suite de oertains accouplements. 

L*infection purulente est une septioénkie lente, résultat de l'abeorption dans 
les fojers de suppunatîon de matiàres organiques en voie d'altération putride et 
âans te stade àcr Tinulenoe» La lenteur de sa nuurche est la raison des lésions 
anatomiques qui se manifestent d^ dans la septicémie rapide à la phase de leur 
début. 

Dans une intéressante re^ne (i878) Nepfvai étudie, dfaprès les trayaux 
niedemes» les^ bactériens et le«r rôle pathogénique. Noos n'analyser(ms< de cet 
importiuil travail qoe ce qui a trait plus qfiéGialemenl aoi lésions cfairurgioales. 
Les bactériens se rencontrent en général dans le sang des sajets atteints d'infec- 
tions septiques r pyobémie, septioénûe, fièvre puerpérale, érysipèle, etc. Us se 
réunissent en véritables colonies dans eertakis^ viscères, le foie, la rate^ les reins, 
et dans les colletions puralenles dites mélastatiques,. où Vogt a constaté leur 
présence même chev le vivant. Sont-ils dans les plus fins capillaires le point de 
départ de coagulations et de suppurations? Le fait est difficile à observer, mais 
il parait démontré pour la pyobémie, où les microbes voyageant dans le sang 
avee les caillots putrules sont anétés avec eux. 

fie qndques i^ts oii l'on voit des inflammaticms bactéri^ones se développer 
èaBB les points de moindre résistance, Ne^eu déduit la loi suivante : « Les 
UquidK sqttiques et les bactériens peuvent porter dans les points faibles de 
réoonomie leur action spéciale et y fiiire nintre de graves désordres. Cette action 
peut s^xercer sur des caillots intranvascnlaires, sur du sang ^ancbé, coagulé 
en non, sur un abeàs froid, etc. » 

La question de savoir si les bactériens sont pyrogènes» s'ih ont un rapport 
dupect avec la fièvre, est posée, mais elle n*est pas résolue. Si l'injection dans le 
sug de liquides putrides ou des produits obimiques de la putréfaction déter- 
mine une réaction fébrile, l'introduction dons la circulation de sang fixais, d'eau 
pum, donne les mêmes résultats. 

Les bactériens sont-ils pblogogènes? jouent-ils un rôle dons l'inflammation ou 
la suppuration ? Le pus des abcès froids injecté sous la peau n'a pas l'action 
énergique du pus bactérifère. Leur présence dans le pus est l'indice de principes 
toiiyes» et Nqnreu a toujours rencontré des microbes dans les abcès fétides 
périônritaires, éminemment septiques. Cq>endant, Billroth> n'admet pas leur 
action directe dans la production de l'inflammation et de la fièvre. Leur présence 
dans les plaies est un indice de la marche des liquides vers la putréfaction. 
Plongés dans un liquide éminenunent phlogistique et putride, ils s'en imbibent 
et contribuent, par leurs mouvements propres et leur pénétration dans les vais» 
seaux qni absolvent aussi en nature les liquides putrides, à répandre paiiout le 
germe ée désordres redoutables. Pour établir si les bactériens sont léelle- 
m^t pblogogènes, il faudrait les isoler à Tétat de pureté et éprouver leurs pro- 
priété. 

%osi ràle jouant les bactériens dans les afiisctions septiques (septicémie, 
pyobémie)? Sont-ils septiques? Pasteur et Joubert font des vibrions septique et 
pyohémique les agents virulents de la pyohémfie et de la septicénue. Klebs, 
Lejden, Traube, etc., soutiennent la spécificité du vibrion septique. D^autres au 
contraire attribuent tous ces effets aux principes ckimiques des liquides septi- 
ques, ou à des agents virulents dont les boctéries ne sont tout au plus que les 
propagateurs* Le choix entre ces théories est difficile, et Nepvea ne se prononce 



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IM SEPTICÉMIE. 

pas, remarquant avec justesse que chimistes et zymolistes se conduisent en pra- 
tique de la même façon ; mais c'est à la théorie des germes que sont dus les 
immenses progrès dans les méthodes de pansement. 

Les anciens expliquaient tous les accidents traumatiques par des lésions 
diverses de la plaie (pyohémie, septicémie, etc.). De là Topinion que le poison 
septique est autochthone, qu*il naît sur ta plaie, et que la pyohémie est une sep- 
ticémie embolique. 

Pour Pasteur, il n'y a pas de ferment autochthone, son origine est toujours hé- 
térochthone, et les vibrions septique ou pyohémique venus du dehors sont la cause 
de tous les accidents. Comment expliquer dans cette doctrine les cas nombreux 
de pyohémie sous-cutanée, survenant à la suite de périostites, d'endocardites, 
d'arthrites, etc.? On répond: le milieu atmosphérique est le réservoir général 
d'où les bactériens, quels qu'ils soient^ se répandent sur les plaies et y produi- 
sent leurs fermentations. 11 n'est pas besoin d'un vibrion pyohémique; les bac- 
téries septiques expliquent à la fois la septicémie et la pyohémie (septico-embolie). 
Dans les cas de pyohémie sous-cutanée, peut-on affirmer: i^ que les sujets 
n'avaient pas une lésion contemporaine on antérieure à leur affection, si mi- 
nime fût-elle, qui a servi de porte d'entrée pour l'inoculation bactérienne? 
2^ on a vu des sujets, des blessés en bonne voie et avec de belles plaies, pris 
de constipation. L'état général changeait subitement, la plaie devenait mauvaise 
et le point de départ de graves accidents, a Le tube digestif, dit Nepveu, ne 
formerait-il pas un puissant réservoir de principes septiques, où l'organisme, 
dans une condition donnée, sans défense, absorberait principes et bactériens, et 
agirait ainsi sur des lésions lointaines ouvertes (plaies) ou interstitielles (caillots 
veineux ai*tériels, épanchements sanguins, abcès indolents, etc.) ? De là ces pré- 
tendus faits de pyohémie spontanée sous-cutanée. » Nepveu a souvent rencontré 
des bactéries dans la sérosité extraite par l'aspirateur du sac des hernies étran- 
glées. D'où viennent-elles, sinon du tube digestif? On en pourrait dire autant 
des microbes du pus des abcès péricavitaires, abcès connus pour leur fétidité. 
Les effets du poison septique sur des lésions contemporaines ou antérieures, 
à distance, sont plus redoutables encore. 

Dans ces diverses circonstances, il est toujours question de la porte d'entrée 
des bactéries, et surtout de leur union indissoluble avec les principes septiques. 
Il faut donc isoler les bactéries des liquides produits et en essayer les effets. 
C'est à la chimie de résoudre ce problème. 

Est-il permis d'attribuer aux bactériens un rôle mécanique ? Introduits dans 
le sang, ils peuvent s'arrêter dans les capillaires. De là, stases, congestions, 
hémorrhagies, abcès miliaires viscéraux. Leurs mouvements propres expliquent 
la marche de certaines inflammations, de l'érysipèle, par exemple, soit qu'ils 
agissent par eux-mêmes, soit qu'ils entraînent avec eux certains principes 
pblogistiques. 

Les bactériens jouent-ils un rôle de diffusion dans les maladies septiques? Ce 
i*ôle, pour les accidents septiques, est admis par presque tous les chirurgiens, 
qui les considèrent, soit comme les agents premiers et exclusifs de l'intoxica- 
tion, soit comme les simples véhicules du poison. Les succès de la méthode 
antiseptique par les pansements par occlusion, ouaté ou de Lister, qui arrivent 
plus ou moins complètement à supprimer les bactériens des plaies, plaident en 
faveur de cette opinion. Faut-il, pour expliquer ces succès, admettre que les 
bactériens dont elle tend à gêner ou empêcher le contact avec les surfaces trau- 



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SEPTICÉMIE. 125 

matiques sont la caase intime de tous les désordres des plaies? Si Ton rëflëchit 
que plus les pansements antiseptiques sont parfaits, plus les succès sont certains» 
cette opinion est bien probable. 

Les recherches de Réveil, Chalvct, Lutz, Pouchet, etc., sur Tair des hôpitaux 
et ses corpuscules; les injections expérimentales de liquides contenant ces 
matières, injections suivies de septicémies diverses, font conclure que : si les 
bactériens ne produisent pas le poison septique par sécrétion ou fermentation 
(Pasteur), ils peuvent au moins se charger, par contact direct, de principes 
septiques dont ils sont les véhicules et les propagateurs. 11 peut ainsi se créer des 
milieux miasmatiques déterminés (L. Colin), dont Fimportance croît avec les 
moyens de dissémination du poison. Dans Tintoxication septique épidémiquc 
hétérochthone, les bactériens outdoncune influence manifeste, pendant que dans 
la septicémie autochthone leur action reste indécise, n En résumé, dit Nepveu, 
sans affirmer que les bactériens soient par eux-mêmes septogènes, ce qui est à 
démontrer, on peut dire que leur rôle dans la propagation des accidents septiques, 
comme simples véhicules, est extrêmement probable. En tout cas, l'essence du 
poison septique nous est inconnue, il est protéiforme dans ses effets, et telle ou 
telle série d'accidents (phlegmon, érysipèle, septicémie, etc.) ne tient pas à telle 
ou telle variété de poison ou de bactériens, mais à un terrain pathologique plus 
ou moins varié, b De là les déconvenues pour reproduire expérimentalement tel 
ou tel type pathologique : tel qui veut inoculer Térysipèle, la pyohémie, produit 
un phlegmon, un abcès, la septicémie. 

Les conclusions de Nepveu méritent d*être citées textuellement : a Le rôle 
pathogénique des bactériens est un problème très-diiBcile à résoudre. Vanaîyse 
anatomique montre que Ton ne peut partir d*uu simple caractère morphologique 
(couleur, volume, etc.), pour attribuer un rôle pathologique à tel ou tel bacté- 
rioi. Vanaîyse expérimentale de leurs propriétés ne peut utiliser les recherches 
avec les liquides toxiques les mieux filtrés. L'étude de effets produits par ces 
liquides n'indique pas la provenance des principes toxiques qu'ils renferment, 
mais seulement les effets de ces liquides, disjoints des phénomènes produits par 
leur mélange avec les bactéries. Isoler les bactériens des liquides toxiques où ils 
vivent, les laver très-minutieusement, les cultiver dans les liquides absolument 
neutres, puis étudier expérimentalement leurs propriétés : là est la solution du 
problème. 

a Actuellement, le fait le plus général à tirer de cette étude e-st que : partout 
où ii y a des bactériens, là aussi se trouvent des principes septiques ou infectieux 
à dose variable. La bactérie est le premier indice de ces altérations. En est-elle 
le premier facteur? On ne peut l'afQrmer. Certains chimistes, avec Berthelot, 
affirment que certaines fermentations peuvent s'opérer sans la présence des 
microbes, regardée jusqu'ici comme nécessaire. On peut cependant conclure 
logiquement que, si l'on peut douter de l'action pyrogène, pblogogène et septo- 
gène des bactériens, il est un rôle difQcile à leur refuser, celui de simples véhi- 
cales, de propagateui*s des poisons dont ils peuvent se charger au contact des 
milieux infectieux. 

< Les bactériens, chargés ainsi de liquides septiques, qu'ils trouvent dans les 
plaies à ciel ouvert, dans les plaies cavitaires, sont prêts à se répi^ndre partout 
suivant les circonstances : i® dans Yatmosphère (les eaux, les linges, etc.), ils 
y dissémineraient de tous côtés le poison dont ils sont porteurs (septicémie hété- 
rochthone); 2<» dans les tissus (diphthérie, charbon, kératite bactérienne, etc.), 



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ISf SEPTICÉMIE. 

qtt^ik iiéoroeent ; 3* dans les miHeux êonguim^ quiils eavabisfieitt avec ké 
liquidas putrides. TaotôtiU restent sans localisatiAD spéciale (sepUoënieAUufJe)^ 
tantôt ils pénètrent en masse dans les éléments importiHits de ceriaûis viscères, 
dont ib altèrent les fonctions-; tantôt ils ▼oyagentavec quelque caillot migrateur 
qui, fixé en on point quelconque, devieni à son lourie centre d'abcès métasta- 
tiques (pyohémie, septioc-embolie), tantôt enfin lils fi'attachent aux flancs de 
quelque lésion sans importance, qui est ainsi Je point de départ de graves désor» 
dres (abcès lointains). » 

Koch (1878'), de ses recherches «xpérimentales sur Tétiologie des jnakdies 
infectieuses traumatiques^ recherchas analysées plus thtut, conclut i^e la nature 
parasitaire de ces iinfeoéiena, actuellement f^rolMible, sera «démontpée le jour ou 
1*00 aura leoMmu d'une fagon constante dans une joaladie donnée la .présence 
des micro-organismes ^i telle quantité, et partis de ialleflorte, que Tinterpré- 
tation de tous les phénomènes mocbides en découle, et lorsque, d'autre ipart^ on 
aura déterminé pour chaque .maladie infectieuse itraumatique un miocohe tbien 
défini au point de vue morphologique. Il désigne sous ie nom de septicémie les 
cas diinfection traumalique générale qui ne donnent lieu à aucune altération 
métastatiqne ; ces (lésions caradérisent la pyohémie. 6a conclusion générale ^t 
que les dtvecses foffmes d'infection traumatique espérimentale semblent corres* 
pondre à la pvésenoe de parasites spéciaux; il faut actuellement qponrsuivre ces 
recherches dans l'espèce humaine. 

La question de l'amputation de la hanche et de .ses «procédés opératoires, 
portée par leiprofeaseur Yerneuil devant l'Académie de médâcine(1678)9 entraîna 
bientôt les chirurgiens à discuter l'étiologie et ia nature de la septicémiechirur- 
gicale. iLes chirurgiens, dit Legouest, ne sont pas également convaincus que 
l'infection ides opérés soit expliquée par le.panspermisaie.lly a de.notabkfidiûiS- 
renees entrel'infectionideia'clittique et l'inifection ou fennentationdu laboratoire. 
Gelle^ est fatale dans .des conditions déterminées; celle-là, dans les mêmes 
conditions, apparaît ou n'apparaît pas ; ici, l'intsction oula ferm^itation ii peine 
amorcée fiait explosion et se propage avec une incomparable nipidité; là, elle 
se produit, tantôt plus ou moins lentement, tantôt véritablement foudroyante. 
Celle-ci ne s'aiorôte pas dans sa marche prc^gressive; celle-là présente des inter- 
mittences, peut s'airèter et r^repdre son cours, peut .même s'arrêter définitive- 
ment. Ici, les germes infectieux sont puisés dans l'atmosphère ; là, ces mêmes 
germes sont rencontrés sans intervention de l'air. Ces différencefi demandent 
explication. Peut-être Pasteur arriveni*t^l à faire concorder le laboratoire et la 
clinique, et à résoudre le double problème de J'origine et de la jirophylaxie de 
l'infection purulente des opérés. 

Goaselin croit que les accidents des plaies dépendent quelquefois des condi- 
tions individuelles, mais ik sont dus le plus souvent « à ce que le sang, mal 
élaboré dans Tatmosphère viciée des Mpitaux, apporte à la plaie des. matériaux 
mauvais pour sa réparation, c'est4-dire des liquides faciles à putt^éfier, et 
donnant, pai* leur décomposition au contact del'air, ces substancestoxiques mal 
définies et même inconnues, dont l'absorption fait naître les septicémies. » Cette 
théorie est difficile à démontrer, mais elle s'appuie sur la fréquence de la septi- 
cémie dans une atmosphère viciée., son absence ou du moins aa rareté dans une 
atmosphère pure. 

La pyohémie n'arrive guère que ches les si^jets chez lesqueb la fièvre du 
débuti été violente, .par suite de l'intensité de l'inflanunation et^deJa résoqition 



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SEPTICfMLE. ii7 

des malériâox putrides qui l'acoompagneot* Lb pansement ouaté dtmiiuie l'ar- 
mée «ur la phue des ëlëments iputrescibles iproYenanft du hleasé et fenne l*acoès 
aux élénients putréiaols de l^airaoapbère. Le drain profond amène il*écoulement 
inceseant, et, par anite, la non-tputaëfaction ^s liquides organiques au contact 
de la plaie. Le pansement de Lister, pas plus que oêhii de À. Guërîa, n^agisaent 
par destruction des germes atmoqpbériqueft, «puisque dans la suppucatian il j a 
pittsirars fois tnm^ des vibrions et des bactéries, en même «temps que des 
matures putrides et toxiques (Qllier). « Que Tacide phénique, dit le «iirant 
dinicieade la Cbaiité, modifie utilement Tair ambiant, qu*il en fasse diqiaraitre 
des uatièpes délétères» je Taoconle volontiers ; que, parmi ces matières, les unes 
soient des germes susceptibles de devenir vibrions et bactérie^ si les liquitles 
étment ou devenaient putresoiUes, je le veux bien encore; mais M. Pasteur lui- 
mèoie m'aooopdara peut-être que, dans une salle d*bâipital, Tair contient d'autres 
fniaiCTnng dangereux qne ceux des vibrions, et que ces autres miasmes, dange- 
f«ux soit par kur passage direct dans le torrent ciroulatoire, soit par raction 
décomposante et destructive qu'ils opèrent sur le sang et le pus, pewrent bien 
être détruits et amoindris par Tacide phénique, etc. » 

L. Le Fort accepte pleinement les recberches dePastanr en tant que tr»fanx 
de laboraloire; pas de germes, pas de putréfaction* Mais il n'accepte pas avec 
A. Gttéria, Lister, Lemaire, Dëclat, etc», qu'on igonte : pas de putréfactioB, pas 
d'infection purulente, pas de complications des plaies : donc;, pas de production 
spontanée du principe septique. Cette théorie est en désaccord avec l'observation 
clinique. Pour lui, l'infidction purulente primitive, bien que partant de la pkie, 
nait sous l'influence de phénomènes locaux et généraux, inler^urs et non exté- 
rieurs au malade. U repousse Textensionà la chirurgie de la théorie de8{[ermes, 
qui proclame l'extériorité constante du principe de l'infection purulente. 

Dans le terme septicémie se confondent deux doctrines absolument opposa : 
1« celle de Yextériorité (Lemaire, A. Guérin, Lister), dérivant .de Pasteur, et 
dans laquelle les complications des plaies sont dues è laction des germes que 
contient toujours l'air, même le plus pur, celui de la campagne; 2^ ia doctrine 
de Vintériorité, qui admet la eréatioii spontanée dans l'économie, sous l'in- 
flaenœ d'un trauma accidentel ou chirurgical, d'un poison applique, capable 
d'empoisonner le malade même qui Ta produit. Cette doctrine, sansia généra- 
lis» autant que Vemeuil, Le Fort la regarde comme incontestablement fondée 
dans un grand nombire de cas. 

Parmi les diverses formes de la septicémie traumatique, c'èst^jhdire de l'em- 
poîscaoement du sang sous Tinfluenoe d'un trauma accidentel ou chirurgical, 
il accepte dans une certaine mesure la théorie des germes pour la septicémie 
chronique ou infection putride de Gaspard; il voit la génération spontanée d'un 
mis septique dans la septioémie aiguë à forme gangreneuse, dont les caractères 
sont tout différents de l'infection putride, et qui, à l'opposé, se développe le 
phtt suivent chez des adultes robiAStes, akooliques, après un violent trauma- 
tisme Iscal avec secousse morale affreusement vive et un peu prolongée. 

Ou Toit-on les .germes dans les fièvres puecpéraies avec collections puru- 
lentes dans les séreuses? Où voit-on les germes dans Ja pyohémie? Oà voit*- 
OQ les gennes dans la sQpticémie cadavédque dont le poison est tué par la 
piitfé&ction? Avec Pasteur, il admet la légation de la génération spontanée des 
micrabes dans les matières organiques iprivëes de vie; il admet Tinter- 
voation nécessAind d'agents <extérieiirs, de geranes atmosphénquestpourla trans» 



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428 SEPTICÉMIE. 

formation de ces matières. « Mais, vouloir assimiler à la matière morte Torga- 
nisme humain vivant, sain ou malade; nier que certains états fébriles, que 
certaines perturbations du système nerveux, perturbations que des émotions 
morales suffisent à occasionner, ne puissent, sans Tintervention de je ne sais 
quels corpuscules flotlant dans Tair, suflûre à modifier, à vicier les tissus et les 
liquides du corps humain, à modifier, à vicier la nutrition, c*est aller contre 
Tobservation clinique. » La théorie des germes normaux de Tatmosphère n'ex- 
plique ni les variétés d*infection, ni les épidémies d'érysipèle ou de pyohémie, 
pas plus que les cas isolés. Au contraire, la théorie du germe contage rend 
compte de Térysipèle comme de Tinfection purulente puerpérale ou chirurgicale. 
a îlus j'acquiers d'expérience, dit le professeur L. Le Fort, et moins je crois à 
rinfection par Tair, comme mode de propagation de Tinfection purulente puer- 
pérale ou chirurgicale. » A Depaul, qui nie l'identité de la fièvre puerpérale et 
de la pyohémie. Le Fort fait remarquer que chez les accouchées conmie chez 
les opérés on observe plusieurs formes d'infection du sang, et que l'une de ces 
formes se rapproche beaucoup de la pyohémie chirurgicale. 

Y a-t-il, demande Pasteur, dans l'état actuel de la science chirurgicale, des 
preuves certaines d'infections purulentes primitives et spontanées ? Si ces preuves 
existent, y a-t-il des preuves certaines qu'il peut naître, de ces infections puru- 
lentes primitives et spontanées, des infections purulentes secondaires? Toute la 
théorie des germes n'est pas là, mais elle y est pour une grande part. Il ne 
s'agit pas de faits d'induction, mais de faits d'expérimentation, démontrant que 
le ferment morbide n'a pas été introduit dans l'organisme par les poumons ou 
par la voie intestinale. 

A ces questions précises Jules Guérin répond par un nouvel exposé de sa 
théorie de l'intoxication purulente. Sous ce nom générique sont englobées de 
multiples espèces : 

{^ Intoxications purulentes simples aiguës ; 

2® Intoxications purulentes composées aiguës ; 

3<* Intoxications purulentes chroniques simples ; 

4® Intoxications purulentes chroniques composées. 

Toutes présentent une période d'incubation, avec une série de symptômes en 
rapport avec le mode et le degré d'action du poison. 11 se développe également 
des formes ébauchées, même chez des sujets sans plaies ; des manifestations 
vagues de l'empoisonnement, comme i'érysipèle. L'action continue de l'air sur la 
surface des plaies exposées est la cause première du travail de suppuration ; 
elle peut être remplacée par l'action de causes antipathiques. La formule étiolo- 
gique de la purulence, dans sa généralité, comprend six termes d'ordre et 
d'importance différents, savoir : 1® l'action générale de l'air en tant que cause 
première, mais éloignée, du phénomène ; et comme causes prochaines : 2® l'action 
organique locale de l'air, comme modificateur de la nervosité et de la vascula- 
rité afQeurant la surface de section des plaies; et, comme conséquence de cette 
modification, une modification adéquate des produits sécrétés; 5® l'action 
chimique de l'air modifiant secondairement les produits versés à la surface de 
la plaie et cette surface elle-même dans sa partie la plus superficielle ; \^ l'action 
mécanique de la pression atmosphérique, comme obstacle à la sortie des produits 
excrétés et comme auxiliaire provocateur de la résorption de ces produits ; 
5® les ferments atmosphériques, comme modificateurs du travail et des produits 
de la purulence; 6® enfin l'activité et la spontanéité de l'organisme, comme 



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SEPTICÉMIE, 139 

compléUnl, multipliant et diversifiant l'action des facteurs de la purulence des 
plaies exposées. 

La fièvre suppurative n'existe pas. La fièvre traumatique est le produit de la 
sécrétion des surfaces traumatiques (sang et sérosité) modifiées par l'altération 
organique des extrémités sécrétoires. La formule étiologique de la purulence 
explique et relie dans une série non interrompue les divers étaU nommés : fièvre 
traumatique, septicémie, pyohémie, infection putride, etc. Pour J. Guérin, les 
liquides produits et versés à la surface des plaies aussi bien que ceux qui y 
stagnent, de quelque nature qu'ils soient, à quelque degré d'altération qu'ils se 
trouvent, pénètrent incessamment dans l'organisme et y introduisent les élémenU 
morbides dont ils sont imprégnés. 

Le mot d'intoxication purulente comprend tous les cas particuliers, et ne 
circonscrit pas dans un seul ordre des phénomènes multiples et variables. Il 
doit être préféré. Le terme septicémie fait préjuger le siège de lempoisonne- 
ment, limite son action à un ordre particulier des humeurs de l'économie, ne 
spécifie pas assez la nature de l'empoisonnement du sang, ne comprend pas tous 
les fiuts, ne répond ni à l'étendue, nia la succession de ses effets sur les organes 
et sur l'organisme. Le sang peut être envahi par plus d'une sorte de matières 
toxiques, et celle-ci donner lieu à plusieurs espèces de septicémies. Il n'est 
pas bien démontré d'ailleurs qu'à la limite exlrême de sa puissance toxique le 
poison purulent ait besoin de parcourir tout le torrent circulatoire pour atteindre 
les grands ressorts de l'organisme. J. Guérin rejette les divisions en résorption pu- 
rulente et putride, septicémie et pyohémie, infection purulente et putride. La 
maladie est une dans son essence et dans son développement. Ce sont les mêmes 
élémenU altéi-és, fermentation putride, et le^même résultat, putréfaction. Mais 
la purulence pathologique ne donne pas les mômes produits que la purulence 
physiologique. 

Intoxication purulente simple. Au début, la fièvre traumatique, souvent locale 
n'est pas une septicémie, mais une réaction ^contre le contact de l'air sur les 
éléments nerveux mutilés ou lésés de la plaie. Plus tard, la fièvre traumatique 
devient septicémique, les éléments altérés pénètrent dans le sang. 

Les intoxications purulentes composées sont dues à l'action des particules 
hétérogènes de l'air, à la spontanéité organique. Le pus des abcès se montre 
souvent fétide chez les sujets porteurs d'une plaie, l'élément toxique se multiplie 
incessamment en qualité et en quantité, chez les individus en proie à une 
suppuration de mauvaise nature. 11 y a du reste entre les intoxications aiguës, 
simples et composées, des formes ébauchées, caractérisées par une toux presque 
incessante, un léger embarras gastrique, une odeur forte, mais non fétide, de la 
suppuration. Dans la période d'état, les accès sont comme pernicieux. Alors se 
détaclient des parcelles de poison, des germes infectieux, qui, agissant soit sur 
les plaies, soit par le poumon, déterminent même chez les sujets sains ou non 
blessés un véritable empoisonnement putride. Hais la contagiosité n'exclut pas 
la spontanéité, et les faits d'infection miasmatique sont passagers et ne se mon- 
trent qu'à une période avancée. On ne doit pas séparer la septicémie de la 
pyohémie. Dans ces deux affections, les infarctus, les embolies, sont produites 
par les caillots ou par le pus, agissant mécaniquement et comme les liquides 
optiques. 

Les conclusions de J. Guérin sont : i^ les altérations des liquides fournis par les 
plaies exposées sont de deux ordres : simples et de même natui'e quand elles résul- 
DICT. ESC. 5* s. IX. Q 



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150 SEPTICËMIE. 

tent exclusivement de la fermentation et de la putrëfaction des éléments physio- 
logiques; complexes et d*une nature variable, quand cette altération comprend 
à la fois des éléments physiologiques et des éléments pathologiques ; 2<* les 
liquides des plaies, à quelque état de décomposition et d'altération qu'ils se 
trouvent, sont soumis aux lois de Tabsorption, qui les fait pénétrer incessam- 
ment dans Torganisme ; 5® cette absorption, quand elle ne porte que sur des 
liquides physiologiques en voie de décomposition, ne donne lieu qu*à la fièvi-e 
traumatique simple; lorsqu'elle porte sur des liquides physiologiques et patho- 
logiques réunis, elle donne lieu à une série non interrompue d'accidents, qui 
concordent avec le mode et le degré de cette altération; 4® ce n*est quen 
méconnaissant la persistance de Tabsorption et en rompant la continuité des 
réactions qu'elle entraine qu'on est conduit à considérer la septicémie et la 
résorption purulente comme des faits isolés et séparés, alors qu'ils ne sont que 
des accidents de cette continuité ; 5® il existe, antérieurement aux périodes 
assignées jusqu'ici à la manifestation de la septicémie et de la pyoliémie, une 
période prémonitoire, dana laquelle les effets de l'absorption et de l'intoxica- 
tion purulentes se présentent sous une forme ébauchée et amoindrie de ce 
qu'ils sont à leur période d'état : les uns et les autres ne réalisent que des 
degrés différents, mais continus, de l'intoxication; ^ la coopération de l'orga- 
nisme au développement de l'intoxication purulente consiste tout à la fois d^ns 
un apport de ferments qui lui sont propres, dans la fécondation et la multi- 
plication de ceux qu'il reçoit du dehors, et dans l'accroissement de leur intensité. 
L'intoxication purulente chronique simple se montre dans les plaies exposées 
chroniques et sans complications. Résultat de la résorption du pus physiolo- 
gique, altéré par une exposition prolongée à l'air, elle est constante, mais ne se 
traduit pas toujours par des signes manifestes. 

Les intoxications purulentes chroniques composées se développent à la suite 
de kystes mal vidés, de tumeurs malignes exposées, de collections tubercu- 
leuses exposées. Outre la fièvre hectique, elles offrent quelque chose de spécial, 
par la résorption de produits toxiques spéciflques. L'intoxication puerpér.ile 
montre la série bien nette des divers degrés de l'intoxication purulente, depuis 
la fièvre de lait jusqu'aux accidents putrides rapidement mortels. En somme, la 
doctrine admise par J. Guérin se rapproche beaucoup de la théorie septicémique, 
en reconnaissant dans toutes les complications du traumatisme une série non 
interrompue de phénomènes morbides, produits par l'action simple ou compli- 
quée d'un même agent étiologique. 

A ces vastes et générales explications Pasteur répond par ses recherclies sur 
le vibrion septique et le microbe de l'infection purulente, recherches dont nous 
avons donné les résultats en traitant de la septicémie expérimentale. 11 fait de 
la septicémie et de la pyohémie deux infections distinctes, ayant cliacune pour 
causes l'introduction et la multiplication dans l'économie d'un organisme spéci- 
fique. 

A. Guérin admet avec Lister que l'infection purulente est une maladie mias- 
matique, et que les accidents les plus redoutables des plaies viennent de l'action 
septique des miasmes que renferme l'air ambiant. Les Allemands ont abandonné 
la théorie chimique de la septicémie. L'empoisonnement par le poumon (Gosse- 
lin) n'est pas admissible. Les suifaces recouvertes d'épithélium ne se laissent 
pas traverser par les miasmes de la pyohémie, et jamais, dans les salles infectées, 
on ne ta voit éclater chez les individus non blessés. Les faits d'infection puni- 



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SEPTICÉMIE. ^31 

lente spontanée (Dance) sont le plus souvent des cas de morve, et celte affection 
ne se développe pas dans la phlébite et Tostéomyélile suppurées sans plaie exté- 
neure. Le pansement ouaté démontre par lefficacité du filtrage rinfluence des 
corpuscules animés de Tair sur la production des complications des plaies- si 
Ion trouve des vibnomens dans le pus, c'est que le pansement a été mal appli 
que. Au reste, pas plus que Lister il ne prétend que la suppuration ne peut pas 
se produire dans une atmosphère dépourvue de ferments. 

L. Le Fort n'admet pas que le contage soit un vibrion ou un ferment. Quoique 
rarement, Tmfection purulente comme la fièvre puerpérale peuvent être primi 
tives ou spontanées. I^ur développemaat est favorisé par des causes intrinsèques 
aux malades (accouchements laborieux, manœuvres ou opérations obstétricales) 
par la nature des tissus intéressés, par des éUU consUtutionnels ou diathésiques* 
L'mfection purulente et la fièvre puerpérale spontanées ou primitives ont poui^ 
résultat la création, au sein du malade, d'un principe morbide, contagieux 
transmissible à un individu sain, mais en réceptivité morbide, c'est-à^re un 
opéré ou une accouchée. Cecontoge n'existe pas dans l'air normal, sa nature est 
mconnue, mais la conUmination se fait par la plaie, à l'aide des éponges, des 
doigts, des instruments, et non par l'air en contact. 

A. Guérin insiste sur l'inftucnce de l'encombrement dans la production de 
l'infection purulente. Dans les salles de chirurgie, les corpuscules animés sont 
plus nombreux, ils empoisonnent les blessés. Mais en dehors de la contagion un 
blessé isolé peut engendrer l'infecUon purulente, si le pus de ses plaies fermente 
au conUct de l'air. Dans une plaie mal soignée, les vibrions trouvent des cou- 
ditions favorables à leur culture; quand les produits sont en quantité suffisante, 
le sang est bientôt empoisonné. Dans un air relativement pur, la multiplication 
des germes n'a pas le temps de se produire, avant que le travail de cicatrisaUon 
ne soit assez avancé pour s'opposer à leur pénétration dans l'économie. 

Pour Depaul, la cause des épidémies de fièvre pterpérale n'est pas la conta- 
gion, mais l'encombrement, qui la fait naître à volonté. On la voit se produire à 
la campagne, dans des lieux isolés; on la voit éclater chez des femmes enceintes 
et même chez des élèves sages-femmes. 11 proteste contre l'assimilation faite 
^tre la fièvre puerpérale, l'infection purulente ou putride et la pourriture 
d'hôpital. Ces maladies en clinique sont distinctes, aussi bien par leurs symp- 
lômes que par leurs lésions. Au reste, il ne saurait comprendre à la fois la 
spontanéité et la contagiosité d'une môme aflection. 

Le professeur Verneuil conserve à peu près enUères les opinions qu'il 

défendait à la tribune de l'Académie en 1869. Il abandonne, si l'on veut, la 

sepsine, à laquelle il n'a jamais tenu que comme à un mot abrégeant le langage. 

Mais plus que jamais il tient à l'existence d'un poison, auquel on donnera tel 

nom qu'on voudra, pourvu qu'on ne le nie pas. Le poison se forme presque 

toujours dans la plaie, spontanément peut-être et par altération des humeurs 

exposées à des contacts anormaux, peut-être aussi par l'action de molécules 

atmosphériques agissant comme ferment : la question est encore indécise à cette 

heure. Mais il reste convaincu que les fièvres traumatiques et les intoxications 

chirurgicales sont dues à la pénétration de ce poison dans le torrent circu- 

htoire. « La doctrine septicémique, dit le savant professeur, ayant pour corol- 

laire la méthode antiseptique, fait en ce moment le tour du monde, répandant 

partout où elle passe d'incalculables bienfaits; elle domine de haut la pathologie 

chirurgicale tout entière, en modifiant profondément les doctrines, en révo- 



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I3'i SEPTICÉMIE 

lulioDoant la thérapeutique et la médecine opératoire. » Non soupçonnée il y a 
trente ans, elle ne fut accueillie en 1871 qu'avec réserve ou froideur, Vemeuil 
croit à son avenir. 

Panas (1878) attribue la gravité propre à certains cas d'ostéomyélite à une 
septicémie ou intoxication du sang. L'intervention d'agents infectieux, agissant 
tantôt sur le foyer exposé de la lésion, tantôt primitivement sur le sang, est 
nécessaire pour expliquer cette gravité. 11 faut chercher dans les muqueuses 
(intestin, poumon, vessie) la porte d'entrée des germes morbifiques, dans 
l'ostéomyélite dite spontanée. 

Colin (d'Alfort), adversaire résolu de la théorie de l'extériorité constante des 
germes morbides, résume ses opinions dans les propositions suivantes : i^ le 
contact direct de l'air n'est pas la condition obligée des actes de putridité qui 
peuvent se produire dans l'organisme. Les opérations pratiquées sur des ani- 
maux sains sont très-rarement suivies d'accidents, malgré la violence et l'étendue 
du traumatisme. Il n'en est plus de même, si l'on agit sur des tissus altérés ou 
enflammés; 2^ la putridité, soit comme état spécial distinct, soit sous la forme 
de complication, peut se manifester sans qu'il y ait un trauma offrant à l'absorp- 
tion du pus ou d'autres produits altérés par les matières mfectieuses d'origine 
atmosphérique. Dans la pneumonie simple, l'air est sans action sur le plasma 
épanché. L'ouverture des séreuses saines n'est suivie ni de gangrène, ni de 
complications septiques. Les accouchements ordinaires des femelles où se trou- 
vent réunies, avec l'accès de l'air, toutes les causes de putridité, n'entraînent pas 
d'accidents, etc. ; 5® la grande condition de la septicité consiste dans la mort 
des éléments anatomiques, ou au moins dans des modifications profondes, qui 
ne permettent plus à ces éléments et à divers liquides de participer régulière- 
ment aux actions vitales de l'organisme. 

La septicité peut se développer souvent dans l'organisme, quelque précaution 
qu'on prenne pour éviter l'action directe de l'air, l'entrée des germes et des 
ferments atmosphériques. Des portes sont toujours ouvertes à l'entrée des 
matières infectieuses, putrides, dissoutes ou à l'état figuré. Les preuves sont 
nombreuses en ce qui concerne le poumon et le tube digestif. Colin se propose 
de développer la thèse de la constitution d'un milieu, sans lequel la matière 
putride et les êtres microscopiques deviennent ou restent tout à fait inoffensifs. 
Bouley, Bonillaud, se rattachent avec quelques réserves aux doctrines de 
Pasteur sur la décomposition putride. 

Analysant cette discussion. Marchand cherche à démontrer que la doctrine 
septicémique avait été formulée par les chirurgiens du siècle dernier. Genzmer 
et Volkmann admettent pour la fièvre des blessés une double forme et une double 
origine. Dans un cas, la fièvre traumatiqiie est septicémique ; dans Tautre, plus 
fréquente, malgré des températures s'élevant de 59 à 40®, il n'y a pas infection 
véritable. La sepsine est une erreur chimique. La cause prochaine des accidents 
septiques est la présence de l'air. Certains microzoïdes se rencontrent dans les 
liquides des plaies, s'y développent , ils sont la cause de fermentations qui, 
tantôt causent la putridité, tantôt intervertissent la structure élémentaire des 
matières, au point de transformer en poisons véritables des substances primitive- 
ment inertes. Mais ces altérations de composition et de structure élémentaire 
échappent complètement jusqu'ici à l'analyse chimique. 

Ainsi que le disait dans la séance annuelle de l'Académie (janvier 1880) le 
professeur Richet, président sortant, en rendant compte des travaux de l'assem- 



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SEPTICÉMIE. 155 

blée pendant l*année i879, la question delà septicémie surgit à propos de chaque 
communication. Elle occupe tous les esprits, et son importance n'échappe à 
personne. 

Dans cette lutte entre la yieille doctrine de la spontanéité morbide et la 
théorie des germes et de Textériorité, Colin (d'Alfort) et Pasteur représentent les 
opinions extrêmes, et chaque affirmation de Tun trouve immédiatement dans 
Tautre un adversaire résolu. Colin ouvre la campagne par une nouveUe com- 
munication sur la septicémie. En dehors des trauma ou des plaies, les accidents 
septiques peuvent avoir pour point de départ une infection par les voies aériennes 
ou digestives, dont la muqueuse est incontestablement susceptible, non seule- 
ment d*ab8orber les ferments putrides solubles, mais même de livrer passage 
aux ferments figurés. 

Le poison septique n'est pas un poison physique ou chimique, il agit par des 
modifications du sang et des liquides, réclamant un milieu approprié et des 
conditions spéciales, créés par les phlegmasies et les traumatismes surtout avec 
plaies, états très-analogues. Les accidents putrides ne sont pas extrinsèques à 
la plaie; ils ont leur cause dans les tissus lésés, les liquides dont ils sont 
imprégnés, capables de s'altérer sans être versés an dehors. La plaie a donc un 
triple rôle pathologique, i^ Elle est une porte d entrée par sa surface absor- 
bante pour les produits versés et altérés, plus ou moins putréfiés au contact de 
l'air, i^ Elle est la voie d'absorption pour toutes les matières altérées ou alté- 
rables, qui peuvent se trouver dans l'atmosphère et agir covme ferments. 3® Elle 
est surtout par ses propres tissus et liquides le milieu ou foyer actif de la 
septicémie. C'est dans l'intérieur qu'ils s'altèrent, meurent, deviennent putrides, 
acquièrent des propriétés toxiques. C'est l'acte le plus sérieux et le plus dan- 
gereux. 

Dans les premiers jours , l'intoxication septique est simple, différente de la 
septicémie par la non-virulence du sang, de l'infection purulente par ses symp- 
tômes. La seconde phase, granulations et début de la pyogéuie, est transitoire, 
peu stable; certains tissus peuvent mourir, la plaie se flétrit, se dessèche, et un 
frisson soudain annonce le développement de î'inlection purulente. Cette aflec- 
tion n'est pas due seulement à l'altération du pus au contact de l'air et à sa 
résorption, mais sm*tout à une altération des tissus malades ou modifiés par 
rinOammation. 

Pour Colin (d'Âlfort), l'empoisonnement putride, l'infection purulente et la 
septitëmie sont trois états distincts avec un élément commun, la septicité. Le 
premier est une intoxication isolée. Le second est une intoxication double: 
putriditë associée à la virulence. Le troisième est une intoxication putride com- 
pliquée de virulence. Cette distinction s'appuie à la fois sur lexpérimentation et 
sur la clinique. Il faut aux ferments, aux germes, pour se multiplier, un terrain 
convenable. L'influence des voies d'introduction des agents septiques, des quan- 
tités injectées, des espèces et des races animales, prouve la nécessité d'un 
milieu favorable. La vie sans air est un non-sens. La vie sans air du vibrion est 
à la vie ordinaire ce qne la vie du poisson est à celle du mammifère. 

Un milieu souvent impropre et la résistance des éléments sont les deux prin- 
cipaux obstacles à l'action perturbatrice des ferments morbides et des êtres micro- 
scopiques. La putridité est un état fort complexe, de formes et de degrés divers; 
elle n'est pas dans le sang ce qu'elle est au dehors. En résumé, les ferments sont 
toujours là, certaines portes leur sont toujours ouvertes ; souvent ils pénètrent 



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154 SEPTICÉMIE. 

dans les tissus sains, les liquides non altërds, snns produire de troubles appré- 
ciables. Ils exigent donc pour leur développement certains états des tissus» de 
leurs éléments ou des liquides qui les baignent. 

Maurice Perrin, analysant les idées de Pasteur et de Colin, demande à ce der- 
nier de rejeter la septicémie préexistante marquée par des lésions des tissus et 
des liquides, et de prendre la plaie contuse comme point de départ des études. 
Pasteur reconnaît que les tissus contus sont le meilleur terrain de culture pour 
le vibrion septique. La variété des phénomènes s*explique parfaitement dans sa 
doctrine. Pour l'action des germes, trois conditions sont en effet nécessaires : 
!• l'existence des germes, c'est la règle; 2® un terrain propice, putrescible; 
5® l'absorption de Tagent septique et sa circulation avec le sang. De là la diffé- 
rence de gravité entre les plaies simples des parties molles et les lésions des 
veines et des os. Dans les hôpitaux se forment des foyers secondaires qui rayon- 
nent par Tair, et plus souvent propagent la maladie par contagion immédiate. 
Il faudrait donc comme expériences plus probantes : rompre les os, broyer les 
chairs sous la peau, mettre les animaux dans une atmosphère septique et voir 
les résultats. 

Maurice Perrin croit que la septicémie chirurgicale naît dans la plaie des 
blessés. Les germes atmosphériques agissent surtout, si les tissus sont contus, 
imprégnés de liquides putrescibles, véritables liquides de culture; ils s'y déve- 
loppent, s y multiplient, puis se répandent dans la masse du sang, d*o{k la sep- 
ticémie conOrmée. La septicémie est-elle le résultat d'une viciation spécifique du 
sang? On doit faire des réserves ; les preuves ne sont pas concluantes. En termi- 
nant, notre excellent maître propose de diviser la septicémie: !• en septicémie 
externe f inoculation par la plaie ; 2^ eu septicémie interne^ abcès de la fièvre 
typhoïde, de la variole, catarrhe vésical putride, ostéomyélite spontanée, phlébite 
suppurée, etc., dont l'origine et l'explication est encore à rechercher. 

Suivant le professeur U. Trélat, la doctrine de Colin peut se résumer ainsi : 
la plaie est un foyer où le ferment putride se prépare et s'élabore avec le pus, 
foyer qui le retient plus ou moins, l'envoie à la circulation ou le laisse échapper 
pour le reprendre encore. En somme, c'est la théorie indiquée par Panum, 
Billroth, Verncuil, thÂ)rie qui ne mène à rien. Pour lui, il croit qu il faut peu 
d'agents septiques, que le rôle des éléments morts n'est ni indispensable, ni 
absolu ; qu'on peut observer une septicémie violente sans éléments mortifiés, 
«t qu'on voit des plaies gangreneuses, non sans putridité, mais sans septicémie. 

Davaine combat les divisions de la septicémie en expérimentale, chirurgicale, 
interne. Sa nature est une, elle ne présente de différences dans ses manifesta- 
tions que celles qui résultent des conditions dans lesquelles elle se prend, et 
dans lesquelles elle accomplit son évolution. Son virus est une bactérie; sa nature 
•une putréfaction pendant la vie. La force vitale n'a rien à voir dans les 
maladies virulentes. La septicémie peut être rapide et fatale chez les animaux 
les mieux portants et les moins disposés à la gangrène. Ce qui manque aux 
•épidémies, ce n'est pas le virus, ce sont les conditions qui lui donnent Tactivité. 

Vis-à-vis de la doctrine parasitaire de la septicémie si nettement exprimée par 
Davaine, nous devons résumer les opinions exposées par un de nos plus éminents 
-épidémiologistes, le professeur L. Colin, du Val-de-Grâce, dans un traité tout 
récent. L'infection purulente, la fièvre puerpérale, Térysipèle, la pourriture 
^'hôpital, sont la plus haute expression du miasme nosocomial. Dans l'immense 
majorité des cas, ces affections provenant de plaies exposées régnent ensemble 



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SEPTICÉMIE. 135 

et paraissent pouvoir s*engeudrer i*éciproquement. L. Colin en fournit de nom- 
breux exemples, li les rapproche du typhus épidéniique par leur parenté d ori- 
gine^ Tencombrement nosocomial et la possibilité de leur développement en 
dehors du traumatisme. Jadis, dit-il, ces affections s'éternisaient par Tinsalu- 
brité des hôpitaux ; aujourd'hui, leurs foyers épidémiques sont toujours adven- 
tices, susceptibles de se former dans les lieux les plussalubres, villages, fermes, 
châteaux, dès qu'il y a encombrement de blessés, preuve évidente de leur 
indépendance originelle de ces prétendues nuées d'organismes parasitaires qui, 
elles, ne respecteraient pas davantage les blessés disséminés. 

Les opinions sont partagées sur l'importance du contage et de l'infection 
originelle dans la généralisation des épidémies. Pour le professeur L. Le Fort, la 
contagion est prépondérante. L. Colin reconnaît que souvent le mal ne s'est pro- 
duit spontanément que chez un premier malade qui a transformé en virus 
proprement dit le miasme infectieux originel. La preuve en est par l'atteinte 
successive des voisins et surtout par la transmission par des intermédiaires 
contaminés (hommes, vêtements, instruments, etc.), hors du foyer, hors de 
l'hôpital. Mais aussi il est des circonstances où le nombre des cas spontanés 
semble l'emporter. Les épidémies frappent soudainement et simultanément une 
série d'individus qui, par réclusion dans des locaux insuffisants, sont parallèle- 
ment arrivés à la résultante morbide d'une infection commune, érysipèle, fièvre 
puerpérale, pourriture d'hôpital. Le milieu épidémique développé agit sur tous, 
avec l'uniformité d'une influence atmosphérique locale, et sans intervention 
d'un contage mutuel. 

L'intensité de la cause morbifique varie souvent aux diverses périodes de 
l'épidémie nosocoroiale. Le premier atteint, dans un service de chirurgie, d'in- 
fection purulente, d'érysipèle, de pourriture d'hôpital, sera en général un grand 
blessé. De même, la première femme atteinte de fièvre puerpérale le sera dans 
les premiers jours qui suivent la parturition, quand les organes génitaux pré- 
sentent le traumatisme le plus considérable. Le mal créé se reproduit non par 
le fait du miasme nosocomial, mais par contage ; se manifeste dans des trau- 
matismes moins graves, dans des plaies moindres, chez des femmes enceintes, 
des jeunes filles avec ou sans règles, dans des conditions qui ne présentent rien 
d'analogue au traumatisme puerpéral. 

L'infection purulente résulte de la pénétration du pus dans le sang. Le pus 
louable peut la produire ; toutefois, le pus altéré est plus dangereux. Le pus 
soustrait au contact de l'air, tantôt provoque, tantôt ne provo(|ue pas d'accidents. 
Dans l'immense majorité des cas, c'est par la plaie qu'est absorbé l'agent mor- 
bifique. Vemeuil fait ressortir la conaexité de l'infection purulente avec une 
série d'autres modifications subies par l'organisme sous l'influence de cette ab- 
sorption, notamment avec la septicémie, dont la pyohémie ne serait qu'une com- 
plication accidentelle. La septicémie s'établit d'abord plus ou moins lentement 
par absorption, soit par la plaie, soit par le poumon, des matériaux puti*ides 
provenant du malade lui-même et des malades voisins. Il y a donc trois phases 
dans la genèse de l'infection purulente : !<> une altération septique des liquides 
de la plaie par condition locale ou par influence de milieu ; 2® l'infection préa- 
lable du sang ; 5® la pyohémie. Le contage est saisissable en temps ordinaire par 
la série des cas successifs. Il se transmet par l'atmosphère, par les instruments, 
les pansements, les vêtements, le personnel, il peut être transporté loin du 
foyer originel. 



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136 SEPTICÉMIE. 

La fièvre puerpérale a sa cause génératrice principale dans Tencombremcnt 
des accouchées ; sa naissance spontanée en dehors des hôpitaux est extrêmement 
rare ; sa genèse réclame la|réunion de malades et surtout de malades identiques, 
elle n'est donc pas une simple septicémie. La pourriture d*hdpital est un typhus 
traumatique grave et proportionné à Tencombrement. Elle ne présente aucune 
analogie avec la diphtliérite, et n'est pas le résultat de laction de micro-orga- 
nismes. Son développement est le plus souvent précédé ou accompagné de symp- 
tômes généraux qui démontrent Tinfection préalable de l'économie. L'érysipèle 
nosocomial est plus diffus. 11 naît surtout par infection, dans les agglomérations 
de blessés, et le virus élaboré se propage par contage. Il oflre de nombreux 
rapports avec les fièvres éruptives, les maladies infectieuses, et surtout la fièvre 
puerpérale. L. Colin admet avec Gosselin son origine septique et la nécessité 
presque indispensable d'un traunia, mais il ne croit pas à la possibilité de sa pro- 
duction par l'inspiration de miasmes infectieux. 

Les résultats favorables obtenus par l'emploi du bain antiseptique prolongé 
ou permanent, son action sur la fièvre traumatique, qu'il fait rapidement dispa- 
raître ou qu'il empêche d'éclater (Verneuil, 4879), tendent à démontrer que le 
poison septique se forme souvent sur place par décomposition du pus retenu 
dans des foyers anfractueux. Il ne faut pas confondre la fièvre traumatique vraie, 
septique, avec la fièvre émotive, souvent observée dans les hôpitaux, et avec la 
fièvre inflammatoire qui résulte de la formation du pus. 

La doctrine de l'identité de nature de la septicémie et de la pyohémie est sou- 
tenue par Tédenat (1879) dans un bon travail qui résume les données de la 
science sur ce sujet délicat. Cette question importante se présente également 
devant la Société de chirurgie à l'occasion d'un mémoire de Maurice Perrin (i 879) 
sur la valeur comparative du pansement de Lister et du pansement alcoolique. 
Dans l'opinion de Lister, Tyndall, Pasteur, etc., les germes atmosphériques sont, 
non-seulement les éléments de toute altération septique des plaies et de leurs 
produits, mais encore la cause de la production du pus. Ils s'adressent au germe 
pour le détruire et non au terrain, négligeant la résistance des germes à l'état 
corpusculaire. Or, les expériences de MM. Pemn et Marty tendent à démontrer 
que les pulvérisations phéniquées n'exercent aucune influence sur l'évolution 
des germes atmosphériques dans les liquides de culture et sur la putréfaction 
atmosphérique. Elles démontrent également les irrégularités de l'ensemencement 
par l'air, au point de vue de la quantité et de la qualité ou de la nature des 
germes. L'alcool, qui empêche toute altération des tissus désorganisés et oppose 
une barrière à l'absorption, est plus utile que l'acide phénique, qui ne fait aucu- 
nement, comme on le croit, une atmosphère aseptique. 

Verneuil fait partir de la plaie le poison septique, mais il n'admet pas que le 
rôle des bactéries dans les liquides des plaies et même dans les phénomènes de 
putridité soit établi actuellement d'une façon indiscutable. Sont-elles cause ou 
effet? Deux théories principales se partagent les esprits sur la nature de l'agent 
septique : pour les uns, c'est un composé chimique, pour les autres un ferment. 
On conçoit très-bien un poison organique sans bactéries et un liquide rempli de 
bactéries qui n'empoisonne pas. Les expériences de laboratoire ne sont pas jus- 
qu'ici décisives. 

La théorie des germes, dit Lucas-Championnière, n'est pas pour Lister un fait 
certain, mais un fait probable. Le microscope, même en des mains sûres, ncsufHl 
pas à démontrer la présence, moins encore l'absence des germes. 



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SEPTICÉMIE. io7 

Au reste, comme Pasteur l'a prouvé, s'il est des microbes nuisibles, il en est 
de bons également ; et le vibrion septique est tué par les bactéries de la putré- 
faction. 

T. Ànger croit que Tinfection purulente peut suivre, pour sUntroduire dans 
Torganisme, d*autre8 voies que la plaie, bien que celle-ci soit toujours la grande 
porte d'entrée. 

Pour Després, la doctrine septicémique n'est aucunement démontrée. La 
théorie ancienne de la phlébite suppuréc est au contraire justifiée par le plus 
grand nombre de faits. Quant à la théorie de la sepsine ou d'un composé toxique, 
d'un poison du sang né dans la plaie même ou dans les tissus voisins, elle 
n'est, de même que l'existence d'un ferment, qu'une simple hypothèse. Pour 
lister, Vinfection purulente et les accidents du ti'aumatisme sont dus à la 
putréfacUdn du pus dans les plaies. Selon A. Guérin et les expérimentateurs, 
la putréfaction et la pntridité du pus sont le résultat de l'action des germes 
atmo^hériques, et les accidents des plaies sont à leur tour la conséquence de 
cette putridité. C'est la théorie de la fermentation appliquée à la suppuration et 
à la septicémie. 

Després admet trois variétés d'infection des blessés et des opérés : 1® la 
septicémie des premières vingt-quatre heui*es ; sidération, empoisonnement par 
des gaz toxiques développés dans la plaie ; asphyxie par des gaz méphitiques 
absmi>és par les veines. L'emphysème traumatique n'est qu'un empoisonnement 
mécanique; 2® des infections putrides ou septicémiques, qui tuent les blessés 
dans les quatre jours, sans abcès mètastatiques. Elles résultent de causes indi- 
viduelles ou d'influences diathésiques; 3® l'infection purulente avec abcès 
mètastatiques, se montrant du quatrième au vingt-deuxième jour, souvent avec 
des plaies bien bourgeonnantes, conséquence d'une phlébite vraie et favorisée 
par les influences extérieures physiques et morales et principalement les causes 
d^rimantes. 

Les expériences irréprochables de Pasteur ne confirment ni la théorie de la 
sepsine, ni celle de la fermentation du pus. Elles ont démontré que du sang 
pris chez un septicémique, et contenant des microbes, vibrions ou autres, pou- 
vait être inoflensif ; que l'air tuail ces microbes comme les vibrions de la fer- 
mentation butyrique, mais qu'en couche épaisse et à l'abri du contact de l'air 
le vibrion septique se reproduisait et conservait sa propriété virulente. Ces 
résultats indiscutables ne sauraient s'appliquer an corps humain, et les faits 
joiumaJiers sont en opposition avec eux. La théorie de la septicémie est encore à 
établir. 

Farabeuf attribue le développement de la septicémie à Tabsorption des liquides 
altérés par l'action de l'air. 

Les expériences ont montré, dit le professeur Trélat, qu'il y a de grandes 
probabilités pour que la septicémie soit d'origine extérieure ; mais il ne faut pas 
confondre septicémie et pyohémie. La septicémie vraie, aiguë, à marche rapide, 
se montre dans les quatre premiers jours qui suivent la blessure. C'est une 
affection du début, et une affection inexorable. Pour quelques chimrgiens, le 
poison septii|ue est formé par le blessé lui-même, mais presque tous admettent 
aujourd'hui qu'il est absorbé de l'extérieur, et que l'atmosphère est le foyer 
d'infection. La pyohémie est rare avant huit et douze jours ; elle se développe 
ordinairement après le quinzième jour et jusqu'à la cinquième et la sixième 
semaine qui suit le traumatisme; elle a ses symptômes comme ses lésions 



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^58 SEPTICÉMIE. 

propres. On fabrique aisément la septicémie, ii n'en est pas de même de l'infec- 
tion purulente. Si la confusion entre ces deux affections n'est pas chose pos- 
sible, il faut bien reconnaître cependant qu'elles ont une certaine parenté, 
puisqu'on les voit simultanément disparaître sous l'influence des pansements 
antiseptiques joints à une excessive propreté. 

Ledentu ne veut pas discuter la théorie des germes et des microbes, comme 
principes des infections septiques. En pratique, il existe dans l'atmosphère des 
eentres populenx et, particulièrement dans les salles des hôpitaux ou les ambu- 
lances, quelque chose qui altère, d'une part, les liquides sécrétés par les plaies, 
d'autre part, le sang des blessés, et engendre la septicémie. Cette expression 
n'a pas pour tous la même signification. La septicémie, en effet, n'est pas une 
•dans ses formes cliniques. On peut distinguer : 1*^ la septicémie à accidents 
locaux, née dans le foyer de la plaie: gangrène foudroyante limitée, pourriture 
•d'hôpital, lymphite, phlegmon, érysipèle ; 2® la septicémie à accidents géné- 
raux, présentant trois types cliniques distincts : a) septicémie ou infiection 
putride aiguë; b) septicémie ou infection putride subaiguë à marche très- 
lente ; 5® infection purulente ou septico-pyohémie. 

La fièvre traumatique bénigne est-elle toujours de nature septicémique ? L'accord 
n'est pas fait sur ce point : a) la septicémie aiguë se montre dès le premier 
jour ou du second au sixième jour. Elle est caractérisée par un frisson intense, 
une température de 39 à 40 degrés, une fièvre plus régulière que celle de la 
pyohémie, du délire, des suppurations diffuses éloignées ; enfin par la mort du 
second au quinzième jour au plus et l'absence de lésions métastatiques ; b) la 
septicémie subaiguê ou chronique est l'infection putride de Bérard ; elle con« 
tribue à la mort par intoxication ; c) la pyohémie est aussi une septicémie ; 
elle naît dans les mêmes conditions et surtout dans les milieux encombrés ; son 
évolution est insidieuse, sa terminaison toujours fatale. En somme, c'est une 
septicémie subaiguë compliquée d'abcès métastatiques : incident anatomique 
qui lui donne sa physionomie spéciale. 

Ledentu admet l'infection par la plaie, par les lymphatiques partant de la 
blessure ; qu'il s'agisse de microzoaires infectieux ou de ferments agissant sur 
les liquides exhalés à la surface de la plaie, ou d'un principe toxique né spon- 
tanément, sans intervention obligée des bactéries. Hais il fait à l'infection par 
la voie pulmonaire une part très-large et parfois prédominante. 

Le professeur L. Le Fort regrette de voir abandonner l'observation clinique 
pour la méthode expérimentale et les discussions théoriques. 

Des formes chniques, très-différentes par leur origine, leur marche, leur 
gravité, sont confondues sous le nom de maladies septiques. Tout est à la septi- 
cémie, sans qu'on puisse savoir exactement ce qu'il faut entendre par ce mot. 
On a fait une indication toujours la même : s'opposer à la septicémie, dont les 
germes contenus dans l'air menacent toutes les plaies. De là, le pansement, 
puis le traitement, et enfin la chirurgie antiseptique. Dans une première 
théorie, toute plaie donne naissance à un principe septique qui peut empoi- 
sonner celui même qui l'a produit. Dans une seconde, le poison résulte 
de l'action des germes de l'air. Dans ces doctrines, les formes cliniques se 
confondent et finissent par disparaître. 

Certaines plaies logent im poison, un principe septique. Vient-il du sujet 
lui-même ou des influences extérieures ? La vérité n'est pas dans une opinion 
exclusive. Un poison local, né dans l'économie, le virus cadavérique, est modifié 



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SEPTICÉMIE. 139 

ou détruit par la putréfaction. L. Le Fort n*admet pas que toute plaie en suppu- 
ration engendre un principe septique, conQnë dans la plaie et susceptible 
d'empoisonner Tëconomie. Mais qu*il y ait irritation, inflammation de mauvaise 
nature, et le poison seplique formé entre dans les vaisseaux sanguins et lym- 
phatiques, produisant la fièvre, Tërysipèle, Tangioleucite. De même pour le 
phlegmon simple ou diffus. Mais il n*est pas admissible que Tagent qui donne 
naissance à ces différents accidents soit identique dans tous les cas. 

On pourrait accepter la théorie des germes contenus dans l'air normal pour 
la septicémie chronique, fièvre hectique ou infection putride. Mais elle n'est pas 
acceptable pour la gangène traumatique des diabétiques ; elle ne Test pas davan- 
tage pour la septicémie suraiguê qui suit les grands traumatismes, sous 
l'influence de l'alcoolisme ou de la dépression morale. Cette théorie n'explique 
pas mieux Tinfection purulente avec ses abcès métastatiques, et certainement le 
poison n'est pas le même dans ces diverses maladies. 

Pasteur a démontré que les matières organiques ne possèdent pas par elles- 
mêmes et ne peuvent créer le principe de fermentation et de putréfaction. Ce 
principe leur est extérieur, il est apporté par les germes, les ferments répandus 
dans l'air. Pas de germes, pas de putréfaction, dit Pasteur; pas d'altération des 
liquides de la plaie par les germes, pas de complications, ajoute Lister, et Lucas-- 
Cbampionnière ajouterait presque : pas de germes, pas de suppuration. La 
théorie de la contagiosité explique parfaitement les différences d'action nocive, 
sans admettre des germes morbides spéciaux. Cette théorie est démontrée par 
les faits : 1^ innombrables sont les cas où, sans septicémie, on trouve des 
vibrions et des bactéries sur les plaies; 2® Pasteur lui-même a rencontré la 
septicémie et l'infection purulente sans vibrions ni bactéries; 3® dans le panse- 
ment ouvert, l'action des germes s'exerce librement sur les plaies, sans que se 
dévdoppe la septicémie. 

A l'^rd de cotte doctrine, les convictions du professeur Le Fort sont tout à 
fait absolues. « Rien ne prouve que les germes de l'atmosphère, qui, d'après 
M. Pasteur, sont les agenfs actifs de la fermentation et de la putréfaction, soient 
aussi les agents actifs de l'infection purulente, de la septicémie aiguë ; aucun 
fait positif n'a été démontré, pendant que la démonstration contraire est faite 
par les faits négatifs... L'action de l'air n'est prouvée que pour la genèse de 
rinfection putride, quel que puisse être dans l'air l'agent auquel est dévolue 
cette action, n 

L'infection purulente, contagieuse, est rarement spontanée. Mais, primitive 
et isolée, elle est d'origine intérieure et non le résultat de l'action de germes 
extérieurs. L'influence de la nature des tissus lésés, de l'encombrement, de la 
dépression morale, sur son développement, est un fait d'observation journalière, 
f S'il n'y a pas dans l'infection purulente, dit le professeur L. Le Fort, résorption 
du pus en nature, il y a absorption des éléments formateurs du pus. Le pus ne 
se forme pas seulement à la surface de la plaie^ il commence à s'élaborer dans 
les vaisseaux qui s'approchent de cette surface ; si la marche de la plaie est 
normale, l'élaboration suit ?b. marche, l'exode du pus complètement élaboré se 
fait à la surface de la plaie ; mais, si une cause générale ou locale trouble, vicie 
les phénomènes, le travail d'élaboration du pus ne se complète pas, l'exode 
des éléments purulents en voie de formation n'a plus lieu sous forme de pus, 
ils ne sortent pas à la surface de la plaie, ils suivent leur marche dans les 
capillaires et le travail continue dans les radicules veineuses, l'économie 



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UO SEPTICÉMIE. 

8*infecte. Le virus pyohëmique, septique, se crée aussi bien sur la plaie que 
dans la masse du sang, et c*est ce virus septique de formation intime, intérieure, 
individuelle, que nous ne connaissons encore que par ses effets, qui constitue 
le contage de Tinfection purulente ; et ce germe contage porté sur une plaie 
saine d un blessé relativement bien portant lui inocule en quelque sorte le 
poison de Tinfection purulente. » 

Lucas-Championnière répond que le mot de chirurgie antiseptique appartient 
bien à Lister, mais pas la théorie: pas de germes, pas de suppuration. Lister 
dit seulement que les germes excitent la suppuration et que seuls ils causent 
rinfection, faits que semblent prouver les résultats de sa méthode. 

Nous avons vu les opinions très-partagées sur la nature de la fièvre puerpé- 
rale. Maladie essentielle et distincte pour les uns, elle n*est pour le plus grand 
nombre des chirurgiens qu*une forme de la septicémie. Nais en admettant son 
origine septicémique, constitue-t-elle une septicémie spéciale ou doit-elle être 
confondue avec les fièvres chirurgicales, mélan!][e ou succession de pyohémie et de 
septicémie, empruntant à son siège particulier les phénomènes morbides propres 
et les accidents locaux qui la caractérisent? Pasteur, dès 1878, avait signalé 
comme résultat de ses recherches l'existence d'un mici*obe spécifique, agent 
producteur de la fièvre puerpérale. Hervieux, en 1879, porte devant rAcadëmie 
de médecine cette intéressante question. Dans un historique succinct, il combat 
les doctrines de la plaie placentaii e, du ramollissement putride ou de la putres- 
cence de la muqueuse utérine qui n'est souvent que consécutive, de la phlébite 
utérine, et de Tintoxicalion septicémique deJ.Guérin, qui repose sur une 
erreur de faits. La métrite qui laisse l'utérus largement ouvert est peu dange- 
reuse. Il pose en principe que les organismes inférieurs connus : vibrions, 
bactéries, bâtonnets, corps mouvants, sont impuissants à expliquer le dévelop- 
pement de la septicémie puerpérale. Le territoire à envaliir et l'ennemi sont 
partout les mémes^ et cependant la maladie ne se développe pas également dans 
toutes les localités. La fièvre puerpérale est sans aucun rapport avec la pu tri- 
dite des lochies, elle atteint plutôt les femmes robustes, elle sévit (Spath) 
bien plus dans les saisons froides, et son développement n'est jamais parallèle 
dans les divers services d'accouchements. Il est donc impossible d'invoquer les 
conditions de doses, de terrain, de température, comme modifiant l'action des 
microbes. Hais, bien plus encore, les femmes enceintes, les élèves sages- 
femmes, les nouveau-nés, les fœtus, les hommes mêmes, subissent cette infec- 
tion, qui se traduit ici par l'avortement, là par des pleurésies, des arlhi'opathics. 
Hervieux se croit donc en droit de conclure : i^ contrairement aux proto-orga- 
nismes répandus partout dans la nature, et en somme inoflensifs, puisque nous 
vivons au milieu d'eux, sans gêne, le miasme puerpéral ne se plaît, ne prospère 
et n'exerce son action que dans certaines localités très-circonscrites ; 2® tandis 
que les proto-organismes ont besoin, dans la théorie des germes, d'une solution 
de continuité pour s'introduire dans l'économie, le miasme puerpéral ne connaît 
aucune barrière épithéliale. 11 atteint la femme enceinte, le nouveau-né et 
même le fœtus comme la femme en couche, même des sujets placés en dehors 
de l'état puerpéral. Il y a donc de bonnes raisons pour que cet agent ne soit 
pas un vibrion, ou que ce soit une nouvelle espèce, dont le caractère, la natuixî 
et la constitution physique sont à déterminer. Pasteur ]*épond qu'il n'existe pas 
d'état sanitaire ou épidémique proprement dit. Les faits cachés sous les mots : 
pays infectés, milieux épidémique?, correspondent pour lui à une abondance 



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SEPTICÉMIE. 141 

plus ou moins grande de germes et à des conditions hygiéniques, constitution- 
nelles ou autres, pouvant permettre leur développement plus ou moins facile. 
11 est porté à attribuer la fièvre puerpérale à un miciobe, en forme de petits 
chapelets de grains spbériqucs (microsporon ou micrococcus des Allemands). 
Quelques observations lui ont montré ce microbe formé de grains associés deux 
à deux ou réunis en chapelet, dans les liquides des femmes mortes de fièvre 
puerpérale. On le trouve parfois dans le pus, associé au microbe générateur du 
pus, mais par la culture du sang on l'obtient toujours seul. Dans les lochies 
saines, après quelques jours, on ne rencontre pas de microbes. Il faut donc 
poursuivre les études dans ce sens. Si Ton injecte du pus sain dans les veines, 
les aboès mélastatiques qui se développent sont vite résorbés, mais, si Ton 
injecte du pus contenant des microbes, il se produit des accidents divers suivant 
la nature de ces vibrions. 

Felti communique à TAcadémie des sciences ses recherches expérimentales 
sur un leptothrix trouvé pendant la vie dans le sang d*une femme atteinte de 
fièvre puerpérale grave. Ce microbe, composé de filaments immobiles, simples 
ou articulés, transparents, droits ou courbes, se rapproche beaucoup des bâton- 
nets immobiles de Tenduit gingival, mais sans bactéries oscillantes, ni spores. 
Pasteur ayant nié Texistence de ce leptothrix puerpéral, aussi bien que du 
bacillus puerperalis décrit par Engel, d*après une observation de Spillmann, 
Felti revient sur ses affirmations, et reconnaît qu*il n*avait eu affaire qu*à la 
bactéridie charbonneuse ; ce qui prouve, une fois de plus, le peu d'importance 
qu'il faut attacher aux caractères morphologiques des organismes inférieurs, en 
même temps que les difficultés de ces observations délicates. A qui se fier, si 
des expérimentateurs aussi habiles et aussi habitués que Feltz, si des savants 
dont les travaux servent de base aux discussions doctrinales, peuvent se tromper 
si absolument dans leurs interprétations ? 

Hervieux ne se tint pas pour battu, et chercha à mettre en relief les obscu- 
rités de la théorie des germes appliquée à la puerpéralité. 1** Le microbe pré- 
sumé delà septicémie puerpérale est-il le produit de la mJadie ou la cause 
productrice même? S'il existe dans les eaux communes, on comprend difficile- 
ment la rareté de l'infection, car les lavages sont fréquents ; on ne s'explique 
pas l'influence de l'aggravation. 2^ Pourquoi et comment ce microbe se produit- 
il dans une maternité avec ses caractères de septicité? Les recherches de Pasteur 
prouvent seulement que, dans la septicémie puerpérale, on peut constater ces 
organismes. Us existent quand il y a septicité. Mais, si l'on admet la nécessité 
d*un état morbide antérieur pour son développement, le microbe n'est plus 
qu*un épiphénomène, une complication de la septicémie. S'il y a nécessité d'une 
idiosyncrasie spéciale, pourquoi est-il inconnu parfois? Si le microbe est le 
produit direct de l'agglomération, il naît donc spontanément, ce que Pasteur ne 
saurait admettre. La cause de la fièvre puerpérale est donc un mode particulier 
de viciation de l'air, un miasme, un poison spécial engendré par l'aggloméra- 
tion des nouvelles accouchées. Le microbe n'est pas le poison, il n'est que le 
parasite du milieu empoisonné. 3^ Pasteur disait en 1873: Le sang des ani- 
maux à l'état de santé est absolument fermé à l'introduction des organismes 
inférieurs qui pullulent dans le tube digestif. Aujourd'hui, il admet l'entrée 
des microbes, même sans effraction, par les voies pulmonaires. 4^ Tout prin- 
cipe virulent, toxique ou contagieux, doit : à) être unique. Ici le microbe est 
double, bâtonnets et grains réunis ; b) être spécifique. Ici le microbe se ren- 



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U2 SEPTICÉMIE. 

contre dans des maladies diverses ; c) être constamment identique à lui-même. 
Ici, le microbe est tantôt inoflensiret tantôt meurtrier. 

Pasteur combat les arguments à priori de Hervieux et les idées de miasme,, 
jadis appliquées au charbon, à la suppuration et même à la gale, maladies dont 
la nature parasitaire ne saurait être actuellement contestée. Mais il reconnaît 
qu'en ce qui concerne la fièvre ou septicémie puerpérale les recherches et les 
expériences demandent à être poursuivies. Pasteur vient de communiquer (mai 
1880) à TAcadémie de médecine les résultats d'expériences nombreuses et 
récentes, qui confirment de tout point ses premières recherches sur le microbe 
spécifique de la fièvre puerpérale. 

Perret, dans une thèse d'agrégation toute récente (1880), se rattache à la 
théorie septicémique des infections chirurgicales. Sans nier la spécificité de 
chacune de ces affections, sans admettre qu'elles sont complètement identiques 
dans leur nature, qu'elles sont dues à la pénétration et à la multiplication dans 
l'organisme humain d'un microbe ou vibrion toujours le même, il les fait 
l'entrer toutes dans le cadre de la septicémie. Pour lui, la septicémie propre- 
ment dite comprend : les complications septicémiques des plaies exposées, 
l'infection cliarbonneuse ou pseudo-charbonneuse, la pyohémie, les complica- 
tions pyohémiques des plaies exposées, l'infection pyohémique sans plaie, la 
gangrène traumatique, le phlegmon gangreneux et la gangrène foudroyante. 
Mais ce n'est pas tout encore, et dans sa description des formes ou des espèces 
cliniques de la septicémie cliirurgicale, la piqûre anatomique, la fièvre trauma- 
tique, l'infection putride chronique, l'érysipèle, la fièvre urinease, viennent se 
grouper avec les états morbides précédents. La pénétration possible des microbes 
par les muqueuses normales lui permet d'expliquer aisément les phénomènes 
septiques de l'ostéomyélite et des infections sans plaies exposées. 

Cette conception de lu septicémie, Perret l'applique également aux infections 
puerpérales, et elle lui permet de faire rentrer dans le même cadre la fièvre 
d'infection légère des accouchées, les abcès infectieux, et la septicémie propre- 
ment dite, aiguë, suraigué ou pyohémique. Nous ne partageons pas cette 
manière d'envisager la question, et nous n'admettons pas la confusion d'états 
morbides qui nous paraissent absolument distincts. Mais cette division ressort 
naturellement de la définition adoptée par Fauteur, au point de vue delà patho- 
logie générale : la septicémie comprend tous les états pathologiques caractérisés 
par la présence dans le sang des ferments septiques ou septoïdes, ou simple- 
ment de leurs produits. Peut-être eût-il été bon cependant de faire connaître 
les ferments septiques ou septoïdes, d'en donner les caractères et de spécifier si 
ce terme ne s'applique qu'aux seuls organismes inférieurs, ou s'il s'étend à des 
composés chimiques dont l'action sur l'économie concourt pour une certaine 
partie à la production des accidents ou mieux des intoxications chirurgicales et 
puerpérales. C'est le défaut des termes vagues, mal définis, de valeur mai 
limitée, de conduire à des groupements forcément artificiels, pai'ce qu'ils sont 
trop étendus. 

Dans le second volume de ses Mémoires de chirurgie (1880), le professeur 
Yerneuil étudie de nouveau la doctrine septicémique, dont il est en France le 
représentant le plus convaincu, ^es idées doctrinales sur l'étiologie des fièvres 
traumatiques n'ont été que peu modifiées par les faits acquis à la science depuis 
1871. 11 dirait aujourd'hui que le virus traumatique est formé ou déposé à la 
surface de la plaie, et non plus engendré spontanément ; que ce virus résulte de 



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SEPTICÉMIE. 145 

radion exercée sur les matières contenues dans le foyer par des microbes venus 
de Tatmosphère et jouissant des propriétés des ferments. Ces modifications 
semblent être, de la part du savant professeur de clinique, bien plus une con- 
cession aux doctrines régnantes que le résultat d'une conviction solide. La 
théorie de Pasteur est séduisante, probablement vraie, mais elle n*est pas pour 
Yemeuil absolument démontrée. En clinique, Torigine spontanée ou extérieure 
du poison septique est d*importance secondaire. L'agent toxique n'agit que s'il 
pénètre dans l'économie, et il n'y pénètre que par une seule voie : la plaie. 

Les idées de Pasteur ne peuvent être adoptées sans réserves. Il n*est pas 
démontré que les germes extérieurs jouent dans les propriétés ou la production 
du poison septique le râle prépondérant. Certaines maladies, fort ressemblantes 
à tous égards avec la septicémie d'origine externe et la pyobémie, n'offrent 
aacune porte d'entrée visiJsle aux germes aériens. On trouve des foyers profonds, 
hors de tout accès de l'air, renfermant des bactéries. Enfin ces organismes, 
même présents dans le sang, peuvent disparaître sans accidents notables. Les 
migrations des bactéries et de leurs spores, admises pour expliquer ces faits, ne 
sont pas démontrées par des expériences directes. Quant à la nature du poison 
septique, virus, ferment ou vulgaire produit chimique, la question est discutée. 
Yemeuil ne se prononce pas, mais il remarque que Les récentes recherches faites 
en Italie par Selmi et Trottarelli autorisent à admettre, sans ridicule, l'hypo- 
thèse d'alcaloïdes, produits dans les matières en décomposition. 

En ce qui a trait au développement de la pyobémie, l'honorable professeur 
se voit contraint d'avouer que certains faits ne concordent pas absolument avec 
sa doctrine de la septicémie embolique. Ces faits, Yemeuil, avec sa loyauté si 
connue, les met sous les yeux du lecfeur. Ils tendraient à faire adopter l'hypo- 
thèse d'un poison pyohémique particulier, spécial, contagieux, inoculable, 
distinct du poison septicémique pur et fort capable d'agir sans ce dernier. Cette 
hypothèse de la spécificité pyohémique peut être actuellement soutenue, aussi 
bien que la production de toutes pièces, sans intervention d'un agent spécial, 
de celte infection traumatique. 

Nous avons dit et nous redirons tout à l'heure les raisons qui nous font 
repousser la doctrine septicémique, en tant qu'elle implique l'identité de nature 
ée& fièvres traumatiques. Bien que les idées défendues avec talent par le profes- 
8^ir Veroeuil s'éloignent beaucoup encore de notre manière de voir, nous 
sommes heureux de constater dans son dernier mémoire une tendance légère à 
mettre en doute Vunibilé d'origine et de nature des intoxications chirurgicales. 
II y a matière à de nouvelles recherches, et la question est loin d'être résolue 
d*une façon définitive. Dans un excellent mémoire, couronné par la Société de 
chirurgie, sur l'histoire et les docti*ines de l'infection pumlente, Jeannel dis- 
cute les multiples tliéories émises pour expliquer le développement des infeo- 
tioos chirurgicales. 11 rejette l'hypothèse du poison putride chimique, personne 
jusqu'ici n'étant encore parvenu ni à l'isoler, ni même [à en démontrer irré- 
fuldi)lement l'existence. Les raisons invoquées pour établir la théorie du poison 
chimique et du poison putride ont plutôt été, dit-il, des objections à la théorie 
des germes. La seule démonstration véritable et catégorique eût été l'isolement 
d*un corps ou d'une série de corps définis dont l'injection intra-veineuse eût 
engendré la septicémie : cette démonstration n'a pas été donnée. 

Jeannel se rattache en définitive à la théorie des germes et, tout en admet- 
tant des liens de parenté entre la pyobémie et la septicémie, il reconnaît la dis- 



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lU SEPTICÉMIE. 

tinction faite par Pasteur entre le vibrion septique et le microbe pyohémique, 
et la spécificité de ces organismes. D*accord avec lui sur la question doctrinale, 
nous reconnaissons également que cette doctrine repose principalement sur des 
expériences positives inattaquables, sur des inductions logiques, mais qu elle 
attend encore de Tavenir la consécration clinique. 

Y. AfreotioiM feptiooldef ou •eptloënûquef ohirargioalet. Si UOUS tentons de 
résumer la longue histoire de la doctrine septicémique en chirurgie, nous aiTi- 
vous à cette conclusion : 4^ Donnant au terme de septicémie sa signification étio- 
legique vraie d'empoisonnement du sang, un certain nombre de diirurgiens font 
entrer dans le cadre des affections septicémiques toutes les maladies chirurgi- 
cales où Taltération du liquide sanguin païaît être le fait dominant. Ainsi la 
pyohémie, la fièvre traumatique, la pourriture d'hôpital, Térysipèle, sont rangés 
dans les septicémies, en même temps que l'ostéomyélite infectieuse, la myosite, 
la lymphangite, la phlébite suppurée. 2<> Réservant le nom de septicémie pour 
désigner une altération spéciale, spécifique, de l'humeur sanguine, les adver- 
saires de la théorie septicémique, s'appuyant sur la diversité des symptômes 
cliniques et des lésions anatomiques, repoussent conune une erreur d'interpré- 
tation cette confusion de maladies voisines, mais réellement distinctes, que 
l'observation nous montre chaque jour avec leurs caractères et leurs suites dis- 
semblables. 

Une seconde question, un problème plus délicat encore, est venu se greffer 
sur le premier et n'a pas peu contribué à jeter la confusion dans les esprits. La 
théorie des germes morbides, entraînant avec elle la négation de la génération 
spontanée, s'est élevée, conune une doctrine nouvelle, à l'encontre de la sponta- 
néité morbide. En même temps qu'elle substituait aux mots mal définis et tou- 
jours un peu obscui-s de miasmes, de contages, d'effluves^ l'hypothèse séduisante 
des ferments organisés, elle arrivait par ses conquêtes journalières à démontrer 
l'existence et le rôle indiscutable d'organismes palpables et tangibles, dans un 
certain nombre de maladies infectieuses et contagieuses. Il est impossible de le 
nier, cette doctrine, qui satisfait, en partie du moins, les tendances positives de 
la médecine actuelle, n'est plus aujouri'hui, grâce aux travaux de Feltz, de 
Davaine, de Pasteur surtout, une simple hypothèse. Appuyée sur des faits, sur 
des expériences inattaquables, sur des observations chaque jour plus nombreuses, 
elle menace dans ses fondements la théorie du développement spontané des 
agents morbifiques. 

Malheureusement, comme pour toute religion, nous allions dire pour toute 
croyance nouvelle, les faits sur lesquels elle se fonde ne sont pas à la portée de 
tous; les expériences délicates, les observations minutieuses qui lui servent de 
base, sont difficiles à reproduire et difûciles à contrôler. Heurtant de front des 
convictions anciennes, elle trouve à chaque pas de nouvelles objections et se 
bute parfois contre des partis pris qui ne sont pas plus disposés à céder devant 
les faits que devant les raisonnements. Pour nous, nous croyons que c'e^t à 
grand tort que sans cesse on oppose aux conclusions de la médecine expérimen- 
tale les observations de la clinique ; aux résultats obtenus sur des animaux la 
disparité des phénomènes morbides dans l'espèce humaine. Il y a deux ans à 
peine, dans un autre travail, nous restions prudemment sur la réserve et, sans 
rejeter absolument la théorie des germes dans ses applications aux accidents des 
plaies, nous suspendions notre jugement devant ses incertitudes et nous en appe- 



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SEPTICÉMIE. 145 

lions à Tavenir. Aujourd'hui nos convictions sont différentes, et nous ii*hësitons 
pas à reconnaître que les travaux des dernières années ne permettent plus Tliési- 
tation. 

C'est qo*aussi une immense révolution s*est accomplie dans la doctrine de la 
pathologie animée avec les brillantes recherches de Pasteur. La clinique et Tex- 
périmentation se sont chaque jour rapp]X>chées, et c est la dernière qui, plus 
précise et plus sûre, a doncé raison à Tobservation pratique. 11 n'y a plus lieu 
de se demander comment des accidents aussi différents que le charbon, la sep- 
ticémie, la pyohémie, la fièvre puerpérale, sont le résultat de l'introduction dans 
l'organisme d'un seul et même agent morbide, bactérie, vibrion ou microbe. La 
spécificité des micro-organismes, au point de vue morphologique, ainsi que 
l'avaient entrevue Coze et Feltz, ne peut être soutenue. Mais, si le meilleur in- 
strument ne permet pas de classer en espèces, distinctes par leur forme et leur 
volume Jes multiples organismes, agents producteurs des infectionschirurgicahs; 
si la division des microbes en coccus et bactéries n'est plus acceptable aujour- 
d'hui, une méthode nouvelle de recherches, en permettant d'isoler les orga- 
nismes inférieurs, nous les montre cependant doués de propriétés spéciOques, 
au point de vue de leur action sur l'économie animale. Nous avons aujourd'hui 
la bactëridie du charbon, le vibrion septique, le microbe de l'infection puru- 
lente ; et, de même que l'observation clinique nous faisait admettre la spécificité 
de chacune de ces affections, Texpérience nous permet de les reproduire à vo- 
lonté, soit seules et isolées, soit plus ou moins combinées, par une simple injec- 
tion d'un liquide de culture, soit pur, soit plus ou moins mélangé, de ces espèces 
morbides. 

Que nous importe, pour le moment, que le microbe soit l'agent immédiat de 
tous les accidents, ou qu'il sécrète un poison plus ou moins défini, si la présence 
de la bactérie ou du vibrion est indispensable à la production de ce dernier? 
Hais, dit-on, les expérimentateurs conviennent eux-mêmes que les organismes 
inférieurs ne se développent, ne se muliplient que dans certaines conditions 
données. Le fait est vrai, et personne ne le conteste. C'est toujours l'histoire du 
terrain et de la plante, qui, tantôt meurt, tantôt végète à peine, tantôt croit ra- 
pidement, pousse et se multiplie, suivant que le sol lui est favorable ou contraire. 
Mais nous n'avons pas à discuter ici ces questions générales, et nous revenons à 
notre sujet. 

D'après ce que nous venons de dire, il est indispensable, pour se prononcer 
pour ou contre la doctrine septicémique en chirurgie, de définir exactement la 
valeur du mot septicémie. Si l'on donne à ce terme la signification d'empoison- 
nement du sang, aloi*s nous acceptons la doctrine, mais en admettant que cet 
empoisonnement est variable suivant les diverses infections. Veut-on donner au 
mot septicémie la signification d'empoisonnement spécifique du sang, identique 
dans les diverses intoxications chirurgicales? dans ce cas, appuyé sur la clinique 
et sur Texpérimentati ;n, nous repoussons la théorie. Pour nous, il n'y a pas de 
poison putride ou septique, un, constant dans sa nature et dans sa composition, 
capable, suivant les conditions, de provoquer ici la fièvre traurnatique ou Téry- 
sipèle, là la pyohémie ou l'infection putride. Agent toxique mal défini, miasme 
ou virus, corps chimique isolable (sepsine), vibrion ou bactérie, de quelque 
façou qu'on le conçoive ou quelque nature qu'on lui prête, nous repoussons abso- 
lument son unicité. Dans notre opinion, la doctrine septicémique ainsi inter- 
prétée ne répond pas à l'observation. 

DICT. uic. 3* 8. IX. 10 



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146 SEPTICÉMIE. 

Nous ne pouvons reprendre, pour les discuter une à une, les si nombreuses 
théories que nous venons de passer en revue, mais, nous pouvons rapidement 
donner les raisons et les faits qui ont entraîné noire conviction. Disons tout 
d*abord que, repoussant la doctrine du poison septique, nous admettons au con- 
traire comme un fait actuellement démontré que la septicémie vraie peut se 
montrer soit comme une simple complication, soit comme une maladie adjointe 
dans le cours d^affections chirurgicales de nature différente. La septico-pyohémie 
est en clinique aussi fréquente peut-être que Tinfection purulente isolée; le 
vibrion septique accompagne souvent dans Téconomie le microbe de Tinfection 
purulente. 

Les principales affections chirurgicales que Tanalogie de certains symptômes 
et principalement des phénomènes généraux, ainsi que Tidentité supposée 
de nature, ont fait ranger dans le cadre des septicémies, peuvent, suivant la juste 
remarque de H. le professeur Haui^ice Perrin, être divisées en deux classes. Les 
unes, se développant spontanément en apparence, au moins sans traumatisme 
ui porte d'entrée extérieure, sorte d*aflections septicoîdes inteines, sont Tostéo- 
myélite infectieuse, la myosite infectieuse, la phlébite suppurée, etc. Les se- 
condes, complications habituelles des lésions traumatiques exposées, prendraient 
le nom de septicémies extenies. 

A. ÂFFECTions septicoîdes internes. Ni la clinique ni l'expérimentation ne 
permettent de confondre ces affections avec la septicémie vraie. Elles n^ont de 
<^mmun avec cette maladie que les phénomènes typhoïdes, qui se montrent ha- 
bituellement dans leur coui*8 et plus souvent à leur période ultime. 

lia constatation des microbes dans le sang et dans les parties enflammées, en 
dehors de la détermination par culture et par inoculation de la nature de ces 
organismes, n'oifre aucune preuve de leur identité avec le vibrion septique. Au 
reste, les symptômes, de même que les lésions anatomiqucs, se rapprochent 
souvent plus de l'infection purulente que de la septicémie. Au point de vue 
^tiologique, aucune comparaison possible, entre ces affections sporadiques, non 
contagieuses, non épidéuûques, et les complications septiques du traumatisme 
exposé. Nous renvoyons aux articles Musculaire, Ostéomyélite, Phlébite, pour 
une étude plus détaillée. 

B. Affections septicoîdes externes. Pour nombre de ces affections, la distinct 
tion avec la septicémie proprement dite devient bien plus difficile. Les condi- 
tions de développement sont à peu près les mêmes, les symptômes généraux, 
les accidents morbides, offrent une étroite ressemblance, les lésions mêmes ont 
^té confondues. 

i*' Tétanos, Avec Richelot, nous repoussons absolument l'origine septique du 
tétanos traumatique. L'existence d'un trauma est le seul phénomène commun 
4iui le rapproche des maladies septicoîdes, dans lesquelles les expériences de 
Tripier et Arloing, tout aussi bien que son étiologie, ses symptômes tranchés et 
ses lésions anatomiques spéciales, ne permettent pas même de le ranger. 

2** Érysipèle. AITection contagieuse, souvent épidémique, l'érysipèle trauma- 
tique offre les plus intimes rapports avec les infections chirurgicales, par ses 
conditions de développement et son mode de propagation. D'après Nepveu, on 
y observe des bactériens dans le sang, dans les réseaux lymphatiques de la peau, 
dans les globules blancs; ils s'arrêtent en amas dans les hns capillaires 
sanguins et forment de véritables colonies dans le foie, la rate et les reins. 
Tel est le résumé des recherches les plus récentes. Hais quelle est la nature 



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SEPTICEMIE. 147 

<le ces microbes? Orth admet qu*ils sont caractéristiques, transmissibles par 
inoculation du sang ou des liquides provenant de la peau érysipélateuse, et les 
désigne sous le nom de microsphacra. 11 ne les considère pas cependant comme 
spécifiques et nécessaires ; leur destruction ne fait que diminuer la puissance 
infectieuse des liquides. Mais ces faits d'inoculation positive n'ont pu être 
reproduits par Billroth, par Ollier, Bellien, et plus récemment par WoilT et 
Tielmanns. 

Quoique Sévestre (1874) ait constaté à la suite d'érysipèles de la face le déve- 
ioppement d'endocardites, la dégénérescence stéateuse des viscères et granulo- 
graisseuse du myocarde ; quoique Zimmermann ait noté la présence d'abcès multi- 
ples du tissu cellulaire, nous ne pouvons nous ranger à l'opinion de Raynaud et 
<iosselin qui semblent faire de cette affection une forme spéciale de la septicémie. 
En dehors de ses conditions étiologiques, absolument les mêmes que celles des 
autres complications fébriles du traumatisme exposé, l'érysipèle diffère de la 
septicémie vraie par ses symptômes et par ses lésions anatomiques. Encore Sal- 
leron, dans les hôpitaux de Constantinople, où la pyohémie, la pourriture d'hô^ 
pitaiet la gangrène foudroyante faisaient de grands ravages, n'a vu se développer 
•qu'on fort petit nombre d'érysipèles qui se terminèrent tous par la guérison. 

Les expériences sont donc négatives à l'égard de la nature septique de l'érysi- 
pèle. Chez les animaux, on n'arrive presque jamais à lui donner naissance; chez 
i homme on ne parvient pas à le reproduire à volonté par inoculation. On nous 
objectera peut-être que les injections expérimentales de sérosité ou de pusérysi- 
pëlateux sont souvent suivies du développement de la septicémie. Le fait est 
incontestable, mais l'objection tombe devant cette simple observation ;: que les 
injections ont été faites avec des liquides complexes, qui renfermaient probable- 
ment tantôt le vibrion septique, tantôt le microbe générateur du pus. 

Que nous dit la clinique? Elle nous montre l'érysipèle comme une infection 
spécifique, se transmettant avec ses caractères propres et ses lésions anatomiques 
caractéristiques. Elle nous fait constater sa courbe thermoscopique spéciale, ses 
allures, son agrandissement progressif ou par poussées successives, et sa termi- 
naison plus souvent favorable. Ce ne sont pas les plaies vastes et profondes, les 
fracas osseux, les traumatismes graves, qui lui donnent naissance ; une simple 
échorcbure, un petit bouton, une excoriation insignifiante, pour peu que la plaie 
soit mécaniquement irritée, suffisent à son développement. Nous n'avons pas à 
prolonger davantage ce parallèle, et, si les analogies que nous avons signalées 
autorisent à ranger l'érysipèle traumatique dans la classe des affections septi- 
coïdes, les dissemblances sur lesquelles nous avons insisté ne permettent pas 
d'en faire une forme spéciale de la septicémie chirurgicale. 

S"" Phlegmon diffus. Angioleudte. Doit-on classer ces complications du trau- 
matisme exposé parmi les accidents locaux de la septicémie vraie ? L'expérience 
et la clinique, quoique d'une façon moins affirmative, nous paraissent encore 
répondre négativement. Au point de vue expérimental, il faut tout d'abord 
éhminer les faits, malheureusement fort nombreux, oîi les liquides injectés 
offraient une composition tellement complexe, qu'en saine logique on ne sait à 
quelle substance rapporter leurs effets locaux. 

Le pus engendre le pus, dit un vieil axiome chirurgical, et Pasteur en a 
reconnu le premier la parfaite exactitude. Qu'on introduise dans le tissu cellu- 
laire sous-cutané un corps étranger plus ou moins irritant, et l'inflammation, la 
suppuration, en seront la conséquence pour ainsi dire forcée. Des expériences 



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148 SEPTICÉMIE. 

nombreuses ont démontré que Tinjection de liquides même filtrés, tenant en 
solution des composés chimiques, produits de la putréfaction, déterminait sou?cul 
des inflammations locales. Au contraire, les injections de liquides inertes charges 
du seul vibrion septique, à Texclusion du microbe générateur du pus et de tout 
autre corps étranger, ne sont que fort raremeut suivies d'accidents phlegmasiques 
locaux de quelque importance. H en est de même dans les inoculations pratiquées 
avec le sang des animaux atteints de septicémie virulente. 

La question, disons-le, est loin d*être absolument jugée, et de nouvelles expé- 
riences paraissent nécessaires pour arriver à une conclusion positive. Les faits 
contradictoires, que nous pourrions facilement opposer par centaines et par 
milliers, prouvent tout simplement que les observateui*s ne se sont pas placés 
dans des conditions identiques. Nous ne nous refusons pas à admettre que le 
vibrion seplique introduit dans Téconomie puisse provoquer au point d'enti-ée 
et dans les parties voisines des phénomènes morbides. Il semble acquis, en efl'et, 
que ce microbe se multiplie d'abord sur place, et envahit les tissus de proche 
en proche avant de se répandre dans l'économie par les voies circulatoires. Mais 
d'un autre côté les expériences de Colin (d'Allbrt), en particulier, prouvent que 
sa marche est assez rapide pour que l'amputation de la partie inoculée ne puisse, 
après quelques minutes, empêcher le développement des phénomènes généraux 
et l'infection de l'organisme. 

Sur un autre terrain, l'observation clinique montre que la septicémie vraie 
peut se manifester en dehors de tout accident phlegmasique du côté de la plaie 
exposée. Si donc le phlegmon diffus et l'angioleucite se rencontrent avec la 
septicémie, ils ne sont pas le résultat constant de l'introduction dans les tissus 
du vibrion septique. 

4* Fièvre puerpérale, La nature de cette affection, éminemment contagieuse, 
parfois sporadique, parfois épidémique, est encore en discussion aujourd'hui. 
Pour les uns, c'est une maladie spécifique, une pyrexie spéciale, résultat d*un 
agent inconnu, d'un miasme développé sous l'influence de l'encombrement. 
Pour Pasteur, c'est une infection parasitaire, due probablement à l'action d'un 
microbe spécial, dilîérent du vibrion septique et du micro-organisme de Tinfec- 
tion purulente. D'autres plus éclectiques ne voient dans cette complication de la 
puerpéralité, si variable dans ses symptômes et dans ses lésions anatomiques, 
qu'une réunion en proportions variées de phlegmasies locales, de pyohémie et de 
septicémie. 

L'observation clinique permet difficilement, il nous semble, de rattacher à une 
infection spécifique, une et identique dans sa cause, les manifestations si diverses» 
du puerpérisme infectieux. Des phénomènes morbides différents dans leur 
nature, diflerents dans leurs symptômes et dans leurs conséquences, ont été 
groupés à tort sous la même dénomination. C'est en les étudiant séparément 
que l'on arrivera à la solution du problème. La fièvre de lait, dite aussi fièvre 
traumatique des nouvelles accouchées, avec l'élévation légère et tempoi*aire de 
la température qui la caractérise, avec ses phénomènes généraux insignifiants et 
sa terminaison toujours favorable, ne saurait être comparée à la lymphangite et 
à la phlébite utérine suppurées, à la putrescence de la muqueuse utérine et aux 
accidents formidables et presque toujours mortels qui en sont la conséquence. 
Certes, par les conditions de son développement, par son caractère éminemment 
contagieux et épidémique, par la nature de ses lésions anatomiques, par ses 
jiymplômcs généraux, la fièvre puerpérale grave offre les plus gi-auds rapports 



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SEPTICÉMIE. 149 

avec les intoxications chirurgicales. Ce sont des maladies de même genre, infec- 
tions du sang de nature septicoïde. Mais justement, si Ton assimile compléte- 

* ment le traumatisme utéro-vaginal au traumatisme chirurgical ; si Ton admet 
ridentité de la plaie utérine et des plaies exposées, pourquoi ne pas vouloir que 
dans un cas comme dans Tautre cette plaie puisse devenir la source de compli- 
cations diverses? 

Pour tous ceux qui rejettent avec nous la théorie du poison septique, comme 
source unique de toutes les infections chirurgicales ; pour tous ceux qui admet- 
tent que la septicémie, la pyohémie, Térysipèle, etc., sont des maladies voisines, 
mais différentes dans leur cause intime, il paraîtra natui*el de ne pas faire de la 
fièvre puerpéi-ale une forme, une variété de la septicémie. Nous n avons pas à 
faire ici l'histoire de la fièvre puerpérale, à décrire en détail ses symptômes et 
ses lésions. Nous résumerons donc notre opinion dans les propositions suivantes : 
La fièvre puerpérale n*est pas une pyrexic essentielle; elle n*est pas davantage 
la septicémie vraie, modifiée par les conditions spéciales de son développement. 
Il est nécessaire de faire des distinctions entre les multiples accidents du piier- 
périsme simple ou infectieux. Actuellement, considérant la plaie utéro-vaginale 
comme une plaie chirurgicale, empruntant à son siège et aux conditions des 
blessées quelque chose de particulier, il est démontré par Tobservation clinique 
qu'elle peut devenir le point de départ de complications multiples, dont les 
plus communes sont la pyohémie, la septicémie et la septico-pyohémie. Ces 
complications, en raison de Tétat général des femmes récemment accouchées, de 
rétendue des surfaces suppurantes, prennent souvent une gravité considérable, 
n est probable, mais il n*est pas encore démontré qu'un microbe spécifique 
peut, soit à Tétat d'isolement, soit plus probablement uni au vibrion septique 
et au micro -organisme de Tinfection purulente, provoquer par son introduction 
dans Torganisme le développement du puerpérisme infectieux, dont il est en 
même temps le propagateur et Tagent contagieux ^ 

S* Septicémie urinetue. Nous avons fait plus haut Thistorique succinct des 
théories émises sur la nature des accidents fébriles qui viennent trop souvent 
compliquer les lésions traumatiques des organes urinaires, en même temps que 
les maladies chroniques de ces organes dans le cours de leur évolution et surtout 
à leur période ultime. Comme pour la fièvre puerpérale, réunir dans une entité 
morbide spéciale, à formes divei*ses, ces accidents si différents, nous parait une 
erreur clinique. Nous admettons volontiers que la rétention dans l'économie des 
matériaux de déchet que des reins désorganisés ne parviennent plus à éliminer 
est dans un certain nombre de cas la cause des phénomènes morbides. L'empoi- 
sonnement du sang, soit par l'urée (urémie), soit par le carbonate d'ammoniaque 
(ammoniémie), est la source fréquente des complications ultimes de la néphrite 
suppurative et de la suppression presque absolue du tissu sécréteur des organes. 
Ces phénomènes ont été bien étudiés depuis quelques années, et l'on en trouvera 

dans un autre article la description détaillée. La médecine expérimentale peut 
reproduire des états analogues, en supprimant complètement ou en partie la 
sécrétion de l'urine. Ici, rien qui ressemble de près ou de loin à la septicémie 



* Nota. Dq)uisle moment où nous écrivions ces lignes, les recherches de Pasteur ont à 
peu près mis hors de doute l'existence d'un microbe spécifique, comme agent producteur 
de la fièvre puerpérale. Cependant la démonstration ne nous semble pas aussi évidente que 
pour le vibnon septique. 



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150 SEPTICÉMIE. 

vraie, quel que soit du reste le rôle qu'on attribue à Taction des organismes infé- 
rieurs dans le développement des lésions anatomiques du tissu rénal. 

En est-il de même dans les accidents fébriles qui suivent parfois les opérations^ 
pratiquées sur les voies urinaires? La résorption d'une urine plus ou moin& 
altéra rend-elle compte de tous les cas? Les expériences de Gosselin et 
A. Robin ont montré que l'entrée dans le sang du carbonate d'ammoniaque pur 
ne déterminait jamais les graves accidents locaux et généraux qui résultent de 
l'action d'une urine fortement ammoniacale. Or, la fermentation ammoniacale 
étant la conséquence de la multiplication d'un ferment organisé, on se trouve 
naturellement conduit à accuser cet organisme d'être la cause princip:Ue des^ 
phénomènes morbides. 

En tout cas, il ne s'agirait pas dans cette hypothèse d'une septicémie vraie, 
puisqu'il n*est pas question du vibrion septique. Il est impossible de contester 
l'influence de l'absorption de l'urine, surtout de l'urine ammoniacale. Mais ni 
l'expérience ni l'observation clinique n'ont démontré l'action d'un parasite spéci- 
fique. De nouvelles recherches sont nécessaires pour élucider ce problème. 

Pour nous, admettant d'un côté l'empoisonnement urémique ou ammonié- 
mique, de l'autre l'intoxication urineuse directe par une plaie absorbante, nous 
repoussons la théorie qui prétend assimiler ces derniers accidents à la septicémie 
chirurgicale. Comme tous les traumatismes, les lésions des organes urinaires 
déterminant des solutions de continuité des tissus peuvent se compliquer de 
septicémie et de pyohémie ; ces complications sont parfois le fait dominant et la 
cause de la terminaison funeste. Nous ne cesserons de le répéter, il existe dans 
toutes les intoxications chirurgicales un ensemble commun de symptômes qui 
permet de les grouper côte à côte ; mais à côté de ces analogies des différences 
essentielles n'autorisent pas la confusion. 

6® Pourriture d*hâpitaL Affection contagieuse, mais primitivement locale, 
la pourriture d'hôpital ne saurait à aucun degré être considérée comme une forme 
de la septicémie vraie. Sa nature parasitaire semble plus que probable, mais 
l'organisme spécifique qui lui donne naissance par sa multiplication ne parait 
pas jusqu'ici nettement déterminé. Encore un problème dont la solution néces- 
site de nouvelles recherches. Née dans les mêmes conditions d'encombrement 
qui favorisent au plus haut degré le développement de toutes les infections 
chirurgicales, la diphthérie des plaies peut se compliquer dans son évolution de 
véritables accidents septiques. Cependant l'action incontestable du traitement 
local, la disparition des accidents parla destruction complète des tissus malades, 
ne permettent pas, suivant nous, d'admettre avec Salleron que cette altération 
des plaies ne soit que la conséquence d'un empoisonnement primitif de l'orga- 
nisme. Cette opinion que nous n'osions pas absolument repousser dans un autre 
travail ne nous parait plus acceptable aujourd'hui. 

7* Fièvre traumatique. Quand Biliroth et Weber publièrent leurs premières 
recherches expérimentales sur les complications fébriles du traumatisme, ils 
n'hésitèrent pas à ranger la fièvre traumatique primitive et secondaire dans les 
affections produites par la résorption de substances septiques. En France, cette 
doctrine trouva dans Blum et Lucas-Championnière des adversaires convaincus» 
Elle est également repoussée par Eustache, Chauffard, Terrier, Rochard, etc., 
qui n'hésite pas à dire que, pour y voir un empoisonnement, il faut faire 
abstraction de toutes les lois de la pathologie. Les observations de Lucas-Cham- 
pionnière, de Famechon, Conord, Terrier, etc., ont démontré que, bien que plus 



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SEPTICÉMIE. 151 

légère, la réaction fébrile suit les traumatismes sous-cntanés, se développe avec 
les pansements dits antiseptiques, et ne fait presque jamais défaut. Les théories 
qui attribuent soit à la douleur, soit à Thémorrhagie, le développement de la 
fièvre traumatique primitive, sont en contradiction avec les données de la physio- 
logie expérimentale, qui constate sous ces influences dépressives une diminution 
de la température du corps. L*hypothèse d une inflammation locale, source de 
chaleur suffisante pour produire la réaction fébrile, est également en désaccord 
avec les faits. 

Eustache, Chauffard, Lucas-Championnière, Rochard, se rattachent à Tidée 
d*une irritation locale retentissant sur Féconomie par l'intermédiaire du système 
nerveux ; d'une réaction franche et légitime de l'organisme qui, nécessaire dans 
les grandes lésions, survient à son heure, suit normalement ses phases, se 
dissipe sans danger et se montre partout. Ainsi que le remarque justement 
Terrier, les lésions par les caustiques déterminent une fièvre intense, et il est 
difficile d'admettre dans ces conditions une résorption quelconque de matières 
septiques, surtout quand le caustique se combine chimiquement avec les tissus 
oi^anisés. Il résulte cependant des recherches de Gripat, de Girouard, de 
£ryk, etc., que la fièvre traumatique est à la fois moins violente et moins 
persistante, après les applications de caustiques, et Bienvenue la nie presque 
absolument dans les amputations pratiquées par le professeur Sédillot avec le 
galvano-cautère. 

D'un autre côté, les observations d'Hervez, de Conord, montrent que la fièvre 
traumatique primitive est atténuée, mais non totalement supprimée par le 
pansement ouaté. Ce dernier en tire cette conclusion que la réaction fébrile des 
traumatismes n'est pas due seulement à l'absorption des produits septiques de 
la plaie, mais qu'elle est aussi le résultat et du processus inflammatoire qui 
préside à l'élimination des parties privées de vitalité, et de l'excitation du 
système nerveux par le traumatisme même; enfin de la faiblesse, des pertes 
de sang, de la fébricité antérieure ; états divers qui règlent surtout son 
intensité. 

Nous n'avons pas à discuter ici ces diverses théories, dont la valeur et la 
probabilité seront appréciées dans un article spécial, mais simplement à montrer 
si la fièvre traumatique primitive est ou n'est pas une forme de la septicémie 
vraie, un résultat de l'action du vibrion septique. A cet égard, les recherches 
expérimentales permettent difficilement de se prononcer. L'observation clinique 
semble plaider en faveur d'un empoisonnement par des substances toxiques, bien 
plus que d'une invasion de l'économie par un organisme microscopique. Nous ne 
retrouvons là ni les phénomènes typhiques qui caractérisent les intoxications 
chirurgicales aigués, ni la mai*che toujours plus ou moins typique des mala* 
dies infectieuses. Variable dans son intensité comme dans sa durée, la fièvre 
traumatique change du tout au tout avec les conditions du blessé, l'étendue de 
la blessure. Elle n'est guère plus accentuée dans les milieux infectés, dans les 
atmosphères viciées par l'encombrement, que dans les localités les plus salubres 
et chez des sujets isolés. Nous avons même constaté que dans des salles d'hô* 
pital, dans des ambulances où la pjohémie et la septicémie exerçaient les plus 
grands ravages, la fièvre traumatique chez des sujets surmenés était réduite pour 
ainsi dire à son minimum. Admettant donc que la fièvre traumatique primitive 
poit être classée parmi les affections septicoïdes chirurgicales, nous refusons de 
la ranger parmi les formes de la septicémie vraie, virulente et parasitaii*e. 



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152 SEPTICÉMIE. 

8° Fièvre inflammatoire. Fièvre traumalique secondaire. Cette complica- 
tion fébrile du traumatisme exposé ou sous-cutané est également rattachée par 
Billroth à une intoxication du sang par la résorption de produits septiques. 
Blum. qui repousse pour la fièvre traumatique primitive la théorie septicémique, 
Tadmet au contraire comme probalJe pour les fièvres secondaires, et reconnaît 
Tanalogie que présentent les accidents avec les phénomènes morbides résultant 
de rinjection de liquides putrides dans les veines ou le tissu cellulaire des 
animaux. C'est surtout à la suite des opérations pratiquées sur des tissus altérés 
ou chroniquement enflammés que Ton constate ces analogies : l'invasion 
presque immédiate de la fièvre, l'élévation considérable de la température, les 
irrégularités de la courbe thermique, contrastent avec le développement tardif, 
le peu d'intensité, et la descente lente et régulière de la fièvre traumatique 
simple. 

Il nous semble impossible d'assimiler la réaction fébrile plus ou moins intense 
qui accompagne le développement des inflammations, avec la septicémie vraie, 
contagieuse et virulente. Sanderson différencie nettement les inflammations 
simples des phlegmasies contagieuses. Gosselin admet pour la production de la 
fièvre traumatique la nécessité d'un poison spécial, qui ne se forme que dans des 
couditions particulières. L'expérience ne nous montre pas les produits inflam- 
matoires communs doués de propriétés virulentes par la présence du vibrion 
septique. La clinique également en nous faisant assister aux variations infinies 
de la fièvre inflammatoire, en nous montrant son peu de gravité habituelle, nous 
conduit bien plus vers l'hypothèse d'un empoisonnement que vers celle d'une 
maladie spécifique et virulente. Qui donc, au reste, a pu déterminer jusqu'ici la 
nature de cet agent toxique, commun aux diverses complications fébriles du 
traumatisme et dont le développement (spontané sans doute) dans Téconomie 
expliquerait les phénomènes généraux des phlegmasies sous-cutanées, comme 
l'infection purulente ou la septicémie? 

Dans notre opinion, tout plaide contre l'assimilation de la fièvre inflamma- 
toire avec la septicémie chirurgicale. Et iologie, marche, symptôme:^, terminaison, 
ces affections n'ont altsolument rien de commun. La première est surtout 
influencée par les conditions individuelles, par l'étendue de la lésion; la seconde 
paraît se développer presque également chez tous les sujets, et les conditions de 
milieu ont sur son développement, sur son intensité, une action bien plus 
prépondérante. La durée, la marche des phénomènes généraux, sont dans la 
fièvre inflammatoire en rapport direct et constant avec les altérations locales. 
Nés avec elles, ils disparaissent en même temps. Dans la septicémie, au contraire, 
l'infection générale se produit souvent sans que l'observation la plus attentive 
puisse faire constater aucune complication inflammatoire dans la plaie qui en 
est le point de départ. La fièvi*e inflammatoii*e se termine habituellement par la 
giiérison quand la phlegmasie rétrocède et que les tissus altérés reviennent â 
l'état normal ou sont envahis par la suppuration. Elle ne se termine par la mort 
que dans les cas rares où la phlogose envahit des régions étendues ou des organes 
nécessaires à la vie. A l'opposé, nous voyons la septicémie vraie conduire 
presque inévitablement à une terminaison funeste. 

La fièvre inflammatoire n'est pas la septicémie chirurgicale, dans l'acception 
que nous réservons à ce mot. Mais elle ne saurait être cliniquement confondue, 
comme beaucoup d'auteurs l'ont fait à tort, avec la fièvre traumatique secon- 
daire, qui n'est le plus souvent que le début des graves accidents infectieux 



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SEPTICÉMIE. 153 

dont nous avons à nous occuper. Le langage chirurgical aurait besoin sous ce 
rapport d*une lëvision complète. Les noms les plus divers sont employés pour 
designer la même affection ou ses formes diverses. Le même terme sert, suivant 
les auteurs, à exprimer des états pathologiques différents. Le défaut d*une base 
solide de classification et de nomenclature obscurcit encore un sujet et entraîne 
dans des discussions interminables, faute d^une délimitation nette et précise de 
la question en litige; H n*est peut-être pas, dans la science médicale, de parties 
où cette confusion soit plus évidente qu'à propos des fièvres dites traumatiques. 
Comprendre et se faire comprendre est chose fort difficile. 

9* Infection putride chronique. Fièvre hectique. Encore une des affections 
que Ton Ciit rentrer, bien à toi*t suivant nous, dans les formes ou les variétés de 
U septicémie chirurgicale. L'infection putride chronique, telle que fiérard Ta 
décrite, et telle qu'elle doit être comprise, est un véritable empoisonnement. 
Elle n'est ni contagieuse, ni virulente, ni épidémique, et selon toute probabi- 
lité elle résulte, comme le dit nettement Robin, de la pénétration dans le sang 
des composés toxiques, de nature variable, produits ultimes de la putréfaction. 
Nous n'avons pas ici à faire son histoire complète, ni à rechercher quelle est la 
conposition chimique des substmces qui la produisent par leur enti*ée dans le 
torrent circulatoire. Les gaz toxiques, les composés ammoniacaux, les acides 
bniyriquc, valérianique , In leucine, etc., sont doués à un certain degré de 
propriétés pyrogènes. Isolés, ou le plus souvent associés en proportions variables, 
ils paraissent par leur absorption jouer le principal rôle dans la production de 
l'infection putride chronique ou fièvre hectique chirurgicale. Mais il nous sera 
facile de démontrer que ces phénomènes morbides n'offrent avec la septicémie 
vraie que des rapports fort éloignés. Nous ne trouvons en effet dans la produc- 
tion de la fièvre hectique, ni le caractère contagieux, ni les phénomènes généraux 
aigus, ni les influences de milieu, qui prédominent dans la marche, l'étiologie 
et la terminaison de la septicémie véritable. L'infection putride chronique, 
maladie essentiellement individuelle, est toujours liée à l'existence d'un foyer 
(le décomposition où se putréfient lentement des matières organisées. Quand 
l'économie offre encore une résistance suffisante, l'élimination des liquides putré- 
fiés, les applications topiques qui empêchent cette décomposition, les pansements 
qui modifient ces liquides ou en arrêtent l'absorption, font rapidement disparaître 
tous les accidents. 

10<^ Infection purulente, Pyohémie. L'infection purulente avec ses frisf'ons 
irrëgaliers, sa courbe thermiqiie atypique, ses abcès métastatiques, n'est-elle 
qu'une forme de la septicémie vraie, ou, comme on l'a dit, une septicémie avec 
qnclqne chose de plus, une septicémie embolique? Pour nous, les expériences 
de Pasteur ont donné de ce problème longtemps discuté une solution aussi 
précise qu'inattaquable. 

Sur ce point, la méthode expérimentale est venue fournir un appui solide à 
lobservation clinique. Le pus engendre le pus, disaient les anciens, et Pasteur 
a reconnu la vérité de ce vieil adage. 11 faut donc distinguer plusieurs formes 
d'infection purulente. 

L'une est le résultat de l'entrée directe dans la circulation d'une quantité 
généralement notable de pus, provenant d'un foyer formé au voisinage ou dans 
l'épaisseur des parois d'un gros vaisseau ou du cœur. Dans cette forme de l'in- 
fect ion purulente, souvent désignée sous le nom de spontanée, rentrent les 
faits d'abcès aortiques étudiés par Lcudet (de Rouen), d'abcès du foie ouverts 



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15i SEPTICÉMIE. 

dans la veine cave, d'abcès du myocarde déversant leur contenu dans le sang. 
Ces faits par leur étiologie» par leur caractère exclusivement individuel, s'éloi- 
gnent autant que possible de la septicémie virulente et contagieuse. Il est pro- 
bable qu'ils se terminent quelquefois par la guérison, les collections purulentes 
secondaires disparaissant par résorption. Dans cette forme de pyohémie spon- 
tanée rentrent également les faits d'infection purulente sans solution de conti- 
nuité externe et sans communication du foyer d'infection avec l'extérieiir. 
Domec a réuni dans sa thèse, écnte sous l'inspiration du professeur VerneiiiK 
un certain nombre d'observations de ce genre. 

La seconde forme de l'infection purulente est celle qui résulte de l'introduc- 
tion et de la multiplication dans l'économie de l'organisme microscopique 
décrit et étudié par Pasteur* Nous avons donné plus haut ses caractères et ses 
propriétés, telles que les ont montrées les récentes expériences de l'éminent 
professeur. Ces recherches l'ont conduit à reproduire l'infection purulente avec 
ses abcès métastatiqiies, en dehors de toute septicémie. Sédiliot a depuis long- 
temps insisté sur les différences de nature et de lésions qui séparent la pyohémie 
de ce qu'on appelle l'mfection putride aiguë. Opposant la nature franchement 
purulente de la première aux altérations putrides et gangreneuses de la se- 
conde, les frissons irréguliers et intermittents à la marche rémittente ou sub- 
continue de la septicémie, il n'hésitait pas à attribuer la première à l'action du 
pus, la seconde à celles des liquides putrides. 

Dans ses formes nettes, la pyohémie avec son début tardif, sa mardie lente 
ou rarement très-aiguë, ses frissons irréguliers et violents, la teinte idérique 
de la peau, se distingue facilement en clinique de la septicémie aiguë. Après la 
mort, l'existence des abcès viscéraux multiples constitue sa lésion spéciale. 
Virulente comme la septicémie, contagieuse comme elle, souvent épidémique, 
elle se développe dans les mêmes conditions de milieu et d'encombrement. 
Bien plus, elle s'allie fort souvent avec elle, et dans ce mélange variable des 
deux affections, où tantôt l'une, tantôt l'autre occupe le premier rang, le dia- 
gnostic devient des plus délicats. 

Ce sont principalement ces faits complexes qni se montrent peut-être le plus 
fréquemment dans la pratique chirurgicale. L'infection purulente type se 
développe parfaitement en dehoi*s des hôpitaux. Des faits très-nombreux et 
indiscutables ont été recueillis dans la pratique privée. Certaines lésions, légères 
en apparence, mais intéressant des tissus riches en vaisseaux veineux ou les 
veines elles-mêmes, en sont la cause la plus fréquente. Dans ces conditions, la 
pyohémie revêt un caractère franc, ses symptômes sont nets, sa marche un peu 
lente, et la guérison, quoique rare, n'ofi'rc absolument rien d'impossible, il 
n'en est plus ainsi dans les conditions d'encombrement, de milieux infectés» 
où le caractère contagieux et épidémique ne tarde pas à s'accentuer. Éminem- 
ment favorables à la multiplication de tous les germes, ces conditions se réali- 
sent bien vite dans toute réunion nombreuse de blessés, même dans des locaux 
en apparence largement aérés. Alors on observe rarement l'infection purulente 
classique, et la septicémie s'allie habituellement à la pyohémie, de telle sorte 
que la distinction devient absolument impossible. Symptômes et lésions se con- 
fondent, et Ton voit des frissons violents, intermittents, avec ictère, suivis de 
mort sans abcès métastatiques, tandis qu'on trouve des abcès viscéraux mul- 
tiples à l'autopsie de sujets ayant présenté les symptômes de la septicémie. 

Il n'est pas possible, au reste, de nier ces formes mixtes, que Pasteur a pu 



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SEPTICÉMIE. iob 

reproduire dans ses expériences avec la plus grande facilité* Mais, loin de 
plaider en faveur de Tidentitë de nature intime des deux maladies, il en ré- 
sulte que le vibrion septique ne vit et ne se multiplie avec le microbe généra- 
teur du pus que précisément parce qu*its jouissent de propriétés différentes. 
Le premier est exclusivement anaérobie ; le second peut vivre au contact de 
Tair comme hors de son action. Leur réunion donne naissance à la septico* 
pyohémie, dont la fréquence clinique est bien plus grande que ne Tadmet Sé- 
dillot. Dans les épidémies graves qui sévissent dans les ambulances et les 
hôpitaux encombrés, comme on Tobservait en Grimée et à Coustantinople, 
comme la guerre de 1870 nous a trop souvent fourni Toccasion de le revoir, 
ce sont ces formes mixtes avec prédominance des phénomènes septiques que 
l*on rencontre le plus souvent. 

Le problème semble donc actuellement bien près d'être résolu. Nous avons 
montré qu'aussi bien au point de vue chirurgical que dans le domaine médical 
il était impossible actuellement de confondre les diverses formes des infections 
dites seplicémiques. A moins de donner au terme septicémie une signification 
très-lai^e et de s'en servir pour désigner une classe de maladies, on anive for- 
cément à confusion. Mais, en prenant ce terme dans son acception étymologique 
exacte, il doit s'appliquera tous les élats morbides ayant pour commun caractère 
l'altération du sang par une substance vénéneuse ou toxique. Les empoisonne- 
ments du sang par des poisons chimiques doivent donc prendre rang dans le 
cadre des septicémies, à côté des affections parasitaires comme le charbon et la 
septicémie. Une telle confusion admise par Lacassagne dans son excellente thèse 
d'agrégation ne saurait, il nous semble, être maintenue sans inconvénient. Si 
le terme de septicémie doit rester dans la science, comme synonyme d'une 
altération du sang, quelle que soit sa nature intime, il faut alors choisir une autre 
expression pour désigner l'affection particulière à laquelle on a coutume de 
l'appliquer aujourd'hui. Pour nous, nous acceptons ce mot, seulement avec une 
acception nette et définie, et nous le réservons pour l'intoxication spéciale qui 
résulte de la multiplication dans l'économie et de l'action du vibrion septique. 

Les dernières recherches de Pasteur sur le choléra des poules ne font que 
confirmer ce que nous avons dit plus haut sur le développement des accidents 
locaux. Elles tendent à prouver que, quel que soit le microbe introduit par injec- 
tion dans le tissu sous-cutané, des phénomènes phlegmasiques peuvent se pro- 
duire au point d'inoculation, indépendamment de toute affection générale. Bien 
plus, le cantonnement du parasite, sa multiplication sur place, la formation 
d'un foyer purulent avec sa membrane pyogénique et l'infiltration plastique des 
tissus, semblent, loin de la favoriser, porter obstacle à la dissémination de 
lorganisme morbifique. Il paraît donc difficile d'admettre une forme spéciale 
de septicémie exclusivement caractérisée par la production d'accidents locaux, 
sans infection générale. 

11* Piqûres anatomiques. Les accidents infectieux qui succèdent à l'ino- 
cobtion des liquides dont se sont chargés sur les cadavres les instruments de 
direction appartiennent-ils constamment à la septicémie virulente? 11 faut 
distinguer. Les faits d'observation, malheureusement trop fréquents, montrent 
que les piqûres anatomiques sont suivies des résultats les plus variables. Depuis 
l'inflanimation locale légère, conséquence ordinaire de l'introduction sous la 
peau d'un corps étranger irritant, jusqu'à l'infection mortelle en quelques 
heures, sans réaction au point blessé, tous les accidents intermédiaires ont été 



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15G SEPTICEMIE. 

rencontres. L*angioleucite, le phlegmon diffus, ne sont pas rares. Ailleurs des 
frissons violents suivis de sueurs abondantes» des symptômes de dépression ner- 
veuse apparaissent plus ou moins rapidement, et traduisent seuls rinfection de 
Tëconomie. Les lymphatiques, vaisseaux et ganglions, paraissent être constam- 
ment la voie suivie par Tagent toxique. 

Non-seulement les phénomènes morbides sont variables par leur nature et 
leur inlen>ité, mais Tintoxication diffère également suivant la source du poison. 
L'expérience comme l'observation montre que les cadavres de sujets morts de 
pyohémie, de lièvre puerpérale, de phlegmon diffus, sont bien plus à redouter. 
Le pouvoir toxique diminue avec la putréfaction avancée. Malheureusement, les 
inoculations faites sur les animaux ne paraissent pas avoir été étudiées au 
point de vue du développement d'une infection transmissible. Il y a sous ce 
rappoi*t de nouvelles et intéressantes recherches à poursuivre. Il ne nous parait 
pas douteux que dans un certain nombre de cas les piqûres anatomiques dé- 
terminent la septicémie virulente, mais le fait n'est pas absolument démontré. 

V. SepUoénuM ohirargiottle oUnique. Définition. La septicémie chirurgicale 
est l'intoxication spéciale qui résulte de la pénétration et de la multiplication 
dans l'organisme du microbe spécifique désigné par Pasteur sous le nom de 
vibrion septique. Cet organisme est exclusivement anaérobie; il ne se produit 
pas spontanément dans l'économie et son origine est toujours extérieure. 

Nature. La septicémie est une alTection parasitaire et par conséquent con- 
tagieuse et transmissible. Elle est parasitaire en ce sens que l'existence et la 
multiplication du vibrion septique en sont la cause indispensable. Mais que ce 
vibrion agisse d'une façon pour ainsi dire mécanique dans la production des 
symptômes et des lésions morbides, ou qu'il ne soit que l'agent sécréteur d'une 
substance toxique, la question n'est pas encore complètement élucidée. La 
première interprétation parait cependant la plus probable. 

Cette nature parasitaire, actuellement démontrée d'une façon indiscutable 
pour la septicémie virulente expérimentale, Test-elle également pour la septi- 
cémie chirurgicale et humaine ? 

Les preuves à l'appui de cette opinion ne sont pas, il faut l'avouer, aussi 
péremptoires qu'on pourrait le désirer. Il n'est pas possible en effet de recourir 
à des inoculations directes de l'homme malade à l'homme sain, pas plus (\n*i 
l'inoculation du liquide de culture du vibrion septique. 

Mais les recherches expérimentales de Pasteur avec le vibrion septique, sus- 
pendu à l'état d'isolement dans des liquides inertes par eux-mêmes, en produi- 
sant chez les animaux un ensemble de symptômes identiques à ceux de la 
septicémie humaine, permettent, il nous semble, deconclure jusqu'à preuve du 
contraire à l'unité de nature des deux afiTections. Tédenat, par l'inoculation 
du Sang et de liquides empruntés à' des sujets atteints de septicémie gangre- 
neuse, a pu développer chez les cobayes le même processus morbide. Nombre 
d'expérimentateurs ont également réussi, par Tinoculation de produits puisés 
chez des malades septicémiques, à obtenir chez les animaux la septicémie 
virulente et contagieuse. 

Sans doute de nouvelles recherches sont encore désirables. Mais, à moins de 
repousser tous les enseignements de la pathologie expérimentale, on ne peut 
rejeter les faits si bien démontrés par Pasteur. La nature parasitaire du charbon 
n'est plus contestée par personne. Les preuves de la nature parasitaire de la 



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SEPTICÉMIE. \b1 

septicémie humaine ne sont peut-être pas jusqu*à ce jour aussi incontestables. 
Mais, à moins de tomber dans des redites et de recommencer ici la longue dis- 
cussion que nous avons déjà soutenue à propos de la septicémie expérimentale» 
nous ne pouvons reproduire à nouveau tous les arguments opposés à cette 
opinion. Nous nous bornerons à exposer les plus importants, ceux qui, dans la 
pensée de leurs auteurs, doivent fiiire distinguer la septicémie des blessés de 
la septicémie virulente expérimentale. 

Nepveu admet la présence des bactériens comme constante dans le sang des 
septicémiques. Birch-Hirschfeld, contrairement à Riess, se range à la même 
opinion. Ces organismes diffèrent des granulations des hématies par leur inso- 
lubilité dans la potasse ; les globules blancs paraissent en quelque sorte les 
assimiler. Suivant Vemeuil, on peut très-bien concevoir un poison organique 
sans bactéries et un liquide rempli de bactéries qui n*empoisonoe pas Téco- 
nomie. Les expériences de laboratoire ne suffisent pas pour résoudre la ques- 
tion clinique. Lister lui-même ne regarde la théorie des germes que conmie 
probable et non démontrée d*une façon absolue. Després, tout en considérant 
comme irréprochables les expériences de Pasteur sur les propriétés du vibrion 
seplique, ne voit pas que les résultats en soient applicables à la pathologie 
humaine. Les faits journaliers sont en opposition avec la théorie des germes. 
C'est par milliers que se comptent les arrachements de dents, produisant des 
plaies compliquées en présence d'une atmosphère putride. Et cependant, com- 
bien rai-ement ces opérations sont suivies d'infection septique I On dit que la 
salive est douée de qualités antiputrides. Mais alors pourquoi la fréquence des 
infections après les fractures doubles du maxillaire inférieur? Pourquoi leur 
rareté dans les plaies des doigts et des mains traitées par le pansement occlusif 
au diachylon, alors que le pus fourmille de microbes de toute espèce? 

Le professeur L. Le Fort est encore plus opposé à la théorie des germes et à la 
nature parasitaire de la septicémie. Il remarque : 1^ que sont innombrables les 
cas où des vibrions se développent sur les plaies sans produire la septicémie; 
2* que la septicémie peut se produire en dehors de la présence de tout orga- 
nisme intérieur (cas examinés par Pasteur?) ; 5' que dans le pansement ouvert 
l'action des germes s'exerce librement sur la plaie sans que se développe 
rintoxication septique. 

Ces objections ne sont pas sans réponse. En ce qui concerne la rareté de la 
septicémie avec le pansement ouvert et dans les plaies largement exposées à l'ac- 
tion de Tair Pasteur a fait justement remarquer que, le vibrion septique étant tué 
par l'action de l'oxygène, l'exposition d'une solution de continuité peut devenir 
une condition aussi défavorable que possible au développement de Tintoxication 
septique. Le pansement ouvert est en réalité un procédé antiseptique. 

Il ne sulïit pas non plus que des microbes se développent et se multiplient 
dans les sécrétions, pour que Téconomie soit infectée pour ainsi dire forcément. 
L'objection n'a qu'une valeur apparente. En dehors de la nature même de ces 
organismes, et s'agit-ii du vibrion septique, ce qui parait peu probable, étant 
données les conditions habituelles de l'observation, il est actuellement dé- 
montré que les tissus enflammés ne sont pas un terrain favorable à la multi- 
plication et à l'introduction de ce parasite. Le temps n'est pas éloigné où l'opi- 
nion absolument opposée semblait un fait acquis. Puis les cliniciens, dans leur 
lutte contre la théorie des germes, oublient trop souvent qu'il y a microbes et 
miorobes. Nous retrouvons cette confusion, qui ne peut conduire qua l'erreur^ 



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*458 SEPTICÉMIE. 

même dans la dernière reviie critique, si remarquable d'ailleurs, deNepveu, sur 
le rôle des bactéries dans les lésions chirurgicales. 

Enfin, lexamen microscopique ne peut servir de critérium absolu pour dé- 
montrer Tabsence de tout organisme inférieur dans les liquides de sécrétion des 
plaies. Dans les observations on ne .^emble pas avoir tenu comple des gi*anula- 
tions brillantes qui constituent les germes du vibrion septique. Nous pouvons 
donc conclure de ces faits que rien ne s'oppose à ce qu'on admette comme 
très-probable la nature parasitaire de la septicémie clinique, contagieuse et 
vii*ulente comme la septicémie expérimentale. Loin de se trouver en opposition 
avec l'observation, la théprie des germes spécifiques rend parfaitement compte 
des phénomènes morbides. Elle explique Tépidémicité tout aussi bien que le 
développement à l'état sporadique. 

Étiologie. Avant d'éludier les conditions qui permettent ou favorisent l'ex- 
plosion de la septicémie, nous devons chercher à résoudre un problème des plus 
importants et qui touche à la nature du processus. Nombre d'auteurs admet- 
tent que le poison septique tantôt se forme spontanément chez le sujet atteint 
de traumatisme, tantôt lui est apporté du dehors. Dans le premier cas la septi- 
cémie est dite autochthone, dans le second elle est hétérochtone. 

Dans la théorie des germes, en même temps que la nature parasitaire de 
l'intoxication septique, s'impose l'origine constamment extérieure de l'aiTection. 
Toute génération spontanée d'un .organisme inférieur étant inacceptable pour 
Pasteur et son école, le développement spontané ou autochthone de la septi- 
cémie est également impossible. Le vibrion septique ou ses germes viennent 
toujours du dehors, théorie de l'extériorité. Il faut toutefois s'entendre sur ce 
qu'il convient d'appeler l'origine extéi*ieure du vibrion septique. Pasteur n'a 
jamais prétendu, comme on le lui fait volontiers soutenir, que cet organisme 
ou ses germes, suspendus dans l'atmosphère, étaient par lui déposés à la sur- 
face des solutions de continuité, et que cette voie d'introduction était seule 



En dehors de l'apport des germes ou des vibrions adultes par l'air atmo- 
sphérique, les eaux, les objets de pansement, les instruments, les mains du 
chirurgien, sont des agents de propagation dont le rôle est des plus considé' 
râbles. Us paraissent même avoir une importance plus grande encore dans le 
développement des épidémies. 

Hais à côté de cette origine manifestement extérieure il en est une autre 
également fort probable et qu'on peut incriminer dans les complications septi- 
ques des aflections internes et dans les traumatismes sous-cutanés. Les recher- 
ches modernes ont démontré l'existence pour ainsi dire constante dans le tube 
digestif des germes des divers microbes, et cela dans l'état de santé parfait. Ces 
germes, à vrai dire, sont en dehors de l'organisme, puisqu'ils peuvent être 
éliminés avec les produits d'excrétion sans pénétrer dans les tissus et dans la 
circulation. Il faut en effet que la barrière épithéliale ait disparu, pour que 
l'organisme infectieux pénètre dans les vaisseaux et infecte l'économie, au 
moins dans la généralité des cas. Ainsi dans la fièvre typhoïde, la dysente- 
rie, etc. 

Il parait plus difficile de comprendre que dans des conditions, jusqu'ici mal 
déterminées, le vibrion septique puisse pénétrer dans l'économie en dehors de 
toute ulcération, par la voie intestinale, et, sans déterminer une infection géné- 
rale, se cantonner et se multiplier dans certains points de moindre résistance. 



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SEPTICÉMIE. 150 

Telle est cependant l'explication admise par Nepveu, pour la présence des 
Tibrioniens dans les collections sous-cutanées. 

Quoi qu il en soit, nous voyons que dans la théorie des germes toute septi- 
cémie reconnaît, en somme, une origine extérieure. Il n*y a pas d'infection sep- 
tique spontanée, et le terma d'autochthone n*est pas acceptable avec cette signi- 
fication. Ce terme doit être réservé pour les intoxications par des produits 
chimiques, intoxications que nous sommes loin de rejeter, mais que par leur 
nature distincte nous refusons de confondre avec la septicémie contagieuse et 
virulente. 

En Oaveur de l'origine spontanée de la septicémie, on invoque son dévelop- 
pement chez des blessés placés en dehors de tout foyer d*infection et dans les 
conditions hygiéniques les plus favorables en apparence. Mais la possibilité de la 
production sporadique de Tintoxicalion septique se comprend parfaitement dans 
la théorie parasitaire, puisqu'il est démontré que les germes de cet organisme 
existent dans l'air, le sol, les eaux ordinaires. Pasteur Ta prouvé pour l'eau de 
Seine ; pour les terres oit des cadavres d'animaux charbonneux ont été enfouis, 
et dont les couches profondes contiennent également les germes du vibrion 
septique. 

Le fait étonnant au contraire, étant donnée la dissémination des germes dans 
les milieux qui nous entourent et dans les matières avec lesquelles nous sommes 
pour ainsi dire en contact permanent, le fait étonnant, c'est que l'infection 
septique ne soit pas plus fréquente. Deux conditions principales nous permet- 
tent de le comprendre. Ainsi que l'ont fait voir les ingénieuses expériences du 
physicien Tyndall, ainsi que l'ont prouvé plus nettement encore les recherches 
de M. Perrin et Marty sur l'air 'des salles d'hôpitaux, les germes des vibrio- 
niens ne sont pas suspendus dans l'atmosphère en proportion constante. Même 
dans l'atmosphère nosocomiale, dans les espaces où séjournent de nombreux 
blessés, il est fréquent de voir les parties de l'air, prises dans des points diffé- 
rents ou à différentes heures, tantôt inactives, tantôt chargées de germes ou 
d'organismes de multiples espèces. 

On peut donc, à plus forte raison, admettre que l'atmosphère moins souillée 
des campagnes ou des habitations isolées ne renferme que rarement les germes 
du vibrion septique. S'il en est ainsi de l'air, l'eau, les substances divei*ses, 
employées dans le pansement des plaies, doivent présenter les mêmes irrégula- 
rités dans la proportion des organismes qu'elles charrient. L'eau de h Seine 
présente des conditions d'adultération qui n'existent pas au même degi-é dans 
les eaux de source, et Pasteur admet que ces dernières, puisées à leur sortie de 
terre, sont pures de tout microbe. 

Cne seconde condition peu favorable au développement fréquent de la septi- 
cémie est la nature anaérobie du vibrion septique. Cette plaie sur laquelle des 
germes ont été déposés par l'air, par l'eau, par des matières diverses, n'est pas 
forcément un foyer de développement et de multiplication, si elle est superfi- 
cielle et constamment exposée. Sans doute, parmi ces germes un certain nombre 
ne se développent pas, mais quelques-uns vont éclore. Malheureusement l'air 
qui baigne constamment la surface de la pluie est pour ces microbes adultes un 
poison mortel. Ils meurent à son contact et ne peuvent par conséquent se ré- 
pandre dans l'organisme. La clinique l'a depuis longtemps démontré, les plaies 
saperficielles, étalées, quelques dimeni^ions qu'elles présentent, ne tuent pas 
par septicémie. Les brûlures étendues, les plaies nettes des parties molles, les 



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460 SEPTICÉMIE. 

surfaces suppurantes du vésicatoire, sont bien rarement suivies d*accident8 sep- 
tiqucs. Plus une solution de continuité est unie, plus elle est superficielle, 
plus rares sont les complications infectieuses. L'absence de tout cul-de-«ac où 
s'accumulent le pus et les sécrétions ; la densité plus grande des couches pro- 
fondes du derme, nous rendent parfaitement compte de ces faits. Ajoutons de 
plus que les pansements, les lavages, ne permettent pas à la suppuration un 
séjour prolongé. 

Pour que le vibrion septique se développe et se multiplie» il faut qu'il soit 
placé dans une atmosphère complètement privée d oxygène, {les conditions sont 
plus ou moins facilement réalisées dans les plaies profondes, anfractueuses« et 
surtout dans les lésions des os, oh certains diveiliculums sont à peu près con- 
stamment en dehors de toute action de l'air. Il n'est donc aucunement néces- 
saire d'invoquer, conmie l'a fait le professeur Gosselin,la formation d'un poison 
spécial, pour expliquer la fréquence et la gravité plus grande des accidents 
septiques dans les fractures et les amputations. Les dispositions anatomiques 
des parties et spécialement du tissu médullaire, à peu près inaccessible à 
l'action continue de l'air, sont la cause principale des phénomènes infectieux. 

Il est également un fait anatoniique sur lequel nous devons insister. Jadis on 
admettait que les tissus enflammés forment le terrain le plus favorable au 
développement et à la multiplication du poison septique. Les observations faites 
sur la fièvre traumatique par Wel>er et Billroth et renouvelées par Blum ont 
en effet démontré que la réaction est pour ainsi dire immédiate après les trau- 
joatismes portant sur des tissus malades. Mais la fièvre traumatique, nous 
avons essayé de le démontrer, n'est pas la septicémie vraie, et n'offre rien de 
virulent ni de contagieux. Les zymoïdes phlogistique et putride de Billroth, 
nourriture supposée des organismes inférieurs, ne sont que des hypothèses. 11 
paraît démontré par les dernières recherches de Feltz que le vibrion septique 
se développe, se multiplie moins rapidement dans les tissus infiltrés par des 
produits néoplasiques, et qu'il pénètre moins aisément dans l'économie. 

Sur ce point encore, la méthode expérimentale est en parfait accord avec 
robsei*vation clinique. Si la fièvre traumatique est plus rapide et plus violente 
dans les lésions des tissus enflammés, il est incontestable que les accidents 
infectieux aigus, et particulièrement la septicémie aiguë, sont relativcmeut 
rares. Les amputations pathologiques sont plus souvent suivies de succès que 
les amputations traumatiques. La septicémie vraie ne se développe pour ainsi 
dire jamais dans les plaies anciennes, les vieux ulcères, à fond calleux et à 
bords indurés. 

Celte difficulté du vibrion septique à traverser les tissus infiltrés pour se ré- 
pandre dans l'économie explique également l'innocuité de sa présence dans le 
pus de collections nettement limitées par une membrane pyogénique, et dans le 
pus ou les sécrétions des plaies complètement organisées et revêtues de bour- 
geons charnus. Mais que la surface soit sanglante, couverte de caillots sanguins, 
de débris de tissus qui s'y putréfient librement ; qu'elle soit irrégulière, aufrac- 
tueuse, en partie soustraite à Taction de l'air ; que sous une couche de putri- 
lage épaisse le vibrion puisse trouver une atmosphère sans oxygène, et la 
septicémie se développera facilement. 

Il nous parait amplement démontré par ces considérations que la nature 
parasitaire de la septicémie chirurgicale n'est aucunement en désaccord avec 
le développement des cas dits sporadiques. 11 nous parait démonti-é par là même 



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SEPTICÉMIE. 161 

que la production spontanée ou autochthone de celte infection ne saurait être 
admise, et que son origine première est constamment extérieure. L'expérience 
ne dit rien de contraire à renseignement clinique. 

Nous arrivons maintenant à la forme de la septicémie que Ton a qualifiée du 
nom dliétérochthone. Ici le poison septique vient du dehors, de Tair, des eaux, 
des instruments, des objets de pansement, etc. Pour nous, la septicémie est 
toujours hétérochthone à son origine. Même en admettant avec Nepveu, SignoK 
Duclaux, etc., que le vibrion septique, existant normalement dans les liquides 
de rintestin, peut dans des conditions non déterminées pénétrer dans Téconomie, 
ce vibrion est toujours et constanmient venu de l'extérieur. 

Le passage du vibrion, de l'intestin où il existe normalement, jusque dans le 
pus de collections sous-cutanées, nettement délimitées, nous parait fort diffi- 
cile à comprendre. Est-il amené dans ces foyers par les vaisseaux sanguins ? T 
pairient-il en traversant de proche en proche les tissus qui l'en séparent ? Dans 
la première hypothèse, il est pour le moins surprenant que le vibrion septique 
ne se multiplie pas dans le sang et n'infecte pas toute l'économie. La seconde 
explication semble encore bien moins admissible. Dans un cas comme dans 
l'autre, on se trouve réduit à invoquer la nécessité de conditions particulières 
de l'organisme, soit locales, soit générales, conditions qui restent jusqu'à 
présent indéterminées. 

Or, nous devons à la vérité de le dire : la septicémie traumatique ne semble 
pas exiger de semblables conditions pour son développement. Introduit sous la 
peau, le vibrion septique se développe et se multiplie, Davaine le fait remarquer, 
tout aussi rapidement, tout aussi facilement, chez les animaux sains et robustes, 
que chez les sujets aflaiblis et malades. Dans les épidémies meurtrières qui 
sévissent chez les blessés, les hommes jeunes, forts, vigoureux, sont, tout autant 
que les hommes épuisés et malades, atteints par l'infection septique. Il y a donc 
là on point dont l'explication n'est pas encore satisfaisante, et qu'il appartient 
à de nouvelles recherches de résoudre définitivement. 

La septicémie chirurgicale se montre souvent sous la forme épidémique dans 
les réunions de blessés dans un local insuffisant et encombré. Dans ces condi- 
tions il se forme un véritable foyer de contagion et les cas se multiplient en 
même temps qu'ils acquièrent plus de gravité. Ces faits sont-ils en contradic- 
tion avec la nature parasitaire, avec l'origine extérieure du germe morbide ? En 
aucune façon. Les germes, avons- nous dit, offrent aux agents extérieurs de 
destruction une résistance considérable, et l'oxygène ne détruit pas leurs 
propriétés. 

Dans les conditions ordinaires, la septicémie développée chei un blessé isolé 
ne saurait se propager aux personnes saines qui l'entourent. Si au contraire de 
nombreux blessés sont accumulés dans un étroit espace, pansés par les mêmes 
mains et avec les mêmes matières, les conditions les plus favorables à la conta- 
gion se trouvent alors réunies. 

Mais par quelle voie se fait cette contagion? Par quelle voie le vibrion septique 
s'introduit- il dans Téconomie du blessé ? S'*appuyant sur les expériences de 
Davaine, sur les résultats de Vemeuii, de Lucas-Championnière et d'autres 
auteurs, relevant de la fièvre chez les individus sains couchés dans les mêmes 
salles que des blessés septicémiques ou des femmes atteintes de fièvre puerpé- 
rale, on a cru pouvoir en conclure que dans certaines conditions de tempéra, 
turc et de milieu la septicémie pouvait se transmettre, en dehors de toute solu- 
wci. sw. y s. IX. il 



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i62 SEPTICEMIE. 

lion de continuité, par l'air atmosphérique. Même en cas de plaies exposées, 
•quelques chirurgiens admettent la contagion par la me ptilmenaire et lui (font 
avec Ledentu une large part, parfois même la plus large. PourCosselin, Fin- 
iluence générale du milieu se traduit en donnant au sang, par Tintermé^iaire 
•desToies respiratoires, des qualités qui le prédisposent à fournir sur la pl»e«t 
<lans le canal médullaire des produits facilement putrescibles. 

En somme, les faits invocpés en faveur de ila propagation de la septicémie par 
la voie piilmonaire nous semblent demander confirmation. L*obs6r^tion dîni- 
<|ue n'est aucunement favorable à ce mode de transmksion. Au moûis dans Aes 
ambulauccs encombrées, oîi les Messes étaient idéoimés par *la septicémie aigué, 
n'avons^nous jamais constaté d'accidents analogues chez les non Uessés, si 
prolongé que (ât leur séjour dans les salles. Le personnel médical, les aides, 
lies infiontiers, ne présentent jamais d'accidents en dehors d'une lésion tniuna- 
tique. Tout au plus admettonsHioiis, avec le professeur fiosselin, que le niUeu 
iitmosphérique infecté peut amener chez <les ipersonnes obligées d'y vivre pendant 
quelque temps un état gâiéral iavorable au développement ide tontes les infec- 
iioBS. L*idenlité du typhus des'camps et des àôprtanix a<vec la «eptieémie chimr- 
gicalle n'est qu'une pure hypoâièse. Un air vicié peut déprimer TorgauBme, 
•nuire à la tratritien, occanoaner diverses afleotions, mais non la septicémie, s^il 
n'y a pas de plaie exposée. Toutes les plaies ne sont pas suivies d'infection, 
•mais il n'y a pas d*infeotion sans plaie. Il est évident que 'tootes «e «ont pas 
également favorables, et mous aufons à en étudier èes conditions. 

Dfms ses premières recherches sur les 'ferments organsés. Pasteur considéraôl 
l'atmosphère comme le grand réservoir des germes. Celte teonoeption itut éga- 
lement appliquée aux germes des microbes .infectieux et adoptée par TyndaH et 
•en partie par Lister. Cependant il semioile actuellement reconnu 4}ue d'air «n'est 
pas le seul agent de transmisâon «des parasites et 'que son rôle est «>us ce 
rapport bien moins important qu'on ne -l'avait pensé teut'd*abovd. Au moias en 
•est-il ainsi dans les foyers épidémiques. -Suivant tedaun, l';eipérienoe montre 
-qu^ils y sont toujours rares. Les •eaux diverses, les isBlPoments, les matières 
employées dans les tpansements, les mains du chirurgien, >sont'des agents de 
dissémination bien 'plus puissants. iL. Le Fort attribue la prapagation des infec- 
tions'Cbirurgicales à cette contagion dii^ecte, d'une façon presque eidosrve. 'Les 
mesures «de propreté passées aetueliement dans ;la pratique de tous les'ohirur- 
.giens «expliquent la diminution des cas de septicémie et (de pyohémie. Lefaitest 
inoonteâtable. U ne ifaot pas cependant dàrier aux conditions spéciales qui 
résultent de l'encombrement l'influence néfaste qu'on leur a toujours Feeonnve. 
■Le nnême chirurgien qui dans les sitf les de son hèpital ordinaire obtientdœ succès 
reliArfs n'éprouvera plus que dos revers dans les mêmes locaux enoantbrés, 
aveetes mômes méthodes de pansement, si celles^ ne netteiit pas les plaies à 
l'abri du ceiltwft des germes de l'air. ^Qn comprend faoiiement, au reste, «que 
l'atmosphère de ces salles empestées contienne des myi'iades de germes prove- 
nant 'des plaies des sept icémiqnes. 

Ces germes présciHertt une grande résistance aua <oa«ses de destruction. Nons 
avons Tapporié les>failS'dbservés par Dioot, par Devnheim «tt par nous-mâme.11 
serait facile de les multip^lier; nous aurons du reste à 'refanir sur'oette queskmi 
à propos de 4a prophylaxie. 

«H'uc faut pas, dit aivec raison le professeur ?emeuil, itrop<oublier dons ces 
gestions de miasmes, de 'germes, d'infections, id^empoisannuBents venus du 



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•dehors» la part qai revient à la piaîe elle-même, laquelle peut tantôt admelttre, 
taaàèi réviser le poison, svivaiit ^'elle est en tel ou tel état anatomi<pte. 

On dit et on répète que les pansentents antiseptiques ne détruisent nullem^t 
les genmes atmosphériques, car le pus est rempli de tous les organismes aeousës 
d'engendrer les toxhémles. La chose est fort possible, etjeTaoceple néme. Mais 
que m'importent ces geirmes, s^ik sont réduits à Timpuiesance, s'ils restent à la 
porte ée la plaie? Que m'importe «que Tacsde phéniqoe tue ou ne tue pas les 
germes, s*il met la plaie dans Timpossibilhé de les laisser passer de dehors en 
dedans ? Le tort des argumentations contraires est de regarder la Uessure 
oonmie une région neutre et lée ne pas tenir compte des propriétés très-direrses 
et très-importantes à Taide desquelles elle intervient dans la lutte entre Tétre 
Uessé et k milieu qui Tewreloppe. » 

Telles sont aussi les idées défendues par M. ferrin, Le Fort et bien d*aalres, 
-qui chercbeat en modifiant la plaie, le terrain, à rendre imrpossible la pénétra- 
tion dans réoonomie du vibrion septique «ou du poison moiinde. Sous ce rapport 
l'observation clinique nous fait Toir que ia septicémie ehimrgieale, tranma^ 
tique, est une aiïection des premiei*s jours. On ne la voit pas se développer dans 
les vieilles plaies, 4es ulcères, <}es foyers puruleots anciens, mais bien dans les 
plaies récentes, dans les fractures compliquées. En temps d*éptdémie, son 
apparition semble >en quelque ^rle foudroyanfte, et le blessé succombe en quel- 
ques jours. 

Billrotfa dans sa pathologie chirurgicale générale définit ainsi ht septicémie : 
« On entend par septicémie une affection générale (fièvre sepboémâque) 
presque toujours aiguë, due an passage de diverses substanoes putrides dans le 
sang, et l'on croit que ces substances putrides, agissant sur oe Hquide à la 
maniera ides ferments, le corrompent à un tel point qu'il ne peut plus remplir 
«es fonctions physiologiques. » Ce poison, de nature moléculaire, pénètre dans 
l'économie, non «par les Taisseaux sanguins, mais par les lymphatiques. Les 
plaies réœntes, par la décomposition qui se fait à leur surface, offrent les con- 
Atiofisles plus favorables au développement de la septicémie. Pour le clinicieai 
de Vienne, il'idée qui s'attache à oe mot repose sur une base entièrement 
étiologique. 

Nous ne retenons de sa description que ce fait important : la septicémie 
traumatique est une infection des premiers jours, elle ne se développe pas ou 
rarement avec les plaies bourgeonnantes et suppurantes. 

Blum, Gosselin, Trélat, sont égallement affirmatifssnrce point. La septicémie 
chirurgicale, dit le cfarrrurgien de la Charité, eât rare par la seule décomposition 
du pus. Elle suit Je traumatisme et précède l'établissement définitif du travail 
de réparation. Pour Tréht, la septicémie vraie, aiguë, à marche rapide, se 
montre de dix-huit heures à quatre jours après la blessure. G e^ une affection 
du début, presque toujours inexorable. Maurice Peirin constate également le 
développement rapproché de l'infection putride aiguë. 

Toutes lesplaies, nous l'avons dit, ne sont pas favorables à la multiplication 
du vibrion septique, prélude nécessaire de Tinfeotion générale. Les trauma- 
lismes grafves, les fractures compliquées et surtout les fractures par ooups de 
ieu, présentent les conditions néc^saires au développement du parasite. Ges 
dernières surtout, par lesanfractuosités qui les accompagnent, par la constance 
des caillots et des tissus mortifiés et facilement putrescibles, sont on ne peut 
mieux disposées pour la formation de cloaques où l'air ne peut pénétrer. Or 



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164 SEPTICÉMIE. 

c*esi seulement hors du contact de Toxygène que les germes septiques passent à 
i*état adulte. Dans ces diverlicutums, rien ne 8*oppose à la pullulation rapide 
du parasite. Là pas de barrièi*e néoplasique, pas d*obstacles à la migration du 
microbe, qui de la plaie chemine aisément dans les tissus voisins et pénètre 
bientôt dans le torrent circulatoire. 

Les conditions individuelles ne paraissent pas avoir une influence bien 
démontrée sur le développement de la septicémie. Cependant Verneuil admet que 
la septicémie gangreneuse ou le phlegmon bronzé indique souvent diez les 
blessés un état constitutionnel préexistant, altération du sang ou lésion d*uii 
grand viscère. Cette opinion, basée sur deux faits cliniques, peut être juste 
pour rinfection septique sporadique. Mais dans les épidémies la constitution des 
blessés, si robuste qu'elle soit, ne les met pas à Tabri de ses atteintes. Nous 
avons vu la septicémie se développer chez les individus les plus puissants, chez 
des hommes d'une force athlétique, et les foudroyer en quelques heures. Et ces 
blessés avaient été surpris par le traumatisme en parfait état de santé. Tous les 
chirurgiens ont observé de ces faits. Si durant la gueri*e de Crimée Salleroo 
pouvait à bon droit invoquer Tétat d'épuisement moral et physique des soldats 
pour expliquer Je développement des complications septiques, il n'en était plus 
de même chez les jeunes troupes qui, en 1871, formaient en grande partie 
l'armée combattant contre la Commune de Paris. Chargé en ce moment d'un 
service important à l'hôpital de Versailles, nous avons pu constater par nous- 
même combien peu l'état individuel des blessés avait d'influence sur le déve- 
loppement de la septicémie Iraumatique dans un foyer épidémique. 

Le professeur Gosselin admet au contraire que dans la septicémie des pre- 
miers jours les causes individuelles antérieures sont seules à intervenir. Le 
miasme n'a pas le temps d'agir, et les blessés voisins d'un septicémique n'é- 
prouvent souvent aucun accident. Comparant l'empoisonnement septique aux 
piqûres anatomiques graves, Gosselin refuse dans ces conditions toute influence 
au milieu atmosphérique. Sans discuter ici la nature de l'infection cadavérique, 
qui mérite une étude complète, nous ne saurions nous ranger à l'opinion du 
savant clinicien. Jusqu'ici personne, croyons-nous, n'a démontré que la piqûre 
anatomique pouvait déterminer une infection transmissible et contagieuse 
comme l'infection septique. Nous ne connaissons pas d'exemple de transmission 
de l'intoxication cadavérique de l'individu affecté à un blessé voisin, et nous 
nous refusons à l'identifier à la septicémie vraie, tout en i^econnaissant l'ana- 
logie des phénomènes morbides dans les cas les plus aigus. 

Terrillon invoque pour la production de la septicémie gangreneuse l'in- 
fluence de l'alcoolisme chronique et de l'épuisement qui atteint les troupes en 
campagne, mais pour les cas sporadiques il reconnaît aux conditions spéciales 
du traumatisme l'action la plus considérable. Gosselin admet également l'in- 
fluence des causes morales dépressives qui augmentent la destruction des 
matières organiques à la surface des plaies. Les enfants et les femmes semblent 
moins sujets à l'infection septique, probablement parce que le traumatisme ne 
les atteint habituellement qu'en bon état de santé. 

Ces conditions favorables ou défavorables à la production de la septicémie, que 
nous venons de passer rapidement en revue, sont-elles en désaccord avec la 
théorie des germes et l'origine parasitaire de la septicémie traumatique ? Abso- 
lument en aucun point. Il est démontré cliniquement que les tempéraments sont 
sans influence sur le développement de cette infection. Il est démontré qu'elle 



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SEPTICÉMIE. 165 

atteint les hommes robustes tout aussi bien que les femmes et les enfants. Si 
les sujets sains semblent plus facilement échapper à la septicémie, c'est que 
Torganisme en bon état r^iste mieux au développement du parasite. Duclaux 
admet que le vibrion septique injecté dans la circulation peut disparaître et se 
détruire sans infecter Téconomie. Ces faits sont encore à l'étude. 

En tout cas, il n*est pas discutable qu*un organisme affaibli résiste moins 
aux causes de destruction, et que la multiplication du microbe septique y éprouve, 
y rencontre une moindre résistance. 

Toutes les circonstances qui favorisent la formation dans les plaies de foyers 
isolés et complètement à Tabri de Taction de l'oxygène prédisposent à la septi- 
cémie. Aussi intervient-elle souvent, à titre de complication, dans la gangrène, 
la pourriture d'hôpital ; car sous les eschares comme sous les magma putrilagi- 
neux se forment des cloaques où l'air ne saurait pénétrer. Et nous ne parlons pas 
ici de foyers appréciables seulement à la vue, mais bien d'espaces clos, confinés, 
où l'atmosphère exclusivement carbonique permet l'évolution du microbe anaé- 
robie. Ces conditions se trouvent réalisées au plus haut degré dans les plaies par 
armesà feu, dans les plaies contuses, mais en somme elles existent à un degré 
plus ou moins prononcé dans toutes les plaies récentes. Quelle qu'en soit la net- 
teté apparente, toutes à leur origine sont recouvertes de débris de parcelles des 
tissus lacérés, parcelles qui ne tardent pas à se mortifier. C'est sous ces débris 
que se développe le vibrion septique. 

Formes clihiqobs. Les chirurgiens qui se rattachent à la doctrine de la 
septicémie embrassant toutes les intoxications cliirurgicales ont été obligés de 
reconnaître et de décrire des variétés ou des formes multiples de cette affection. 
Ces classifications comprennent toutes les maladies chirurgicales septicoïdes. 
Nous avons essayé de montrer que cette réunion sous la même dénomination, 
d'entités morbides distinctes, ne pouvait être qu'une cause de confusion et 
d'erreur. Dans la septicémie vraie, nous décrirons seulement deux formes 
cliniques : la première* suraiguê, foudroyante, gangreneuse ; la seconde moins 
rapide dans son évolution, à symptômes généraux se rapprochant de l'empoi- 
sonnement typhoïde, plus commune et plus voisine de la septicémie expéri- 
mentale. Nous n'admettons pas de septicémie chronique, les faits pour étager 
cette opinion faisant absolument défaut. 

À. Septicémie GANGRÉNECSE. Synonymie. Œdème aigu purulent (Pirogoff). 
Emphysème traumatique spontané. Intoxication traumatique. Gangrène fou- 
droyante. Érysipèle bronzé, etc. 

Historique. La complication terrible des traumatismes qui a reçu dans 
ces dernières années le nom de septicémie gangréneuse aiguë, et qui constitue 
la forme la plus grave de l'intoxication septique, ne paraît avoir sérieusement 
attiré l'attention des chirurgiens que depuis une cinquantaine d'années. 
Morand, qui s'est livré dans sa thèse à une étude historique de la question, 
constate que l'affection était peu connue des anciens. A. Paré signale la 
gangrène humide qui suit les lésions traumatiques graves, les phénomènes 
pestilentiels qui déterminent la pourriture des plaies et amènent la mort de 
nombreux blessés. 11 fait remarquer que le croupissenicnt des liquides putrides 
sous les eschares entraîne de graves accidents, mais toutes les complications de% 
plaies sont à peu près confondues dans sa description. 

Fabrice de Hilden décrit longuement un cas de gangrène avec emphysème, 
consécutiva à une contusion et terminée par la morU De la Motte (1731) public 



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1^ SËFTIGÉMiE. 

deux ohservatians peu probantes. Quesnay, dans son Traité de la Gangrèmey. 
p^'le U'ès-vaguemeat de cette forme de B^M*tificaiioa fu*il eonsidère etoiine 
une dissolution putride de la masse des humeurs. La Peyronoie avait fait U 
même remarque et signalé la couleur érysipétateuse de la pea«, Temphysème 
sous-cutanë, et k mort rapide et presque certaine* Boyer reconnaît une fonoie 
de mortification qii*il rapporte à une substance hétérogène pernicieuse^ répandue 
dans léconomie. 

Viennent ensuite les faits de Martin de Baaas, analysés et étudiés par 
Halgaigne (1845)^ qui fait ressortii* Textrême granité dte Temphysènie qui 
accompagne les grands traumatismes. « Je pense, dit-il, qu*!! s opère, 804» 
rinfluence du choc et de la stupeur, une altération spéciale ^i attaque la 
vie.... L'exhalation de gaz plus ou moins délétères en est le seul indioe, et 
presque toujours cet indice dénote une gangrène imminente, i Les gaz contenu» 
dans le tissu cellulaire étaient inflammables et composés d'air atmosphérique 
et d'hydrogène proto-caii)oné. 

Morel-Lavaliée semble avoir complètement négligé ces faitâ^ quand il refuse 
à remphysème tiaumatique toute giavité pronostique. 

Renaut d*Alfort (1840), dajis ses études sur la gangrène traumatique,, se rap- 
procha beaucoup de Topinion qui règne actuellement dans la science. Il vit les 
ri^ports qui unissent cette affection avec Tencombrement et les mauvaises eon- 
ditions hygiéniques. 11 démontra que Tinoculation pouvait chez un animal sain 
reproduire les mêmes phénomènes morbides, mais ces données passèrent à peu 
près inaperçues. 

Chassaignac présente à TAcadémie des sciences (1849-1850) quatre obser- 
vations de gangrène foudroyante» qu'il désigne par le nom d'empoisonnement 
ou d'intoxication traumatique. 11 admet qu'une grande violence mécanique peut 
déterminer un empoisonnement putride qui se rapproche de l'infection pro- 
duite par la pénétration d'une matière putride dans le sang. Quelques-uns de 
ces faits se rapportent bien à la septicémie gangreneuse, nuiis teus ne SMii 
pas également probants. 

Haisonneuve (1S53) communique à l'Institut deux observations de gangrène 
foudroyante analogues aux faits antérieurs. Les conclusions de son travail sont : 
l*" Dans une certaine variété de gangrène traumatique, des gaz putrides peuvent 
se développer dans l'intérieur des veines pendant la vie des malades. 2'' Ces 
gaz peuvent circuler avec le sang et déterminer un empoisonnement rapidement 
mortel. 3® Malgré son excessive gravité, cet accident n'est point au-dessus des 
ressources de l'art. Il revendique la véritable explication de cette désorgani- 
sation rapide des paities soumises à une attrition violente, de cette gangrène 
foudroyante promptement suivie de mort. Les fractures compliquées de plaies,, 
avec contusion violente, broiement des tissus, épanchements sanguins soumis à 
l'action de l'aûr, en sont la cause ordinaire. Le sang et les tissus putréfiés 
donnent naissance à des gaz putrides qui s'infiltrent dans les inlei^ices cellu- 
leux, et les paities saines sont bientôt entndnées dans le travail de mortifi- 
cation. 

Maisonneuve fait jouer le grand rôle à la putréfaction des caillots dans les 
veines sphacélées et à la formation de gaz putrides qui, pénétrant jusqu'au 
sang liquide, se mélangent à lui, se trouvent entrâmes dans son mouvement 
circulatoire et vont porter la mort dans tous les rouages de l'économie. Il 
constate en 1851 la présence de ces gaz dans l'intérieur des veines d'un 



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SEPTlCtlIB. 167 

membce aphacëlé.. Ea 185S« le même bUt se œpmdiiît daasaa prailk|a6^. mai» 
ranptttatioii immédiatoBieiii laite finit pap sauver le blesëé.. 

hinsi pour Ckaasaignac, qui rédama devant rAoadémie la priorité de la 
(kBscnptioa de ces attcidents» un tuaumalisme violent amèaerait la déoompe- 
siCioa instantanée; dm. sang, Templiysème,. la gangrène et une mort à bnef délai. 
Pour Maisonneuve^ aa oonli'aice, la véritable cause de la mort eât la circolalion. 
avee le sang des gaz (oiiquea délveloppés dans le canal des veines de la partie 
spbaoélée. làe là le. nom de Pntumûhémie imtride, qui eoavieiit à* cette compli- 
alion» L*amputatiott< immédiate est la seale mterventiou possible étoile a réussi 
dans ses mains. Malgré ces présentations et ces discussions de priorité, la. gan* 
gEène &utlroyanle attira pea L attention des chirurgiens. 

Piro^ff, en 1854^ décrit sous le nom d'œdème aigu pundenl une compli* 
cation des plaies probablement de même nature. L'oedème des tissus, rapi- 
dement envahissant, s*aocompagnait de gangrène progressive et se terminait 
fatalement. Velpeau^ s'attachant particulièrement à k coloration foncée de la 
peau,, désigne la maladie par le terme d'érysipèle bronzé. Ces dénominations 
multipliée» aétaient pas pour simplifier la question. Salleson. nous a laissé de 
cette cemplioation des plaies une étude bien, supérieure aux mémoires précé» 
dents» sttriout par le grand nombre de faits qu'il a observés, il signale deux 
faunes de gangrène. La premièi^, limitée» avec symptômes d'embarras gas- 
tcique, guérit le plus souvent;. La seconde est étendue» foudroyante» avec 
emphysème, toujours mortelle. Elle ne sévit dans les hôpitaux de Goustanti- 
nople que pendant les temps chauds. Pour Sallecon, elle résulte de Taction sui 
l'organisme d'un agent septique violent déterminant une perturbation orga- 
nique profonde. Parfois,, sans que la gangrène soit ti'ès-étendue» on voit éclater 
das phénomènes' généraux promptement mortels. La marche de la mortifioatioii 
est toujours continue et progressive. Sur 65 sujets qui succombèrent à cette affec- 
tion, la doi^ fut de vingt-cincf à trente lieures au plus. Ainsi Salleron signale 
le {nsmiei; l'origine sqttique de cette gangoène^ si gangrène véritable il y. a II 
remaïqne en effet que les tissus envoliis restent toigours purfaitenieut distincts^ 
qu'ils conaerrent leur consistance» leurs rappeots^ leur organisation, et que leur 
csolenr est seulement altérée du plus au moins. Cependant Poupelard (thèse 
d& Paris» 1855) avait défendu des idées assez analogues sur la nature des- 
aoident^ généraux qui accompagnent l'emphysème spontané ou primitif dans 
les Êraotures des membres. Follin (1863) réunit une partie des faits antérieurs», 
mais il n'eO' tire aucune conolusion et» malgré leur symptomntologie si nette» ne 
les lappxocbe pas des infections traumatiques^ Dolbeau (1860)vtout en signalant 
csttmphyaème des blessures compliquées». les phénomènes généraux graves et h 
gugcène envahissante qui l'accompagnent, se reftise à le considérer comme 
une oamplioa^n. de la- maladie. Sa présence», ditril, est rindice.d'uiie terminaison 
pnscpie toujours fatale. Il oonseilie» avec Malgaigne, l'amputation immédiate 
repoussie* par Velpeaaet Colson comme une cause d'aggravation dans la mardie 
de:bii moctificaliouL 

Billroth» dans sa pathologie» range l'œdème purulent aigu de PirogofT parmi 
lesaocidente looaux intenses de l'infection septique» tout en faisant remarquer 
que le tesme e&ï complètement impropre pour désigner raffeotion. Blum (1870^ 
œ distingue pas nettement oette vai*iétë de la septicémie suraiguë. Il confond 
au. reste sous la désignation de aeptioémie suraiguë l'intoxication putride 
aiguë de Gosselin et Itiohet; le typhus des membres ou l'ostéomyélite» la septi- 



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168 SEPTICÉMIE. 

co-hémie foudroyante de Bœckel et Valette ; la gangrène humide do Maisonaeuye. 
La fièvre puerpérale et uréthrale, la piqûre anatomique» s*en rapprocheraient 
par de nombreux caractères. Le fait rapporté par Nepveu (1870) est un nouTel 
exemple de septicémie gangreneuse à marche lente (plus de trois semaines) et 
finalement mortelle. Ses conclusions précises sur la nature de ces cas, après 
avoir constaté dans le sang vivant la présence de bactéries rigides, mobiles, de 
granulations élémentaires et de la zone| immobile de Feltz, sont les suivantes : 

« La gangrène foudroyante est le résultat d*une intoxication traumatique ; 
elle est produite de deux façons : {^ Dans une fracture avec plaie, Taction de 
Tair sur les liquides (sang, sérosité, etc.), sur les tissus, dans des conditions 
particulières (étroitesse de l'oiifice de sortie des liquides, rétention, pénétration 
et aspiration de lair), arrive à produire des oxydations multiples des albumi- 
nais en présence. L air, en outre, amène dans le foyer de la fracture les germes 
particuliers d'organismes inférieurs découverts par Pasteur, organismes qui 
viennent activer la décomposition putride favorisée par la température du corps. 
2^ Dans les écrasements des tissus, sans plaies ou avec plaies insignifiantes, 
dans les traumatismes graves, chutes, etc., les tissus sont, pour ainsi dire, 
tués sur le coup, ils deviennent alors le foyer de décomposition putride, le 
a sang, instantanément frappé de mort, fournit des gaz qui se répandent rapi- 
dement • dans les tissus voisins et produisent Temphysème spontané et la gan- 
grène foudroyante. Ici, Tair et les germes de Pasteur n*ont rien à faire ; tous 
ces phénomènes peuvent se passer sous la peau, intacte ou à peu près. Quelle 
rapidité doivent avoir ces accidents, lorsque lair pénètre dans le foyer de l'écra- 
sement! » 

La guerre de 1870-1871, en réunissant au plus haut degré les conditions 
favorables au développement dos épidémies infectieuses, a fourni l'occasion 
d'observer dans les ambulances encombrées la septicémie gangreneuse. Malheu- 
reusement, quand les hôpitaux sont surchargés, les chirurgiens occupés des 
pansements et des opérations n'ont pas le calme d'esprit nécessaire aux travaux 
scientifiques. Le temps aussi leur fait défaut. On s'explique ainsi que la septi- 
cémie traumatique, malgré son intérêt, n'ait pas donné naissance à de nom- 
breuses publications. Cette affection, sous la forme gangreneuse foudroyante 
qu'elle revêt dans les hôpitaux infectés, était au reste peu connue des jeunes 
chirurgiens. Aussi les premiers cas ont-ils surpris bien d'entre eux. Les uns 
inclinaient vers la pensée d'une pourriture d'hôpital, à marche rapidement 
envahissante et s'accompagnant de phénomènes généraux à terminaison presque 
constamment fatale. Malgré l'insuccès du traitement local, dans les cas où la 
lenteur relative du processus permettait de le tenter, j'ai pour ma part partagé 
cette opinion, et j'en étais venu à conclure que la pourriture d'hôpital est 
parfois une infection primitivement générale, se traduisant plus tard par la 
mortification des tissus altérés. L'autopsie, en montrant l'absence de toute lésion 
métastatique, éloignait l'idée d'infection purulente, avec laquelle ne conçois 
daient pas davantage les phénomènes locaux. Nous avions affaire la septicémie 
gangreneuse aiguë. 

Maurice Perrin, un de nos savants maîtres, a bien étudié cette terrible com- 
plication des fractures par coups de feu, dans un mémoire présenté à l'Académie 
de médecine et publié en 1872. Il h désigne sous le nom d'infection putride 
aiguë. Elle survient peu après l'accident, dans des conditions de putridité immi- 
nentes ou acquises. Le processus gangreneux dans l'épaisseur des tissus et les 



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SEPTICËMIË. 169 

troubles généraux témoignent clairement d*une infection générale de l'éco- 
nomie ; infection toujours grave et parfois foudroyante. Perrin signale Tanalogie 
des pliénomènes avec la gangrène traumatique étudiée par Renaut (1840) 
chez le cheval, et avec les accidents obtenus par Chauveau au moyen d*injections 
de liquides putrides chez les animaux. Dans les deux cas, au reste, le processus 
gangreneux résulte de la même cause : contact d*un liquide putride avec les 
tissus vivants. 

Ces faits assez fréquents diflèrent de la septicémie ordinaire par Timpor- 
tance de Tœdème gangreneux. Nous avons déjà rappelé les observations de 
Malgaigiie, de Broca, de Ghassaignac, où des trauroatismes violents se sont 
compliqués dans la région blessée ou dans son voisinage, très-peu de temps 
après le choc, d*un développement de gaz plus ou moins délétèi^es, précédant 
une gangrène mortelle. Ces faits suivant Perrin, et nous partageons son avis, 
ne s'expliquent pas par l'ébranlement du traumatisme. La production spontanée 
de gaz et la gangrène ne s'expliquent que par la putréfaction des parties vul- 
nérées, foyer de fermentation pour le sang et les (létritus organiques. 

L'infection putride aiguë ne présente pas une évolution régulière ; la pro- 
duction des gaz qui précède la gangrène varie en abondance et en rapidité. 
L'infection putride du blessé par sa plaie doit être étudiée encore, en tenant 
compte égal des conditions de formation et d'absorption du poison putride. 
Perrin termine son mémoire pai* les conclusions suivantes : 1<^ Les plaies con- 
tnses, surtout compliquées de fractures ou d'épanchements sanguins interstitiels, 
exposent à des accidents graves dus à l'intoxication du blessé pai* la plaie en 
voie de décomposilion putride. 2** L'état putride de la plaie est indiqué par la 
codeur et l'action fétide des liquides produits. 3** L'intoxication qui en est la 
conséquence, préjugée par l'état local de la blessure, se démontre par ses eflets 
qui sont : d'une part, l'évolution d'un processus gangreneux, non justifié par 
des lésions vasculaires primitives, qui débute par un œdème profond, progressif, 
et aboutit rapidement au sphacèle avec ou sans production gazeuse apparente ; 
d'autre part, par des troubles généraux semblables à ceux que provoquent les 
altérations septiques du sang. 4" Celte intoxication, en raison de la nature bien 
définie de sa cause, de l'uniformité de ses symptômes et de sa ressemblance si 
complète avec les eflets développés spontanément ou provoqués chez les grands 
animaux sous l'action de produits putrides, nous parait devoir être désignée 
sous le nom d'infection putride aiguë, voulant ainsi spécifier une forme parti- 
culière et accidentelle des complications des plaies. 5** L'infection putride aiguë 
ne saurait être attribuée à la violence même du traumatisme ; il suffit pour la 
produire qu'il y ait dans la plaie des matières organiques, solides ou liquides, 
destinées à la décomposition putride et à l'élimination. 6^ Pour ce motif, et 
prenant en considération les traits de ressemblance qui existent entre les faits 
dont il est ici question, et d'autres faits désignés sous le nom d'emphysème 
traumatique et attribués à l'action directe et primitive d'un traumatisme 
excessif, nous pensons que les uns et les autres peuvent être légitimement 
attribués à une même cause : l'infection putride aiguë. 1^ Contre de tels acci- 
dents, le traitement doit être surtout préventif et avoir pour but, d'une part 
de neutraliser la matière putrescible, et d'auti*e pail d'opposer une barrière 
aussi complète que possible à la pénétration des matières putrides dans l'éco- 
nomie par une voie quelconque, sans toutefois provoquer de profondes désorga- 
nisations. 8** L'alcool suffisamment concentré, employé en irrigations continues 



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170 SEPTIGâMIE. 

et dirigées de telle soptoque toutes les parties oondOTnaëes^à Tétiminatioii' soient 
baignées et en' qnelque sorte macérées pai* le liquide, nous pnraltf être Tagent 
thérapeutique le mieux approprié à' la circonstanoe. 9^ Comme il>est impossible 
de déterminer à priori les- blessures exposées à Tinfection putride, ni le 
moment où l'infection se produit, il est indiqué d'instituer les irrigations 
alcooliques immédiatement après Taocident, et chez tous les blessés atteints de 
plaies contuses, surtout si elles sont étendues, profondes ou compliquées, soit 
de fractures, soit d*épanchement de sang interstitieU 10* Les irrigations alcooli- 
ques doivent ôtre continuées sans relâche jusqu'à la fin* de la période infectieuse' 
des plaies, c est-ù-dire jusqu*à ce que la surface tranmatique* soit recouverte 
de bourgeons charnus, ii^ Ces irrigations faites comme je l'indique peuvent 
être employées conjointement avec toutes les môlhodes appliquées au traitement 
des fractures^ des résections, etc. Si Ton donne la préférence, par ex^nple, aux 
appareils inamovibles^ métalliques, plâtrés, silicates, etc., il suffit, pour 
instituer les irrigations, de (aire passer le tube irrigateur à travers les parois 
de Tappareil. 12<^ L'alcool, par la rélrigération des tissus qu'il produit, modère 
les réactions locales^ rend les plaies insensibles, et semble prévenii' le dévelop- 
pem^t des accidents inflammatoires. 

Nous avons donné, malgré leur longueur, les conclusions dw mémoire de 
H. Perrin, parce que son* travail n'est pas seulement théorique. A côté de la 
question dé doctrine et de la description des symptômes chniques, il contient 
une étude complète des indications thérapeutiques et des moyens de les 
remplir. 

Dans son* remarquable article Gangrène du nouveau Dictionnaire de médecine- 
etde chirurgie pratiques, Maurice Raynaud consacre un chapitre spécial à l'étude 
des gangrènes septtques. Il montre que^ sous la dénomination commune de 
gangràne traumatique, on a confondu des faits complètement distincts p ir leur 
nature et qu'il importe de distinguer. Un exemple évident de ces mortifications 
d'origine toxique est fourni par les accidents qui, dans certaines conditions de 
milieu*, suivent les coups de feu les plus simples, les lésions bornées aux parties 
molles. Ces aocidentB sont décrite par M. Perrin et nous parlions tout à l'heure 
de leur fréquence pendant le second siège de Paris (tôTd). Le aang est alors- 
contaminé par une matière septique^ soit immédiatement après le trauma, soit 
seulement après quelques jours» Longtemps inexplicables, ces gangrènes sont 
probablement le résultat du développement et de la multiplication dans le sang 
et dans les tissus de* ces ferments animaux ou végétaux, étudiés par Pasteur^ 
Davaine^ Rtiimbcrt, etc. Quelque difficulté qu'on éprauve dans la pratique à 
distinguer nettement ces^ états,, il est évidentqu'ondoit les séparer des gangrène» 
par destruction directe des tissus, par contusion ou compression. Mw Raynaod 
comprend sous le nom de septicémie m une foule d'accidents complexes dans leur 
origine, variables dans leur appareil symptomatique et leur deigré de grarité^ 
mab se rapprochant tous par un caractère comnmn, l'altération' primitive du 
sang^. «Nous avons longuement combattu cette manière de comprendre la 
septicémie chirurgicale, nous ne voulons pas y revenir, ha rapidité dans la 
production du sphaoèle et la généralisation des phénomènes infbctieux à tout 
l'organisme caractérisent toutes les formes de la septicémie gangreneuse. Nous 
ne pouvons y Aiire rentrer avec H. Raynaud les mortifications qui suivenl 
l'infiltration urineuse, la pustule maligne, la piqûre anatomique, intoxications 
dittinotes. Mais les faits de gangrène foudroyante, malgré leur symptjomatologie 



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SEPTICÉMIE. 17! 

UD pen variable, sont bien dessepiicémies. La plaie est-elle eipos*^', les^ germe» 
sepdques y sont déposés par l'air. S*il n*y a pas de plaie extérieure, l'explicatioii 
àâ accidents infectieux est plus diflBioUe. a Peut-on admettre, se demande 
Raynaud^ que oes petits corps introduits dans le sang par les voies respiratoires 
y restent silencieux tant que les organe» sont ew^-mémes à Tétat physiologique, 
attendant, pour multiplier, Toccasion du Iranmatisme? » Cet éminent clinicien 
reste sur ta réserve et parait disposé à accorder aux produits toxiques de la 
décempoâtion des tissus un* rôle aussi considérable qu'aux fermentations 
organiqoes. 

Fréry (1875) se rattache à. l'opinion de Maisonneuve sur la nature de 1» 
gangrène foudroyante, et met en doute* son origine septique. 11 convient 
cependant qu'il ne l'a jamais neucontrée que dans des hôpitaux encombrés et 
infectés. Ses observaiiona ont été necneillies à Belfort pendant le siège de cette 
viUe (1870^1871)- 

TerriUon (1874) étudie cette aHection sous le nom de septicémie aiguë à> forme 
gangreneuse et, résumant les faits publiés, en donne une description complète. 
U fait voir que la maladie* par son origine, sa marche, et par ses. lésions anatomi- 
qoesy n'est qu'une des formes de la septicémie traumatique, et que les déuomi^ 
oatimis multipks empmuiiées à des symptômes accessoires doivent céder la 
(rface à un terme qui exprime l'infcoxicationi générale de l'économie. Quant à la 
nature propre de l'infection, il reste prudemment sur la réserve. En 1877, il 
rqN»nd l'étude de cette complication, mais exclusivement au point de vue des 
indicaiians opératoires. BotUni rattache également la gangrène foudroyante à la 
gvaade classe des maladies septiqaes et infectieuses. 

Dans son exceUente étude expérimentale sur l'entrée de l'air' dans les veines 
et les gaz intra-vasculaires,. Couty admet que ces gaz, produite spontanément 
pendant la vie dans les artères et dans les veines, donnent lieu à des accidente 
spéciaux. L'histoire de ces. phénomènes morbides dont Valsalva et Morgagni 
parlent beaucoup,, mais en s'appuyanl sur des faits plu& nombreux que précis, 
est bien moins incomplète que ne le croit notre collègue, dont l'attention semble 
ne s être pas portée sur les travaux cliniques que nous venons de citer. Morgagni 
rapporte l'observation d'un malade qui, atteint d'une hernie gangrenée, 
succomba subitement. La veine gastro^iploîque était de la grosseur du doigt 
et contenait beaucoup d'air arec une petite quantité de sang noir. Le cœur flasque, 
gras, lenfennaii dans ses ventricules, un sang noir et écumeuj^ On trouva des 
gac dans l'aorta, l'airtère* carotide, et dans toutes les veines. 

CoHly a vainement cherché des faits où l'on ait constaté le passage à l'état libre, 
dans le sang^ de gaz dévefa»ppés> dans les tissus. Cependant, la gangrène gazeuse 
nttt rien moins que rare» II faut donc, dans^ les autopsies des cas de cette 
Dature, rechercfaer s'il n'esdste pas de ;ra£ dans les captés droites du cœur. H 
peut y avoir, soitosmose de gas tr^dif&âbles^ h tuarers les membranes, vascu- 
laines, soit pénétration directs des fluidlBs dans le système circulatoire par une 
veine altérée et plus ou moins béante. Cette pénétration est peu à redouter dans 
rempbjsème simple par Tair extérienr ou pulmonaire. Les recherches de 
Damarquay et de Boullaod ont en effet démontré que l'oxygène se dissout et se 
brèle dans le sang, et que l'asoteest fort peu osmotique. Au conUraire, il est 
possible que dea ga2< lâ)res intara-vasculaires se développent dans des cas de 
gangrène septique non gazeuse ; il est possible que des liquides en voie de 
p«trëfacti<Hi passent dans le sang et y subissent, même pendant la vie, une 



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i72 SëPTIGÉMIEL 

transformation gazeuse plus ou moins rapide. Â Tappui de cette origine, Couty 
cite une observation d*Amussat que nous résumons en quelques lignes. Pendant 
la dissection d'une tumeur du cou, sifflement, mort apparente. La tumeur 
étranglée par deux ligatures et putréfiée est enlevée le sixième jour ; le 
septième, coma et mort. L*autopsie montre des bulles gazeuses dans l'aorte et 
dans les artères, mais pas dans les veines. 11 est évident que ce fait est fort peu 
probant. Ranvier a démontré que les infarctus septicémiques, les abcès méta- 
statiques, débutent souvent par une transformation gazeuse et de petits amas 
bulbeux. Panse (1867) attribue la mort à la suite de la gengrène des membres, 
au passage de gaz putrides dans la circulation. « Pourquoi, dit Couty, la même 
fermentation qui amène le développement de gaz dans les parties sphacélées ne 
se produirait-elle pas dans le tissu sanguin 1 à\l n'y a évidemment aucune raison 
pour qu'il n'en soit pas ainsi ; mais le fait de la présence de gaz dans les vais- 
seaux est depuis longtemps démontré par les chirurgiens. Maisonneuve, ainsi 
que nous Tavons vu, s'appuyait sur ce caractère pour proposer le terme de 
pneumohémie putride. 

Famedion range la septicémie suraiguë parmi les fièvres traumatiques 
compliquées, à côté de la pyohémie. 11 insiste surtout sur les variations de la 
courbe thermoscopique dans ces affections. L'explication donnée par Jubin 
(1876) est basée sur le rôle des gaz intra-vasculaires dans la gangrène foudroyante 
traumatique. Après avoir rapporté neuf observations personnelles et analysé les 
faits antérieurs, il arrive aux conclusions suivantes : i® On voit quelquefois sur- 
venir, à la suite des traumatismes, une complication redoutable, caractérisée par 
une gangrène à marche foudroyante et à terminaison presque toujours fatale. 
2^ L'état général est accompagné d'une dyspnée qui souvent précède tout 
phénomène local. 5® Cette dyspnée est due au brusque dégagement des gaz du 
sang, non à la décomposition des caillots qui se forment dans les veines, mais 
à la brusque exhalation des gaz propres du sang. Jubin se base sur la conclusion 
des expériences de Demarquay : Un gaz injecté dans le tissu cellulaire détermine 
constamment une exhalation des gaz que renferment le sang et les tissus. Dans 
les cas en question les gaz provocateurs proviennent des décompositions qui se 
font au sein de la plaie et de la pénétration d'un peu d'air par cette plaie. De là 
la dyspnée par défaut d'hématose, la gangrène par défaut de nutrition, i? I>e 
pronostic est très-grave, mais la guérison suit quelquefois une intervention 
chirurgicale rapide. Nous ne discuterons pas cette explication qui ne s'appuie 
sur aucune base sérieuse et donne trop d'importance au symptôme dyspnée, en 
laissant dans l'oubli les autres phénomènes morbides. Morand (1877) se rattache 
à la doctrine septicémique. Verneuil invoque l'influence d'un état constitutionnel 
pi-éexislant, altération du sang ou d'un grand viscère, dans le développement 
des accidents. Ledentu (1878) émet des doutes sur l'infection générale, l'ampu- 
tation du membre lui ayant donné un succès. Terrier décrit la maladie sous le 
nom de gangrène septique et attribue à l'intoxication de l'économie, bien plus 
qu'à l'action des gaz intra-vasculaires, la terminaison fatale. C'est cependant à 
cette dernière opinion que se rattache Després (1879). Pour ce chirurgien la 
septicémie des premières vingt-quatre heures est un empoisonnement par des 
gaz développés dans la plaie, une asphyxie par des gaz méphitiques absorbés 
par les veines, absolument comme l'asphyxie des fosses d'aisance. 

Nous avons déjà trop longuement discuté les opinions multiples émises sur la 
nature de l'infection septique pour y revenir de nouveau. Les expériences de 



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SEPTICÉMIE. 175 

Pasteur ont montré que le développement de gaz, la formation même de poches 
gazeuses, étaient un des phénomènes de la septicémie Tirulente. Les faits ont 
démontré que la septicémie gangreneuse (Tédenat) se transmettait aux animaux 
par inoculation des produits d exsudation et que ces produits, comme le sang, 
contenaient le vibrion septique. 

Anatomie pathologique. Nous avons à étudier les modifications des tissus 
de la partie atteinte parle traumatisme et les lésions générales qui caractérisent 
Taflection. 

La gangrène des tissus avec formation de gaz dans les interstices musculaires 
et dans le pannicule adipeux sous-cutané est déjà signalée par Fabrice de 
Hilden. Il note également la rapidité de la putréfaction du blessé après la 
mort. : « 11 se putréfia si vite et répandit une puanteur telle que chacun prit la 
fuite. » Les auteurs qui le suivent de près ne vont pas plus loin dans leurs 
recherches et s'attachent surtout à la symptomatologie. Chassaignac relève aussi 
cette putréfaction rapide du sujet et le ballonnement qui raccompagne. Depuis, 
les dernières recherches n*ont fait que confirmer la rapidité de la décomposition 
du corps des blessés morts de septicémie gangreneuse. La peau verdàtre s'enlève 
facilement et présente dans la direction des veines des marbrures violettes. 

Maisonneuve insiste principalement sur la présence de gaz putrides dans les 
vdiies. L'autopsie lui a permis de s'assurer que le foyer gangreneux était bien le 
point de départ de ces gaz et que ceux-ci circulaient librement dans les vais- 
seaux. On comprend que la rapidité de la décomposition des tissus, après la 
mort, jette un certain doute sur la nature des lésions viscérales constatées à 
Tautopsie. Mais l'amputation souvent pratiquée pour arrêter la marche enva- 
hissante du sphacèle permet de se rendre compte de Tétat des parties atteintes 
par la maladie. 

lia peau du membre blessé est tendue, luisante, de coloration foncée plus 
souvent que tout à fait noire. Elle n'a pas un aspect uniforme, mais est par- 
courue par des réseaux violacés, correspondant au trajet des veines superficielles. 
Des pblyctènes plus ou moins volumineuses, parfois de véritables poches remplies 
d'une sérosité louche, la recouvrent par places. Ailleurs la coloration bronzée de 
la peau rend moins sensibles à Ja vue les marbrures qui dessinent le cours des 
réseaux veineux. D'après Fréry, dans le voisinage de la lésion, la peau est 
jaune verdàtre sur les parties déclives ; à la région antérieure elle est généra- 
lement blanche. Elle n'est pas désorganisée ; de longs cordons blanchâtres, 
élastiques, s'étendant souvent très-loin vers la partie supérieure du corps, la 
parcourent en tous sens. 

Ces cordons, tantôt blanchâtres, tantôt violacés, sont formés par les veines 
superficielles , plus ou moins distendues par des gaz. Si Ion pique le vaisseau, 
si on le divise, le gaz s'échappe avec un peu de sang et le canal s'affaisse. Ce 
tût s'observe souvent dans les amputations. 11 doit inspirer au chirurgien des 
craintes sérieuses sur le résultat de son intervention. Salleron, observant la 
gangrène foudroyante après des amputations, a parfaitement observé ce phéno- 
mène et, dans la mortification du membre inférieur, l'a constaté dans les 
veines du cordon spermatique. « J'ai presque toujours trouvé les grosses veines 
du membre aplaties et vides de sang, ou en contenant fort peu ; mais les veines 
périphériques et sous-cutanées étaient le plus souvent distendues de distance en 
distance par du sang noir très-fluide, qui, n'ayant pu remonter vers le cœur, 
était resté en place, ou avait reflué vers le moignon. Pans les trois autopsies 



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iU SEPTICÉMIE. 

que j'ai faites peu de tei^ps après la mort, j*ai trouvé la plupart des veines 
superficielles diâteodues par le Auide gazeux, formant des cordons blanoiiàires, 
élastiques et transparents. Les veines spennatiques suiHout étaient toiijonis 
distendues dans toute leur longueur jusqu^â Tanneau ingiikiaU quelquefois au 
delà, mais jamais jusqu'à leur embouchure. Leurs parois amincies, daires 
et transparentes, avaieiU le volume d'une petite plume d*oie. Sien que le 
scrotum fût presque toiyours noir et crépitant dans tante son étendue, le pUs 
ordinairement les veines n'étaient transparentes que du côté malade ; mais 
quelquefois leur distension et leur transparence existaient des deux coiés. 

L'emphysème dévebppé pendant la vie ne fait qu'augmenter après la mort. 
11 se propage an tronc, à Ja face -et dans Jes parties oh le tissa cellulaire est lâche 
et abondant (flancs, cou, aine, aisselles, etc.), la distension «est eiOrême. €etie 
infiltration gazeuse^ à la fois superficielle et profonde, donne au cadavre des 
dimensions énorroesi, et la percussion la décèle par im bruit tympanique. fi*après 
les recherches de Malgaigne, ces gaz seraient des carbures d'hydragèBesttscepti- 
bles de s'enflammer, mélangés avec de Tair atmosphérique. Nous ne sachions 
pas que de nouvelles analyses chimiques aient été pratiquées depnis lors. 11 
n*est donc pas possible, en s'i^ppuyant sur la nature de ces gac^ de se prononcer 
sur leur origine discutée. Il nous semble , probable qu'ils ^nennent de la -décom- 
position putride des tissus mortifiés, et que la n^ême origine doit être admise 
pour les gaz trouvés dans ies veines et |>uisés |Mir elles dans le foyer de la plaie. 

Salleron n'a jamais constaté dans .les artènes d'autre Jésioii pathologique que 
l'infiltration gazeuse «de leur gaine celluleuse. Les antres auteurs seotoBuets «ir 
ce .point. 

Si l'on pratique une incision qui divise la peau dans tonte son épaisseur ot 
pénètre dans le tissu cellulaire distendu, en même temps que s'échappent 4ds 
bulles gazeuses sort un liquide louclie et séimuL ou fëre^purulent. Terrillon 
insiste sur l'infiltration œdémateuse des tissus, tant pendant la vie qu'après la 
mort du malade. La coloration lironzée de la peau, plus intense enoore sur le 
cadavre, s'ejyilique par la situation du liquide. Sur une coupe on voit que èa 
couclie superficielle du derme est blanche, mais que les yarticc profendes sont 
colorées par un liquide roussàtre. Le liquide, plus abondant le long des veines, 
dont il transsude sans doute, explique la teinte plus foncée <des réseamc veineux 
superficiels et la rapidité de leur apparition. En ^mme il se passe, dans œs 
conditions, les mêmes phénomènes que l'on constate dans la décomposition des 
cadavres, pendant les chaleui's de l'été. 

Quelle est la nature de cette infiltration qui s'étend jusqu'aux pajrenohymes 
des viscères ? Sa composition chimique exacte n'est pas comme, il oontiont de 
Talhumine (Bottini) et en donne les réactions, l'examen microscopique (Terril- 
Ion, Bottini) y a fiiit constater après douze heures : i^^tdes globules puruleslts gra- 
nuleux en grand nombre,; 2 ' des éléments de volume et de forme très-variaUas, 
contenant plusiencs noyaux, des granulations graisseuses et de la sufastanoe 
amoj:plie. Ils se rapprochent des éléments de régression désignés sous le nom 
(le globules de Glûgge; 3** une infime variété d'éléments, èésuitat de la déoanH 
position de la caisse; ¥ des globules roqges plus ou moins altérés, déformés, 
rapetisses, et des granulations d'hémaloîdine. On ne peut donc nier que oe liquide 
tende à se rïq)pjrocher d'une sérosité purulente mélangée à des produits de 
décomposition dbs tissus et du sang. 

Le tissu musculaii'e, dit Sallevon, est pâle, décoloré, comme de la ôhairlawée^ 



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SEPTICÉMIE. 175 

ma^ûésée,; les fibres muaculairea, plus ou moins séparées par Tinfiltralion gazeuse 
du tissu oellolaire iater-fibrillaire, sont résistantes, sans désorganisation, sans 
altération de leur iissu. La sérosité jroussàtre, louche, chargée ide vibrions 
septiques, infiltre également les masses charnues du membre ^aphacélé; mais 
les musoies^ne. sont pas envahis ipar la mortification. Peut-être Texamen histolo- 
gique ferait oenataLardes altérations de laifibre musculaire primitive, comme on 
en trouve dans la forme non. gangreneuse. de la septicémie. 

S*^gii-il, au refifte,<dans un certain nombre de faits, d*une véritable mortifica- 
tion? Ëfioutons à ce sujettes observations judicieuses de Salleron : «J'ai. désigné 
sous le nom de gangrène avec emphysème les accidente que je wons de^déorive. 
Peofc^tre vaudrait-ril mieux les appeler simplement emphys^ne du moignon ; car 
il est lùen certain «que ks altérations anatomiques différaient de celles que 4*Dn 
trouve dans les différentes espèces de gangrène. Les tissus n'étaient pas jkrofon- 
démeot désorganisés, ni transformés en une masse coniuse, unifonme, tde -ma- 
tières moins solides ou ramollies iCKhalant une odeur 'Garactéristiqtte,Btti^uitam, 
ayant complétem^t cessé de vivre, ^et rentrées sous l'empire des îlots-physiques. 
tlkns la gangrène avec emphysème, les.tiasus, toujours parfaitement distincte et 
ceoittniaissableE^ avaient conservé leur consistenoe, leurs rapports, leur organi- 
sation; leur couleur n'était altérée que du plus au moins ; ils avaient ceeséide 
vivre et de fonctionner: mais étaient-ils encore aptes ii rentrer sous l'empire 
des lois vitales.? Bien qu'aucuniait ji'ait permis deconstater le pour et lecontre, 
Jbieii que la jnortification ne fût pas coB^étement évidente, il est bien permis 
de.cfoine fue dlanssi (profondes «nedifioations fonctionnelles, développées «ous 
J'infliience 'd'une cause auasi active et aussi rapide, devaient «eatramer (desiflOté- 
rations organiques ïradioalement incurables. 

>c Quel ^ue tsoit Je mom que l'on juge .oonnrenàUe de donner aux phénomènes 
morbides que j'appelle gangrène avec emphysème on emphysème -gangnéneux, 
le fittt jreste et conserie itoute csa signification (pathologiq^d jde fn^servation im- 
posante, de (manifestation foudroyante ^'d'inoarabiiité absolue. » 

•Fréry, .Jobiai Morand, TerriUon, sont en pariait ;aoGord avec .SaUeion 'sor cet 
étet du tissu musculaire que l'on trouve, même déjà pendant la vie, ei l'on 
pratique une opération sur les parties atteintes. Au voisinage de la plaie, les 
lésions analomiques varient nécessairement avec la mature «t .l'étendue durtcau- 
jna^sme, avec Ja durée de l'alTection. Toujours une sérosité abondante, louche 
et plus ou moins ,puculente, inûltre ces tissus de voisinage et fotn-miile tdc 
vibrions. Le sang, diifluent, semble imprégner tous les tissus ide aeite ^aéfosité 



(luant à la plaie, son aspect est très variable. Tantôt c^'Cst une solution de 
continuité sim^, lun^étonou un wUon par coup de Jeu, a>vec la couleur iioiiie 
de ses bords ^ tantôt c'est un broiement jlimité des .muscles aveciune petite ploie 
eoniiise^ tantôt une fraotiire compliquée ou lun fracas osseux étendu.; tantôt 
enfin une plaie d'amputatian..SayeBQn,qui>na guère<observé cette complicatiaii 
que dans oe. dernier «cas, décrit avec détail l'étetdes moignons. Dans les ampu- 
tations dans la continuité, injection «vive du canal (médullaire, destruction de 
la moelle et décollement du périostq, indices .d'une ostéomyélite «pi^éedâtanite. 
Les plaies étaient «emplies de sang noir concrète et sans cohâiion ; la surface ide 
section toujours livide^ Jioirâtre, macërdeet un.peuxamollie. Les iligain très étaient 
souvent détachées, «malgré la rareté des hémorrhagies. Après la désarticulation 
de Ti^aule, infiltration de la plaie et des intorsticcs muscnlaires par des caillots 



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i76 SEPTICÉMIE. 

putrilagineux plus ou moins ramollis s*ëteadant jusqu'au cou. Après l'amputa* 
tion du genou et de la cuisse, l'infiltration gazeuse remontait souvent jusqu'au 
milieu du thorax ; le scrotum était noir ou noirâtre, gonflé, crépitant ; le tissu 
cellulaire sous-péritonéal également infiltré dans une grande étendue. 

Dans les fractures compliquées les lésions anatomiques de l'os et des parties 
molles sont celles, à peu près, des amputations dans la continuité. 

Dans les lésions bornées aux parties molles, l'infiltration séreuse signalée plus 
haut semble le fait prédominant. Terrillon rapporte l'observation d'un homme 
de cinquante ans, chez lequel un broiement limité des muscles du coude avec 
plaie contuse fut suivi de septicémie aiguë gangreneuse. Il put constater à l'au- 
topsie rintégrité du squelette, de la jointure, des nerfs et des vaisseaux; l'absence 
d'épanchement de sang et de caillots décomposés. Les muscles seuls étaient 
atteints par le Irauma et dans une étendue minime ; on y constatait un peu de 
sérosité trouble infiltrée, mais pas de pus phlegmoneux. Ces faits spéciaux, 
Terrillon les rapproche des cas de myosite suraiguë ou infectieuse observés par 
Hayem, Nicaise, etc. Eu dehors de ces lésions locales qui peuvent, jusqu'à un 
certain point, être considérées comme des altérations de gangrène à son début, 
nous n'avons plus à signaler que les lésions viscérales qui résultent de l'intoxi- 
cation générale de l'économie. 

Cerveau, Congestion sanguine plus ou moins forte des veines périphériques, 
et liquide séreux en quantité variable à la base et dans les ventricules. Rien 
d'anormal dans le liquide céphalo-spinal (Salleron). Pas d'abcès métastatiques. 

Poumons. En arrière, toujours congestion, engorgement hypostatique c<m- 
sidérable. En avant, hyperémie légère. Les plèvres contiennent souvent une 
quantité variable de sérosité cilrine plus ou moins claire, sans trace de pleurite 
récente. Après la désarticulation de l'épaule, l'existence d'une phlegmasie pleu- 
rale du côté opéré, avec épanchement séro-sanguin trouble, plus ou moins foncé, 
est presque constante (Salleron). Morand signale comme assez fréquents les 
infarctus noirâtres de la base des poumons. Fréry n'a jamais rien trouvé de par- 
ticulier dans les organes thoraciques. Les abcès métastatiques font toujours 
défaut. ^ 

Cœur. Nous avons insisté sur la présence de gaz dans les veines du membre 
atteint par la gangrène, et nous avons vu ces gaz remonter jusque dans les 
veines du tronc. Cependant Salleron n'a jamais trouvé aucune trace de fluide 
gazeux dans les gros vaisseaux, pas plus que dans les cavités du cœur. Les 
auteurs sont unanimes sur ce point. Nous avons dit quels doutes légitimes devaient 
soulever les observations citées dans la thèse de Couty. Les veines caves supé- 
rieure et inférieure sont gorgées de sang noir et liquide. Le cœur est pâle, mou» 
flasque, aflaissé. Les cavités droites contiennent souvent un peu de sang noir, 
liquide, très-rarement des caillots passifs. Les cavités gauches sont vides et ren- 
ferment rarement des rudiments de caillots fibrineux ou quelques concrétions 
gélatiniformes, molles, aplaties et légèrement jaun&tres. 

Sang. Le sang est noir, fluide, difficilement coagulable. Nepveu et Davaine 
y ont constaté : 1® des cristaux aciculaires, déjà signalés par Feltz, dans les 
affections septiques ; 2^ la zone immobile qui se forme sous le couvre-objet du 
microscope, comme dans les septicémies; 5® enfin une fibrine irrégulièrement 
striée, et infiltrée de nombreuses granulations moléculaires, germes probables 
des bactéries. Terrillon n'a pas trouvé les globules sanguins très-altérés. 11 est 
donc à désirer que des et ides nouvelles viennent compléter ces notions inconi- 



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SEPTICÉMIE. t77 

plètes sur i*ëtat du sang dans It septicémie suraiguê. Ainsi 1 existence du vibrion 
septique démontrée par Tinoculation du sang et des exsudais séreux (Tédenat) 
n*est que rarement signalée dans le cours des observations. 

Foie. Congestion sanguine et ramollissement variable; pas d'examen histo- 
logique. 

Rate. Presque constamment volumineuse et souvent ramollie, dît Salleron ; 
complication habituelle de toutes les infections chirurgicales. D*après Morand, 
Torgane est transformé en une masse spongieuse dont Técrasement donne issue 
à des gaz. 

Rdns. Tuméfiés, ramollis ; la capsule moins adhérente. Congestion veineuse 
très-marquée ; quelquefois môme (Morand) on rencontre un ou plusieurs foyers 
apoplectiques, ce qui expliquerait les nH>difications subies par lurine, tantôt 
sanglante, tantôt légèrement albumineuse. Â Tautopsie, la vessie est le plus 
souvent contractée, Turine toujours en petite quantité, trouble, ou d*un rouge 
foncé. 

Salleron a de plus constaté la vacuité habituelle de Testomac et la pi'ésence 
de matières pultacées, grisâtres, parfois très-noires, dans le côlon descendant. Les 
autres auteurs ne notent aucune altération des tuniques intestinales. En somme, 
les lésions viscérales ne paraissent que de peu d'importance, ce qui s'explique 
faicilement par la rapidité de la terminaison fatale. Il est à supposer cependant 
que l'examen histologique, s*il eût été pratiqué, aurait montré dans le paren- 
chyme des viscères les mêmes altérations que Ion rencontre dans la septicémie 
aiguë ordinaire. L'absence d'abcès métastatiques est constatée dans toutes les 
observations. Les infarctus viscéraux sont eux-mêmes excessivement rares, ils ne 
se rencontrent qu'exceptionnellement. 

ÉHologie. Dans quelles conditions se développe la septicémie suraiguë à 
forme gangreneuse? Les conditions du sijget, de la blessure, du milieu, sont à 
considérer. 

Les sujets de tous les âges, de tous les tempéraments, sont susceptibles de con- 
tracter la septicémie, et, si elle se montre plus rare chez les femmes et chez les 
enfmts, c'est que ceux-ci sont beaucoup moins que les hommes exposés aux trau- 
matismes qui en sont l'origine. Salleron fait remarquer que les hommes atteints 
dans les hôpitaux de Constantinople avaient encore toutes les apparences de la 
force physique et de la vigueur, pendant que d'autres blessés bien plus épuisés 
échappaient. Que le sujet fût dans de bonnes conditions, qu'il fût déjà fortement 
afiaibli par les privations et les souffrances, la marche de la maladie restait 
invariablement la même. 

11 nous paraît qu'on a beaucoup exagéré l'influence des fatigues et des priva- 
tions. Sans la repousser absolument, nous répéterons avec Salleron que la septi- 
cémie gangreneuse éclate chez des sujets vigoiureux, pendant qu'à côté d'eux 
elle épargne des malingres. Certes, les tristes conditions où se trouvaient placés 
nos blessés de Constantinople et de Crimée ont pu se reproduire chez les soldats 
de Metz et de Sedan; mais à Versailles, pendant la Commune, nous avons vu la 
septicémie gangreneuse se développer chez de jeunes soldats i*obustes, bien cou- 
chés, bien nourris, et dont le moral n'était pas absolument affaibli. 

Le rôle qu'on a fait jouer aux influences morales dépressives est, comme le 
précédent, des plus difficiles à apprécier. A Constantinople, le spectacle d'hô- 
pitaux encombrés de mourants devait plus que contre-balancer les joies de la 
victoire. Vainqueurs et assurés de recevoir à leur retour en France une juste 

DICT. IHC 3*8. IX. 12 



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i78 S^PTICÉHIIU 

oompensaHon fpcur leurs infinnilés, nos soldtls sucoombaieDt aussi bien tpCeÊt 
187i sotts les lUBrside Paris. 

Morand invoque avec Terrillon et Nepveu i'aotisa prédisposante de Takoolisme 
chronique et donne trois observaiiotts. La ^jcosurie, l'albumiouvie, la plies- 
phaturie qui, dans les conditions ordinaires, favorisent le développement des 
accidents gangreneux, prennent rang parmi les causes de la gangrène septique. 
Erichsen accuse les troubles constitutionnels, et surtout la dépuration incom- 
plète du sang, par suite de lésions viscérales. Vemeuil €St du même avis, mais 
il ne va pas jusqu'à dire avec le chirurgien anglais que rencombrement* les 
miasmes, ont moins d'inOuence que cette altération du aang. 

En somme, si Tétat constitutionnel du sujet joue un rôle impoiOant dans le 
développement sporadique de la septicémie gangreneuse, «on influence eesae 
d*élre appréciable quand TadGection revêt un caractère épidémique« 

ConêitUmt de la plaie. Si les traumatismes violents, les fracas OBseox sur- 
tout, semblent favoriser le développement de la gangrène septique, ce serait une 
grande erreur de les croire nécessaires à sa production. Salleron, à Gonstanti- 
nople. Ta constatée soixante^cinq fois sur 660 amputations, tant dans la conti- 
nuité que dans la contiguïté. Elle s*est montrée on peu plus commune dans les 
désarticulations, et bien plus après les opérations consécutives. € Si la gangrène 
mstantanée ne s'était déclarée que sur des amputés, on pourrait regardf r, dit 
Salleron, l'amputation comme une condition nécessaire, comme une cause pré* 
disposante indispensable au développement de l'agent septique qui finidroyait 
rapidement l'économie; mais plusieurs fois elle s'est manifiest^ sur des membres 
simplemait traversés par des projectiles, sans lésion osseuse ni artérielle, et 
souvent sur des membres fracturés qu'il n'avait pas été possible d'amputer im* 
médiatement. Sur les blessés non amputés, le début de la gangrène a été aussi 
brusque, sa marche aussi rapide, et sa terminaison aussi constamment funeste. » 

La méthode et le procédé opératoire sont sans influence, mais, plus l'amputa-» 
tien est rapprochée du tronc, plus elle a de gravité sous ce rapport. L'ampiitatiou 
de la miisse est suivie de seplioémie gangreneuse 34 fois sur 154 ; la désarticu- 
lalion de l'épaule 10 fois sur 43. A l'opposé, la désarticulation du coude ne 
compte qu'un cas sur 30 ; l'amputation du bras 7 sur 152 ; l'amputation de U 
jambe 14 sur 154. La grandeur du traumatôme est donc une cause prédispo- 
sante. 

•Les amputés de Salleron ne présentaient pas de complication grave; presque 
Ions semblaient encore dans de bonnes conditions physiologiques, et rien ne 
faisait craindre celte complication funeste. 

Haisonoieuve ainsi que Chassaignac insistent sur la gravité ordinaire du trau- 
matisme primitif, mais ils n'ont observé que des cas isolés. Le premier chirurgien 
en avait conclu h la désorganisation des tissus, à la présence de foyers sanguins 
se «décomposant au contact de l'air, et sa théorie de la pneumohémie putride 
était basée sur la putrélaction «de ces parties broyées par le trauma, et sur la for* 
malien de gaz putrides dans la plaie et plus tard jnsque àms le sang. Fréry se 
range à cette opinion et montre la mortification des tissus frappés par un pro- 
jectile comme la cause première du dégagement de gas fétides, par la putré^ 
faction qui s'empare rapidement des parties mortes. Non-seulement un trauma- 
tisme violent, mais encore un traumatisme ex|i08é seraU donc la oooditioA 
néoessaîre du développement de la gangrène septique. 

Dans les trois cas l'apportés par M. Perrin, les lésions traumatiqnes n'offraient 



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SEfTICÉllE. 'f79 

es eUes-ménes aaouae grartié spéciale. U s'.igheak ide coups de feu, «ngi du 
reste que dans le plus grand nombre des observations. Hais ce fait s*expiîqiie 
ptriailenent, puisque les coups de feu CiHmentdais.les guerres ^lofeuelles l'înw 
neace nuàjmriU ides blessures, et que la gangrène roudroyaaAeee développe alors 
SMis ibrme épidéuique. Les lésions des metobres inférieurs s'acconpagneitt plus 
souvent de eetle cemplioaiiou, à mesure qu'elles se rapprochent davantage du 
troBC. 

Horand invoque «omme causes prédisposantes looales l'attritrôn considéraUe 
des Uessures, le broiement des parties, kseztnivasatioas sanguines et la décom- 
position putride de ces tissus. LaiaeuUé aJbe^rbante de la moelle osseuse 
explique la gcavité des fracturesoompliquëes. Il en est de même des Uessures 
siégeant dans les régions largement pourvues* de vaisseaux et suitoat de vaisseaux 
veineux. Les observations <de Jubinet de Uorand tendent à montrer TinBuence 
nocive des varices dans la'produfttion de la gangrène septiffoe. 

Uneqttsstisn qui ne parait pas avoir été éhidiée d*unej façon spéciale est odle 
de savoir si ila .gangrène .septique exige pour son développement une plaie 
exposée, ou se produit parfois dans les lésions sonsK^utanées. Dans tou6>les o«s 
que nous avons vus, dans tentes les observations que nous avons relevées, il y 
avait un tramnaiisme exposé. 11 nous est impossible «decondure. Terrilkm 
insiste sur. la firéqneDcei de TécraMment aveC' dilao^tion de loate ^épai9^eupdu 
membre «t lésion osseuse pnédominante, «omme condition de la septicémie à 
ferme ^aagrénense. 

Notre opinion est que si, dus les conditions ordinmres, la nature et T'étendue 
du traumatiane jouent un rôle important dans la production de la gangrène 
septique, il n*en estiplus de même en temps d*épidéraie, où la contagion est le 
fait prédominant. Ce sont précisément les cas où Ton voit oette complication 
redoutable succédor à des pbies insignifiantes qui ont conduit à la recherdie 
et à la détermination de Tcmpoisonnemeat général de Kéoonomie, cause' pre- 
mière des phéaomônes moines . 

Milieu. Les conditions de milieu sont de toutes les plas importantes. Gbas- 
aaignac «t Maisoraieuve, obscrmnt des faits isolés, les ont complètement né- 
gligées. À. Paré les avait reconnues, mais ses descriptions des conipiioations 
pe^tilaitklles des plaies mampRUt de précision. Salleron, placé sur un grand 
théâtre, n*hésite pas à leur attribuer la plus grande influence ; car dans les 
hôpitaux enoombfîés de Constantinople toutes les complications infectieuses «des 
plaies sévissent avec irae effroyable intensité. Ce distingué chirurgien a vu 
c cette nsanifestation gangreneuse coïncider d'une raniière si remarquable et 
si constante avec Télévaticn de la température, avec les brusques changem^its 
dans les oonnuils aériens, surtout lorsque, le vent du nord passant rapidement 
au ma, celui^ faisait sentir subitement son influence déprtnunrte et délétère, 
qu*il lui semble impossible de ne pas faire une large part aux phénomènes 
atmosphériques agissantau moins conraie cause déterminante, dans des condi- 
tions particulières inappréciables, sur des organismes profondément modifiés et 
ph^és dans une imminence morbide spéciale, t Cette inHuenoe de la chaleur 
n'agit certes pas «enie, puisque&lleron n'a jamais vu la gangrène ibudroyanle 
en Algérie, oh le sirocco pr^nte une intensité bien plus gnmde qu*à Constan- 
tinople. 

Sous ferme dubitative^ Salleron incrimine l'action stupéfiante 4e l'anesthésie 
cfaforoformique. C'est là une impression vague, qui ne repose sur aucun fait 



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i80 SEPTICÉMIE. 

démonstratif et que Tobseryation journalière ne permet pas d'admettre, croyons- 
nous. 

A Constantinople, les mois de printemps n'ont fourni aucun cas ; l'automne 
quelques-uns seulement ; les mois d'été (1855) ont été les seuls où la maladie 
ait réellement régné. Les circonstances exceptionnelles très-fàcheuses, propres à 
l'armée d'Orient, expliquent la forme épidémique de la maladie ; et nous 
l'avons Tue reparaître pendant la guerre de i 870-1 871, avec la reproduction des 
mêmes conditions. Chez les trois blessés de M. Perrin, on ne peut invoquer les 
mêmes influences, car ils étaient installés dans des chambres isolées, saines, et 
exemptes de toute influence nosocomiale appréciable. 

Salleron avait relevé 65 cas chez 640 amputés ; Fréry l'a constatée vingt- 
huit fois pendant le siège de Belfort, sur 518 blessés ; nous l'avons de notre 
côté observée nombre de fois à l'hôpital militaire de Versailles en 1871. Nous 
n'avons pas remarqué l'influence si considérable accordée par ces deux auteurs 
aux conditions atmosphériques et surtout aux temps chauds et humides. Nous 
nous demandons au reste comment ces conditions ont pu se produire à Belfort, 
pendant le rude et glacial hiver de 1870-1871. 

Hais cette condition ne suffit pas pour, engendrer la désorganisation rapide 
des tissus. « Il faut, dit Fréry, que le milieu où se trouve le blessé soit infecté 
par des miasmes délétères. Nous avons observé que ce nouvel ennemi de la vie 
de nos malades ne s*est montré qu'alors seulement que l'atmosphère de nos 
salles était devenue pestilentielle. De plus, d'après nos recherches, jamais on 
n'aurait observé de gangrène foudroyante hors des salles d'hôpitaux. » 

Nous ne pouvons que confirmer les remarques pleines de justesse que nous 
venons de citer. Nous n'avons trouvé aucun cas de septicémie gangreneuse déve- 
loppé hors du milieu hospitalier. Les observations isolées ont trait à des ma- 
lades soignés dans les hôpitaux. Hais le fait principal qui ressort de la clinique,' 
c'est que la septicémie gangreneuse n'acquiert son développement épidémique 
que dans les locaux encombrés. Ce qui s'est passé à Constantinople en 1855 
s'est reproduit pendant la guerre de 1870, et les mêmes conditions hygiéniques 
déplorables, les mêmes accumulations dans les hôpitaux ou les ambulances, 
ont amené de nouveau la gangrène septique et ses formes les plus graves. La 
contagion favorise le développement épidémique, et les milieux s'infectent 
chaque jour davantage, l'aflection revêt un caractère de plus en plus foudroyant. 

Palhogénie. Nous n'avons pas à revenir sur ce point de doctrine. Nous 
avons, dans l'historique de la septicémie à forme gangreneuse, exposé les opi- 
nions des auteurs qui se sont occupés de cette affection. D'un autre côté, nous 
avons cherché à établir que cette complication des plaies devait être rattachée 
à rinfection de l'économie par le vibrion septique. Inutile donc de reprendre 
une fois de plus une question pour nous résolue. Comme la septicémie aiguë, 
la septicémie gangreneuse est une maladie parasitaire. 

Un point cependant demande des recherches nouvelles. Salleron insistait sur 
les différences appréciables à la vue, qui séparent les tissus atteints par la 
gangrène septique, des parties molles envahies par la mortification. Les auteurs 
n'ont fait depuis que confirmer cette observation, et les altérations anatomo- 
pathologiques constatées par Fréry, par H. Perrin, par Terrillon, ne sont pas 
celles du sphacèle ordinaire. On peut admettre avec H. Perrin l'existence d'un 
processus gangreneux au début, dans les parties voisines du trauma, mais ce 
processus est tout à fait spécial. Les masses musculaires ne se mortifient pas» 



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SEPTIGËMIE. 181 

et le spbacèle semble limité à la peau et surtout au tissu cellulaire, tant sous- 
cutané que profond. Ce seul caractère permeltrait de séparer la forme de septi- 
cémie que nous étudions ici des gangrènes ordinaires envahissant toute Tépais- 
seur d*un membre. 

Quelques auteurs ont fait jouer aux gaz formés dans le tissu cellulaire, et 
que Fréry pense avoir trouvés dans une autopsie jusque sous le périoste, un rôle 
des plus considérables dans la pathogénie des phénomènes morbides. Les gaz 
sont-iU toxiques, comme l'admet Després? sont-ils absorbés et passent-ils dans 
le sang? Questions bien difficiles. Les seules analyses pratiquées n'ont pas 
décelé de gaz à propriétés vénéneuses. Les examens nécroscopiques n*ont montré 
de gaz ni dans les gros vaisseaux veineux, ni dans les cavités du cœur ; moins 
encore dans les artères. 11 semble donc impossible de leur attribuer une influence 
mécanique, comme cause de mort. D*un autre côté, ces gaz absorbés par les 
veines doivent être éliminés par le poumon, comme Ta démontré Claude Ber- 
nard, car la quantité introduite dans le sang ne saurait atteindre les doses con- 
sidérables mises en usage dans les recherches expérimentales. Nous sommes 
donc obligés de n'accorder qu'une médiocre importance aux théories qui s'ap- 
puient sur l'action présumée des gaz intra-vasculaires. Résultat de la décompo- 
sition du sang et non de l'absorption, ces gaz restent à peu près limités aux 
vaisseaux veineux des pailies malades, et ne se répandent pas dans tout le 
système circulatoire. Au reste, aucun rapport n'existe entre les symptômes de la 
gangrène septique et les accidents produits par l'injection de gaz dans les veines. 

Symptâmes. Us doivent être divisés en deux classes : les phénomènes locaux 
et les symptômes généraux, pour la facilité de la description ; car ces signes ne 
se séparent pas dans la clinique. 

Salleron admet une période préliminaire, sinon caractéristique, au moins de 
nature à faire craindre la gangrène. Après l'amputation, absence de calme; tris- 
tesse, abattement, dépression profonde; pouls un peu fréquent, roide et dur; 
peau chaude et sèche; sueurs profondes, rêvasseries, inappétence. Pas de 
plaintes, mais dans le moignon douleurs sourdes, profondes, lancinantes, et fai- 
blesse générale extrême. Figure pâle, livide, terreuse; regard fixe et terne, 
plus rarement du délire. Du côté du moignon, rien de grave; jamais rien de spé- 
cial dans la nature ou la quantité de la suppuration. Plusieurs fois, ces pro- 
dromes ont fait absolument défaut et l'invasion de la maladie s'est montrée 
foudroyante. 

Chez trois blessés de M. Perrin, il n'y eut pas de phénomènes précurseurs 
et les accidents locaux et généraux éclatèrent en même temps. Hor.md, après 
Jubin et MoUière (de Lyon), insiste sur la valeur diagnostique de ces symptômes 
préoionitoires qui permettent au chirurgien de prévoir le début du mal et d'in- 
tervenir hâtivement. Tels sont : la prolongation insolite du shock traumatique, 
quand la lésion déterminante n'oftre pas une gravité spéciale. La dyspnée survient 
ordinairement quelques heures, parfois un jour ou deux, avant l'apparition des 
symptômes locaux caractéristiques. « Le malade, dit Morand, fait de profondes 
inspirations, ouvrant souvent la bouche pour mieux aspirer l'air, sans arriver, 
même au prix de grands efforts, à satisfaire aux besoins de ses poumons. Dans 
quelques cas, il lui semble qu'un poids énorme pèse sur la poitrine et l'empêche 
de se dilater. Alors, si on observe les mouvements de la cage thoracique, on 
voit qu'ils s'accomplissent normalement, que les oscillations respiratoires sont 
très-étendues, qu'en un mot l'air pénètre librement dans les poumons. Pom*tant, 



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18^ SEPTIGËHIE. 

le malade, prenani un point d*appni, s'asseyant sur sen Ut, emploie toutes ses 
forces à respirer; des gomtelettes de sueur perlent sur son visage; les ailes du 
nei se dilatent à chafuo inspiratioa : il ne réussit pas à oiilenir le moindre sou- 
lagement. Celte dyspnée continue, tantôt s*améliorant un peu, tantôt s*aggra* 
vant pendant la période dti mal confirmé; elle s*aocrolt habitneltement beaucoup 
quelques heures avant la mort. Elle est un des symptômes les fttjs caractérisa 
tiques de la période prodromique et des plus marqués de la période d'état; par 
sa ténacité, par Tangoisse profonde qu*elle produit, elle est un des principaux 
sujets des idées sombres qui envahiss ent le malade » . 

Morand rapproche avec raison cette dyspnée intense des trouMes respira- 
toires de même nature que Billroth a signalée cher les animaux dans la septicé- 
mie expérimentale et qu'on ne peut attribuer qu'aux altérations du sang, fl 
signale également Kagitation, la tristesse, la sensibilité affectueuse des malades 
pour ceux qui lès entourent, résultat probable de Tappréfaension du danger. Le 
pouls est plus fréquent, ses battements faibles et présentant parfois de Tar/tyfft- 
mie, comme dans les intoxications par rétention dans le sang de produits de 
désassimilation. Après quelques pulsations fortes, d'égale énergie et de durée 
égalé, arrive un nombre variable de pulsations faibles et irrégulières. Nous 
avons insisté sur ces faits en raison de leur importance diagnostique, mais 
comme M. Perrin, Salleron, Terrillon, nous ne les avons pas observés. Dans les 
cas que nous avons vus, rien de spécial ne dénonçait au début le développement 
de cette terriMe complication. 

A. Sympt&mes locaux. Apparaissant presque constamment dans ta soirée ou 
dans la nuit (Salleron), éclate une douleur vive, profonde, avec distension des 
parties molles et sentiment de constriction si pénible que le malade se hâte 
d'enlever tout pansement. Cette distension du membre s'étend rapidement de 
bas en haut; la peau blanche, luisante, froide et peu sensible, est sonore à la 
percussion et crépite sous les doigts. Les téguntents se colorent de teintes variées 
«t changeantes, ils sont marbrés de stries jaunes, grises, ardoisées. Après quelques 
heures, la peau est complètement noire dans les parties les plus déclives ; vio- 
lacée, marbrée sur les côtés du membre ; presque toujours blanche et transpa- 
rente à la surface antérieure où l'on distingue nettement les sinuosités du réseau 
veineux sous-cutané. Cependant, la peau non encore désorganisée reste élastique 
jBÏ ne se couvre pas de phlyctènes, les lèvres de la plate restent intactes^ mais il 
rs'écoule abondamment un liquide noirâtre et inodore qui salit les pièces dé 
pansement. 

A cette description rapide de la -gangrène foudroyante observée à Constanti* 
nople Salleron ajoute quelques détails sur les modifications que présentent les 
«ymptômes physiques, suivant le siège de l'amputation. D'une façon générale, 
4a marche du sphacèle était d'autant plus rapide que la blessure se rapprochait 
•du tronc davantage. Au membre supérieur et surtout à Tépaule, les accidents 
locaux se compliquaient de phénomènes d'engouement pulmonaire. Au membre 
inférieur, l'extension de la gangrène était bien plus hâtive encore. Toujours, 
<hez les amputés, sauf un seul cas, la mortification commença par l'extrémité 
du moignon pour s'étendre progressivement vers la racine du membre. 11 est donc 
impossible de ne pas voir dans la plaie elle-même la porte d'entrée des germes 
morbides et le point de départ des accidents infectieux. 

H. Perrin signale une modification de l'état de la plaie, une altération putride 
de ses produits, comme coïncidant avec le début des phénomènes morbides. Les 



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SEPTICÉMIE. 183 

lèvres sont gonflées; la sëorétioa^ noirâtre ek fétide. Hême dans fes coups 
ds feu où. les liiioides exsudés offrent constammenl dans les premiers jours cette 
coloration livide, noirâtre, oni est frappé de leur puMiteur et de la teinte noire 
qae présentent les bopds de k plaie. Gooune Terri lion, nous »vons* vu l'œdème 
et la teinte li?ide de la peau envaUr le pourtour d'une plaie non gonflée; 
comme lui, nous avons vu plus souvent Técoulemeni d'un liquide saoteux et 
putride» mélangé de gazv précéder Temphysème. 

La douleur violente, le sentiment de constriotîon, sont des phénomènes con* 
stants. Bapid^nentle gonflement se développe et, partidelapkio, envahit toute la 
circonférenoe du membre» en marchant de bas en* haut« La peau en quelques 
heures devient tendue, lifide, marbrée^ sur le trajet du réseau veineux sous- 
€Utané. On dirait l'état d'un cadavre décomposé dans Teau pendant quelques 
jours ; ces noyés ont tout à fait le môme aspect. Terrilbn signale de petites 
pUyctènes réunies par groupes et remplies d*une sénesité noirâtre, Salleron ne 
les a jamais constatées. Le développement, autour du cou, d'un herpès kémon- 
rhagique, chez ua homme blessé è la jambe, est un fait relevé par U. Perrio. 

I^ plaie désormais prend un aspect grisâtjne» sinon complètement noir ; elle 
fionmil un liquide ichQreux.et Célide. A son pourtour,, les tissus infiltrés de gas 
crépitent sous les doigts, et par refoulement on chasse des bulles de gaz entre 
les lèvres de la> division. La percussion donne un son iyupanîque,. si les tégu« 
iBcnts sont suffisamment distendus. On ajoute (Terrillon) que le développement 
des gaz, s'il se fait très^^^pidemeub, est accessible à L'eiploratioa direate et 
donne sous le stéthoscope un> bouillonneonent dans h. pirofondeur du membre; 
Tédenat l'a constaté plusieurs fois. 

La température de la plaie et du membre varie suivant la période de TafTec- 
tion. Dana les plaies profondes, le doigt sent une chaleur intei^e ; pour k 
membre luirméme, l'accroissement de cakurifioation est douteux, même dès le 
début. Après qudques heures, il n'en est plus ainsi, et le refroidissement des 
parties, même avant quelles soient atteintes par la gangrène, se perçoit sans 
difficulté. En môme temps que le refroidissement gagne, disparaiaseot les dovu- 
l^irs viokntes du débiit. Un sentiment de tension, de pesanteur, les remplace 
pour le patient à demi tombé dans le coma. Les téguments ressentent longtemps 
encore les impressions de contact» mais les perceptions douloureuses sont vagues, 
la sensibilité est considérablement aflaifalie. 

Salleron avait déjà noté l'aspect gangreneux^ la coloration noirâtre, la dégéné- 
maeenoe que subissent dans ces conditions les moignons d'amputation, et la 
eonfnsioB possible de cet état avec la pourriture d'hôpital à forme gaagréneuafe. 
Il est probable que dans les hôpitaux infectés cette ooofusion a souvent été faite. 
Les plaies étroites, sinueuses, à foyers profonds et anfractuenx, semblent plus fa- 
vorables encore au développement des gaz putrides, qui &*y accumulent avant de 
£ûre irruption dans les intei*stices cellulaires. Dans ces conditions» nous avons 
vu la gangrène se développer tout d'abord au pourtour de la plaie, former une 
eschare noirâtre comprenant toute l'épaisseur de la peau et nettement limitée 
par sa coloration intense, qui tranche sur l'aspect livide du reste du membre 
«edématié. 

Pratique-tH)n dans ces tissus des débridements profonds, il sort des indh 
nous un liquide séreux, roussàtre, fétide, mélangé de bulles^ gaseuses, et sur 
lequel (TerrÛlon) nagent des gouttelettes de graisse. En même temps, les masses 
charnues engorgées et livides viennent faire immédiatement hernie dans l'ouver- 



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184 SEPTICEMIE. 

iure. De là Tinutilité de ces débridements, si étendus qu'ils soient. Quand on 
pratique l'amputation à la racine d'un membre ainsi envahi, les petites artères 
ne donnent pas de sang, les muscles ne se contractent plus et présentent une 
teinte livide particulière ; les veines sous-cutanées et profondes laissent écouler 
en même temps qu'un sang noir et liquide ces bulles de gaz qui frappèrent si 
vivement l'attention de Maisonneuve. 

Les ganglions lymphatiques ne sont jamais ni douloureux, ni hyperplasiés. 
Il n'y a aucun symptôme de phlébite, pas plus qu'il n'y a de lymphangite. En 
somme, les phénomènes locaux traduisent un processus gangreneux qui, parti 
de la plaie, se propage aux tissus voisins. Mais l'intensité de ces phénomènes 
n'est pas toujours la même; ils ne se succèdent pas dans un ordre constant, et 
l'importance attribuée à l'un d'entre eux, aux dépens des autres, explique les 
dénominations multiples assignées à l'alfection. 

Suivant Perrin, Terrillon, etc., l'œdème profond et progressif est le premier 
des symptômes locaux observés^ En quelques heures, le membre a pris un vo- 
lume double ou triple. Perrin l'a vu envahir d'abord la périphérie du membre 
avant de se porter vers le tronc. En général, le progrès se fait plutôt de bas en 
haut, de la plaie vers la racine du membre et dans le sens de la circulation de 
retour. Cet oedème peut rester stalionnaire à un moment donné ou continuer sa 
marctie jusqu'à la mort du sujet. La sérosité qui engorge les tissus ne semble 
pas tendre à se transformer en pus, malgré sa ressemblance avec le liquide 
d'inûltration du phlegmon diffus à sa première période. La rapidité de la ter- 
minaison fatale est peut-être la seule raison qui empêche le processus d'arriver 
à la suppuration et à la mortification complète. 

La teinte bronzée des téguments a fait donner à la septicémie gangréneuse le 
nom d'érysipèle bronzé (Velpeau). Ce n'est pas cependant un phénomène constant, 
mais, quand elle existe, cette coloration est un bon signe diagnostique, autant 
que l'annonce probable d'une terminaison fatale. Elle apparaît après vingt-quatre 
ou quarante-huit heures, au pourtour de la plaie, sur des parties déjà fortement 
tuméfiées. La teinte est celle du bronze florentin, ou la coloration violacée de 
l'eschai^e du nitrate d'argent sur la peau. Bientôt elle envahit toute la cir- 
conférence du membre et, comme l'cBdème, elle remonte vers sa racine, mais 
sans jamais présenter à sa limite supérieure, toujours irrégulière et festonnée, 
le bourrelet saillant caractéristique de l'érysipèle. 

L'emphysème suit la marche de la décomposition des tissus dont il est la 
conséquence; il augmente rapidement après la mort. Il est à peu près aussi 
constant que l'œdème avec lequel il progresse et se traduit tantôt par de la crépi- 
tation, tantôt par de la sonorité tympanique à la percussion, quand la distension 
de la peau est arrivée à un degré suffisant. 

La gangrène elle-même est toujours précédée de l'œdème et n'offre pas de 
limites nettes vers la racine du membre. Tantôt elle envoie vers le tronc de 
véritables traînées de sphacèle; tantôt elle forme des plaques isolées, plus ou 
mo^ns étendues, et qui tendent à envahir les tissus voisins. Nous l'avons déjà 
dit avec Salleron, Perrin, etc., et nous insistons sur ce point, les parties 
atteintes par l'œdème ne sont pas pour cela mortifiées et l'aspect n'est pas celui 
d'un membre envahi tout entier par la gangrène. La mort arrive souvent avant 
que le sphacèle soit complet. Dans une observation de M. Perrin, on voit sur- 
venir le troisième jour une gangrène complète du voile palatin et de ses piliers. 
Fréry, dans un cas de guérison, constate que l'évolution de la maladie fut 



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SEPTICÉMIE. ig5 

plus lente que dans les conditions ordinaires. Il observe la fonte de tout le tissu 
cellulaire envahi par Temphysème ; les aponévroses sont retirées par lambeaux, 
enfin le pus reste pendant lontemps sanieux et ichoreux. La peau reprend rapi- 
dement sa couleur normale et ne présente aucune modification organique. Le 
membre ne revient que lentement à son volume primitif : un engorgement œdé- 
mateux succède à l'emphysème et amène une induration diffuse de tous les 
muscles de la jambe, qui persistait encore après la cicatrisation complète de la 
pkiie. En somme, ces phénomènes oflî*ent la plus grande ressemblance avec les 
suites du phlegmon diffus. La peau, les muscles, ne sont pas forcément envahis 
par la mortification qui semble limitée au tissu cellulaire sous-cutané et pro- 
fond. 

Symptômes généraux. En même temps qu'éclate'dans la blessure une dou- 
leur violente, le patient est saisi par un sentiment indéfinissable d*anxiété, de 
crainte de destruction, qui s'accompagne de tous les signes de Tangoisse. Le 
pouls devient fréquent, les mouvements du cœur tumultueux. Ces phénomènes 
s'aggravent rapidement. La figure se décompose, Tœil cerné s'enfonce dans 
l'orbite, le pouls devient filiforme, les battements du cœur insensibles, la res- 
piration courte et anxieuse. Cependant l'intelligence reste d'abord intacte, le 
ventre souple et indolent, la soif nulle; puis survient rapidement un état d'indif- 
férence et d'insensibilité qui se termine par une stupeur profonde et enfin par 
la mort. Salleron, chez quelques amputés, a noté, au début, des vomissements 
bilieux, noirâtres, abondants, de courte durée ; chez quelques autres, de sim- 
ples vomituritions avec anxiété précordiale, suivies de hoquets persistant sou- 
vent fort longtemps et très-difficiles à faire cesser. Ces symptômes du côté 
du tube digestif n'ont pas été notés par les autres auteurs. 

Perrin signale dans ses trois cas un appareil fébrile continu, marqué par 
une élévation brusque du pouls et de la température, par des sueurs, par de 
l'inappétence, par des douleurs violentes, et menant à la mort en quelques 
jours à travers le conflit des troubles fonctionnels les plus divers. 

La température du corps s*élève, tantôt brusquement, tantôt d'une manière 
progressive ; elle atteint et dépasse + 40 degrés. D'après Jubin elle est généra- 
lement aux environs de 39 degrés ; il y a évidemment une erreur dans cette 
appréciation. Cependant Terrillon note également que le thermomètre atteint 
rarement 40 degrés et oscille le plus souvent entre 38 et 59 degrés. Famechon, 
dans la forme foudroyante de la septicémie, constate une brusque élévation de 
la température, mais il est douteux que ses observations concernent la septi- 
cémie gangreneuse. En somme, la température axillaire s'élève en même temps 
que les accidents locaux, mais la température, comme la fièvre, reste tou- 
jours modérée, et incapable de susciter par elle-même des complications 
morbides. 

Les frissons sont rares et diffèrent par leur moindre intensité de ceux de la 
pyohémie. Us ne se montrent qu'au début des accidents locaux et ne reparais- 
sent pas dans le cours de la maladie. Au reste, à mesure que l'œdème progresse, 
la température générale s'abaisse et, dans la période de stupeur, la peau est 
froide, couverte de sueur, gluante en même temps qu'insensible. Ce refroidis- 
sement général qui précède la mort est un phénomène presque constant. 

Le pouls, toujours fréquent, varie de i 30 à 150 pulsations par minute ; par- 
fois il est imperceptible. La dyspnée, caractère sur lequel ont insisté quelques 
modernes, augmente encore avec les progrès des lésions locales. La respiration 



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i86 SEPTICÉMIE. 

fréquente,, large, difficile, inégale, alteiiit jusqu'à 40 et 50 inapiraiioas pac 
minute.. 

La IcMite ictérique de la peau ne semble pas aussi fréquenta que dans llofeo- 
tion punilente. Bile est cependant signalée dans quelques observations. Horaiid 
note une oéphaléa gravatiYe siégeant principalement à la région oecipilalfi; An 
milieu de tous ces phénomènes, le malade jouit dW bien-être netalif et d'une 
sorte de quiétude qui contraste avec Tanxiété des premiera moments, tt eafc 
•exceptionnel de voir éclater uu délire violent. 

Ainsi deuK périodes différentes se succèdent dans le cours de celte aflection. 
La première est caractérisée par des phénomènes fébriles, chaleur, agitalion^ 
soif plus ou moins vive, et marque la réaction de l'organisme contre l'intoxioa- 
tion septique. Dans la seconde période, Téconomie ne lutte plus contre les 
progrès du maU et la mort aiiive soit brusquement, comme par syncope, soit 
plus lentement, dana le collapaus et le coma. 

Ibrdœ. La septtcéuiie gangreneuse, a)?ons4ious dit, se déiwloppe de préfiS- 
rence avant la période de suppuration des plaies. Salieroa, sur 35 blessés 
•opérés aux hôpitaux de Constantinople» l'a vue se déclarer â8 "fois dans les huit 
premiers jours de L'opération,, et 7 fois seulement après le huitième jour. Chea 
•les hommes amputés en Crimée, elle s'est déclarée généralement un peu plus 
4ard ; quoique précédée des mêmes symptômes,, sa marche fut un peu moins 
rapide, mais sa terminaison resta constamment la même. Dana les cas uo peu 
moins rapidement mortels, comme dans les cas foudroyants, après un d^Nit 
toujours brusque, la série des phénomènes morbides était la même, leur inteur 
site égale, leur marche plus lente, mais continue, et toujours suivie d'une mort 
inévitable. Salleron insiste sur le début brusque des accidenta : a La> gangrène 
avec emphysème a constamment débuté par un éclat foudropat qui brisait 
subitement les ressorts de la vie^ sans réparation possible. » 

La marche est toujours continue et rapide. Jamais* on a'y observe on temps 
d'arrêt, comme il arrive souvent dans les autres gangrènes*. A Constantinople* 
sur 65 décès chez des ampuiéa, la durée moyenne du aial fut de vingt-cinq â 
trente heures au plus^ Ghes quelques-uns, elle ne dépassa pas cinq, si$ heuresy 
et le chirurgien put voir roëdème gangreneux s'étendre direotement soua ses 
yeux» La terminaison fut toujours fetiule. 

Dans le cas de guérisoa observée par Fréry, la convalescence bit longue, la 
faiblesse et l'anorexie persistèrent longtemps; enfin, une diarrhée eelliquative, 
semblable à celle qu'on observe dans la septicémie, mit plusieurs fois la vie en 
grand danger.. M^ Perrin , obes un Uesaé dont tout le m^nbre infiâdeur et 
même les parois de l'abdomen étaient déjà envahis par Temphysème trauma* 
tique, obtint une rapide amélioration par les irrigations idcodiques. Le patient 
était hors de danger, quand il fut enlevé par une hémorrhagie secondaire. Ce 
fait offire de plus cet intérêt qu'oaput constater la formation au-dessus du pli 
de Taine d'une poohe gaaeuse grosse comme un œuf de poule, accident qn'on 
observe souventchez les animaux rendus- septioémiques. Les blessés de M. Perdn 
placés dans des conditions hygiéniques Ceivorables résistèrent pendant plusieurs 
jours aui progrès du maL 

11 n'est donc pas exaot de dire que la mort est la terminaison constante de k 
septicémie gangreneuse. Maisonneuve, Fréry, Perrin, TerriUon^ etc.,. ont rap- 
porté des faits de guërison.. 11 n'est pas plus juste de fixer à quelques heures, à 
deux ou trois jours, la durée habituelle de la maladie. Cette durée est en efEot 



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SEPTICÊME. 187 

mêàiûie par k EiJûstaDoe propre du sujets el plus encore par ies^ ooiidkions dv 
BÛlieu ok iliselrouTB flaté. Dans un fojer épidémique, la marche de l'affee*- 
(ioD est en général foodroyante. Dans les cas sporadiques, la mort peut n^arrî^eR 
qu'an bout de plusieurs jours^ Terrillon donne pour limites du début de Tacoî- 
deat de huit heures à six jours après le traumatisme : il cite Tobservation d'une 
fracture compliquée des malléoles, oh la gangrène septique limitée au genou 
fut suivie d*une vive réaction locale, d*unt phlegmon di[Tu9 ett de^ la mort au 
vîi^-slnèiDe jour seulement par septicémie chronique. Ce fait rappelle le cas 
cité de Frérf> mais ce dernier se termina par la giiérison. 

Salleron, comme démonstration de la rapidité de la mardie de la gangrène 
septique, constate que sous ses yeux, en vingt minutes, l'œdème' a gagné de 
Textrémité d'un moignon de cuisse jusqu'aux bourses, aux fesses, et à la partie 
inférieure de l'ahdomen. Morand a vu la gangrène monter du milieu de la 
jambe, tout près de la racine de la cuisse, dans les huit ou dix minute» 
employées à l'ane^ésie et à la préparation des instruments nécesfwes à Tam- 
putaticm. D'après ceti auteur, s'appuyant sur le fait de de la Mbtte, l'emphy- 
sème peut commencer Ida de la plaie. Cette marche nous semble tout' à Dût 
exceptionnelle. 

Biagnoêtic. La septicémie gangreneuse par son début brusque, sa marche 
iondrc^rante, ses phénomènes spéoiaux, ne peut guère ôtre confondue avec 
aucune autre affection. 

Dans la gangrène sub-inflammatoire (Salleron), pas d'infiltration gazeuse ; 
peau des eechares complètement mortifiée et désorganisée, noire et ramollie ; 
la limite entre le mort et le vif est parfaitement tranohée. Dans la gtmgrèwB 
uptifue ou instantanée, toujours énorme distension gawuse ; peau'probablement 
mortifiée^ mais non désorganisée ; pas de limites- entre le mort et le vif. La 
npi^té de la marche, la coloration bronxée de la peau, les lignes sinueuses 
famées par les veines anastomosées en> légers réseaux et de coloration ph» 
kocée qne les téguments voisins, appartiennent en propre k celte dernière 
afibetioBv 

L'entrée de Pair dans le tissu oelhilaire au voisinage d'une plaie de mauvais 
9speei pourrait en imposer pour le début d'un emphys^e gongréneus. Cepen- 
dant^ rares sont les plaies ofi l'aspiration de l'air atmosphérique est pos^le, 
et de ce chef Kerreur est difficile.. Elle serait plus explicable dans les cas de 
plaies étroites, à foyer anfractueux^ où se putréfient des caillots sanguins el 
des tissus mortifiés^ fifais, comme lo remarque justement Briohsen, lorsqu'une 
plaie est en pleine suppuration, la septicémie gangreneuse n'est plus à oraindre. 
Cette remarque est coofirmée par les faits. Elle s'applique au reste à toutes les 
fermes de la septicémie virulente traumatique telle que nous l'avons définie. 

L'emphysème putride borné au pourtour de la plaie et sans tendance à 
renvalussement ne fera< jamais craindre la septicémie gangreneuse. Ce qui 
distingue également cette complication terrible de la forme gangreneuse de ta* 
pourriture d'hôpital, c'est la rapidité de sa marche, la soudaineté de son dâmt 
et la gravité immédiate de ses phénomènes ^uéraux. Nous n'oserions affirmer 
cqiendant que, dans les milieux infectés, oii sévissent toutes les complications 
infectieuses du traumatisme, la distinction soit toujours aussi facile. Avant que 
l'attention fût appelée d'une façon plus spéciale sur la septicémie gangreneuse, 
la oonftision a dû se produire quelquefois* Actuellement, on sait que la pour- 
riture, affection locale, est mieux limitée à la plaie et à son pourtour, que sa 



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188 SEPTICÉMIE. 

marche est plus lente, et que les phénomènes généraux ne sont que le résultat 
de Textension des altérations locales. Hais on comprend que les deux affections 
puissent s'associer dans certains cas. Quel terrain mieux préparé pour la multi- 
plication du vibrion septique que ces plaies anfractueuses, couvertes de détritus 
gangreneux, qui favorisent au plus haut degré la formation d'atmosphères 
carboniques pures? Là Toxygène de Tair n'a pas accès et ne saurait empêcher 
le développement des germes. C'est une hypothèse à poursuivre. 

Pronostic. Nous n'avons pas à nous appesantir sur la léthalité de la septi- 
cémie gangreneuse. Salleron ne l'a jamais vue guérir, et, si l'on peut citer 
aujourd'hui quelques cas de succès, ils semblent dus à la rapidité et à l'énergie 
de l'intervention chirurgicale. 

Traitement Comme dans toutes les intoxications septiques, dans toutes les 
complications infectieuses des plaies, l'indication importante est de pi'évenir la 
maladie. S'opposer au dépôt des germes morbides sur les tissus exposés, s'oppo- 
ser à leur développement, à leur pénétration dans l'organisme, en modifiant 
ces tissus, telles sont les principales voies ouvertes à l'action chirurgicale pro- 
phylactique. Nous y reviendrons, à propos de la septicémie ordinaire. 

Mais quand le mal s'est introduit dans les tissus, quand le parasite fait sentir 
ses effets par le développement de l'œdème autour de k plaie, la teinte bronzée, 
l'emphysème, etc., quand l'économie tout entière ne semble pas encore com- 
plètement dépourvue de résistance, est-il possible par une intervention éner- 
gique d'arrêter les progrès du mal? 

Amputation. Tant que la gangrène septique semble limitée à une partie du 
membre, on peut se demander si l'amputation pratiquée dans les tissus sains n'a 
pas son indication légitime. Maisonneuve désarticule l'épaule avec un bistouri, 
et sauve son blessé après de nombreux accidents. Aux tristes conclusions de Vel- 
peau, pour qui l'opération est une cause d'aggravation et ne fait que précipiter 
la mort par le retour delà gangrène, aux résultats négatifs de Salleron, Bottini 
oppose deux faits de guérison après la désarticulation pratiquée dans des tissus 
déjà malades et suivie d'un pansement pbéniqué. Jubin et Morand se montrent 
partisans de cette intervention et le dernier rapporte deux nouveaux succès dus 
à cette méthode. Terrillon s'y montre opposé, l'amputation pratiquée même loin 
de la plaie étant suivie de récidive et d'une extension rapide de la gangrène, si 
la mort ne succède à court délai à l'intervention opératoire. Dans un second 
mémoire (1877) consacré spécialement à l'étude des indications chirurgicales 
dans la septicémie aiguë gangreneuse, Terrillon constate que les opinions des 
auteurs ont varié avec les résultats qu'ils pensaient avoir obtenus. D. Larrey, 
J. Roux, Robert, amputant dans la zone emphysémateuse, ont obtenu des succès. 
Mais ces faits se rapportent-ils à la gangrène septique? 11 est permis d'en douter, 
aussi bien que des observations deDuplouy (de Rochefort), rapportées parNivard. 
11 est évident que la gangrène consécutive à une compression excessive, à une 
contusion violente, à une lésion vasculaire, ne peut être assimilée, malgré l'ana- 
logie de ses symptômes locaux, à la septicémie aiguë gangreneuse. Avec Ter- 
rillon, nous pensons qu'il faut distinguer deux formes différentes de gangrène. 
Dans une première classe, la gangrène, avec emphysème, teinte bronzée, etc., 
ne s'accompagne d'aucune réaction. La température du corps est rapidement 
au-dessous de la normale, l'empoisonnement général est le fait primitif. Ici 
l'amputation est inutile, elle ne peut plus sauver le malade profondément 
intoxiqué. 



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SEPTICÉMIE. \& 

Dans la seconde forme, la gangrène, primitivement locale, provoque Temphy- 
sème et remonte de proche en proche vers le tronc par continuité de tissu. La 
réaction est constante, plus ou moins prononcée, mais il n*y a pas empoison- 
nement septique primitif. 

C'est dans cette catégorie que rentrent les faits de Urrey, Roux et Duplouy. 
En amenant le dégorgement des tissus et la sortie des gaz infiltrés, l'amputation 
pratiquée avant Tinfection générale peut être suivie de guérison. 

Ledentu (1878) obtient un succès par Tamputation dans un cas d*érysipèle 
bronzé du bras; il émet des doutes sur Texistence de Tinfection générale. Oliier 
conseille Topération quand la marche de la mortification le permet. Si Tétat 
général est satisfaisant, si la température ne dépasse pas 38 degrés à 58%5, on 
a des chances de succès. 

Dans les cas véritablement foudroyants, l'intervention échoue toujours. Ana- 
lysant deux cas de mort par gangrène septique dans la pratique de Verneuil, 
Petit, après avoir noté Talbuminurie que présentaient les deux sujets, se de- 
mande si dans ces traumatismes Tétat des viscères n*est pas la cause de la 
terminaison différente. Nous ne suivrons pas cet auteur sur le terrain de ces 
questions, encore bien peu connues. L'amputation nous parait devoir être 
c on stam m ent pratiquée : i^ aussitôt qu'apparaissent les signes de la septicé- 
mie gangreneuse, et alors dans les parties saines; 2® dans les tissus même 
malades, lorsqu'elle se présente avec un ensemble de phénomènes généraux 
qui n'interdisent pas tout espoir de guérison. 

À côté de l'amputation se placent les larges scarifications, les incisions pro- 
fondes et étendues pratiquées sur les parties tuméfiées. Pour notre part, nous 
n'en ayons pas retiré de résultats bien concluants. Ainsi que l'amputation, elles 
ne nous ont pas fourni de succès. Terrillon les juge fort rationnelles en théorie, 
mais pen utiles en réalité. Fréry en a retiré de bons profits en les portant 
jusque dans les parties saines, et y faisant succéder l'emploi de l'acide phé- 
nique dissous dans Teau glacée à la dose de 1 pour 100, en irrigations presque 
continues. Souvent la marche des accidents graves fut sensiblement retardée, 
et le succès complet fut obtenu une fois. 

Maurice Perrin s'est servi avec le plus grand avantage des irrigations alcoo- 
liques continues. Comme ce mode de traitement des plaies et blessures est tout 
aussi préventif que curatif, nous renvoyons, pour la discussion de sa valeur et de 
ses indications, à la thérapeutique générale de la septicémie chirurgicale. Nous 
constaterons cependant qu'il semble avoir réussi, même dans l'état de gangrène 
déjà confirmé. Suivant les opinions des chirurgiens, l'acide phénique, l'acide 
salicylique, en un mot, tous les agents dits antiseptiques, peuvent être mis en 
usage dans le traitement de la septicémie gangreneuse. Fréry a donné à l'inté- 
rieur l'acide phénique cristallisé à la dose d'un grammepar jour dans 1 20 grammes 
de julep gommeux. Nous n'oserions nous confier à sa seule efficacité. 

Salleron a deux fois cautérisé profondément et largement la plaie avec le fer 
rouge, il a appliqué le cautère le long du membre et sur les limites du gon- 
flement, sans arriver à modifier en rien la marche des accidents. Ses malades 
refusant toute ingestion de liquide, ou vomissant immédiatement les liquides 
ingérés, aucun traitement interne ne put être employé. Il n'en est pas de même 
dans tous les cas, il est vrai ; cependant la marche de l'affection est tellement 
rapide, que l'emploi des stimulants et des toniques ne peut être que d'un faible 
secours. Les excitants diffusibles : alcooliques, éthers, essences aromatiques, 



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IJ^O SEPTIGËIÎE. 

infusions chaudes, ete., sont tes 'noyens i|ae k dépression des forces» rabais- 
sement de la ten^ëratuiïe, leadeni tkÀ)riqiieiiient les pins utiles. 

fin ce qui conoenie lesimoyciis prephylactiques, qui nous pttnaisseot appelés^ 
en raison de Torigine toujours extérieure de l^aiTection, à jouer le rôle le plas 
important, nous renrojons à l'artiole suiTant où le traiteoient préRrentif et le 
traitement euratif de la jepiicéoie seront ëtndiésen dëlatl. 

B. Sbpticéiiie akoe sutffLB. iDans la Csrme de seplîcëaue chimrgicale-que 
nousTenons'de décrire» Tintensilédes phénomènes locaux a pu, dans œHaînscas, 
iàct méeonnaitne ia HiUire de la mabuUe et l'empoisonnemeat ^éral. 11 n*en 
«st plus de même dan ta seconde Comn, où les accidents locaux ne conslitiieoi 
que rexcepkion. 

Synonymie. Infection putride aiguë. Pyohémie septique. loorrhénîe. 

Hiiknîfm. Nous aiMis bit l^histoire des^ doctrines sepUcémiques en chirur- 
^, «t montré' cannent l*exi>tenBe d*ane aifectbn spéeiafe, distincte des antres 
complications des plaies,. ressortait de l'exposé des faits. Nous n*avons p«s'i 
revenir aur ce sujet épnisé. Nous kêserons également de e6të tout ce qui a 
trait à la natnre de cette forme de rinfectsou aeptîqne et à ia patkegénie des 
aoâdtnts. Nous avims conclu de nos redierches < qne k septicémie ^lait de 
ttotmre parasitaireiet d*origiaeextérie«re«t jamais spontanée. Noos avons montré 
qne ils plaie devait être considérée comme la porte d'entrée babituelle du poison, 
et qne b cantagion par les vases pulmonaires était absolument contredite par 
les faits. Nous avons toutefois réservé la question si délicate du chemin que 
papconrant les vibrions iponr. arriver jusque dans. les collections purulentes sous- 
sutanéfs sans. infecter toute récononiie. Nous n^vooB:à étudier désormais que 
les condiitiens apécales à la septicémie aiguë ordinaire. 

Ànalomie patholêgique. iLes lésions locales peuvent isîre complètement 
défont dsns eette forme de la septicémie; la pfaùe n'a pas < changé d'aspect et 
ne présente ancune modificatûnu BillroUi signale . l'ialàtration œdémateuse et 
la tesnte brune aux< environs de la plaie. Si raflectîon prend une niarelie moins 
atgué, les tissus sont imbibés d'un liquide séreux on sanguinolent et feureni 
devenir le siège d'une infiltration purulente diffose et de thrombsses veineuses; 
mais ces lésions locales peuvent. manquer. 

PonrRlebs, la pkie oeptique est surtout cameèérîsée par le mode de Ikatton 
dans les tissus du micresporon septicum. Les cartilages, ramollis à la surfiioe, 
amit creusés de dépressions où se logent des amas de spormles qui envahissent 
les ^larties profondes, si leur nuiretie n'est arrêtée par k pression articulaire. 
Bans les plaies à surface .granuleuse, le vibrion aeptique «e multiplte «ous la 
monbrane pyogénique, ; pénètre en profondeur, ukjère, nécrose les bourgeons 
charnus. Sa multiplication se (ait surtout dans les culs^de-«ac, dans les angles 
difficilement aeceêsiMes k l'air et anx lavages, dans tous les points où le sai- 
gnement est facile. Le loyer iiifeoté est*il rapproché d'une séreuse, le panasite 
traverse les «tissus et la membrane, et arrive ainsi dans sa cavité où il ne tarde 
pas à provoquer la suppuration. En s'attaquant aux vaisseaux, il ulcère leur 
parei par sa multiplication et donne naissance à desihémorrbagies. Il pénètre 
dans les lymphatiques, dans les lacunes du tissu cellulaire, et s'étend peu à 
peu aux tissus sains. Quant au trausport des germes ou «pores par la diapédèse 
des leucocytes dans lesquels ils sont enfermés, la chose est de constatatioii 
dilficile. 

Aaiis les veines, le parasite forme souvent des anms derrière les replis valvn* 



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SEPTICÉMIE 19t 

hdres, la tunicpie interne s'enflamme et la coagulation dH lang en est la con- 
séquence. Ce sont les thrombus détachés de ces veines qui jetieot dans la circu» 
lalion des germes innombrables et vont donner naissance à des dépôts seoon- 
diires. Dans Tarière pulmonaire et ^es branches, quelques-uns de oes vibrions^ 
se fixent, prolifèrent, ulcèrent les tuniques et font naître la thrombose et plus 
lard les lésions de Tabeès métastatique. On constate parfois des ipneumonies 
étendues, sans thrombin, sans aboès, mais les vaisseaux.pulmonairescoiitienBttit 
des baclériens. 

Klebs explique de la même fayon les oolledions mëtastatîques du foie. Les^ 
spores traversent facilement le poumon, s'arrêtent dans la veine porte, y 
remontent et après destruction des cellules glandulaires s^attaquent aux paroi» 
des vaisseaux. On des lobules se prend toujours avant les autres, et même à 
l'œil nu on voit que la 'lésion gagne les lobules voisins ^ea suivant les : ramifica- 
tions de k veine porte. Les foyers, d'abord de cimleur grisâtre, passent plus- 
tard à suppuration. 

Les auteurs anciens ne sont pas plus d'accord que les modernes sur les lésions 
anatomo-paAlioiogiques qui oaraotériaent la septicémie aiguë. La chose est natu- 
relle, puisque l'alTection elle^môme n'est pas neUemeut définie elique, si on ne 
k confond pas toujours avec la pyohémie pure, au moins on ne eî^erohe pas à 
h séparer de k septieo^pjohëmie. SédiUot.nerecanniut comme forme olinique 
qne celte derraère; la septicémie pure, isolée, n'est qu'une maladie expéri- 
mentale. Si Kklw, Billroth> Blum, etc., n'ont pas accepté l'opôûon du savant 
cfainirgien de Strasbourg, ik n'en ont pas moins rangé dans k septioémie^ 
semble-l-il, bien des afleotions mixtes. 

Le sang est toujours notablement altéi*é dansJ'infeotionseptique. Il est souvent 
granuleux, poisseux, demri-fluide comme du goudron, ou ibrme des caillots 
solides, recouverts d'une couenne (fiillroth). L'examen chimique n'y démonte- 
rait aucune altération -notiMe. La difOusnce, k coloration ibneée du sang, se 
rencontrent toujours. Feltx avait <lé^ signalé la défonnation des globules rouges,, 
k diminution de l'oxygène et raugmentation de l'acide oarbonique qui «'opposent 
i l'exercioe normal delà nutrition. Hanasseïnajetrouvékdiminution de volume 
et de diamètre des corpuscules rouges, et leur ; forme crénelée à laquelk il 
n'attache qu'une importance accessoire. De leur càté Légerot, puis Mathieu, ont 
démontré que ^ns k septicémie le sang peut perdre k moitié de sa capacité 
d'absorption pour l'oxygène. Les globules, tout en conservant kurfocme, devien* 
nent incolores par perte de leur hémoglobine. 

Les visoères ne présentent pas constamment d'altérations, même hislologîques. 
Sédillot, en oonstatant ohee les animaux infectés des taches gangreneuses à.k 
snrkœ des plèvres et des Ilots gangrenés dans le poumon, ks regardait, avons- 
nous dit, comme tout à foit exceptionnels dans la clinique. Ces lésions gangre- 
neuses caractérisent aujourd'hui, pour ce chirurgien, la septioo-pyobémie. 

Billroth est tout aussi affirmatit : « Si l'on n'a pas, dit-il, observé le malade 
de son vivant, on cherche souvent en vain sur le cadavre la cauas de sa mort. » 
Les organes internes sont parRits normaux. Les follicules intestinaux ne sont 
gonflés qne s'il y a eu dkrrliée profuse persistante. Le gonflement et le ramol- 
lissement de k rate, k congestion du foie, se rencontrent dans toutes les 
infections. Le plus souvent les poumons sont sains. Rarement on observe une 
pleurile diflnse modérée, simpfe ou double, et des traces de péricardite, enfin 
ks iofoictus emboliquts ainsi que ks abcèe ichoreux sont tant i fait exeq>tion- 



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492 SEPTICÉMIE. 

nels, et ne se produisent que si la maladie se prolonge et que des throniboses 
veineuses se forment dans le voisinage de la plaie. 

Blum ne rattache à la septicémie que la congestion pulmonaire et des taches 
ecchymotiques de la muqueuse de Testomac et de Tintestin, lésions peu carac- 
téristiques. 

Les auteurs qui n'ont pas fait la distinction de la septicémie pure et de la 
septico-pyohémie attribuent nécessairement à la première des altérations patho- 
logiques qui n*appartiennent qu*à la seconde. Ainsi Fischer note le gonflement 
parenchymateux des viscères, les pustules cutanées, les épanchements puru- 
lents dans les séreuses et dans les articulations, les abcès du tissu cellulaire cir- 
conscrits et multiples, enfin les inflammations parenchymateuses du poumon et 
plus rarement du rein. Que reste-t-il alors à la pyohémie, comme lésions spé- 
ciales? Il nous serait difficile de le dire. S*appuyant sur la constance d*altéra- 
tiens viscérales par embolies capillaires, dans des cas où Texamen à l'œil nu ne 
permettait pas de soupçonner une lésion, Hayem croit que la septicémie simple, 
aiguë, mortelle, des blessés, est excessivement rare. Ses conclusions négatives, 
basées sur les recherches anatomo-pathologiques, concordent avec les opinions 
défendues par Sédillot. Malheureusement il ne nous semble pas démontré par 
ce travail «que les taches pâles, anémiques, et les abcès microscopiques 
miliaires du foie et des reins, soient aussi caractéristiques de la pyohémie que 
rindique Hayem. Ces lésions sont en effet signalées par Klebs, Martini, Cornil, 
Picot, etc., comme se produisant à un certain degré dans la septicémie aiguë. 

Hayem décrit (1870) ces taches dans le foie et les reins. Le foie normal ou 
augmenté de volume, congestionné, est parfois le siège d'une péri-hépatite. Si 
la capsule de Glisson est transparente, elle laisse voir des plaques pâles, irré- 
gulières, d*un blanc jaunâtre, disséminées et quelquefois très-grandes. Sur la 
coupe, leur épaisseur varie de quelques millimètres à plusiem^ centimètres. 
Elles forment un cône irrégulier, â base périphérique, à bords festonnés où le 
tissu, quoique pâle, a conservé sa consistance normale. Autour des îlots il existe 
parfois une légère congestion et uqc dilatation des petites veines avec sufTusion 
sanguine et teinte ecchymotiqne. Si l'on fait macérer la pièce dans l'alcool pen- 
dant quelques jours, on voit nettement sur les coupes que les veinules sont 
oblitérées par des caillots. Dans des cas plus rares, le tissu est louche, terne, 
et entre les points décolorés lesacini forment de petites taches grisâtres séparées 
par des arborescences veineuses ou de petites suffusions sanguines. Les mêmes 
lésions se retniuvent souvent dans les reins. 

Le microscope est nécessaire pour distinguer les taches anémiques par pression, 
de la sléatose, qui se présente rarement en ilôts distincts, des embolies ou des 
thromboses de la veine porte et de la néphrite parenchymateuse. Les coupes 
montrent une injection des capillaires par des globules blancs; les trabécules 
des cellules du foie sont séparées par des espaces clairs oh se pressent plus 
ou moins les leucocytes. En somme les taches blanches semblent le résultat 
d'une oblitération des rameaux de la veine porte, parfois visible â l'œil nu. Les 
artérioles, les veines sus- hépatiques, contiennent aussi des globules blancs, et 
ceux-ci se retrouvent à la périphérie des vaisseaux. En faut-il conclure que ces 
leucocytes sont des globules du pus, et la lésion une infiltration purulente 
diffuse? Nous ne le pensons pas. 

Les taches blanches du foie se rencontrent dans un grand nombre de maladies 
infectieuses, car presque toutes les infections s'accompagnent de leucocytose 



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SEPTICÉMIE. 193 

pathologique et d'embolies capillaires. 11 n*est donc pas juste de s'appuyer sur 
ces lésions pour conclure à la pyohëmie. Les abcès multiples du poumon, du 
foie, de la rate, etc., se rattachent au contraire à cette dernière infection, et 
sont rares dans la septicémie aiguë. Nous n*avons pas à faire ici leur description, 
ui à dire les interprétations multiples auxquelles ils ont donné lieu. 

Martini explique le développement des abcès viscéraux par des embolies de 
micrococcus, qui forment dans les vaisseaux des amas suflisants pour en amener 
l'obUlération. C'est autour de ces amas parasitaires que se développe Tinflam- 
mation. Feltz, ainsi que Picot, croit à l'oblitération des vaisseaux par les glo- 
bules blancs et aux infarctus par stase capillaire, congestion et hémorrhagies 
interstitielles. Chez les animaux septicémiques on trouve sur les membi*anes et 
dans les viscères des taches rouges du volume d'une tête d'épingle à une len- 
tille. Elles correspondent à de petits foyers hémorrhagiques, diffus sur les mem- 
branes, limités dans les viscères, infarctus oii sont mélangés des globules rouges, 
des leucocytes, de la fibrine et les éléments du tissu. Ces infarctus passent du 
rouge au gris, au jaune, enfin au blanc ; ils se ramollissent et arrivent à sup- 
puration, si l'animal vit assez longtemps. Mais ces lésions expérimentales ne 
sont pas aussi complètement démontrées chez l'homme, où l'examen u post 
mortem» ne décèle parfois aucune lésion viscérale apparente Le gonflement de 
là rate a été attribué à la rétention et à la multiplication dans la pulpe splé- 
nique des organismes inférieurs (Friedreicli, Birch-Hirschfeld) ; mais Socoloff, 
sur 41 cas, ne les a rencontrés que six fois, et dans ses expériences il les a vus 
disparaître au bout de six jours. En somme, toutes ces lésions se rencontrent 
dans les diverses maladies infectieuses, et nous ne croyons pas qu'elles aient 
rien de caractéristique. Nous en dirons autant de la stéatose du foie et des reins, 
que nous sommes enclins avec Ranvier à rattacher au seul ralentissement de la 
nutrition. La stéatose aiguë se présente sous une forme presque identique dans 
les intoxications pyohémiques et septicémiques, et surtout dans les infections 
graves adynamiques ou ataxo- a dynamiques. Encore à l'étude, elle se distingue 
des néphrites avec dégénérescence graisseuse (Cazalis) : d"" par l'intégrité des 
gloniérules de Malpighi ; 2<^ parce que les caualicules urinifères droits et tor- 
tueux sont seuls alteints; 5® pai* une altération différente de l'épithélium, qui 
explique l'absence d'albuminurie profonde et d'urémie. 

De nouvelles recherches sont nécessaires pour dcterminer exactement les 
Jésions viscérales de la septicémie aiguë, et le rôle que joue dans leur production 
\e vibrion septique. Il reste à faire ce que Davaine, Pasteur, Toussaint, ont si 
bien établi pour le charbon et la bactéridie charbonneuse. 

Hûter soutient que la fièvre septique dépend d'une diminution du calorique 
émis, par an et de la circulation dans les capillaires périphériques ou pulmo- 
naires, obstrués pai* des amas de globules blancs et de bactéries. De cette résis- 
tance lésulte une augmentation des contractions du cœur, et la mort par insuffi- 
sance de l'organe ou par occlusion mécanique de nombreux vaisseaux des centres 
circulatoire et respiratoire. Cette théorie, simple hypothèse sans preuves, est 
repoussée par Vulpian et par Lereboullet, pour lequel rien n'autorise à afûrmer 
un rapport direct en re l'évolution fébrile et la génération des microbes que 
Ton peut constater dans le sang. 

Ce que nous avons dit des conditions de développement et de la nature de la 
septicémie chirurgicale en général nous dispense de revenir sur ce sujet. Nous 
n'avons rien à ajouter. 

DiCT. e:(c 5* s. IX. 13 



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tu SEPTICÉMIE. 

Symptâmes. Les symptômes de la septicémie simple sont presque exclusi. 
Tement généraux; les modifications qui s*opèrent du côté de la plaie n*oflreut 
•d*habitude rien de spécial. Billroth ne les mentionne pas. Blum note Taspect 
grisâtre de la plaie, raflaissement des bourgeons charnus, la suppuration sa- 
nieuse, fétide et de petite quantité. 

Les symptômes généraux se rapprochent beaucoup dans Tensemble des phé- 
nomènes morbides du typhus et de la fièvre typhoïde ataxo-adynamique. Le début 
<le rintoiication est parfois signalé par un frisson violent, mais bien plus rare- 
ment que dans l'infection purulente. La température s*élève rapidement, et 
dans le cours de Taffection (Billroth) on ne voit jamais de frissons intercurrents. 
A mesure que la maladie fait des progrès, la température descend, arrive à la 
normale et peut tomber plus bas encore. La mort arrive soit dans Thyperther- 
mie, soit dans Thypothermie, et cet abaissement qui s*accompagne parfois chez 
les vieillards de gangrène spontanée n*est aucunement un signe d'amélioration. 
Nous devons à Famechon (1876) Tétude la plus complète sur les variations de 
la température dans la septicémie. Dans la forme suraiguê ou foudroyante, la 
<x)urbe thermique est caractéristique. D'une température normale ou inférieure 
â la normale, on voit brusquement, en quelques heures, la chaleur s'élever dans 
l'aisselle à 4i^ et 42^, et la mort arriver rapidement. La ligne ascensionnelle 
•est presque verticale, l'écart des minima aux maxima atteint de 4 à 5 degrés. La 
température se maintient à ce niveau élevé, avec de faibles oscillations, formant 
ainsi sur le tracé un plateau qui continue le sommet de la ligne verticale 
du début, jurqu'à la mort toujours rapide. Dans quelques cas, la marche est 
•tout à fait opposée ; la température tombe rapidement à des limites très-basses, 
avec des symptômes cholériformes. 

Dans la forme aiguë de la septicémie, forme vulgaire, fréquente surtout après 
les lésions des os, Famechon décrit également deux aspects diflérents de la 
•courbe thermique. Dans le premier le frisson initial manque souvent, et le dé- 
but de l'infection est parfois masqué par la fièvre préexistante. >Si la septicémie 
•est franche, la température s'élève à un niveau très-élevé, mais moins brus- 
quement que dans la forme foudroyante. Elle met en moyenne l!2-56 heures, 
pour atteindre 42 degrés ; puis elle revêt le type intermittent à grandes oscil- 
lations régulières. Les exacerbations vespérales n'atteignent pas le chiffre du 
premier jour, mais elles s'en rapprochent, 59^,5 à 40^,5, en diminuant qui 1- 
^lefois progressivement de hauteur. Les rémissions matinales de 1^,5 à S^ 
manquent rarement, mais la température reste encore fébrile le matin. La courbe 
•dans son ensemble est une succession de lignes très-obliques et assez régu- 
lières à niveau très-élevé. En somme, il faut noter l'absence constante de fris- 
ions et de sueurs, avec les brusques variations thermiques qui les accompa- 
^ent. 

La fièvre de la septicémie est donc une fièvre rémittente, souvent descen- 
•dante; la température baisse graduellement jusqu'au-dessous de la normale au 
moment de la mort. Cependant une température finale hyperpyrétique n'a rieo 
•d'excepiiesnel. 

Dans d'autres cas, la courbe suit la même marche que dans lapyohémie : fris- 
ions intenses et multipliés, brusques changements de température, à l'autopsie 
pas d'abcès métastatiques. Ces fuits encore mal déterminés, et dans lesquels 
l'examen histologiquc des viscères n'a pas été toujours pratiqué, confinent à la 
«eptico-pyohémie. Mais, en résumé, la septicémie revêt deux formes principales. 



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SEPTICÉMIE. 195 

La première, très-aiguë et rapidement mortelle, est caractérisée par une rapide 
ascension de la température à un niveau Irès-élevé. La seconde, moins aiguë, 
est une fièvre rémittente à niveau élevé et à oscillations amples et régulières. ' 

A côté des phénomènes fébriles, nous signalerons les symptômes nerveux, 
dont la prédominance était déjà notée par Billroth. Le malade est apathique ou 
plus rarement en proie à une agitation énorme. La conscience est intacte, et le 
patient ne semble pas éprouver de bien vives soufîrances. Blum insiste égale- 
ment sur les troubles nerveux : absence presque complète de douleur dans la 
plaie, céphalalgie, délire tranquille, tremblement de la voix, insomnie, rêvas- 
series, parfois délire furieux, puis prostration, coma et mort. Le pouls suit la 
température. Fréquent, dur dans la période hyperthermique, il devient plus 
mou et moins fréquent pendant les rémissions journalières. Quelquefois il est 
irrëgulier. Il s'affaiblit à la fin et devient presque imperceptible au loucher pen- 
dant que sa rapidité ne fait que croître jusqu*à la mort. 

La langue est sèche, dure comme du bois, d où la parole lourde et embar- 
rassée. La soif est vive, mais Télat apathique du malade Tempêclie d y satisfaire. 
Les gencives sont fuligineuses, les lèvres gercées, fendillées comme dans le 
typhus. Les vomissements sont rares, de même que le hoquet. La constipation 
est le fait habituel, mais dans les derniers jours on observe très-souvent des 
diarrhées profuses. Ces diarriiées, parfois cholériformes, constituent dans quel- 
ques cas l'accident principal, et déterminent rapidement une algidité qui peut 
être mortelle. Ailleurs, elles cèdent au traitement, ou ne se prononcent que 
dans la période ultime de railection. 

De fortes sueurs signalent parfois Tappai'ition de la septicémie et coïncident 
avec Télévation brusque de la température ; puis la peau devient et reste sèche. 
Elle présente parfois une teinte sub-ictérique, mais peu intense et toujours 
moins prononcée que dans la pyohémie. Les urines sont rares, rouges, très-con- 
centrées. Billroth y signale la présence po'^sible de l'albumine. Blum ne semble 
pas l'avoir jamais constatée. En revanche il insiste sur la fréquence des hémor- 
ihagies intestinales que d'autres auteurs passent complètement sous silence. 

Les organes respiratoires sont altérés dans la septicémie aiguë. Mais, si la 
congestion des poumons se traduit par quelques râles et une légère oppression, 
la dyspnée n'atteint jamais le degré menaçant qu'elle présente dans la septi- 
cémie gangreneuse. 

La question des éruptions cutanées dans le cours des infections chirurgicales 
n'est pas d'origine très-ancienne. Verneuil en 1868 les signalait dans la pyohé- 
mie, en même temps que Lee en Angleterre et Fischer en Allemagne. Depuis 
longtemps déjà (1848) Gubler en avait relevé une observation, et Civiale avait 
noté des taches de la peau, brunes, gangreneuses, chez un malade atteint de fièvre 
urineuse. Depuis ce moment, Bonnard, Braidwood, Tremblay, Reynes, Gousset 
Tremblez, Aulas, etc., ont fait de ces accidents une étude plus spéciale. Fn 
ce qui concerne spécialement la septicémie, nous | ouvons dire que ces érup- 
tions présentent des aspects très-variés, mais se rattachent le plus souvent à 
l'érythème disséminé. C'est habituellement dans les derniers jours de la vie 
dans la période ultime de l'affection, qu'elles se développent, tantôt partant du 
pourtour de la plaie pour s'étendre progressivement au loin, tantôt naissant sur 
des points éloignés du traumatisme. La durée généralement courte de ces érup- 
tions ne leur permet guère de s'étendre à tout le corps, comme on l'a constaté 
dans la scarlatinoïde puerpérale. Nous avons vu la septicémie avec des taches 



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196 SEPTICÉMIE. 

érythëmateuses, peu saillantes, de couleur rosëe et légèrement vineuse, dispa- 
raissant sous la pression du doigt pour reparaître immédiatement. Les éruptions 
pustuleuses semblent plus rares que dans la pyobémie, qui par sa durée plus 
longue permet révolution complète des altérations anatomiques. 

Tremblez insiste sur la gravité pronostique de ces accidents cutanés, a Une 
éruption chez un sujet atteint d'une aflection cbimrgicale, dont la fièvre est 
très*intense et dure depuis quelques jours, dont les variations thermiques sont 
très-grandes, dont Tétat général est mauvais, revêtant les caractères de l'urti- 
caire, du psoriasis, de Térythème simple ou circiné ou des caractères indéter- 
minés, est une éruption septicémique et annonce la mort. » Aulas est moins 
pessimiste et pense que Térythème simple n'offre pas le pronostic grave des 
autres accidents cutanés. Pour le professeur Vemeuil, Téruption cutanée septi- 
cémique est du plus fâcheux augure; jamais il n*a vu de guérison après son 
apparition. 

Ces manifestations de Tinfection générale de l'organisme disparaissent habi- 
tuellement aux approches de la mort. Le malade tombé dans la stupeur ne peut 
retenir ni ses urines, ni ses matières ; des eschares se forment rapidement sur 
le sacrum ; les extrémités se refroidissent, le pouls devient filiforme, et après 
une agonie parfois longue le malade succombe dans xm collapsus complet. 

La septicémie vraie offre donc sous le rapport des symptômes généraux cet 
état typhique que Ton rencontre dans toutes les infections confondues sous le 
nom de septicémiques, et pour lesquelles nous avons proposé de réserver le 
mot moins compromettant de septicoïdes. 

Marche, Elle varie avec les conditions de milieu bien plus qu'avec la na* 
tui*e du traumatisme et les forces du blessé. Dans les conditions ordinaires, 
chez les patients soignés en plein air, à la campagne, isolés complètement, la 
septicémie n'est pas seulement une complication rare des plaies, elle est de 
plus un accident moins redoutable et moins i-apide dans ses allures. Dans les 
hôpitaux et les ambulances encombrées, quand il s'est formé un foyer d'infec- 
tion, sa gravité augmente en même temps que la promptitude de ses effets. Au 
lieu de sept à dix jours, quelquefois même un peu plus, l'infection septique tue 
en deux jours, un jour, parfois même en quelques heures, les individus les 
plus robustes et ne présentant que des traumatismes légers. En somme, la septi- 
cémie débute dans les premiers jours de la plaie, et se termine en quelques 
jours, le plus souvent par la mort. Les observations cliniques sont donc, sous 
ce rapport, en parfaite concordance avec les recherches expérimentales. 

Diagnostic. Point assez difficile, en raison de l'absence de phénomènes ca- 
ractéristiques, tant locaux que généraux. L'absence, dans le sang pris sur le 
malade, du vibrion septique de Pasteur, ne prouverait pas qu'il s'agit d'une 
affection différente de la septicémie, car une gouttelette de sang peut ne pas 
renfermer le parasite. L'épreuve positive serait sans doute plus concluante, 
mais elle ne suffit pas pour affirmer la septicémie isolée. Les cultures du vi- 
brion pris sur le vivant, dans des liquides neutres, et la reproduction de la sep- 
ticémie virulente chez les animaux inoculés, telle est la preuve demandée par 
l'illustre maitre. Jusqu'ici ce ne sont pas des procédés pratiques, et la clinique 
exige des méthodes moins longues et plus faciles. 

Au début la septicémie peut être confondue avec la fièvre émotive (Vemeuil) 
ou la fièvre traumatique primitive, mais ces accidents n'ont jamais une longue 
durée, la température n'atteint pas un maximum aussi élevé que dans l'infection 



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SEPTICÉMIE. 197 

septiqiïe, et la courbe thermique n'ofTre aucunement Taspect de la première. 
De plus, la septicémie, quand elle débute dans les premières heures, est généra- 
lement très-violente et conduit rapidement à la moil. 

La fièvre traumatique secondaire et les complications inflammatoires dont 
elle est le résultat ne peuvent être confondues avec la septicémie que si Ton né- 
glige l'exploration attentive de la plaie et du membre blessé. L'érysipèle, la 
phlébite, l*angioleucite, le phlegmon simple ou diflus, ont leurs caractères spé- 
ciaux. Nous n*avons pas à y revenir. Les éruptions érylhémateuses, disséminées, 
que nous avons notées à la dernière période de TafTection, n*ont rien qui les 
rapproche des accidents inflammatoires locaux. De plus le début de la septicémie 
est en général plus précoce. 

Le typhus, comme phénomènes généraux, offre les plus grands rapports avec 
la septicémie, et s*il atteint un blessé, la confusion peut être faite. Mais, en ad- 
mettant que le cas se présente, la marche et le développement du typhus en 
dehors de tout changement de la plaie et à toute époque du trauma peuvent 
mettre sur la voie. L'éruption du typhus pétéchial donnera peut-être quelques 
indications. Fischer invoque comme signes diagnostiques le développement ra- 
pide des inflammations secondaires, la teinte ictérique de la peau et des urines 
dans rinfection septique. Mais avec nombre d*auteurs Fischer englobe la sep- 
ticémie pure dans la septico-pyohémie ou forme septique de Tinfection puru- 
lente. Malgré ces caractères il avoue que le diagnostic est souvent d*une extrême 
difficulté. 

Toutefois la confusion la plus fréquente, parce que la doctrine septicémique y 
conduisait tout naturellement, est celle de la septicémie aiguë avec la pyohémieet 
surtout la septico-pyohémie, complications infectieuses des plaies dont on trou- 
vera la description dans un autre article (voy. Ptohémie). La septicémie aiguë or- 
dinaire se distingue aisément de Tinfection purulente type. La première débute 
dans les premiers jours qui suivent le traumatisme, avant que la suppuration 
soit établie; la seconde est un accident plus tardif, une complication des 
plaies suppurées. La septicémie suit une marche aiguë, sa durée n'est au plus 
que de huit à dix jours; la pyohémie prend souvent une allure assez lente pour 
ne se terminer qu'après quelques semaines. L'une est une véritable fièvre ré- 
mittente, et plus exactement une pyrexie continue avec des rémissions matinales 
régulières ; l'autre est tout à fait irrégulière dans ses exacerbations. Le frisson 
qui peut marquer l'invasion de l'infection septique n'est jamais suivi de nou- 
veaux accès fébriles; la pyohémie est caractérisée par des frissons violents se ré- 
pétant à des intervalles plus ou moins éloignés. La courbe thermique de la 
première est remarquable par la régularité des oscillations qui succèdent à une 
brusque élévation de la température ; la courbe de l'infection purulente est ca- 
ractérisée par ses brusques variations et l'irrégularité de ses alliu^es, se dérobant 
à toute description. La teinte ictérique de la peau, les lésions secondaires des 
organes (pleurites, péricardites, arthrites, etc.), appréciables pendant la vie, sont 
plus rares dans la septicémie que dans la pyohémie. Nous laissons de côté les al- 
térations de la plaie et les éruptions cutanées qui ne paraissent avoir rien de 
particulier. La recherche du vibrion septique ou de l'organisme générateur du 
pus n'offre, pas plus que la nature des altérations cadavériques, un point d'ap- 
pui pour le diagnostic clinique. 

Mais, si la distinction est possible entre la septicémie et la pyohémie pures, le 
diagnostic devient presque impossible lorsque les deux affections sont réunies et 



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i9S SEPTICÉMIE. 

marchent côte à côte chez le même blessé. Or, nous Tavons déjà dit, la scptico- 
pyohômie est dans la pratique chirurgicale un fait fréquent, pendant que la sep- 
ticémie et la pyohémie isolées sont relativement rares. On s*explique ainsi la 
divergence des auteurs pour préciser exactement ce qui revient à chacune d'elles 
et la confusion dans laquelle il est si facile de tomber. Le pronostic et la thé- 
] apeutique de Taffection n'étant pas influencés par une erreur de ce genre, nous 
n'insisterons pas sur des délicatesses de diagnostic qui n'ont dans la pratique 
absolument aucun intérêt. 

Leube, dans un article sur le diagnostic de la septicémie dite spontanée, à 
forme kryptogénétique et à genèse parfois très-obscure, invoque comme signe 
différentiel l'existence d'hémorrhagies rétiniennes. C'est le seul auteur qui ait, 
à notre su, indiqué ce caractère. Nous croyons qu'il n'y a pas lieu d'y attacher 
grande importance. Les hémorrhagies rétiniennes ne possèdent pas par elles- 
mêmes une signification précise. Indices d'une décomposition plus ou moins 
avancée du sang, elles se rencontrent dans presque toutes les infections, pour 
peu que li vie se prolonge pendant un temps suffisant. 

Pronostic. Toujours excessivement grave, il varie cependant avec la rapidité 
de l'envahissement de l'économie. Quelques auteurs semblent considérer la sep- 
ticémie comme une maladie toujours mortelle. S'il n'en est pas forcément ainsi 
dans les cas sporadiques, où l'organisme peut lutter contre l'infection, il n'en 
est malheureusement plus de même dans les épidémies, où bien peu des su- 
jets atteints peuvent résister à l'action toxique du parasite. 

Traitement, Le traitement de la septicémie chirurgicale, comme celui de 
toutes les maladies infectieuses et contagieuses qui trouvent leur origine dans 
le développement et la multiplication de parasites microscopiques dans l'éco- 
nomie, doit êlie bien plus préventif que curatif. Ainsi que les expériences sur 
les animaux, l'observation clinique a depuis longtemps démontré qu'une fois le 
virus introduit dans l'organisme et circulant dans le sang, nos moyens d'action 
même les plus énergiques sont à peu près sans valeur. 

Le problème consiste donc, si l'on admet avec nous la nature parasitaire et 
l'origine constamment extérieure de la septicémie chirurgicale, si Ton admet 
que la lésion traumatiqne, la plaie exposée est la seule porte d'entrée des orga- 
nismes inférieurs, soit à détruire ces germes, soit à empêcher leur introduction 
dans les tissus en modifiant la plaie ou en les enlevant à mesure de leur dépôt 
à sa surface. Cette formule générale, que l'on peut difficilement simplifier, mais 
qu'il est aisé d'étendre, comprend en somme tous les moyens de s'opposer à 
l'invasion des germes septiques. Elle ne s'applique pas seulement à la septicé- 
mie vraie, elle s'applique également, pour les mêmes raisons, à toutes les com- 
plications des plaies, dont les recherches modernes tendent chaque jour davan- 
tage à démontrer la nature parasitaire. C'est aux multiples procédés qui rentrent 
dans cette grande méthode préservatrice que l'on a donné le nom commun 
d'antiseptiques. Ce terme est aujourd'hui généralement accepté, et nous n*avons 
pas la prétention de le changer pour un plus nouveau. Il dérive naturellement 
de la doctrine adoptée par nombre de chirurgiens éminents, après les travaux 
de Billroth, Weber, etc., sur la communauté d'origine des accidents des plaies- 
L'expression de septicémie entraînait l'adoption d'antiseptique, quoique ce mot 
fût employé dans la science dès le siècle dernier, avec la signification de désin- 
fectant. 

Le cadre de cet article ne comporte pas l'étude complète de la chirurgie aû- 



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SEPTiGËMIE. 199 

liseptique et la description de ses procédés. Cette méthode de pansement fera 
l'objet d'un examen spécial (voy. Pansement). Nous nous bornerons ici à si- 
gnaler succinctement les moyens mis eu usage, tant pour prévenir le dévelop- 
pement de la septicémie que pour l'arrêter dans sa marche. 

1* Hygiène, Son importance n'est pas douteuse, quoique, ainsi que nous* 
l'avons dit, la septicémie attaque les plus robustes comme les plus aflaiblis. 
Mais l'encombrement qui favorise le développement des germes et amène la 
formation de foyers d'infection ; l'encombrement qui accroît par des générations 
successives la puissance de contagion et la puissance toxique du virus septique, 
doit être avant tout évité. En temps ordinaire, même dans les hôpitaux, la sep- 
ticémie simple, aiguë, ne paraît pas très-commune. Si quelque cas se produit, 
il reste habituellement isolé et passe pour ainsi dire inaperçu. Mais que des 
blessés se trouvent rapidement accumulés dans un local rétréci, qu'ils y séjour- 
nent dans une atmosphère confinée, au milieu de tous les détritus organiques 
qui s'échappent de leurs plaies, les premiers guérissent peut-être ou ne succom- 
bent que lentement. Bientôt cependant l'infection septique apparaît chez les su- 
jets le plus gravement atteints, et de proche en proclieelle menace tous ces mal- 
heureux, empoisonnés par les germes constamment reproduits. Et ce n'est pas 
seulement l'air atmosphérique que l'on peut accuser d'être le véhicule du poison ; 
ce sont plus encore les eaux de lavage, les objets de pansement qui conservent 
les poussières, les linges, les éponges, les mains et les instruments du chirur- 
gien. 

Il ne sufût donc pas d'une ventilation large et assurée pour empêcher l'éclo- 
sion de la septicémie, et cette aération suffit bien moins encore pour détruire 
les germes du foyer d'infection. Bemheim, Picot, Blum, nous ont rapporté des 
exemples frappants de cette persistance, de cette résistance des germes infec- 
tieux, dont les expériences ne permettent plus aujourd'hui de mettre en doute 
la réalité. Une bonne ventilation disperse les spores et les entraine au loin ; elle 
diminue en somme les chances de contamination, mais, comme l'air ne détruit 
pas ces spores, elles conservent intacte leur faculté de se développer dans des 
conditions favoi^les. 

La propreté, une propreté excessive pour tout ce qui entoure le blessé, choses 
et hommes, est une condition indispensable. C'est à cette propreté acceptée 
aujourd'hui par tous, ordonnée et exigée le plus possible des infirmiers comme 
des élèves et du pratiquant, que revient certainement en grande partie le ré- 
sultat plus heureux de notre chirurgie actuelle. Ne se servir que de linge neuf,, 
d'épongés neuves et lavées avec soin, de coton soigneusement mis à l'abri, d'in- 
struments passés au feu, c'est en somme faire de l'antisepsie, si ce terme est 
acceptable. On ne détruit pas ainsi les germes de ratmosphèi*e, mais on les 
évite en partie, et l'on soustrait la plaie au danger de ceux bien plus nombreux 
qui pullulent par milliers sur les objets, abandonnés comme autrefois dans les 
salles. Il serait bon peut-être, malgré leur commodité pour le service, de faire 
disparaître des salles de chirurgie ces appareils mobiles de pansement qu'on 
ne peut qu'à demi surveiller. 

Un malade est-il atteint de septicémie, la première mesure à prendre est de 
l'isoler complètement. Ainsi les autres blessés se trouvent à l'abri de la con- 
tagion de son chef et l'explosion d'une épidémie peut être immédiatement arrê- 
tée. Malheureusement l'isolement est le plus souvent fort difficile dans les 
conditions d'encombrement où éclate l'épidémie septique. De là l'utilité des 



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âOO SEPTICÉMIE. 

petites tentes, des hangars découverts, des chambres séparées |>our un seul ma- 
lade. Nous en avons fait à Versailles, en 187i, Tindiscutable expérience. Nos 
blessés, décimés par la septicémie foudroyante dans les salles infectées de Vhà- 
pital militaire, cessèrent d*ètre enlevés par cetle complication, une fois isolés 
dans les chambres séparées de Tambulance du grand séminaire. Aussi, malgré 
les inconvénients des évacuations générales, faut-il parfois les accepter pour 
éviter de plus grands malheurs. 

Sans partager Topinion de Gosselin, Ledentu et autres, qui admettent Tin- 
feclion par la voie pulmonaire comme chose possible et fréquente, nous conve- 
nons que le séjour prolongé dans un milieu atmosphérique infecté ne peut 
qu'exercer sur les blessés une action délétère. En provoquant de Tanorexie, 
des troubles gastriques et intestinaux, il crée des conditions favorables à toutes 
les intoxications et à leur rapide développement. 

La soustraction des blessés aux émotions et aux douleurs rentre, ainsi que 
la nourriture, le régime, le vêtement» dans les conditions ordinaires de rbygiène 
particulière, règles que nous n*avons pas à reproduire ici. 

Bouchardat, qui n'admet pas la contagion par l'air du virus des gi*ands trau* 
matismes, ne croit qu'à Tinoculalion directe par le chirurgien, les aides, les 
instruments, les objets de pansement, etc. Cette opinion trouve appui dans les 
résultats absolument négatifs de la ventilation forcée des salles avec de Tair 
porté à un6 température constante. C'est donc l'inoculation qu'il faut éviter par 
les précautions les plus radicales. A l'isolement immédiat du sujet il faut ajou- 
ter les pansements faits par des personnes également isolées, et Texclusion des 
élèves et même du chirurgien de tout autre service dans les salles de blessés. 
Ne croyant pas à l'infection par la voie pulmonaire, nous ne pouvons attribuer 
aucun intérêt au port de masques d'ouate appliqués sur la bouche et les narines 
pour filtrer l'air extérieur. L'infection fût-elle possible, qu'avec l'éminent direc- 
teur du service de santé de la marine, H. J. Rochard, aux propositions faites 
par Pasteur de ces masques à filtration, nous répoudrions par un refus, au nom 
du devoir et de la dignité du médecin. 

Quand la septicémie est devenue permanente dans un hôpital, il n'y a ni aéra- 
tion, ni désinfection, qui puissent en détruire rapidement les germes. Les salles 
doivent être abandonnées, lavées, grattées, remises à neuf, et quelques mois 
d'abandon absolu sont à peine suffisants pour assurer contre une nouvelle ex- 
plosion de la maladie. En même temps, tous les objets mis au service des ma- 
lades, tous les ustensiles, les instruments, qui ont séjourné dans le foyer, doiveiit 
être désinfectés plusieurs fois et passés au feu, s'il est possible, avant d'être 
remis en usage. Pour la literie, le linge, les vêtements, les appareils à air chaud 
dont notre collègue, M. le professeur Vallin, poursuit avec une énergique con- 
viction l'installation dans nos hôpitaux, mettront à l'abri de toute crainte de 
contagion nouvelle. Bradley, pour détruire les germes, emploie l'ozone artifi- 
ciellement obtenu. Une petite batterie et un générateur d'ozone de Tisley suf- 
fisent en quelques heures pour purifier une salle. 

Parmi les procédés multiples de ce que l'on a nommé la chirurgie antiseptique, 
les uns se proposent de détruire les germes contenus dans l'atmosphère les 
autres, d'en empêcher l'arrivée sur la plaie, et les derniers, enfin, de modifier 
les tissus de façon à rendre impossible l'entrée des vibrions dans l'économie et 
l'infection générale. Je ne dirai qu'un mot des tentatives faites pour metti^ 
l'organisme entier dans un état qui rende les microbes incapables de s'y multi- 



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SEPTICÉMIE. 201 

plier. Polli dans ce but avait administré les sulfites et les hyposulfites, mais les 
résultats obtenus ne semblent pas s'être i*eproduits dans d'autres mains. Picot 
n*apaseu plus de succès avec le silicate de soude. Le borate de soude, le tannin, 
conseillés par Gohier de Lyon, n*ont également donné que des résultats très-con- 
testables. 11 parait donc, eu l'état actuel de la science, impossible de modifier 
rëconomiepar Tingestion d*une substance médicamenteuse, de telle façon qu'elle 
cesse d'être un terrain convenable pour le développement de la septicémie. 

La destruction des germes morbides contenus dans l'atmosphère, tel est le 
but des nombreux désinfectants depuis longtemps employés pour assainir les 
locaux. Réveil (4863), dans une longue étude sur les substances désinfectantes, 
établissait les points suivants : i<* 11 existe probablement plusieurs sortes de 
fermentation putride, variables dans leurs causes comme dans leurs effets; il 
n'y a donc pas de désinfectant général, indistinctement applicable à tous les 
cas. 2** Les désinfectants liquides sont toujours préférables, mais il faut tenir 
compte de la valeur vénale, de la facilité d'application et de la mise hors de 
service des linges à pansement. 3® Le meilleur désinfectant est celui qu. 
possède les propriétés suivantes : détruire les mauvaises odeurs instantanément 
ou les masquer ; absorber les produits liquides ou gazeux de la putréfaction ou 
de tout travail inflammatoire; les enlever par le lavage et détruire l'action 
toxique ou irritante des produits gazeux méphitiques et des liquides morbides ; 
s'opposer à la formation de nouveaux produits infects ou méphitiques ; hâter la 
cicatrisation des plaies. 4® Le chlore, les solutions d'iode et de brome, remplis- 
sent le mieux ces conditions; les hypochlorites et le chlore paraissent préférables 
par l'état gazeux de leur principe actif. L'addition d'essences odorantes, prin- 
cipalement de nitro-bcnzine, masque les odeurs désagréables et agit immédia- 
tement en attendant que les actions chimiques s'opèrent. 5" Les préparations 
coaltées et goudronnées, utiles, ne détruisent pas comme le chlore, le brome et 
l'iode, l'action toxique des produits morbides de putréfaction, ainsi que celle 
des virus. 6** La charpie carbonifère, surtout iodée, est souvent suivie de succès, 
ï^ charbon, outre son pouvoir absorbant, paraît exercer une action de contact 
^iale, qui hâte la destruction des matières organiques ou condense Toxygènc 
de Tair et agit comme l'éponge de platine. 1^ Les solutions métalliques (sels de 
fer, de zinc) ne sont que des désinfectants incomplets. 8® Les agents physiques 
et mécaniques (ventilateurs, etc.) sont des adjuvants puissants des désinfectants 
chimiques. 

On oe parait pas actuellement accorder une importance aussi grande à ces 
agents désinfectants, et le chlore seul continue d'être souvent employé. Mais 
les théories de Pasteur ont donné naissance aux pulvérisations de liquides, 
destinés à produire autour du blessé une atmosphère aseptique, privée de 
germes ou ne contenant que des germes non viables. Les mêmes moyens suffi- 
sent pour détruire par leur application les germes déjà déposés à la surface de 
la plaie. Au premier rang se placent les pulvérisations phéniquées, telles que 
Lister les emploie. Cependant M. Perrin a peut-être poussé trop loin la doctrine 
du chirurgien anglais en la traduisant de la façon ci-jointe : € Les germes 
atmosphériques sont non-seulement les éléments de toute altération septique 
à^s plaies et de leurs produits, mais encore la cause de la production du pus. i 
Le chirurgien de Londres cherche à détruire les germes, mais aussi bien ceux 
qui peuvent venir par l'eau, les pansements, que ceux qui sont déposés par l'air. 
De plus son pansement, avec ses pièces multiples, met la plaie à l'abri de l'air 



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20^ SEPTICÉMIE. 

et modifie profondément les tissus par le contact prolongé de Tacide phénique. 
Ou connaît bien actuellement la résistance des spores à nos moyens d'action. 
Pasteur Ta mille fois mise en évidence. D'après les recherches de Harty et de 
Maurice Perrin, faites au Val-de-Gràce, il n'y aurait pas d'atmosphère vèitable- 
ment aseptique. Les pulvérisations phéniquées n'exercent aucune influence sur 
révolution des germes atmosphériques dans les liquides de culture et sur la 
putréfaction consécutive. Les expériences répétées de ces auteurs ont de plus 
confirmé le fait des irrégularités de l'ensemencement atmosphérique, tant au 
point de vue de la quantité qu'au point de vue de la qualité ou de la nature 
des germes. Ces résultats au point de vue théorique ne sont pas admis comme 
démonstratifs par Lucas-Ghampionnière, car le microscope, même en des mains 
âûres, ne peut suffire pour démontrer Texistence de germes et encore moins 
leur nature. Du reste, il y a des microbes bons et mauvais ; les vibrions de la 
putréfaction tuent ceux de la septicémie. Quoi qu'il en soit en réalité de la des- 
truction des germes de Tatmosphèi'e par les pulvérisations phéniquées, la com- 
plication de Tappareil ne nous semble pas suffisante pour les repousser dans 
tous les cas. Venant après les lavages et continuée pendant toute l'opération, 
la pulvérisation répand la solution phéniquée, non-seulement dans l'air, mais 
sur tous les objets aussi bien que sur les parties, les tissus divisés et mis à 
jour. Par son action lente et continue, ces tissus s'imbibent, bien mieux que 
par des lavages, du liquide désinfectant qui ne cesse de pleuvoir à leur sur- 
face. Us sont donc par là même peu disposés à fournir un terrain favorable à 
la multiplication des organismes inférieurs. 

Les lotions préventives avec de fortes solutions phéniquées ou des liquides 
h'^gèrement caustiques agissent de la même façon, soit en détruisant les microbes 
ou les germes déposés dans les plaies, soit en rendant le terrain ioipropre à leur 
germination. Dans la pensée des auteurs l'une de ces propriétés n'est pas forcé- 
ment indépendante de la seconde, et les deux concoui^nt au même but. L^ 
soins minutieux de propreté qu'exige Tapplication du pansement de Lister sont 
entrés aujourd'hui dans la pratique de ses adversaires. En même temps, les 
chirurgiens ont repris l'habitude de pratiquer eux-mêmes des appareils dont ils 
laissaient, il y a peu d'années, le soin à leurs aides et à leurs élèves. 

Une seconde indication de la méthode antiseptique est de préserver la plaie 
de l'accès des germes, tant de l'atmosphère que des liquides, des objets de 
pansement, des instruments, etc. En faisant passer tous les instruments dans 
une solution phéniquée forte, dans un liquide bactéricide ; en les portant à une 
température élevée, en les flambant, on se met à l'abri des gerrpes qu'ils peuv^t 
transporter. C'est peut-être dans leur température élevée que le thermo-cautère, 
le fer rouge, trouvent leur innocuité reconnue, plus que dans les eschares qu'ils 
produisent. Nombre de pansements se proposent de maintenir les plaies en 
dehors du contact des germes atmosphériques. L'occlusion simple de Chassai- 
gnac, l'occlusion pneumatique et l'aspiration continue, réalisent ces conditions, 
la première assez imparfaitement, les deux autres avec des moyens très-com- 
pliqués. 

La réunion par première intention est un mode de préservation conseillé par 
certains, absolument repoussé par d'autres et que les succès de la méthode 
listérienne tendent à réhabiliter chaque jour davantage. Mais le pansement 
ouaté de A. Guérin est la méthode d'occlusion la plus en usage dans notre pays 
et celle dont le principe a été le plus discuté, tout en reconnaissant ses grands 



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SEPTICÉMIE. 205 

.iTantages. Pasteur, d*accord avec A. Guérin, considère la ouate comme un simple 
filtre que Tair traverse facilement, mais où il se purifie des ferments et des 
germes qu*il tient eu suspension. Son action est donc d*empécher les germes, 
d'où qu*ils viennent, de se déposer sur les surfaces traumatiques, pendant que 
Lister cherche à les atteindre par sa gaze phëniquée et les vapeurs qu*eUe 
répand. 

J. Guérin, avec Le Fort et autres, nie complètement le passage de Tair au 
travers de l'appareil ouaté. Qu'il soit simple, goudronné, silicate, il agit 
toujours de même, par occlusion. Il nous semble que cette discussion sur le 
fonctionnement, sur la théorie du pansement ouaté, n'offre aucun intérêt pour 
tous ceux qui croient à la théorie des germes. Qu'importe que l'air traverse les 
couches d'ouate, qu'il y ait filtrage sans occlusion (Pasteur), puisque l'air pur, 
sans microbes septiques. est plutôt utile que nuisible, et ne s'oppose aucunement 
à la guérison? Qu'importe d'un autre côté qu'il n'y ait pas filtrage, mais pure 
occlusion? Les germes en seront-ils moins arrêtés au passage? Bien au contraire, 
puisque le gaz même ne saurait traverser les couches multiples du coton 
comprimé. 

Le pansement ouaté offre également le grand avantage de s'opposer à la 
dissémination des germes qui peuvent s'être multipliés sur la plaie ; il est un 
obstacle à la contagion, et un obstacle d'autant plus sûr qu'il n'est déplacé que 
fort rarement. L'expérience a montré que la suppuration est retardée d'une 
façon constante par l'appareil de A. Guérin. La fièvre traumatique est moindre, 
les accidents infectieux bien plus rares. La rareté des pansements, l'attention 
qu'ils exigent, l'obstacle qui en résulte pour les chances d'inoculation, sont 
incontestables. Bouchardat le con<;idère comme le moyen le plus sûr pour pré- 
venir ou limiter la fermentation putride, en empêchant le plus possible l'accès 
de l'air chargé des germes des vibrions moteurs du ferment putride. Nous 
savons que l'honorable professeur se refuse à considérer, comme l'enseigne 
ilavaine, putréfaction et septicémie comme choses identiques, et que le virus 
des grands traumatismes ne se transmet, dans son opinion, que par inoculation 
directe et jamais par l'atmosphère. 

OUier n'admet pas non plus complètement la théorie de A. Guérin sur le mode 
d'action du pansement ouaté. 11 a vu le pus des plaies contenir des vibrions et, 
injecté sous la peau d'un chien, donner naissance à des abcès gangreneux, 
pendant qu'à la surface de la plaie chez l'homme il ne produisait aucun acci- 
dent. Ces faits, joints à ceux de Gosselin, montrent que des vibrions septiques 
peuvent se rencontrer accidentellement sous le pansement ouaté. Ils ne prouvent 
rien contre l'action filtrante ou obturante de la ouate; ils prouvent seulement que 
le lavage de la plaie, la destruction absolue de tous les microbes, doit être le 
premier temps de l'application de l'appareil. Les recherches de Mathieu ont 
démontré que le dépôt de poussières purulentes n la surface des plaies f ivorise la 
putréfaction. Tous les pansements occlusifs sont, avantageux sous ce rapport. 

D'autres méthodes de traitement arrivent à l'antisepsie, tantôt en enlevant au 
for et à mesure les produits de sécrétion des plaies, tantôt en modifiant les 
liquides et les tissus eux-mêmes, en créant une zone protectrice qui s'oppose k 
l'envahissement de l'économie par le vibrion septiquc. Gomme l'occlusion, 
Texposition à l'air (Burow-Krônlein), constante, favorise la guérison. Et ce 
résultat n'a rien de contraire à la théorie parasitaire que nous avons acceptée. Le 
vibrion septique est anaérobie, l'accès de l'air le tue, empêche ses germes de 



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204 SEPTICÉMIE. 

fructifier. Si par hasard quelques-uns passent à l'état adulte, l'oxygène en 
contact avec les liquides amène rapidement leur destruction. 

L'enlèvement rapide par le lavage des produits de sécrétion des plaies 
empêche la putréfaction de se développer et les germes morbides de pénétrer dans 
l'organisme. Ainsi agissent la balnéation continue de Le Fort, l'irrigation perma- 
nente qui retarde l'apparition de la suppuration et favorise l'établissement de la 
barrière néoplasique. Tel était le but de l'aspiration continue préconisée par 
J. Guërin. Les lavages, ainsi que les irrigations continues, peuvent être complétés 
par l'emploi, au Hqu d'eau ordinaire, de liquides teuant en solution des sub- 
stances médicamenteuses capables de modifier les tissus qu'elles imprègnent. 

Les substances considérées à tort ou à raison comme antiseptiques sont 
tellement nombreuses que le choix parmi elles devient de plus en plus difficile, 
par manque d'appréciation possible. Semnola,dès 1864, combat les affirmations 
de Polli sur la valeur thérapeutique des sulfites et hyposulfites. Il nie toute 
influence de ces médicaments sur les maladies attribuées à l'action de ferments 
fixes inoculés. Ils n'agissent que dans les infections putrides sans causes spéci- 
fiques (empoisonnement par gaz délétères). 

Fischer n'ajoute que peu de confiance à l'arrosement continu des plaies avec 
l'acide carbolique, les solutions de chlorure de zinc, de sulfites et d*Kyposul- 
fites. Giraldès et Paquet (1869) se louent de l'emploi de l'acide thymique à la 
dose de 2 à 4 grammes pour 100 d*aIcool et 900 grammes d'eau. Son odeur est 
agréable, mais son prix est élevé. 

Deux agents surtout se sont longtemps disputé et se disputent encore les 
suffrages : d'un côté l'alcool et ses dérivés les teintures alcooliques, de l'autre 
l'acide phéniqueet ses modifications, si diverses dans ses composés. L'emploi de 
l'alcool dans le pansement des plaies i^monte à une époque très-reculée, et 
depuis Arnaud de Villeneuve, A. Paré, et les chirurgiens de la Renaissance, il 
n'avait pas cessé d'être mis en usage jusqu'au commencement du siècle. Larrey 
l'utilisa largement, et ne s'arrêta que devant son prix excessif. Un instant 
délaissé, l'alcool, après les travaux de Batailhé, Lecoeur, Gaulejac, Nélaton, etc., 
est devenu de nouveau un agent usuel des pansements. Notre vénéré maUre, 
Maurice Perrin, s'est constitué de longtemps un de ses défenseurs les plus 
énergiques. En 1872, dans son mémoire sur l'infection putride aiguë, il préco- 
nise les irrigations alcooliques comme le moyen préventif le plus utile contre les 
infections chirurgicales. 11 empêche la formation du poison putride dans les 
parties mortifiées et sa pénétration dans les parties vivantes ; c'est un modifica- 
teur énergique des tissus. Par son pouvoir coagulant, sa volatilité, la facilité 
avec laquelle il imprègne les tissus, sa faible action escharotique, sa propriété 
d'arrêter et de rendre impossible toute fermentation , il empêche tout mouve- 
meut organique de quelque nature que ce soit dans des tissus désorganisés, et 
oppose une barrière à l'absorption. 

Pour en obtenir ces i*ésultats, l'alcool doit être employé, non pas en applications 
intermittentes, mais eu irrigations continues et prolongées. Sous sou action, les 
plaies contuses n'ont pas d'odeur, l'inflammation locale est faible, la douleur 
nulle ou très-supportable. La suppuration disparaît presque, la fièvre trauraa- 
tique est à peine marquée, les accidents de voisinage exceptionnels. L'aspect 
grisâtre de la plaie, la lenteur du bourgeonnement, la flaccidité des lèvres, 
traduisent à l'observateur la coagulation des produits albumineux. Jointe au 
drainage des plaies irrégulières, l'irrigation alcoolique agit donc en même temps 



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SEPTICÉMIE. 205 

eo détachant les parties désorganisées et en modifiant le terrain pour mettre le 
blessé à i*abri de la septicémie. Les tissus imprégnés par lalcool à 80 degrés^ 
additionné de son volume d*eau, ne se laissent plus traverser par le vibrion 
seplique. M. Perrin ajoutait à la solution alcoolique 1 gramme d*acide pbénique 
par litre, et cessait Temploide ce pansement après le développement des bour- 
geons charnus. 

M. Perrin porte de nouveau la question devant la Société de chirurgie (1879) 
et s*efiorce de démontrer que le pansement alcoolique est préférable au panse- 
ment de Lister. Suivant ce dernier chirurgien, la destruction des germes est le 
bon combat. M. Perrin veut au contraire qu*on modifie le terrain pour rendre 
impossible la pénétration des microbes. L'acide pbénique est irritant, il n*em- 
pédiepas le développement de Térysipèle, son odeur est désagréable. Enfin le 
pansement de Lister exige une application minutieuse et la possession d*un 
grand nombre de matériaux et même d'appareils que Ton n*a pas toujours sous 
la main. L'irrigation alcoolique est de beaucoup préférable. Th. Anger partage 
les convictions de M. Perrin sur la valeur préservatrice des pansements à Talcool 
faits avec un manuel convenable. 

La doctrine septicémique, telle que nous Tavons défendue, fait de la plaie 
Tunique porte d'entrée pour les germes venus du dehors. En s'adressant à la 
pUie, en rendant les tissus imputrescibles et opposant un obstacle à la pénétra- 
tion des vibrions septiques» Talcool remplit parfaitement une des indications de 
la métliode antiseptique. LucasChampionnière lui reproche de ne plus posséder 
ses qualités coagulantes, si on Tétend à 45 degrés. Mais les premières applica- 
tions sont constamment faites avec de Talcool concentré et créent la zone 
isolante que les irrigations ne font plus tard que maintenir : aussi ce mode 
de pansement est défendu par Borlée, qui le combine avec le drainage; par 
Hermant, qui mélange à parties égales le chlorure de chaux et lalcool camphré. 
Soûlez fait une préparation ditecamphre pliéniqué, dans laquelle 2,30 de camphre 
sont tenus en solution pour 1 d'acide pbénique. On obtient ainsi un liquide 
oléagineux, miscible à l'huile et qui sert pour les pansements, mêlé avec 20 
parties d'huile d'olive ou en émulsion dans 1000 grammes d'infusion de sapo- 
naire. Pour préparer la ouate antiseptique qui fait la base de son pansement 
occlusif. Soûlez emploie la teinture alcoolique de saponaire mélangée avec partie 
égale de camphre pbénique, pour une solution mère qu'il suffit d'étendre avec 
de l'eau. 11 y a donc en somme mélange de trois substances, toutes les trois 
antiseptiques, le camphre, l'alcool et l'acide pbénique. 

Pennés se sert d'un vinaigre à l'acide salicylique qui ne saurait jouir des 
propriétés coagulantes de l'alcool, de la teinture d'iode, de la liqueur iodo- 
tannique dont Boinet a retiré les plus grands avantages. Au nombre des agents 
coagulants et modificateurs des tissus on a vanté le perchlorure de fer, qui, 
malgré son eschare protectrice, offre par son emploi excessivement douloureux 
plus d'inconvénients que d'avantages. La glycérine, l'eau chlorurée, peu employées 
actuellement; l'acide picrique (Curie), qui supprimerait complètement la suppu- 
ration ; l'acide boracique (Cane) le thymol (Lewin), l'acide salicylique (Tiersch), 
ou ses dérivés, ont eu leur jour de succès comme antiseptiques et cicatrisants. Le 
chloral en bains permanents parait aussi un bon antiputride (Féréol-Beaumetz). 

Billroth, après avoir donné le résultat de ses recherches cliniques et expéri- 
mentales sur les moyens d'arrêter la décomposition putride et la formation des 
bactéries, après avoir insisté sur la nécessité de désinfecter l'air, les murs, les 



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$06 SEPTICÉMIE. 

lits, les ustensiles, les appareils et les plaies, ajoute avec raison que Ton ne 
manque pas d*antisepliques. La guérison des plaies ne dépend pas de la décou- 
verte de nouveaux moyens, mais de la recherche et de Tappréciation de toutes 
les circonstances en rapport étroit avec lorigine et la marche des complications 
traumatiques. 

L*emploi généralisé des caustiques, du cautère actuel thermique, de Técrase- 
ment, de la ligature exiemporanée, de la ligature élastique, de toutes ces mé- 
thodes destinées non seulement à prévenir la perte de sang, mais surtout à 
fermer les ouvertures des vaisseaux sanguins et lymphatiques, constituait au 
premier chef la chirurgie antiseptique. Haisonneuve , Bonnet, Ghassaignac, etc., 
n'avaient pas d'autre but que l'oblitération des bouches absorbantes à la 
surface de la plaie. Ils n'ignoraient pas que la plaie exposée est la porte 
d'entrée des principes infectieux, des miasmes de jadis, devenus germes d'au- 
jourd'hui ; ils n'ignoraient pas que ces principes pénètrent dans l'économie par 
les canaux veineux ou lymphatiques, et leurs modes opératoire<i avaient pour 
but d'empêcher cette pénétration, par la formation d'une couche isolante, d'une 
eschare qui protège la plaie jusqu'à la période de bourgeonnement et de suppu- 
ration. 

Nous n'avons rien à dire de spécial de l'acide carbonique en solution dans 
l'eau (Ozanam) ; du sulfite de soude vanté par MQnch comme le meilleur des 
antiseptiques. Au contraire, les solutions fortes de liquides coagulants, chlorure 
de zinc et sulfate de zinc, mélangées avec l'alcool, nous ont donné comme au 
professeur L. Le Fort de très-bons résultats. Ces substances, comme le fait l'al- 
cool, comme le fait l'acide phénique en solution forte, transforment le sang en 
un magma rougeàtre, coagulent Talbuniine et amènent l'occlusion des petits 
vaisseaux. L'analogie de leur action ne saurait être mise en doute. 

Vis-à-vis de l'alcool et des liquides dits coagulants, vis-à-vis des méthodes 
oblitérantes, on place, je ne sais pourquoi, comme en opposition, le pansement 
antiseptique de Lister. Nous n'avons pas ici à décrire cette manière particulière 
de traiter les lésions traumatiques, dont la complication apparente a sans doute 
attiré bien des esprits, comme elle en a éloigné un grand nombre. Son but est le 
même que celui des moyens déjà énumérés, mettre le malade à l'abri des infec- 
tions chirurgicales. Hais, fondé sur une théorie que nous considérons comme 
vraie, sur la théorie des germes morbides et leur enlrée par la plaie, le mode de 
pansement imaginé et perfectionné chaque jour par Lister satisfait mieux que 
tous les autres aux indications théoriques d'un pansement préservateur. Les soins 
de propreté font disparaître une des grandes causes de contagion de la septi- 
cémie, le transport par les objets ou par les hommes. Les lavages soigneux de 
toutes les surfaces traumatiques avec une solution forte d'acide phénique, non- 
seulement détruisent les germes déposés sur la plaie, mais modifient les tissus 
et créent, absolument comme l'alcool, cette zone protectrice qui empêche la 
pénétration de l'organisme inférieur. Les pulvérisations phéniquées, si elles ne 
détruisent pas les spores contenues dans l'atmosphère, créent du moins un 
milieu peu favorable à leur multiplication, et contribuent à modifier les tissus 
mous. Enûn la gaze phéniquée, en protégeant la surface traumatique de tout 
contact direct, le drainage, en permettant Técoulement permanent des liquides 
putrescibles, la rareté des pansements, concourent à préserver la plaie de toute 
atteinte et favorisent la cicatrisation. 

Les expériences de M. Perrin et Marty, en démontrant le peu d'action des 



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SEPTICÉMIE. 207 

pulvérisations phëniquces sur le développement des bactéries, n*ont donc que 
prouvé la faible importance de celte manœuvre. Encore les résultats n*ont-ils 
pas pour Lucas-Championnière la signification qu*en ont tirée les auteurs. Gos- 
selin et Bergeron ont repris tout dernièrement les études sur les effets et le 
mode d*action des substances employées dans les pansements antiseptiques. Si 
Ton mélange avec un gramme de sang six gouttes d*une des solutions antisep- 
tiques suivantes, la putridité est retardée dans l'ordre suivant : solution phéni- 
quée à 1 pour 100, à 1/50 ; eau-de-vie camphrée ; alcool pur ou camphré. La 
putréfaction est supprimée par la solution d*acide phénique à 1/20. Si à 
2 grammes de sérosité on ajoute six gouttes d'une des solutions antiseptiques pré- 
cédentes, la putridité est amoindrie; elle est arrêtée complètement par l'addition 
postérieure d'une goutte chaque jour. Pour étudier l'action à distance, du sang est 
abandonné au fond de verres recouverts par plusieui*s couches de gaze im- 
bibées de la solution antiseptique. Avec la gaze de Lister, putréfaction du 
huitième au dixième jour; avec la gnze phéniquée à 1 pour 100, putréfaction le 
huitième jour; avec la gaze phéniquée à 1/50 on obsei*ve quelques bactéries. 
Les gazes imbibées d'alcool pur ou camphré et d'une solution phéniquée à 
1/20 ont laissé le sang complètement intact jusqu'au trente-sixième jour. 

Les mêmes expériences ont été faites en pulvérisant tous les matins pendant 
UD quart d'heure, sur le sang contenu dans les verres. Avec l'alcool pur, putré- 
faction le neuvième jour. Avec la solution phéniquée à 1/20, le sang restait 
intact le trentième jour, mais il avait pris à la surface une coloration jaunâtre, et 
l'on constata dans toute son épaisseur l'absence de globules distincts et la présence 
de masses granuleuses, indices de Timputrescence. 11 résulte de ces expériences 
que les solutions fortes d'acide phénique, c'est-à-dire à 1/20 ou plus, possèdent 
les propriétés antiseptiques les plus marquées. L'alcool pur ou camphré serait 
un agent moins énergique. Elles ne permettent pas de mettre en doute l'action 
puissante des solutions phéniquées sur les tissus, sur le sang et les liquides 
exsudés ; elles montrent que dans le pansement de Lister le terrain est modifié 
de la même façon que dans le pansement à l'alcool. Qu'importent les vues 
théoriques, si le résultat est des plus heureux ? Or, personne, je pense, ne con- 
teste aujourd'hui les succès nombreux dus aux méthodes antiseptiques. 

Les reproches adressés en particulier à l'acide phénique méritent de nous 
arrêter un instant. En solutions étendues, son odeur désagréable, repoussante 
même pour certaines personnes, est son plus grand défaut ; mais on finit par 
s'y habituer. Au moins le chirurgien qui manie chaque jour cet agent cesse 
bientôt d'être impressionné par ses exhalaisons, d'une façon aussi importune. 
11 est vrai qu'il emporte l'odeur avec lui, ce qui ne laisse pas d'être gênant. 
En solution concentrée, l'acide phénique est pour les uns un irritant des 
plaies, pour les autres un calmant et un antiphlogistique. il est impossible de 
nier le développement possible des érysipèles et des angioleucites avec le panse- 
ment de Lister, mais on ne peut arguer de leur fréquence plus grande, pour en 
faire une preuve de son action irritante. S'il n'est pas moins douloureux que 
Talcool, il ne l'est certes pas davantage, et les soulfrances paraissent se pro- 
longer moins longtemps qu'avec le dernier. Elles sont au reste beaucoup moins 
souvent renouvelées. Chez certains sujets et dans certaines conditions, l'acide 
phéiiique, loin d'augmenter la sensibilité des parties, la diminue au point 
d'être un anesthéstque véritable ; mais l'insensibilité est rarement immédiate. 
Pour le chirurgien, les solutions phéniquées fortes ont l'inconvénient de dimi- 



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208 SËPTICËMIE. 

nuer la sensibilité si délicate de la pulpe des doigts, et d*enle?er par suite aux 
usages de la maia une partie de leur sûreté. Hais les teintures alcooliques^, 
Talcool» ne sont pas de leur côté absolument exempts de ces petits inconvénients. 

A Tacide phénique, nombre de substances réputées antiseptiques ont élé 
substituées, dans le but de remédier aux reproches dont nous venons de parler. 
Nous citerons Tacide salicylique et les salicylates (Kolbe, Tbiersc-h, Neubauir, 
Wagner, Fûrbringer, etc.), qui n*ont aucune odeur et semblent moins toxiques 
que Tacide phénique. L'acide salicylique est employé en poudre sur les plaies, 
en injections sous-cutanées, en pulvérisations comme son congénère ; mais su 
vogue semble bien diminuée de nos jours. Le borax et Tacide borique, le thymol 
(Ranke), Tiodate de chaux, le phénol camphré, le térébène (Wadely), etc., ont 
eu leurs défenseurs, mais n*ont pu se substituer au véritable pansement. Lister 
constate que ces diverses substances ne lui ont jamais donné les bons effets de 
l*acide phénique et conseille de s*en tenir à lemploi de celui-ci. 

L'acide phénique en solutions concentrées, maintenues pendant longtemps 
sur de larges surfaces dénudées, est pai*fois absorbé en assez grande quantité 
pour empoisonner le patient. Cette source d*accidents, qui se traduit surtout par 
la coloi*ation foncée de Turine et sa composition chimique, ainsi que par Télat 
général du blessé, doit toujours être soupçonnée et combattue vigoui*eusemeiit. 
Les faits d'intoxication semblent se multiplier chaque jour, sans doute par Tusage 
plus répandu du pansement de Lister. Il est bon d'être prévenu de leur possibilité 
pour s'arrêter à temps. 

Ce que nombre de chirurgiens reprochent au pansement du chirurgien an- 
glais, c'est sa complication. De là la nécessité de pièces multiples qu'on ne peut 
se procurer partout et à point nommé. D'autres, se basant sur Tincertitude de 
la théorie des germes, arrivent à la même conclusion, la simplification du pan- 
sement. Nous ne pouvons donner place ici à toutes les critiques, pas plus qu a 
toutes les modifications proposées; nous nous contenterons de quelques citations. 

Duplay, rendant compte en 1876 des principaux travaux publiés sur la chi- 
rurgie antiseptique, définissait ainsi le but de cette méthode : « En résumé, 
Taltération putride des liquides sécrétés par les plaies étant due au contact des 
particules organiques contenues dans l'atmosphère, la chirurgie antiseptique 
consiste à détruire, par un agent chimique, les particules qui ont pu tout d'abord 
imprégner la plaie, puis à maintenir celle-ci hors du contact de ces mêmes 
particules, tout en laissant pénétrer l'air. » Au point de vue théorique, Duplay 
montrait que la doctrine qui fait de la plaie l'unique source du danger d'infec- 
tion n'est pas indiscutable; qu'elle négligea la fois l'état du sujet, la nature 
du milieu atmosphérique et l'influence qu'il peut exercer par la voie pulmonaire. 
Il remarquait que des plaies couvertes de pus altéré et rempli de microbes ne 
sont pas suivies d'accidents, pendant que des complications mortelles éclatent 
avec des plaies sansputridité apparente. Si les accidents locaux irritants produits 
par un usage immodéré ou inconsidéré de l'acide phénique sont évités par la stricte 
observation des préceptes de Lister; si la prudence met à l'abri des empoison- 
nements par absorption, le prix élevé du pansement, l'action irritante de 
l'acide pour les mains, son odeur, la détérioration des instruments, la nécessité 
de nombreux matériaux, sont des inconvénients indiscutables. L'intervention 
personnelle du chirurgien, dans ces soins longs et minutieux, est peut-être la 
principale cause des succès. Et l'honorable professeur concluait : c Que si l'ex- 
périence démontre dans l'avenir la supériorité réelle de la^mélhode antiseptique 



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SEPTICÉMIE. 209 

de Lister, cette méthode ne deviendra véritablement pratique qu'à la condition 
d'èlre considérablement simplifiée dans ses applications. » 

La pratique a montré que celte simpUncalion n'était pas indispensable, et 
que dans un hôpital bien fourni le pansement de Lister n exigeait en somme 
pas plus de temps que les procédés ordinaires, car on le renouvelle beaucoup 
plus rarement. En ville, l'application méthodique devient déjà un peu plus dif- 
licile. En campagne, il semble qu'elle doive le devenir encore davantage. Aussi 
d'autres moyens antiseptiques, le pansement ouaté peut-être, l'alcool à coup 
sûr, reprennent dans ces conditions la supériorité. 

iNeudôrfer repousse la doctrine parasitaire de la septicémie et des accidents 
des plaies , mais il admet comme cause de la non-réunion primitive des plaies 
la présence d'agents infectieux ou sepliques de nature inconnue. La suppura- 
tion de bonne nature est le résultat de l'action d'un ferment dit phlogogène. 
Les voies d'introduction de l'agent septique sont les mains, les instruments* 
les éponges, Teau qui rend plus fermentescibles le sang, la lymphe, le pus; la 
charpie et les matières végétales textiles. L'acide phénique est le seul a<4nt 
antiseptique véritable. 11 donne aux albuminates des tissus plus de fixité et 
forme une eschare superficielle qui tombe sans suppuration. Gomme M. Perrin 
le chirurgien de Vienne se propose donc de modifier le terrain, de rendre les 
tissus impénétfables au poison septique. Dans ce but, à l'alcool il préfère 
l'acide phénique, et l'emploie en solution aqueuse à 2 pour iOO, ou huileuse à 
10 pour 100, avec lesquelles solutions il arrose et pénètre les tissus jusqu'à 
leur donner cette teinte fauve qui semble caractériser leur imputrescence. 

Tédenat se rattache à la même opinion sur l'action des agents dits antisep- 
tiques dans le pansement des plaies. Point n'est nécessaire d'invoquer des pro- 
priétés spécifiques. Ils modifient la surface des plaies, resserrent les capillaires, 
coagulent les albuminoïdes, et forment une couche isolante qui 's'oppose à 
l'absorption des produits septiques. De plus, les méthodes nouvelles ména«'ent 
mieux que les pansements anciens la couche éminemment protectrice des bour- 
geons charnus. Bardeleben se sert comme pansement de compresses de f^aze, 
trempées, au moins pendant douze heures, dans une solution d'acide phénique 
à 5 pour 100. Ces compresses sont tordues, puis plongées dans une solution 
phéniquéc à 1 pour 100, avant de les appliquer sur les plaies. Verneuil est 
parmi les chirurgiens, un de ceux qui ont le plus contribué à la simplification 
des modes de pansement. Dès 1874, dans un mémoire sur les névralgies trau- 
mafiqaes précoces, il décrit ainsi son pansement antiseptique ouvert : « L'opé- 
ration finie et le sang arrêté, on recouvre la plaie et ses bords d'une série de 
petites pièces de grosse mousseline, juxtaposées et imbibées d'eau. Souples, 
elles s'appliquent exactement sur toutes les anfractuosités de la surface saignante 
et y adhèrent intimement. Par-dessus cette couche mince et perméable, des 
plumasseaux de charpie trempés dans le liquide antiseptique (eau alcoolisée, 
phéniquée, camphrée, etc.) forment une deuxième couche de quelques centi- 
mètres d'épaisseur ; au-dessus, une pièce d'ouate assez épaisse, puis du taffetas 
gommé, le tout maintenu par un bandage contentif simple. Plusieurs fois dans 
la journée un soulève les couches jusqu'à la charpie inclusivement, et on 
imbibe celle-ci du liquide désinfectant. On replace ensuite les couches exté- 
rieures. Le lendemain ou le surlendemain au plus tard, sans irriter la plaie 
protégée par la mousseline, et sans douleur, on enlève la première charpie, 
puis on la renouvelle entièrement tous les matins. Le quatiième jour, la mous- 

WCT. BKC,3* 8. IX 14 



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210 SEPTICÉMIE. 

seline imprégnée de pus se détache sans peine de la couche granuleuse foimée 
ou à peu près. Les pulvérisations répétées sont très-agi'éables, et désinfectent 
sans mouiller trop les alentours de la peau, ni, les couches extérieures du pan- 
sement. L*ouate et le taffetas gommé entretiennent une humidité très-favo- 
rable. En somme, ce pansement antiseptique ouvert, en mettant à profit les 
propriétés des solutions bactéricides ou modificatrices des tissus, y ajoute les 
bons effets de la balnéation continue. Sa simplicité le rend applicable partout, 
et surtout dans les vastes plaies contuses, plus que probablement contaminées 
avant son application. » 

En 4878, le professeur Vemeuil, à propos d'une série de vingt-sept grandes 
amputations, de leur pronostic, de leur traitement, revient sur cette intéres- 
sante question : « En mesure, dit-il, de prouver que Ton peut satisfaire à toutes 
les exigences de la méthode antiseptique à Taide d'un petit nombre de procédés 
extrêmement simples, je prends la plume pour indiquer ces procédés et mon- 
trer pourquoi ils réussissent. » La variété des pansements lui parait non-seule- 
ment permise, mais autorisée et souvent nécessaire, à la condition qu'ils se 
rattachent à la méthode antiseptique et satisfassent aux exigences de la doctrine 
de la septicémie. Le pansement de Lister est excellent; la solution phéniquée à 
2 pour ÎOO, loin d'être irritante, est un analgésique local; les pansements ulté- 
rieurs ne sont pas longs, mais l'exécution en est minutieuse et nécessite un 
outillage spécial. 11 n'est pas infaillible, les faits le démontrent, et doit êlre 
simplifié. Vemeuil insiste sur l'utilité des bains pour nettoyer la peau avant le 
pansement. Les lavages sont faits avec une solution phéniquée forte, 5 pour i 00; 
la pulvérisation phéniquée est intermittente, sauf dans les cas où l'on opère 
dans un foyer pathologique. Elle doit être alors continue. Le pansement ouaté 
est bon ; plus simple, plus facile que le Lister, exigeant peu de temps et peu 
de surveillance, il rend possible la mobilisation de^ opérés. Vemeuil le modifie 
par l'adjonction des lavages et de la pulvérisation phéniquée, par l'emploi de la 
tarlatane, des sutures, du cMgut, du drain, par sa levée plus rapide. U emploie 
moins de coton et serre moins ; c'est une sorte de pansement mixte ouato- 
phéniqué. 

C'est le pansement antiseptique ouvert qui, dans les cas les plus défavorables^ 
sur des parties très-volumineuses, a donné les meilleurs résultats. Vemeuil 
conseille des pansements fréquents, et l'arrosement avec la yapeur phéni(|uée» 
au moinà quatre fois par jour dans la phase de détersiou, et davantage encore 
pendant les chaleurs et pour les plaies larges et anfractueuses* La solution 
phéniquée à 2 pour 100 possède une action antiseptique puissante et suifisam- 
ment durable. Son odeur est peu gênante. Elle n'occasionne aucune irritation et 
donne aux plaies une indolence absolue, très-différente des longues cuissons 
qui suivent l'application de Talcool pur, du perchlorure de fer, de la liqueur de 
Labarraque, de l'eau-de-vie camphrée, du permanganate de potasse. La suppu- 
ration est retardée et amoindrie, la détersion rapide et les bourgeons de bonne 
qualité. 

Les solutions phéniquées à 5 pour 100 et plus déterminent de véritables 
eschares de 3 à 4 millimètres [d'épaisseur. L'iode, le chlorure de ch^ux^ le 
perchlomre de fer, les solutions de nitrate d'argent, l'alcool pur ou étendu, ont 
de moins bons effets que les solutions phéniquées à 2 pour 100. Le chloral en 
solution à 1 pour 100 possède une valeur sensiblement égale. Il active ia proli- 
fération conjonctive et crée très-vite un rempart isolant, défense de la plaie 



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SEPTICÉMIE. 21i 

contre les produits septiques sécrëtës par elle (Verneuil) ou venus du dehors. 
Le professeur de la Pitié insiste alors sur Timportance trop oubliée de la plaie, 
sur Tavantage, comme le conseille de son côté H. Perrin, de modifier le terrai» 
de façon h le rendre imperméable au poison sep tique et à prévenir ainsi Terapoi- 
sonnement général. 

Verneuil ne semble pas redouter la pénétration dans l'économie de Tacide 
phénique, pénétration obligée, si la plaie est large, la solution concentrée et les 
pansements fréquents. Elle lui semble au contraire favorable, puisque le sang 
est imprégné de Tantiseptique, et que les urines brunes qui Tannoncent coïn- 
cident avec un tracé thermique très-rapproché de la température normale. On ne 
peut reprocher au pansement antiseptique ouvert que la lenteur de la cicatri- 
sation et la difficulté de mobiliser les blessés ; car il possède au plus haut degré 
le pouvoir de faire cesser la fièvre, Tinflammation et les douleurs. Ayant vu trois 
fois des fièvres traumatiques secondaires se développer après Texposition au 
froid, Verneuil se demande si le froid ne favorise pas Tabsorption de la matière 
septique contenue dans les foyers des plaies. Les observations de Davaine 
seniblent prouver le contraire, puisque la septicémie virulente devient plus 
contagieuse pendant les chaleurs. Le fait aurait besoin d être contrôlé par Texpé- 
rience. 

Dans un travail plus récent encore, le clinicien de la Pitié insiste sur les bons 
eflets du bain antiseptique, prolongé ou permanent, dans les affections chirur- 
gicales de la main, de Tavant-bras et du coude. Il prévient à peu près sûrement 
U fièvre traumatique en cas de plaies récentes de tissus sains. Il possède la 
même propriété préventive pour les opérations pratiquées sur des foyei*s mor- 
bides plus ou moins anciens, imprégnés de substances purulentes ou putrides, 
et se montre sous ce rapport bien supérieur aux pansements rivaux. 11 a de plus 
que ces derniers le pouvoir d'arrêter la septicémie aiguë ou chronique, en 
modifiant les foyers pathologiques récents ou anciens, de telle sorte que la pro- 
duction ou la pénétration du poison septique soit empêchée ou du moins entravée. 

C'est aux bains prolongés et réitérés, d une durée de deux à trois heures, 
dans des solutions de chloral à i pour 100, de liqueur de Labarraque ou d'acide 
phénique, là 1,5 pour 100, que Verneuil attribue ces merveilleux effets. Entre 
les bains, la partie blessée est enveloppée de compresses imbibées du même 
liquide antiseptique. Nous pensons que les résultats de ces bains ont besoin 
d'être constatés de nouveau et contrôlés par de multiples observations, avant 
qu'on puisse y attacher une aussi grande importance. Nos opinions sur la doctrine 
sepiicémique ne sont pas au reste celles de l'éminent professeur, et les conclu- 
sions qu'il tire de ces faits, en faveur de l'origine in loco, de la nature autoch- 
tfaone de la septicémie, ne sont vraies pour nous qu'à condition de changer 
absolument l'acception que nous avons donnée pour ce terme. Nous ne pouvons 
au reste que reconnaître le mérite de ces études thérapeutiques, actuellement 
beaucoup trop négligées. 

Traitement général. Quand la septicémie est devenue manifeste, quand le 
ribnon septique par sa multiplication rapide a pénétré dans le sang et par lui 
dans les organes, est-il possible d'arrêter son développement? Deux facteur* 
sont ici en présence : d'un côté le microbe qui tend à pulluler et à envahir 
l'organisme tout entier ; de l'autre cet organisme vivant qui résiste de toutes 
ses forces à cette cause de destruction. Si le fait n'est pas démontré d'une façon 
péremptoire chez l'homme, au moins l'expérience nous a-t-elle appris que cer- 



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212 SEPTICÉMIE (bibliographie). 

laines races animales, et dans les races certains sujets, sont spécialement aptes 
ou inaptes à engendrer la septicémie virulente. Le parasite inoculé sous la peau 
ou injecté dans le sang se multiplie chez les uns, il reste stérile et se détruit 
chez les autres. Condition de terrain. 

Nombre de médicaments ont été conseillés, tant pour prévenir que pour 
combattre l'infection septique. Malheureusement leur influence est restée plus 
que douteuse. La quinine, la digitale, Taconit, le chlorate de potasse, sont abso- 
lument sans effet. Breslau préconise Tadministration des purgatifs énergiques, 
sans redouter la diarrhée, parfois si violente, qu'elle fait songer à des accidents 
cholériques. Fischer n'a pas eu lieu de s'en louer, pas plus que des prépara- 
tions mercurielles. 11 s'en tient à l'hygiène, aux pansements soigneux et désin- 
fectants, à l'usage d'une nournture fortifiante et de facile digestion, et surtout 
au large emploi des boissons excitantes. 

L'acide phénique en injections sous-cutanées, la créosote, les sulfites, ont été 
administrés à l'intérieur. L'acide phénique s'élimine très-rapidement, la créosote 
moins vite, mais sans résultat plus avantageux. Les sulfites et les hyposulfites, 
malgré les travaux de Polli, de Pietra-Santa, etc., sont actuellement aban- 
donnés. Le silicate de soude, l'acide salicylique et les salicylatcs , expérimentés 
sur les animaux, se sont montrés complètement inertes. 

Se basant sur une théorie erronée, puisqu'il est actuellement certain que le 
vibrion septique meurt au contact de l'oxygène, on a proposé les inhalations 
de protoxyde d'azote ou d'oxygène pur, dans le but de fournir aux bactéries 
l'oxygène qu'elles étaient supposées enlever aux globules sanguins. On pourrait 
également suroxygéner le sang, dans lespoir de s'opposer ainsi au développe- 
ment des vibrions, si les expériences de Feltz n'avaient amplement démontré 
que, dans ces conditions, la terminaison fatale devient encore plus rapide. 

Fischer (4868), plus tard Kûster et Lûcke, avaient pensé que la transfusion 
du sang pourrait être avantageuse dans la septicémie, surtout après les hémor- 
rhagies qui l'annoncent parfois, ou se produisent dans son cours. Berns, expé- 
rimentant chez des lapins et des chiens empoisonnés par des injections de 
liquides bactérifères, n'en a retiré aucun avantage. Chez deux amputés atteints 
de pyohémie, le résultat fut absolument nul. Employée sous nos yeux dans un 
cas de septicémie, la transfusion du sang a complètement échoué, et nous 
n'oserions y recourir désormais. 

Il semble donc démontré qu'aucun agent, quel qu'il soit, ne peut entraver le 
progrès delà septicémie, aussitôt que l'infection générale est un fait accompli. 
Notre seule ressource, si nous n'avons pas réussi à la prévenir, c'est de mettre 
l'organisme eu mesure de résister aux effets destructeurs du poison. Les 
toniques, les reconstituants, les excitants diffusibles, ont été largement employés 
dans ce but. Dans une affection caractérisée par une adynamie habituelle, les 
stimulants sont certainement bien mieux indiqués que les déprimants. U faut 
donc les utiliser largement, mais sans grand espoir de succès. J. Cuacvel. 

Bibliographie. — La bibliographie de la septicémie, pour être complète, nécessiterait on 
véritable volume. Nous indiquerons les auteurs qui ont joint à leurs travaux ou à leurs 
mémoires des indications bibliographiques que l'on pourra consulter. — IIippocratb. Œu- 
vres complètes. Trad. Liltré. Paris, 1844. Âphoritmei, 7"sect., 4-5 sect.» 20. Maladies des 
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1878. — MOnster, SchOleui, Ricbteb, etc. Des injections intra-utérines avec les acides phé- 
nique et salicylique dans le traitement des suites de coudies. In Zeitschr. f, Geburts-und 
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bliographie). Revue générale. In Revue des sciences méd. d'ffayem, t. XI et XII, 1878. — 
Pabas. Du pansement antiseptique de Lister. In Gaz. hebdom., 1878. — Pasteur et JouitERi. 

La théorie des germes et ses applications à la médecine. In Bull, de VAcad. méd., 1878. 

PiooT. Leçotu de pathologie générale. Les grands processus morbides. Septicémie et mala-* 
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Vétiologie de la fièvre puerpérale. Thèse de Paris, 1878. — A. Robin. Des alcaloïdes spon-^ 

tanément créés dans V organisme par la putréfaction. In Gaz. méd. de Paris, 1878. 

Sahuelsok. De la présence des bactéries dans les foyers pyémiques, chez Vhomme vivant. 
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Zur Diagnose und Thérapie der Car bolic- Intoxication. In Deutsche Zeitschr. f. Chirurgie 

1878. — TiLLMAKus. Experitn. und anatom. Untersuchungen ûber Erysipelas'. In Berl. klin. 
Wochenschr., 1878. — Tocssaiiit. Nature parasitaire jiu charbon. Mécanisme de la mort, 
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mon bronzé. In Revue mens, de méd. et de chir., 1878. — Note sur une série de vingt-sept 
grandes amputations, etc. In Arch. gén. de méd., 7* série, t. I, 1878. — Vikceiit (F.-E.). 
Des causes de la mort prompte, après les grands traumatismes accidentels et chirurgicaux. 
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de soude dans la bactériémie des grenouilles. Note à VAcad. d. sciences, Paris, 1879 

Discussion à la Société de chirurgie de Paris, sur les pansements antiseptiques et la septi- 
cémie (M. Perrin, Veraeuil, Lucas-Ghampionnière, Anger, Després, etc.). In Bull, et mém., 
t Y, 1879. — A. Baikd. Traitement de la septicémie puerpérale. In Edinburgh Méd. Joum., 

1879. — E. Bœckel. Extirpation des tumeurs profondes du cou avec pansement antisep* 
Hfue. In Bull, gén. de thérapeutique, t. XGYII, 1879. — Boinet. Des moyens de prévenir 
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liques considérées comme antiseptiques. In Gaz. hebdom., 1879. — Ghetne. Pansement de 
Uster. In Lancet, 1, 1879. — Goun (d'Alfort). Eliologie du charbon et spontanéité des ma^ 
ladies contagieuses. Recherches expérimentales sur Vostéomyélite (Panas, J. Guérin, Chau- 

Teiu). — Sur les causes de la mort dans les affections charbonneuses et septicémiques , 

Sur la neutralisation des virus dans V organisme après absorption. — De la diversité des 
effets des matières septiques suivant leur degré d'altération, — Sur le développement suc^ 
cessif de foyers virulents pendant la période d'incubation des maladies charbonneuses et 
septicémiques. — Sur la septicémie. — Sur une altération du sang liée aux accidents de la 
parturition. In Bull, de VAcad. de méd., 2« série, t. Yllï, 1879. — Léon Golin (du Val-de- 
Grftoe). Traité des maladies épidémiques. Paris, 1879. — H. Growther. Valeur comparative 
des divers agetits antiputrides. In Med. Times and Gaz., 2, 1879. — Ë.-G. Gutler. Des 

lésions anatomiques de la pyémie et de la septicémie. In Boston Med. Joum., 1879. 

Th. Daibt. Zymose et septicémie. In Brit. Med. Joum., 1879. —Davahie. Recherches sur 
quelques-unes des conditions qui favorisent ou qui empêchent le développement de la sep- 
ticémie. In BuU. de VAcad. de méilecine, 2« série, t. VIII, 1879. — Déjerinb. Embolies 
graisseuses. In Soc. de biologie, 1879. — Feltx. Influence de Vair et de Voxygètie com- 
primés sur les animaux septicémiques. — Expériences démontrant que chez le cobaye même 
on peut provoquer des conditions de terrain défavorables à la végétation et à la pénétration 
des leplothrix infectieux. In Revue méd. de VEst, 1879. — Rech. expérim. sur un lepto- 
thrix trouvé pendant la vie dans le sang d'une femme atteinte de fièvre puerpérale grave. 
Note à VAead. des sciences. Paris, 1879. — Gaston du Pr<. La chirurgie et le pansement 
antiseptique en Allemagne et en Angleterre. Paris, 1879. — GosBSLra et BBRôERoif. Etudes 
sur les effets et le mode d*action des substances employées dans les pansements antisep- 
tiques. In Acad. d. sciences. Paris, 1879. — J. Guériii. Etude sur Vintoxication purulente. 
Paris, 1879. — Heetibux. Septicémie puerpérale. Discussion à VAcad. de médec. (Pasteur, 
i. Goérin). In Bull, de VAcad. de m/<f., 2* série, t. YIII. Paris, 1879. — Listbr. Sur la mé- 
thode Mîkseptique appliqués à la chirurgie. In Congrès méd, d Amsterdam, 1879. — Pas- 



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228 SEPTOMÈTRE. 

TEUR, JouBERT ct Ghamberland. La théoTte des germes et ses applications à la chirurgie, la 
Bull, de l'Acad. de méd., 2* série, t. VIH. Paris, 1879. — Communications et discussions à 
l'Acad. de méd. sur la septicémie (Trélat, M. Perrin, Pasteur, L. Le Fort, Legouest, Gosselin), 
In Bull, de l'Acad. de méd., 2« série, t. VIU. Paris, 1879. — Picard. Des maladies de la 
vessie et de l'affection calculeuse. Paris, 4879. — U. Picaw. Sur la contagion puerpérale 
et les moyens prophylactiques et thérapeutiques à lui opposer. In Congrès méd. d'Amster^ 
dam, 1879. — Rbwdo (J.). De l'utilité des lavages intra-utérins antiseptiques dans l'iitfec» 
tion puerpérale. Paris, 1879. — T. TiDSRAT. Elude critique sur la septicémie et la pyohémie. 
Paris, 1879. — TonssAWT. Recherches expérim. sur la maladie charbonneuse. — Rapport 
fait à M. le ministre de V agriculture et du commerce sur une mission dans la Beauce^ 
ayant pour objet de rechercher par quelle voie, dans les pays oit sévit le charbon, la bac- 
téridie ou ses germes pénètrent dans l'organisme. Paris, 1879. — Vitriiedil. Du bain anti- 
septique prolongé et permanent, avec quelques considérations sur les allures du poison 
septique. In Arch. gén. de méd., 7* série, t. Ill, 1879. — Perret. De la septicémie. Thèse 
de concours pour l'agrégation en médecine, 1880. — Verneoil. Mémoires de chirurgie, 
t. II. Paris, 1880. — Jearnel. Infection purulente ou pyoliémie. Histoire et doctrines (Mé- 
moire couronné par la Société de chirurgie de Paris. Prix Gerdy, 1879). Paris, 1880. 

J. CUAU?EL. 

SEPTICITÉ ((njTrrixô;). Le nom de septicité exprime à la fois le caractère 
septique et infectieux d*une maladie. Les substances dites infectantes et aux- 
quelles on oppose un ensemble de moyens appelés désinfectants agissent de ma- 
nières diverses qui n'entraînent pas toujours Tidée de corruption attachée au 
mot de septicité : de même, les opinions sont encore bien partagées sur la na- 
ture des maladies septiques. Toutes ces questions sont étudiées aux mots Désik* 
FECTAisTs et Septicémie. D. 

SEPTiFOliiLmE. Nom donné à la Tormentille (voy. ce mot). Pl. 

SEPTirvERWiii. Nom donné au Grand Plantain (Plantago major L.) 
(voy. Plamtain). Pl. 

SEPTOnËNÉS. Erreur typographique (voy. SbPTOfJÉHEs). 

SEPTOMÈTRE (de ffîjTTràç, putréfié, et lUxpov, mesure) ; instrument qui 
sert à mesurer le degré de septicité de Tair. Un tel instrument rcîlidrait assuré- 
ment les plus grands services au point de vue de Thygiène. M. Angus Smith a 
décrit sous ce nom un appareil qui indique seulement la quantité de matières 
organiques, plus ou moins putrescibles, que Tair contient. 11 se sert d'une solu- 
tion titrée de permanganate de potasse, dont une quantité déterminée est versée 
dans un flacon de volume connu ; en remplissant ce flacon un certain nombre 
de fois, au moyen d'un soufflet, avec l'air examiné, et en secouant de temps en 
temps pour mêler l'air et le liquide, ou sait quel volume de cet air contient la 
quantité de matière organique capable de décolorer un poids déterminé de per- 
manganate. 

Au congrès d'hygiène de Paris, en 1878, MM. Geneste, Hcrscher et Jomasco, 
ont mentionné un petit appareil, dit aéroxymètrey qui répond à la mèmeiinten- 
tion. Un vase plein de glace condense un volume déterminé de vapeur d'eau 
dans un tube rempli d'une solution titrée^de chlorure d'or; on porte le mélange 
à l'ébuUition pendant quelques secondes ; un colorimètre gradué de à 20 per- 
met d'apprécier la décoloration du liquide, et, de cette façon indirecte, la quan- 
tité de matières organiques contenues dans l'air. 

Dans ces deux procédés, les causes d*erreur sont malheureusement nombreuses, 
et la septicité de l'air est préjugée d'une façon arbitraire. F. Vallin. 



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SÉPULTURES. 229 

Bduographib. — Amgus Snitb (R.). Diêinfection and JHnnfeclantt. Edinburg, 1869. — Do 
wtiE.Air and Bain, London, 1872, — Congrèê international d hygiène de 1878. Impri- 
merie nationale, 1880, t. I, p. 303. F. Y. 

SEPTONÉnÉs. Groupe de Champignons-Haplomycëtes, dont les représen- 
tants se développent sur Técorce des arbres ou des arbustes et qui sont consti- 
tués par la réunion d*un plus ou moins grand nombre de filaments floconneux 
entrelacés, simples ou rameux, souvent moniliformes, portant à leur extrémité 
des spores cloisonnées. 

Établi par Corda (Icônes fungorum hucusque cognitorum^ t. I, 1837), et 
placé actuellement dans la famille des Sporidesmiacées, ce groupe renferme sur- 
tout le genre Bispora Cord., caractérisé par les spores didymes et le genre Sep- 
tonema Cord., chez lequel les spores sont réunies par trois ou par quatre. Comme 
espèces principales de ces deux genres, nous citerons le Bispora monilioides 
Cord. (Toruia antennata Auct.), qu*on rencontre sur différents arbres, puis les 
Septonema secedens Cord. et S. viride Cord., qui sont communs le premier sur 
le Betttla alba L., le second sur le Sambvx^us nigra L. 

C'est au genre Septonema qu'on rapporte le Sporidesnùum exitiosum de Kuhn 
{But. Zeit.t 1856), champignon qui se développe sur les tiges et les fruits du 
coixa et de la navette et qui est parfois si nuisible en desséchant les siliques 
avant la maturation des graines. Ed. Lefèvre. 

SEPT#Riii (Septoria Fr.). Fries a établi sous ce nom un genre de Cham- 
pignons-Entophytes de Tordre des Pyrénomycètes, dont les conceptacles (spermo- 
gonies) forment, sur les feuilles d'un très-grand nombre de plantes herbacées, 
de petites taches sphériques diversement colorées. Ces spermogonies ont leur 
paroi interne tapissée de filaments cloisonnés (spe7rmaties)y cylindriques ou fu- 
siformes, qui s'échappent par ime sorte de pore sous forme de cirrhes ou d'ex- 
croissances allongées. 

D après des observations récentes, les Septoria ne seraient qu'une des phases 
du développement de certains Pyrénomycètes dont les pe'rithèces ne commencent 
à se former que sur les feuilles pourries. Ed. Lefèvre. 

9BPTIJM CRURALE. Nom donné par J. Cloquet à une sorte de cloison 
fibreuse ou lamineuse qui natt du pourtour de l'anneau crural et du ligament de 
Gimbemat et va se confondre avec le tissu cellulaire qui entoure les vaisseaux cnt- 
raux et l'artère épigastrique; par d'autres, à la portion infascia propria sous- 
péritonéal qui recouvre la face profonde de la cloison sus-indiquée. D. 



LUCIDOI. Cloison qui sépare les ventricules latéraux du cer- 
veau {voy. Cerveau). 

SÉPUliTiJRES (de sepelire^ inhumer, mettre dans la tombe). En éten- 
dant la signification étymologique de ce mot et en l'appliquant à toute manière 
de disposer de l'homme décédé, on a traité expertement, au mot Crémation, de 
divers modes de sépulture, mais surtout dans le but d'établir un rapprochement 
entre l'incinération des cadavres et leur enfouissement et de donner la raison en 
quelque sorte scientifique de l'apparition successive de ces deux pratiques funé- 
raires. Les articles consacrés à TInhuiiation et à rEMBADMEMEKT achèveront 
de mettre en lumière les points de vue multiples de ce sujet si intéressant. 



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250 SÉPULTURES. 

Aujourd'hui, nous ne voulons que présenter, avec des détails plus circonstanciés» 
le tableau, des rites funéraires en usage dans les diverses contrées du globe, et 
ce tableau, nous rempruntons à un ouvrage récent d'un de nos distingués colla- 
borateurs, H. le docteur Letoumeau : la Sociologie d'après V ethnographie. 
Paris, i880, C. Reinwald. D. 

I. Des bites funéraires en HéLAMésiE. En Hélanésie, les coutumes funéraires 
sont variées, même chez les types mélanésiens les plus infimes, chez les Tasma- 
niens et les Australiens, en tout si analogues les uns aux autres. Chez eux, le 
cadavre était parfois enterré ; parfois il était déposé dans une légère excavation. 
Dans les cas d*inhuroation, le corps était d'habitude placé dans une position ac- 
croupie, les genoux repliés sur la poitrine, les bras croisés. On avait soin alors 
de l'envelopper dans son manteau. Cette attitude funéraire était ou est encore 
usitée chez nombre de peuples, notamment chez les Andamanites, les Péruviens « 
les anciens Ecossais, etc., et elle a donné lieu à bien des coi\jectures, dont la 
plus vraisemblable doit être la plus simple. Pour l'imagination de la plupart des 
hommes primitifs, la mort est un long sommeil. Dans cette supposition, rien de 
plus naturel que de donner au cadavi*e l'attitude du repos que l'on a l'habitude 
de prendre au coin du feu, le soir, après une journée de chasse ou de guerre. 

Parfois aussi les Mélanésiens dont nous parlons plaçaient leurs morts soit 
dans des troncs d'arbres creux, soit dans des cercueils d'écorce. Dans tous les 
cas, ils déposaient à la portée du décédé ses armes de chasse ou de guerre. 

Les lieux d'inhumation étaient d'ordinaire isolés et destinés à un seul indivi- 
du ; quelquefois cependant les Australiens se faisaient de petits cimetières wm- 
muns. Mais les modes de sépulture dont nous venons de parler étaient usités 
surtout pour les jeunes gens. Pour les gens âgés, on faisait parfois plus de fa- 
çons, et, au lieu de les inhumer simplement, on les brûlait ; après quoi on en 
recueillait soigneusement les os calcinés pour en faire des amulettes protecteurs 
contre la maladie, pour en obtenir du succès à la guerre ou à la chasse. Toutes 
ces coutumes prouvent, de reste, que, pour le Tasmanien et TAustralien, une 
sorte de vie se continuait au delà du tombeau. Il semble bien aussi que là,, 
comme en bien d'autres contrées, le quelque chose que l'on se figurait persister 
après la mort, les mânes, en un mot, fussent bien plus un objet de terreur qu*un 
objet d'affection. Ainsi, après la mort d'un homme, on évitait de le nommer, et 
tous les membres de la tribu qui se trouvaient homonymes du décédé devaient 
changer de nom. Une coutume semblable existe d'ailleurs dans d'autres races, 
notamment en Polynésie. 

Tasmaniens et Mélanésiens s'infligeaient aussi, lors de la perte de certains des- 
leurs, soit des blessures, soit l'amputation d'une phalange. Voulaient-ils mani- 
fester leur douleur ou apaiser les mânes plus ou moins irritables du défunt ? 
Ils ne croyaient pas d'ailleurs à la mort naturelle. Pour eux, la cause habituelle 
de la mort résidait dans quelque maléfice inventé par un ennemi. Aussi chaque 
décès devaitêtre vengé par les proches. Tuer les assassins présumés, qui d'ordi- 
naire appartenaient à l'une des tribus voisines, était un devoir strict, et le car- 
nage était proportionné à l'importance du mort et à l'aflection qu'on lui portait. 
Pour témoigner au père R. Salvado la tendresse qu'il ressentait pour lui, un 
Australien lui promit d'égorger, s'il venait à mourir, au moins une demi-dou- 
zaine de ses compatriotes. C'est là, entre autres, un des résultats fâcheux qu*à 
eus dans le monde non pas la doctrine de l'immortalité de l'âme, tardivement 



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SÉPULTDRES. 231 

éclose dans la conscience humaine, mais la croyance à une survivance tempo- 
raire après la mort, qui est si commune dans toutes les races. 

Chez les Papous et les Néo-Calëdoniens, Tincinération des cadavres ne parait 
pas en usage. Parfois au contraire les Papous dessèchent, momifient leurs morts, 
et les conservent ensuite précieusement dans leurs cases. Quelques tribus néo- 
calédoniennes les laissent se putréfier dans des cases ad hoc, puis en recueillent 
les os et les placent soit dans une anfractuosité de rocher, soit dans un petit 
caveau creusé au fond des bois. Le plus souvent on les enterre dans un cimetière 
spécial à la tribu et qui est un lieu taboue. Certaines tribus néo-calédoniennes 
n enterrent que leurs chefs et se bornent à placer les cadavres des gens du com- 
mun sur les branches des arbres ou à les adosser contre leur tronc. Dans tous les 
cas, on place ou Ton fiche, à côté des restes du décédé, tous les ustensiles qui 
peuTent lui êt^e utiles ou agréables : les lances, les pagaies, les bijoux, etc. 

La mort d*un chef étant considéré à la Nouvelle-Calédonie comme une calamité 
publique et, d*autre part, la population ayant toujours une tendance fôcheuse à 
dépasser la limite des subsistances, il est d'obligation, après une perte de ce genre, 
de témoigner sa douleur en s'abstenant, pendant quinze jours ou un mois, de 
relations conjugales. On le voit, il ne s*agit point ici d*un deuil de cour. Une 
fois le délai expiré, une fête commémorative marque la levée de Tinterdiction. 

De tous ces faits, on peut évidemment conclure que les Mélanésiens et même 
leurs types les plus inférieurs croient à une survivance quelconque après la mort 
et ressentent plus ou moins longtemps, à Toccasion de leurs morts, des senti- 
ments soit d'affection, soit de cruauté. 

II. Des rites Fo^éiuiRES en Afrique. Des sentiments affectueux pour les 
morts existent aussi chez les Africains même des races les plus humbles. Les 
Bushmen ont-ils des idées quelconques au sujet d*une vie future ? Quelles sont, 
dans ce cas, ces idées? Il est difficile de le savoir. Mais, quoi qu'il en soit, ils 
sont déjà sensibles à la perte des leurs et manifestent énergiquement leur dou- 
leur eu s'amputant une phalange du petit doigt. Quelques hommes s'astreignent 
à cette douloureuse pratique, mais déjà, chez les Bushmen, la femme semble 
plus ailective que l'homme, car la mutilation phalangienne est beaucoup plus 
commune chez elle. D'ailleurs, l'amputation partielle du petit doigt paraît être 
aux yeux des femmes de cette race une sorte de sacrifice auquel elles attribuent 
des effets variés, car il leur arrive quelquefois de faire subir cette mutilation à 
leurs enfants pour les empêcher de mourir. 

Les Bushmen n'enterrent guère leurs morts, mais les Hottentots, déjà plus 
civilisés, déposent souvent les leurs dans une fosse peu profonde. Comme beau- 
coup de Mélanésiens, ils placent le cadavre dans une position accroupie, en 
l'enveloppant de son kros ou manteau, qu'ils ont soin cependant, en gens éco- 
nomes, de choisir aussi mauvais que possible. 

Sous le rapport des rites funéraires, les ennemis héréditaires des Hottentots, 
les Cafres, ne diffèrent pas beaucoup de leurs voisins. Du reste, laracecafre n'a 
pas précisément le cœur sensible, aussi ses diverses ti'ibus se soucient assez 
peu de leurs morts. Le populaire cafrc jette tout simplement les cadavres de 
ses proches dans une fosse ouverte, commune à toute la tribu et située à une 
certaine distance du kraal. Les hyènes et les chacals se chargent du reste. Il 
n'est même pas rare de voir un fils traînant sans cérémonie à la fosse commune 
le cadavre de sa mère ou de son père. Seuls, les chefs sont inhumés plus céré- 



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252 SÉPULTURES. 

monieusement, sur la place publique» dans l'enceinte même où les hommes de 
la tribu ont l'habitude de se réunir, et l'on a soin de couvrir leurs corps d'un 
caim en pierres. 

Chez les nègres de l'Afrique ëquatoriale règne» au fond, une assez grande 
uniformité de rites funéraires. L'inhumation est de règle et elle se pratique dans 
une fosse en forme de puits, où le cadavre est placé dans une position accroupie. 
Clapperton a trouvé cette coutume en usage à Yourriba, Koulfa, Borgou, etc. 
Schweinfurth a rencontré des coutumes analogues chez les Bongos du haut Nil, 
mais avec une curieuse recherche. En effet, les Bongos ont soin de pratiquer en 
un point de la paroi du puits funéraire une niche assez profonde pour recevoir 
le cadavre accroupi. Leur intention, pleine de sollicitude, est d'éviter au mort 
la pression de la terre, dont ils i*emplissent la fosse. C'est un pieux souci dérivant 
évidemment de l'idée que le défunt est encore sensible à la douleur. Des craintes 
du même genre ont hanté l'esprit de bien des races. « Que la terre te soit l^ère ! » 
est un dicton consacré, même en Europe, dans le style des oraisons funèbres. 
Dans un hymne védique adressé à la Mort on trouve la même idée poétiquement 
exprimée : « terre ! couvre-le comme une mère couvre son enfant d'un pan de 
sa robe, etc. » 

C'est que, comme nous l'avons dit précédemment, pour l'imagination de 
l'homme primitif ou peu développé, la mort n'est le plus souvent qu'une autre 
forme de la vie. A Koulfa, dans l'Afrique équatoriale, on a soin de pratiquer un 
trou au haut du tombeau, creusé parfois à la porte même de la maison du dé- 
funt. Près de cet oriflce on dépose des pagnes, des objets divers, en priant le 
défunt de les donner à tel ou tel de ceux qui l'ont précédé dans la mort. Les 
Niam-Niam, qui souvent inhument aussi lcui*s morts dans une position assise, 
ont soin au préalable de les parer comme pour une fête, avec des peaux d'ani- 
maux, des plumes ; ils les peignent en rouge, la plus belle des couleurs selon 
l'esthétique de la plupart des races sauvages. 

A l'ouest de TAfrique tropicale, chez les Timannis, on a dans les villes des 
maisons mortuaires où sont déposés les restes des rois et des chefs. Ces maisons 
ne sont jamais ouvertes; mais dans leurs parois on a pratiqué d'étroits orifices, 
par lesquels on introduit, à des époques déterminées, des aliments et du vin de 
palme. Avant de manger et de boire, les Tinnamis ont aussi bien soin de préle- 
ver pour les morts une petite portion de leurs aliments, qu'ils jettent à terre. 
Ainsi font encore les Fantis, les Acbantis, etc. Des coutumes analogues se retrou- 
vent d'ailleurs un peu par toute la terre. C'est l'idée de la survivance, sous sa 
forme première. Hais il y a loin de là à l'idée de l'immortalité éthérée à laquelle 
la plupart des Européens croient ou feignent de croire. Le quelque chose que 
l'on suppose naïvement persister après la mort a tous les besoins, tous les dé- 
fauts, toutes les qualités que le défunt avait de son vivant. 

Rien de plus innocent que les offrandes d'aliments, d'armes, d'ornements, 
etc.; mais on n'en saui^ait dire autant des sacrifices funèbres dérivant de cette 
même hypothèse d'une vie future, dont nos prêtres, nos moralistes et nos pro- 
fesseurs de philosophie ne cessent de nous vanter les salutaires effets. 

Les sacrifices funéraires ne sont peut-être dans certains cas qu'une extension 
de la pratique des mutilations funéraires, en vigueur chez tant de peuples plus 
ou moins sauvages, dont la douleur, affectée ou sincère, se manifeste en s'in- 
fligeant des plaies, des mutilations. Les Mélanésiens, les Hottentots, etc., s'am- 
putent souvent une phalange du petit doigt, à la mort d'un proche. Ailleurs on 



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SÉPULTURES. S55 

se contente de se lacérer la peau» d*j faire des incisions plus ou moins profondes. 
Ainsi, du temps de Bruce, les Abyssiniennes manifestaient la douleur que leur 
causait la perte d'un parent ou d'un amant en s'incisant légèrement la peau des 
tempes avec l'ongle du petit doigt, qu'elles laissaient même croître à cet effet. 

De l'idée de se faire souffrir soi-même on passe facilement à celle de faire 
souffrir les autres. C'est ainsi que, dans l'Achanti, à la mort du roi, les fils, 
frères, neveux du défunt, en proie à une démence simulée, se précipitent hors 
du palais royal, eu tirant des coups de fusil indistinctement sur tous ceux qu'ils 
rencontrent. Hais le plus souvent les choses se font avec plus de méthode, plus 
solennellement, plus logiipiement aussi. Quand on suppose que le défunt a 
simplement passé de ce monde subliinaire À un monde invisible, mais analogue, 
quoi déplus naturel que de lui donner pour compagnons les êtres qui lui tenaient 
de plus près sur la terre? Ne faut-il pas .que le mort, s'il a joué quelque rôle 
ici-bas, arrive dans Vau delà aimé, choyé, entouré, servi, comme il avait Tha- 
bitude de l'être ici-bas? On sacrifie donc sur sa tombe soit ses animaux fami- 
liers, son cheval ou son chien, comme on le faii»ait au Borgou, soit ses femmes, 
ses plus prcches parents, ses esclaves. 

Cette coutume barbare, mais parfaitement logique, est en vigueur dans nom- 
bre de localités de l'Afrique équatoriale. Dans l'Achanti, la mort du roi est 
suivie de véritables hécatombes d'esclaves. 11 serait malséant, en efiet, qu'un 
monarque achanti entrât dans la vie future sans une escorte proportionnée à son 
rang illustre. A Katunga, dans l'Yourriba, quand le roi vient à mourir, le ca- 
bocir ou chef de Djannah, trois autres grands cabocirs, quatre des femmes du 
monarque défunt et quantité de ses esclaves favoris sont obligés de s'empoison- 
ner. C'est dans un œuf de perroquet que le poison leur est servi, et quand par 
hasard il ne produit pas d'effet, les patients doivent y suppléer en se pendant 
dans leur maison. A Jenna, sur le Niger, à la mort d'un gouverneur, une ou 
d^ix de ses femmes ont le devoir de se suicider le même jour, afin que le défunt 
ait nne agréable compagnie dans le gouvernement posi mortem^ dont il est allé 
prendre possession. Dans les mêmes régions, à Katunga, quand le roi meurt, il 
est d'obligation stricte, pour son fils atné, sa première femme et les principaux 
personnages de son royaume, de s'empoisonner sur son tombeau, afin d'être 
ensevelis avec le défunt. Cette coutume a, en outre, une portée politique; elle 
prévient les effets souvent funestes de l'hérédité monarchique. Grâce à elle, à 
Katunga, le monarque est toujours élu et son fils ne lui succède jamais. 

Une fois les cérémonies funèbres terminées, quand il y en a, on songe assez 
souvent à un monument funéraire quelconque. Sous ce rappo**t, il y a en effet 
toute une gradation. L«s Bushmen semblent d'ordinaire abandonner leurs morts. 
Lès Hottentots les inhument dans une fosse peu profonde et les recouvrent tant 
bien que mal d'un petit tas de pierres. Les Cafres jettent, comme nous l'avons 
va, les gens de rien dans une fosse commune, découverte, sorte de voirie mor- 
tuaire, et n'inhument que les chefs, en élevant sur la sépulture un amas de pierres 
de forme conique. Dans l'Afrique équatoriale, on enterre aussi les gens considé- 
rables dans des puits cylindriques, profonds d'environ six pieds. Souvent, en 
outre, on indique la fosse par un tumulus en terre ou par l'érection d'une pierre 
haute de cinquante à soixante centimètres, quelque chose d'analogue aux men- 
hin dits celtéquei. Les Niam-Niam et les Bongos ont soin, en outre, d'orienter 
convenablement le cadavre, de l'est à l'ouest. Les premiers placent le visage du 
cdté de l'est, si c'est un homme; du coté de l'ouest, si c'est une femme. Serait- 



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S54 SÉPULTURES. 

il convenable, en eflet, qu'une femme morte regardât le soleil levant? Les Bongos, 
leurs voisins, pourtant, ont sur ce point des idées tout à fait opposées. Chez 
eux, ce sont les femmes mortes qui ont le privilège de regarder l'orient. 

Le soleil, Téblouissant soleil, auquel l'homme doit d'exister et de durer, a joué 
un grand rôle dans toutes les mjthologies, et nombre de peuples appartenant à 
toutes les races s*en sont grandement préoccupés dans Torientation de leurs morts. 

Nous venons de voir que le menhir celtiforme a été inventé dans rAfrique 
centrale. 11 l'a été bien ailleurs, notamment dans l'Hindoustan, aux iles Fidji, 
etc., et il en est de même d'une construction funéraire plus celtiforme encore» 
du dolmen. 

Les Hovas de Tananarive, à Madagascar, déposent leurs morts sous de vrais 
dolmens funéraires formés de cinq pierres plates, quatre verticales et une hori- 
zontale ; puis ils recouvrent le tout de cailloux formant tumulus. La dalle supé- 
rieure est parfois énorme: M. Dupré en a vu une qui avait treize mètres de côté 
et jaugeait environ quatre-vingt-dix mètres cubes. 

L'homme est vraiment de race moutonnière. Cette similitude entre les mo* 
numents funéraires des Hovas et des Européens préhistoriques de Fâge de la 
pierre polie suffirait presque à le prouver, si tant d'autres analogies siirement 
spontanées, ayant surgi çà et là un peu par toute la terre, ne mettaient d'ailleurs 
le fait hors de doute. C*est que, dans quantité de circonstances du même genre, 
nom) ire d'hommes de toutes races ont des idées semblables. Fait encourageant 
pour les sociologistes et leur permettant d'espérer qu'un jour le vaste sujet dont 
ils s'occupent pourra fournir les éléments d'une véritable science. 

III. Des rites pumêraires en Polth ésie. Sous le rapport des rites funéraires, 
comme sous tous les autres, une assez grande uniformité règne en Polynésie, 
mais sans exclure pourtant quelques difTérences locales. 

D'ordinaire le mort polynésien n'était point inhumé, mais desséché soigneu- 
sement à l'air libre, puis placé dans une position accroupie, enroulé dans des 
bandelettes d'étoffes de papier et conservé ainsi, dans un morai spécial. L'opé- 
ration de la dessiccation mortuaire était longue et chanceuse. On conunençait par 
exposer le cadavre en plein air sur un châssis soutenu par quatre poteaux, en le 
recouvrant d'un toit léger, d'une construction analogue au pavillon central des 
doubles pirogues polynésiennes. Parfois, par exemple à Noukahiva, le châssî» 
était remplacé par un tronc d'arbre à pain, creusé en forme de pirogue et roi- 
couvert, après la dessiccation, d*un autre tronc excavé comme le premier et s'y 
adaptant hermétiquement. Pour la plupart de ces insulaires, le pays de Yau ddà 
était une île lointaine, où l'on n'anîvait qu'après une longue navigation. Aussi 
avait-on soin de placer auprès du cadavre des armes, par exemple, une massue, 
des coques de noix de coco servant à puiser de l'eau, des vivres, de l'eau, des 
fruits à pain, du poisson, destinés à sustenter l'ombre du défunt, qui était sup* 
posée d'ailleurs ériger quelque temps autour du corps. 

Pour obtenir la dessiccation du cadavre, on avait souvent soin d'en extraire les 
intestins par l'anus; puis, chaque nuit, on mettait le défunt sur son séant et on 
le frottait d'huile de cocos. Quand l'opération réussissait, il ne restait plus qu*à 
enrouler la momie dans ses bandelettes. Aux iles Gambier, le cadavre, préparé 
de la même manière, n'était pas placé dans une position accroupie, mais, une 
fois desséché, il était couché horizontalement et les bras collés au flanc, dans une 
grotte funéraire. Les habitants de l'île de Pâques inhumaient leurs morts sous les 



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SÉPULTURES. 255^ 

pierres des plates-formes supportant les célèbres statues colossales de leur île. 

Les Néo-Zélandais inhumaient aussi leurs morts, mais seulement trois jours 
après le décès et après les avoir bien frottés d'huile et placés dans une attitude 
acci*oupie ; puis ils recouvi*aient la tombe d un tas de pierres sur lequel ils dé- 
posaient quelques vivres. 

Un fait singulier, observé par Cook à la Nouvelle-Zélande, montre une fois de 
plus avec quelle circonspection il faut interpréter les similitudes ethniques, même 
quand elles sont toutes spéciales. Sur une tombe, les Néo-Zélandais avaient 
érigé une croii ornée de plumes et tout à fait semblable à la croix catholique. 

Nous avons vu les insulaires de Gambier placer leurs morts dans des grottes 
naturelles. A Tonga, comme en tant d'autres points du globe, on élevait pour 
les morts de distinction une grotte artificielle, une sorte de dolmen formé de 
larges dalles de grès. 

En bien des contrées, la douleur, le regret qu'éveille chez les survivants la perte 
d'un parent, d'un ami, ont donné l'idée non-seulement d'élever des monuments 
funéraires, mais aussi de peindre, de sculpter des emblèmes. Si peu artistes que 
fassent les Polynésiens, ils s'étaient cependant exercés quelque peu à cet art funé- 
raire. Â Taïli, Cook vit dans un morai mortuaire des planches sur lesquelles 
on avait sculpté des figures d'hommes et d'animaux, notamment un coq, auquel 
on avait essayé de donner plus de vérité en le peignant en rouge et en jaune. 
Ailleurs on avait sculpté une petite figure de pierre. Il semble bien que les^ 
grandes statues de l'ile de Pâques aient eu une destination analogue ; qu'elles 
aient ou non été exécutées par les Polynésiens actuels, avec les instruments 
d'obsidienne dont H. Pinard a récemment présenté des échantillons à la Société 
d'anthropologie, il faut cependant observer que la sculpture, surtout la sculpture 
m piètre, est un art peu familier aux Polynésiens. 

bans certains archipels, la coutume du deuil, même prolongé, était en vi- 
gueur. À Taîti, les veuves portaient sur leur tête une coiffure de plumes d'une 
eouleur spéciale et même se couvraient le visage d'un voile. Les femmes qui 
avaient lavé, oint, préparé le cadavre, étaient soumises à un rigoureux tabou 
durant jusqu'à cinq mois, s'il s'agissait d'un chef. Pendant tout ce temps elles 
ne pouvaient plus toucher de leurs mains à aucun aliment et l'on devait leur 
mettre les morceaux dans la bouche. Partout aussi, en signe de deuil, on plantait 
dans les lieux funéraires des casuarinas^ arbres sans feuilles, au port triste, ana- 
logue à celui des prêles. Par surcroît, les lamentations, les chants, etc., étaient 
de rigueur. Aux îles Marquises, les lamentations des femmes étaient, quand le 
défunt était un homme, accompagnées d'une mimique des plus étranges. La veuve 
et quelques jeunes filles sautaient en cadence autour du cadavre, en prenant des 
attitudes lascives, puis, se penchant sur le mort, pour le bien examiner, elles Si'é- 
criaieut : « Il n'a pas bougé. . . Il ne bouge pas. . . Hélas ! il n'est plus de ce monde ! » 
Mais la douleur funéraire ne se manifestait pas en Polynésie seulement par des 
cérémonies et des gémissements: il fallait des blessures, des mutilations, des 
sacrifices. Ce n'était pas assez de la douleur morale : le sang devait couler. 

Ces coutumes sanglantes étaient générales en Polynésie et assez uniformes. 
Presque partout on se lacérait le corps et le visage avec une dent de requin ou 
un coquillage tranchant. Mais c'était surtout à Tongatabou que la douleur fu- 
néraire, sincère ou affectée, se manifestait d'une manière cruelle. Là, comme 
partout ailleurs, les signes de regret étaient en raison directe de la position 
sociale du défunt. A la mort d'un chef, on se rasait les cheveux ; on se lacérait 



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S56 SÉPULTURES. 

la face et le corps ; on se meurtrissait ; on se brûlait la peau ; on se plongeait 
une pique dans la cuisse, les flancs, les joues ; on s*aniputait aussi les phalanges 
du petit doigt et de même celles de Tannulaire, comme en Australie, etc. 

Quelque violent que fût le désespoir funèbre des Polynésiens, il n'était pas 
toujours sincère, et Porter a vu à Noukahiva une veuve dont le mari avait été 
dévoré par un requin se prostituer aux matelots américains, tout en ayant sur 
le cou, la poitrine et les bras, nombre de blessures funéraires encore béantes. 
L'hypocrisie n*est pas un vice propre aux seuls civilisés ; sans compter que les 
Polynésiens étaient d'une légèreté enfantine et n'avaient pas encore de pudeur. 

 la Nouvelle-Zélande, une seule explosion de douleur n*était pas considérée 
comme suffisante. Parfois, on y déteiTatt les morts à de certaines époques de 
l'année et on les pleurait de nouveau, avec un nouvel accompagnement de bles- 
sures volontaires et profondes. 

Mais au souci de témoigner sa douleur par des blessures et des mutilations 
volontaires s'ajoutait souvent le désir de ne pas laisser le défunt arriver seul 
dans le pays de Fau delà, et pour satisfaire ce pieux désir on recourait aux sa- 
crifices humains. 

Sans doute la morale néo-zélandaise n'obligeait pas toujours la femme d'un 
homme à ne pas survivre à son mari, mais, si celle-ci se pendait spontanément 
à un arbre, sa conduite était fort admirée. Certaines tribus cependant transfor- 
maient cette obligation morale en devoir strict, et à la mort d'un chef on avait 
coutume chez elles d'étrangler les femmes du défunt sur sa tombe. Des coutumes 
aussi barbares régnaient aux îles des Amis et ailleurs, concurremment parfois 
avec des pratiques tout à fait opposées. Ainsi les Néo-Zélandais, si pieux envers 
leurs morts, mangeaient de temps en temps leurs proches tués dans les combats. 
Parfois même des fils dévoraient leur mère, et des pères leurs fils. Ajoutons que 
les mêmes insulaires avaient l'habitude, à la mort d'un chef, après l'avoir pleuré 
et cérémonieusement regretté, de mettre au pillage tout ce qu'il possédait. 

Souvent des esclaves étaient sacrifiés sur la tombe. Une mère néo-zélandaise, 
dont l'enfant s'était noyé, insistait pour qu'on mît à mort une femme esclave, 
afin qu'elle soignât et accompagnât le petit être dans son voyage au pays d'outre- 
tombe, au Reinga. 

Aux îles Marquises, on immolait parfois deux sen iteurs, deux kikinas chargés 
de porter, l'un la ceinture du défunt, l'autre la tête de porc servie au festin des 
funérailles. La précaution était importante ; car le gardien du Noukahiva d'outre- 
tombe aurait impitoyablement repoussé, injurié, lapidé les arrivants, s'ils ne 
s'étaient pas présentés au séjour des ombres selon les rites convenables. Parfois 
les victimes funéraires, hommes ou femmes, étaient enlevées par embuscades 
aux tribus voisines. 

Les sacrifices humains étaient aussi de règle, aux îles Sandwich, quand il s'a- 
gissait de quelque personnage notable, et l'on y pratiquait aussi le suicide funé- 
raire. A la mort de Tamehameha, plusieurs personnes qui lui avaient été cliau- 
dement attachées se suicidèrent pour l'accompagner dans l'autre monde ; cela 
sans préjudice des victimes obligatoires et des mutilations volontaires. Eu outre, 
dans les années qui suivirent la mort de ce Napoléon hawaïen^ on célébrait Tan- 
niversaire de ce funeste événement en s'arrachant une dent incisive. Nomalianna, 
veuve de Tamehameha, avait fait tatouer sur son bras droit, en langue hawaïenne : 
• Notre bon roi Tamehameha est mort le 6 mai 1819. i Allant plus loin encore, 
certains insulaires s'étaient fait faire la même opération sur la langue. Au festin 



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SÉPULTURES. 257 

funéraire de ce grand prince, la consommation obligatoire de cochons fut telle, 
qu*oa ne trouvait presque plus de porcs dans File après cet événement. Tout en 
étant peut-être excessive, cette admiration des Hawaïens pour les conquérants ne 
saurait surprendre en Europe que quelques esprits chagrins. 

Nous terminerons là notre brève énumération des coutumes funéraires en Po- 
lynésie; mais, avant de poursuivre, il est à propos de remarquer que ces funé- 
railles plus ou moins sanglantes n*ont guère lieu qu^après le décès des hommes 
et qn*il en est de même à peu près chez toutes les races sauvages. A la mort de 
leurs maris, les femmes sont souvent sacrifiées, mais on ne voit nulle part que 
la réciproque ait lieu, et la plupart des voyageurs gardent sur les obsèques fé- 
minines un éloquent silence, d*où Ton peut induire que, presque partout, la 
femme est inhumée sans grande cérémonie. C'est là une particularité à ajouter 
aux faits si nombreux qui attestent le dédain généralement professé pour la 
femme chez les peuples primitifs. 

[Y. Des rites funéraires en Amérique. Au point de vue des rites funéraires, 
le vaste continent américain peut se diviser en trois grandes régions : méridio- 
nale, centrale et septentrionale. Sans doute ces régions sont as^ez mal délimitées; 
elles se pénètrent Tune Tautre, et dans chacune d'elles il existe des tribus ayant 
(les coutumes funéraires spéciales ; mais en général on peut dire que l'Américain 
du Sud pratique Tinhumation, et souvent en donnant au cadavre une position 
assise ou accroupie. Dans la région centrale, au Mexique, les morts de quelque 
distinction étaient soumis à la crémation, pratique généi'alement inconnue en 
Mélanésie, en Afrique, en Polynésie et dans l'Amérique méridionale. Quant à 
l'Américain du Nord, d'ordinaire il n'inhume ni ne binlle ses morts: il les place, 
à la mode polynésienne, sur des estrades funéraires, et recueille ensuite plus ou 
moins soigneusement leurs os. Du reste, l'énumération que nous allons faire 
mettra sufBsamment en relief ces traits généraux. 

Les Patagons, les Araucanos, les Pampas, les Puelches, les Charmas, inhument 
leurs morts généralement dans la position accroupie, et ils ont bien soin de 
déposer à côté du défunt des vêtements, des ornements, des armes, des flèches, 
quelquefois peintes en rouge, des vivres. Souvent ils brillent le reste des objets 
ayant appartenu au défunt et tuent sur sa tombe les animaux domestiques dont 
il s*est servi. Chez les Chiquitos, les Araucanos, les Patagons, on a grand'peine 
encore à croire à la mort naturelle : aussi le décès des chefs est souvent attribué 
à des maléfices, d'où des vengeances, dts meurtres et des guerres sans un. 

Chez les Charmas ainsi que chez les tribus du Grand-Chaco, on ne se contente 
pas, dans les cérémonies funéraires, d'immoler des animaux domestiques ; mais, 
comme en Polynésie, les parents se font de profondes blessures sur les bras, la 
poitrine, les flancs. Les femmes s'amputent même une phalange et doivent s'as- 
treindre à des jeûnes sévères. Notons, en passant, que l'amputation funéraire 
d'une phalange digitale est aussi une coutume polyn&ienne. 

Chez les Guaranis, le mort est aussi inhumé dans une position assise, mais 
après avoir été préalablement introduit dans un grand vase funéraire. Parfois 
le défunt est enterré dans sa propre maison, et chaque matin, pendant longtemps, 
sa famille en fait l'éloge avec force lamentations. 

Des coutumes funéraires, analogues au fond, régnaient chez les anciens Péru- 
riens, surtout chez ceux du Midi, dans le royaume de Cuzco. Le mort était 
inhumé assis et vêtu, au milieu des objets qui lui avaient appartenu et d'une 



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^38 SÉPULTURES. 

provision de vivres. L'inhumatiou s*efrectuait tantôt dans un caveau de la maison 
même, tantôt dans un cimetière commun. Autant que possible on évitait la pu- 
tréfaction» soit en desséchant le cadavre, comme les Polynésiens» soit en se 
servant de résines» comme les anciens Egyptiens. Souvent on extrayait les en- 
trailles, ce qui est aussi une coutume polynésienne. Les sacriûces humains, 
volontaires ou non, étaient fréquents au Pérou à la mort des grands personnages. 
Balboa rapporte qu*à la mort de Tlnca Yupangui nombre de courtisans furent 
sacrifiés. A la mort de Huayu-Capac, plus de mille personnes se donnèrent volon- 
tairement la mort. 

Dans l'ancien Mexique apparaît Tusage de la crémation mortuaire ; mais il 
•était loin d*être général, c'était un privilège réservé seulement aux personnages 
de distmction. Le corps, habillé de telle ou telle manière, suivant la divinité 
<]ui lui servait de patron, était d'abord jonché de morceaux de papier couverts 
d'hiéroglyphes et servant de talismans protecteurs. Après l'incinération, les 
cendres, recueillies daus un vase, étaient ou conservées dans la maison du défunt 
ou ensevelies soit en pleine campdgne, soit dans des édifices consacrés. Les 
restes des rois et des grands personnages étaient d*ordinaire déposés dans les 
tours des temples. Quant aux morts non brûlés, ils étaient placés dans de profon- 
deur des fosses en maçonnerie, assis sur des sièges bas appelés icpaUiSf et Ton avait 
soin de déposer à côté d'eux les instruments de leur profession, par exemple: à 
côté d'un militaire on mettait un bouclier et un sabre ; à côté d'une femme on 
mettait une navette, un fusean, etc. Là, comme en tant d'autres pays, les per- 
sonnages distingués ne pouvaient pas partir seuls pour le pays d'outre-tombe et 
des esclaves plus ou moins nombreux étaient sacrifiés sur leur tombeau. Dans le 
Zapotécan, on était persuadé que pendant quelques années les ombres des morts 
revenaient visiter leurs familles : aussi avait-on soin, à un certain jour de 
l'année, de leur servir un festin auquel les parents assistaient silencieux, inmio- 
biles et les yeux baissés, pour ne pas troubler le repas des convives invisibles. 

Dans la Colombie, les rites funéraires commencent à varier quelqaç peu. 
Certains peuples, par exemple, les Troacas, ensevelissent encore pompeusement 
leurs morts, avec leurs armes, etc., en ayant soin de les envelopper d'une 
épaisse couche de feuilles de bananier, pour leur éviter le contact de la terre ; 
mais d'autres tribus riveraines de l'Orénoque ont des coutumes toutes diffé- 
rentes : leur désir est d'avoir le plus tôt possible le squelette bien préparé du dé- 
funt et, pour cela, elles plongent le cadavre dans le fleuve, en ayant soin de l'at- 
tacher à une corde solide. En un ou deux jours les poissons accomplissent l'opéra- 
tion désirée, en dévorant toutes les chairs. Alors on détache les os les uns des 
autres ; on les arrange artistement dans un panier que l'on suspend au toit de la 
maison. Ce sont déjà des funérailles aériennes, si usitées dans l'Amérique du Nord. 
Chez les Caraïbes, le panier funéraire est ausbi en usage, mais les os sont re- 
cueillis seulement apràs la décomposition du cadavre, qui est d'abord et pendant 
un temps plus ou moins long couché dans un hamac, sous la surveillance des 
femmes du défunt, moins une, qui est souvent sacrifiée, s'il s'agit d'un chef. 

Néanmoins, comme nous l'avons déjà remarqué, il n'y a pas de ligne de dé- 
marcation bien nette entre les régions américaines oii règne tel ou toi rite funé- 
raire. Sans doute la coutume de la crémation semble bien n'avoir été usitée 
en grand qu'au Mexique, mais aujourd'hui encore les Roucouyennes, Indiens 
de la Guyane, brtUent souvent leurs morts, après les avoir peints et parés. 

La crémation était et est aussi en usage, cà et là, dans l'Amérique du Nord, 



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SÉPULTURES. 239 

surtout yers te sud. Dans beaucoup de tumuli des Etats méridionaux, on trouve, 
en edet, des urnes funéraires contenant des couches de charbon de bois. Tout ré- 
cemment encore, les Shoshoniens brûlaient leurs morts avec tous les objets 
qui leur avaient appartenu. Les Indiens de la baie de San Francisco faisaient 
de même. Les Tahkalis pratiquent aussi l'incinération des cadavres, mais très- 
cérémonieusement, en présence de Thommep-médecin, qui par des gesticulations 
et des contorsions est chargé de faire passer Tâme ou l'ombre du défunt dans le 
corps de Tun des assistants, héritier dès loi*s du rang et du nom du mort. 

A Sitka, on combine la crémation et l'exposition sans inhumation. Les ca- 
davres sont brûlés, puis les cendres, recueillies dans des boîtes, sont déposées 
dans des petits bâtiments funéraires. 

Pourtant l'abandon du cadavre à l'air libre, sur un échafaudage mortuaire, 
est très-usité chez les Peaux-Rouges. Les Assiniboines et nombre d'autres tribus 
déposent ainsi leurs morts soit sur les branches des arbres, soit sur un écha- 
faudage funéraire assez élevé pour les mettre à l'abri des atteintes des quadru- 
pèdes carnassiers. Au bout d'un temps suffisant, les os sont recueillis, amoncelés 
dans des ossuaires spéciaux, et, en cas d'émigration, la tiibu, autant que pos- 
sible, emporte les restes des siens ou tout au moins les cache dans une caverne 
ou les enfouit dans le sol. Dans l'Amérique septentrionale, à la Nouvelle* 
Albion, les cadavres sont déposés avec des arcs et des traits brisés dans des 
pirogues que l'on suspend ensuite entre les arbres à dix ou douze pieds du sol, 
en les recouvrant d'une large planche. Les cadavres d'enfants sont placés dans 
des paniers, que l'on suspend aussi à de grands arbres, en y déposant souvent 
des petites boites carrées pleines d'une pâte alimentaire. Là, comme chez presque 
tous les peuples primitifs, on croit que l'ombre du mort a conservé tous les 
besoins des vivants. D'ailleurs, pour les Peaux-Rouges, le pays d'outre-tombe 
est tout à fait analogue à leur habitat terrestre; c'est où une terre promise, 
pleine de buffles et de chevreuils exquis, d'arbres en fleur, jouissant d'un per- 
pétuel printemps, ou une région glacée, déserte, où l'on souffre de la faim, de la 
soif, etc. Caries rêves de l'homme ne peuvent être qu'un reflet embelli ou assom- 
bri de la réalité, et, (jomme nous le verrons, par toute la terre et chez toutes 
les races, la vie future n'a jamais été qu'un calque infidèle de la vie terrestre. 

Dans l'extrême nord de l'Amérique, où les grands arbres manquent, on 
inhume souvent les morts sur le sommet des collines, en élevant un petit mon- 
drain sur le tombeau. Ainsi fait-on à Ounolaska. Plus au nord encore, chez les 
Esquimaux, on dépose les cadavres soit sous des pierres, soit dans la neige. 
Pairfois on recueille ensuite les crânes, pour les suspendre autour des habitations, 
ao milieu des têtes d'ours et de veaux marins, et souvent sans se soucier plus 
des unes que des autres, car l'Esquimau est assez peu sensible et assez peu 
superstitieux. A Sitka, chez les Kalushes, deux esclaves sont habituellement dé- 
pêchés à la mort de leur maître, pour l'aller servir dans l'autre monde. 

Notre revue des rites funéraires en Amérique est terminée. Il y faut noter, 
mais sans y attacher trop d'importance, certaines analogies avec les coutumes 
polynésiennes, quoique ce fait, rapproché de beaucoup d'autres, puisse être in- 
voqué à Tappui de l'origine américaine des Polynésiens. Il faut aussi remarquer 
combien l'habitude de la crémation est répandue dans l'Amérique moyenne. 
Nous retrouverons bien souvent cette coutume sur le continent asiatico-européen, 
dont nous allons maintenant parler, et nous aurons à nous demander quelle en 
est la signification* 



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240 SÉPULTUKES. 

V. Des rites funéraires en Asie et en Halaisie. Dans l'archipel javanais, 
les coutumes funéraires sont fort diverses. Autrefois les Battas tuaient et man- 
geaient pieusement et cérémonieusement leurs vieux parents, comme le faisaient 
aussi, selon Marco Polo, certains peuples de Tinde, et, selon Hérodote, les Der- 
bices d*Ëurope. 

Âcluellement Tinhumation est le mode habituel de sépulture dans Tarchipel 
javanais. On y a des cimetières placés sur une colline et ombragés d*arbres funé' 
raires {plumeria acutifolia). Anciennement les morts étaient ou abandonnés au 
pied d'un arbre dans la forêt, ou jetés àTeau, ou brûlés en compagnie d'une ou 
plusieurs femmes préalablement égorgées, parfois à coups de kris. C'était évidem- 
ment une imitation des suUis hindous. Ailleurs on préfère la sépulture sur pala- 
fittes à la mode polynésienne et américaine. Le cadavre, placé dans une bière, 
est élevé sur des pieux. Les indigènes de Potilo^Nias sèment ensuite, autour de 
l'appareil, des plantes grimpantes, qui ne tardent pas à faire au cercueil un lin- 
ceul de verdure. Les Kajan de Bornéo font à peu près de même, mais après avoir 
au préalable gardé le corps plusieui*s jours dans leurs maisons, en lui offrant 
des aliments et l'entourant de lumières, pendant que les femmes se lamentent. 
Avec le moit, on ensevelit tout ce qu'il possédait et souvent le cadavre d'un esclave 
tué pour la circonstance (0. Beccari); car il faut bien que Tombre du défunt 
soit convenablement accompagnée dans l'autre monde. C'est la même idée spiri- 
tualiste qui pousse les Dayaks de Bornéo à pratiquer avec ardeur la chasse aux 
têtes. Les Dayaks sont en effet convaincus que chaque décapitation représente 
Tacquisition d'un esclave pour la vie future. Aussi portent-ils le deuil d'un parent 
décédé, tant qu'ils n'ont pas réussi à se procurer une tête, c'est-à-dire à expédier 
un esclave au défunt. Un père, ayant perdu son enfant, tue le premier homme 
qu'il rencontre en sortant de chez lui: c'est un devoir. Un jeune homme ne peut 
se marier avant de s'être procuré une tête. Tendre des pièges aux gens pour 
les décapiter était et est encore, chez les Dayaks, une coutume nationale, qu'ils^ 
trouvent fort louable. Au dire de Wallace, ce sont d'ailleurs de fort bonnes gens, 
ce qui est fort possible ; car chez les Dayaks, comme ailleurs, le sentiment dip 
devoir peut porter à des actes atroces, quand il n'est pas éclairé par l'intelligence. 

Chez les Mongols et Mongoloïdes de l'Asie continentale, une assez grande con- 
formité se retrouve sur la diversité de détail des rites funéraires. Il semble bien 
que tous les rameaux ethniques de cette grande race aient commencé par aban- 
donner simplement les cadavres, soit dans la campagne, soit en les jetant dans 
la mer, les fleuves, etc. Puis on a imaginé de brûler les gens de distinction, 
enfin, comme dans la Chine actuelle, l'inhumation a succédé à la crémation. Cà 
et là on retrouve aussi, au moins sous la forme symbolique, les sacrifices fu- 
néraires de choses ou de personnes. 

L'incinération est un procédé funéraire long, coûteux, qui, nulle part, n'esta 
la portée des petites gens. Aussi l'abandon des cadavres est fort usité chez les 
Mongols et les Mongoloïdes des classes pauvres. C'est ainsi que les Siamois du 
peuple jettent sans cérémonie leurs morts à l'eau. 

De même, les Thibétains laissent dévorer les leurs par les corbeaux et les 
vautours, etc. Ainsi font la plupart des Mongols, en consultant seulement les 
lamas, afin de savoir dans quelle direction doit être placé le mort . Les enfants 
décédés sont enveloppés dans des sacs de cuir avec des provisions convenables 
de beurre et d'autres aliments, puis abandonnés sur le bord de la route ; c'est 
que leur jeune ombre, prématurément séparée de son corps, a ainsi la chance 



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SÉPULTURES. â4i 

de se réincarner dans le sein de Tune quelconque des femmes passant sur le 
chemin. 

Il semble bien que, chez les races jaunes, la crémation ait succédé à Taban- 
don. Parfois même les deux pratiques se mélangent : par exemple, à Siam, avant 
de brûler un cadavre, on en détache les parties charnues, que Ton ab mdonne 
aux chicals et aux vautours. Nombre de Tartares, à qui la crémation esl incon> 
nue, découpent ainsi les cadavres des leurs pour les donnera manger aux chiens. 
Mais, dans TAsie mongolique, la crémation est très-usitée, quand il s'agit de 
personnages de distinction. A Siam, le corps des chefs se brûle à grands frais, 
sur un fastueux bûcher qu*on n*élève qu*au prix de beaucoup de temps et d*ar- 
gent, aussi a-t-on soin au préalable d'embaumer le cadavre. Les gens de basse 
condition sont quelquefois brûlés aussi, mais toujours à une respectueuse dis- 
tance des gens distingués ; en outre, comme les familles pauvres ne peuvent 
pas facilement faire embaumer leurs morts, elles ont souvent soin d'en hacher 
mena les parties molles, qui sont ensuite, comme chez les Tartares, jetées aux 
chiens, aux vautours, etc. Les riches Mongols tiennent aussi à honneur de brû- 
ler les cadavres de leurs parents ordinairement dans des fourneaux maçonnés 
pour la circonstance avec accompagnement de patenôtres débitées par les lamas. 
Les Thîbétains incinèrent aussi au son de la musique les cadavres préalablem3u 
placés dans une riche bière. Des prêtres assistent à la cérémonie et se font natu- 
rellement payer cet important service. Les Chinois de nos jours semblent avoir 
perdu l'habitude de la crémation, mais ils l'avaient encore du temps de Marco 
Polo, au moins dans certaines contrées de l'empire. 

L'inhumation est aussi fort en usage dans l'Asie mongolique. Les Siamois 
n'enterrent que les enfants morts avant la dentition et les femmes grosses ; encore 
exhument-ils ces dernières au bout de quelques mois pour les brûler. Les Bir- 
mans pratiquent tantôt la crémation, tantôt l'exhumation. Les Mongols nomades 
enterrent la plupart des cadavres qui ne sont pas abandonnés. Les rois et princes 
mongols sont parfois inhumés dans un vaste caveau mortuaire, avec une grande 
dépense d'argent et un large sacrifice de vies humaines. Un grand édifice orné 
de statues bouddhiques est élevé sur le caveau de ces grands de la terre, et Ton 
Y dépose des habits royaux, des pierres précieuses, de grosses sonunes d'ôr et 
d'argent. Tout autour du mort principal, accroupi dans l'attitude delà médita- 
tion bouddhique, sont placés des enfants, empoisonnés pour la circonstance, et 
tenant l'un l'éventail, Tautre la pipe, etc., du déAint. 

On sait assez de quelle importance sont en Chine les cérémonies funéraires 
a:!Compagnant Tinhumation et combien les habitants du céleste empire sont 
étrangers aux puériles terreurs que nous inspire la mort. Il est très doux en 
Chine, pour un bon iils, de pouvoir offrir une belle bière à l'un de ses vieux 
parents. De leur côté, les parents sont ravis d'un pareil cadeau ; car les Chinois, 
exempts, pour la plupart, de nos sombres croyances relativement à la vie future, 
envisagent la mort avec un parfait sang-froid. Mais, aux yeux des parents chinois, 
les cérémonies funèbres ne sauraient ùtre trop magnifiques et souvent des familles 
se ruinent pour enterrer un mort. 

Les sacrifices funéraires, encore en vigueur pour certains Tartares de haut 
rang, sont, de longue date, dans les traditions et coutumes de la race mongole. 
Du temps de Marco Polo, quand un grand seigneur tartare était conduit à sa 
dernière demeure, les assistants avaient l'habitude de mettre à mort toutes les 
personnes qui se trouvaient sur le chemin du convoi, en leur disant : a Allez 
Mer. no. s* s. DL i6 



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243 SÉPULTURES. 

servir votre seigneur dans l'autre monde ». Ils avaient aussi coutume de tuer le 
meilleur cheval du défunt, pour qu'il pût le monter dans l'autre vie. 

Presque pai tout l'imagination primitive du genre humain s*est figuré que 
la vie se continuait après la mort dans des conditions très-analogues à celles 
de l'existence visible. Rien donc de plus naturel, selon cette idée, que de 
faire suivre l'ombre éthérée, matérielle, du défunt, des ombres également 
éthérées des gens qui l'avaient aimé et servi de son vivant, des animaux do- 
mestiques, des armes, etc., dont il avait usé durant son existence visible. Cette 
funeste croyance a sûrement coûté la vie à des millions d'êtres humains et 
on la retrouve, au moins à l'état de vestige, presque dans toutes les sociétés hu- 
maines. 

Le peuple chinois,, le moins religieux des peuples, a eu, comme tous les autres 
peuples, sa phase de superstition funéraire. Nous avons vu que du temps de 
Marco Polo les sacrifices sanglants étaient encore en vigueur dans certaines pro- 
vinces de la Chine ; mais déjà dans d'autres districts on n*en avait plus conservé 
que le symbole. Les chevaux sellés, les armures, les draps d'or, etc., étaient 
économiquement remplacés par des découpages en parchemin que l'on brûlait 
avec le cadavre. 

A la même époque et dans le même pays on gardait parfois les cadavres en- 
fermés dans leurs bières pendant six mois, en ayant soin de leur oilrir chaque 
jour à manger. Aujourd'hui encore les Chinois donnent des repas funéraires, où 
le mort est servi comme s'il était réellement présent. Hais ce n'est plus qu'une 
cérémonie symbolique conservée à cause de l'extrême respect professé en Chine 
pour les parents, dont on porte le deuil pendant trois ans, s'il s'agit du père ou 
de la mère. Cependant, comme pendant la durée de ce deuil les fonctionnaires 
publics sont tenus de quitter leur charge, on en a pour eux abrégé la durée 
en la réduisant à vingt-sept mois. 

L*usage des aliments funéraires est très répandu par toute la terre et il dérive 
évidemment de l'idée que la vie n'est nullement abolie par le petit accident de 
1 a mort. Dans le Boutan, par exemple, le défunt était gardé trois jours avant d'être 
porté au bûcher, et pendant ce temps les prêtres lui offraient quotidiennement 
à manger. Aujourd'hui encoi^e, les habitants de la Russie finnoise ont des cou- 
tu mes analogues. En Sibérie, les Ostiaks représentent leurs morts de distinction 
par des figurines de bois sculpté, et pendant leurs repas de commémoration fu- 
néraire ils servent consciencieusement une part des mets à la poupée funèbre. 
Les veuves ostiakes ont aussi, pour représenter leurs maris décédés, des figures 
du m éme genre, qu'elles couchent avec elles et auxquelles les parents offrent de 
même à manger. 

Ailleurs, par e temple, à Siam et en Tartarie, on recueille les cendres des ca- 
davres brûlés pour les pétrir avec une pftte et les modeler soit en figurines 
bouddhiques, soit en disques que l'on superpose en pyramide. Les restes mor- 
tuaires ainsi transformés deviennent des lares, des dieux pénates que l'on con- 
serve avec soin, évidemment comme la résidence supposée de l'ombre des 
défunts. 

VI. Des RrrES fuhéraires chez les races buuches. La plupart des rites funé- 
raires que nous venons de passer en revue ont existé ou existent encore chez les 
races indo-européennes. 

La coutume de faire ou de laisser dévorer les cadavres par les bêtes, c'est-à- 



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SÉPULTURES. 245 

dire Fabandon volontaire, était eu vigueur chez divers peuples de Tantiquitë. 
En llyrcanie, dit Cicéron, on nourrissait des chiens spécialement chargés de 
manger les morts. Les Bactriens avaient aussi des chiens fossoyeurs, qui dévo- 
raient non-seulement les cadavres, mais aussi les gens affaiblis par lige et In 
maladie. Les Hindous riverains du Gange jettent leurs morts dans le fleuve 
sacré, dont les poissons se chargent de la sépulture. Les Callatiens de Tlnde 
ancienne avaient coutume de manger leurs parents décédés, et quelques-uns 
d'entre eux jetèrent les hauts cris quand Darius leur demanda à quel prix ils 
consentiraient à brûler leurs morts. De uos jours encore, les parsis de Bombay 
oflrent les cadavres des leurs en pâture aux vautours, épiant avec soin quel œil 
sert arraché le premier, car cette particularité permet d^ini'érer si Tombre ou 
l'âme du défunt sera heureuse ou malheureuse dans Tautre monde. 

Presque tous les Sémites contemporains inhument leurs morts. C'était aussi 
la coutume des anciens Persans, dont les descendants actuels poussent Tamour 
de rinhumation jusqu'à la passion, puisque parfois ils n'hésitent pas à payer des 
rançons considérâbles aux pillar ds turcomans pour racheter tout ou partie du corps 
de leurs parents, afin de pouvoir enterrer les précieux restes dans un sol non 
foulé par les infidèles. 

Comme nous Pavons vu plus haut, les Aryens Védiques inhumaient leurs 
morts en les recommandant à la sollicitude de la terre. Dans l'Inde actuelle, les 
funérailles distinguées se font par c rémation, et cela jusque dans le Népaul. 
Cependant, il n'y a pas encore longtemps, beaucoup de dévots venaient se noyer 
à Bénarès pour mieux assurer leiu* salut. 

Nous savons aussi que souvent les anciens Germains brûlaient leurs morts, et 
l'archéologie préhistorique nous apprend que nos ancêtres de l'âge de pierre 
pratiquaient tantôt l'inhumation ou le dépôt dans des cavernes et des tumulus, 
tantôt la crémation. 

Che2 les races blanches, comme chez les autres, les sacrifices funéraires ont 
été largement pratiqués. En dépit du silence gardé par le code de Hanou qui 
ne prescrit point de sacrifices humains à l'occasion des funérailles, la coutume 
de briiler*les veuves sur le bûcher de leurs maris devint générale dans la caste 
brahmanique et. persista jusqu'à nos jours. Presque tous les peuples de Panti- 
quitë classique. Perses, Grecs, Romains, etc., ont plus ou moins pratiqué les 
sacrifices humains à l'occasion des funérailles. De leur côté, les Germains brû- 
laient arec les morts leurs chevaux, leurs armes, et ne laissaient pas leurs grands 
personnages partir pour la vie future sans une escorte convenable de captifs 
égorgés. 

En ce qui touche ces sanguinaires coutumes, il y a une grande analogie par 
toute la terre. On trouve à peu près la même déraison et la même cruauté dans 
toutes les races, depuis les anciens Germains jusqu'aux habitants du Dahomey, 
qui, non contents de massacrer par centaines, à la mort de leur roi, des femmes, 
des eunuques, des chanteurs, des soldats, etc., expédient périodiquement dans 
le Dahomey invisible de nouveaux serviteurs chargés de porter des messages au 
roi mort. Le tout le plus honnêtement du monde, et simplement pour prouver 
au défunt l'affection filiale que lui porte son successeur. 

De même, les anciens Grecs et Romains ont cru sincèrement, tout comme 
nombre de sauvages actuels, que les ombres des morts usaient réellement des 
dons, des aliments offerts par les survivants. Dans Lucien, un veuf raconte que 
sa femme est venue lui demander une sandale dorée que l'on avait oublié de 



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Si4 SERâO. 

brûler avec son corps et ses parures. Chez les Romains et les Grecs, comme chez 
beaucoup d'autres peuples, les esprits des morts étaient considérés comme des 
êtres méchants, dangereux. C'étaient particulièrement les esprits des gens privés 
de sépulture ou morts de mort violente qui étaient animés de ces instincts per- 
vers. Les doctrines d'Epicure vinrent heureusement délivrer les plus sensés 
des anciens de ces chimériques tortures. Un certain nombre d'épitaphes latines 
proclament en effet hautement que la mort est, pour la peri^onnalité, la fin de 
tout, le repos éternel. Hais ces doctrines trop raisonnables n'él aient professées 
que par une infime minorité, et la multitude continua toujoui-s à se préoccuper 
de Caron et des enfers, préparant ainsi le ten*ain au christianisme, qui vint por- 
ter au paroxysme la crainte des tourments post martem. (Voy, Crémation, 
Inhumation, Dolmen.) C. Letoorneau. 

SEPULWEDA (Fernando de). Médecin espagnol de la première moitié du 
XVI® siècle, né à Ségovie, fit ses études à la célèbre Université de Salamanque, 
et s'appliqua particulièrement à l'étude de la botanique et à celle des drogues. 
Il a composé une espèce de pharmacopée, l'un des meilleurs ouvrages sur la 
matière qui aient été publiés à cette époque, et qui reçut lapprobation de De 
Alfaro, premier médecin de Cbarles-Quint. Cet ouvrage a pour titre : 

Manipulva medicinarum, in quo coniinentur omne$ medicinœ tam simpliceê guam corn-' 
poêilœ, êecundumque in u$u apud doctoreê habentur, utiliê medicU necnon aromalariis 
Victorise, 1522, in-foi. ; nouv. édition pai* Juan de Villsguiran, à Yalladolid, 1550, iii-fol. 

L. Hh. 

SËHVBSTBBS. Voy. NÉCROSE et Os. 

SERAO (Frangbsco). Médecin italien distingué, naquit à San Cypriano, 
près d'A versa, le H octobre 1702, d'après Vicq-d'Azyr, le 21 septembre de la 
même année d'après Poggendorff. Après avoir fait ses humanités au <K>llége 
d'A versa et à l'école des jésuites de Naples, il se décida, en 1722, pour la car- 
rière médicale, et commença ses études sous la direction de Cirillo, l'un des 
professeurs les plus instruits de l'Université de Naples. Une fois reçu docteur, 
il ouvrit, en 1825, des cours particuliers sur différentes branches de l'art de 
guérir; dès cette époque il combattit le cartésianisme et la doctrine des ferments 
qui étaient alors les systèmes dominants à Naples et jouissaient même de la 
protection de Cirillo. Serao chercha à faire triompher surtout la doctrine de 
Boerhaave et les théories intra-mécaniciennes, et on ne peut méconnaître les 
services qu'il rendit à la physiologie en Italie. Du reste, la clarté de son ensei- 
gnement, son érudition profonde, le feu avec lequel il défendait les théories 
nouvelles, lui attiraient de nombreux élèves. En 1752, il fut nommé au concours 
professeur à l'Université et y enseigna d'abord l'anatomie et la physiologie , puis 
en 1755 la pathologie, en 1740 la clinique; en 1755 il fut nommé à la première 
chaire de médecine. 

A la suite d'un voyage dans la haute Italie, il lut nommé premier médecin 
du royaume et médecin particulier du roi Ferdinand IV (1778). Atteint d'une 
maladie chronique qui l'empêcha de travailler pendant plusieurs années, Serao 
mourut plus qu'octogénaire à Naples, le 5 août 1785. 

Quand l'archevêque de Thessalonique fonda l'académie de Naples, Cirillo en 
devint le président, Serao le secrétaire. Lors de la violente éruption du Vésuve 



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SERAPINUM. 345 

en 1737, le i*oi Charles chargea son académie des sciences d*en publier This- 
toire, et c*est Serao qui fut charge de la rédaction. Ce traité, écrit en italien, a 
longtemps passé pour le plus exact en pareille matière. 

Serao se livra également à une étude fort curieuse sur les accidents fausse- 
ment attribués à la piqûre de la tarentule ; il contribua beaucoup à dissiper les 
préjugés relatifs aux effets désastreux qui résulteraient de la morsure de cette 
araignée. 

Voici les titres des principaux ouvrages de notre savant auteur : 

1. Storia deW incendio del Vesuvio nel 1737. Napoli, 1738, in-8» et in-4» (Publié en 1737 
en latin, ce traité tut traduit en italien par l'auteur lui-même, et en français par Duperron 
de Gantera. Paris, 1741, in-12). — II. Vita fiicolai Cirilli, en tête des Comulti medici de 
Cirilk). édités par Serao. Neapol., 1738. — III. Lezioni accademiche $uUa tarantola, Na- 
poli, 1742, in-4*. — 1?. Oêiervazioni êopre le malattie delT armata. Bassano, 1781, in-8*. 
Trad. de l'anglais de Pringle. — Y. Plusieurs Disseriaiions de moindre importance. L. 11k. 

SÉBAPÉON. Les sérapéons ou asclépions étaient des temples dévoués à 
Escnlape, dont le premier parait avoir été celui de Trikka en Thessalie. Les 
prêtres de ces temples, nommés Asclépiades (voy. ce mot), répondaient au nom 
du dieu et indiquaient des remèdes à ceux qui venaient Timplorer dans leurs 
maladies. Ils exerçaient aussi hors du temple. Le secret de leur art se transmit 
d'abord exclusivement à leur famille, puis à des initiés, et finit par transpirer et. 
se répandre de tous côtés. Les malades, après des sacrifices, des ablutions, des 
bains (beaucoup d'asclépions étaient situés près de sources thermales), étaient 
admis à coucher dans le temple (incubation), où le dieu leur parlait souvent 
en songe, et le lendemain le prêtre interprétait les paroles du dieu et donnait 
on avis sur le traitement. Le nom des individus guéris, après Tindication de 
leurs maladies et des remèdes employés, était gravé sur le marbre ; ce qui con- 
stituait une sorte de médecine traditionnelle et empirique. Des ex-voto consa- 
craient la reco nnaissane des malades, qui laissaient aussi des offrandesen argent. 
Il faut ajouter qu'une Caisse des pauvres parait avoir été instituée dans cer- 
tains sérapéons, notamment dans celui de Memphis, suivant la mention d*un 
papyrus égyptien du Louvre. 

L'usage de dormir dans des lieux consacrés, pour y obtenir des apparitions 
et des interventions bienfaisantes, est d'ailleurs antérieur aux asclépions et 
s*est perpétué sous le règne du christianisme. L'archange saint Michel rem- 
plaça Apollon et Esculape. Deux églises qui prirent le nom de michaléons^ 
et dont Tune fut fondée par Constantin, devinrent, de chaque côté du Bosphore, 
le refuge des malades auxquels l'archange se montrait et prescrivait des re- 
mèdes. 

Il existe encore des ruines de sérapéons, dont la plus authentique est celle 
du Serapis à Pouzzoles, placé près de sources thermales encore utilisées. Le 
nom de serapeum a été donné aussi à un édifice de Pompéi, et M. Hittorf a re- 
connu dans une peinture de cette ville la façade d'un édifice qui devait être sem- 
blable à celui de Pouzzoles. D. 

SCBAPIAS. Voy. Helléborine. 

SEBAPINIJH. Nom sous lequel on a quelquefois désigné le Sagapenum. 

Pl 



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S46 SÉRAPION. 

SERAPiNirs. Nom de la gomme arabique dans quelques auteurs anciens 
(Mérat et De Lens, DicL mat. méd., VI, 525). Pl. 

SÉRAPio:v. On connaît deux médecins de ce nom, que Ton a tour à tour 
confondus et distingues par les surnoms à' Ancien et de Jeune. 

I. Sérapion TAncien, ou mieux Jean, fils de Sërapion. 
Sërapion, médecin de Técole de Djondisabour, eut deux fils, qui se distin- 
guèrent dans la profession paternelle, Daoud ou David, louhanna ou Jean. 

Le premier paraît être Taîné, attendu qu'il est cité par Jean, qu'il figure 
dans une consultation près du khalife el Hady (Kitab el Hokama, vie dAlxm 
Koreich)f et que Jean est donné par Eben Botlan comme florissant sous le règne 
de Moutaouakkel (Supplément arabe, n« 1061). Ajoutons que Jean cite plusieurs 
médecins du neuvième siècle, ainsi Honein et Hésu é. 

On s*étonne que Wûstenfeld n*ait pas rencontré Jean, fils de Sérapion, chez 
les écrivains arabes (Geschichte, p. 49). Outre les citations précédentes il est 
mentionné par Mohammed ben Ishaq , Djemal Eddin et Ebn Abi Ossaïbiah. 

Le premier dit, dans son Fihrist, sous la rubrique Jean, fils de Sérapion : « Il 
n'écrivit qu'en syriaque. Il vivait au commencement de la dynastie (Abasside). 
On a traduit en arabe ses deux ouvrages de médecine, le grand recueil (Koun- 
nach) en XII livres, et le petit en VII. » 

Cette courte notice est reproduite par Djemai Eddin. 
On lit de plus dans Ebn Abi Ossaïbiah qu'il fut fait trois traductions de l'ou- 
vrage de Jean (petit recueil), l'une par Abou Bâcher Mattai, une autre médiocre 
par Ebn Bahloul, et une autre meilleure par El Hadithy el Kateb (Moussa ben 
Ibrahim), qui écrivait en 518 de l'hégire (930 de J.-C.). 

Citons encore la préface d'Ali ben el Abbas dans son Maîeky. L'auteur, pas- 
sant en revue ses devanciers, signale les lacunes du recueil de Jean, notamment 
les généralités de la médecine, la chirurgie, etc. 

L'ouvrage de Jean nous est parvenu. Il en existe un exemplaire à Oxford et 
des fragments à l'Escurial, à Paris (n** 1056, A. F.) et à Leyde. 

Gérard de Crémone traduisit le petit i*ecueil sous le nom de Bremariurrif el 
plus tard Alpagus sous celui de Practica, Nous nous sommes assuré, par la col- 
lation des fragments de l'Escurial et de Paris, que le Breviarium répondait au 
petit recueil. 

Les quatre premiers livres traitent des maladies des régions et des organes, 
de la tête aux pieds ; le cinquième des affections cutanées, des venins et des 
maladies des femmes ; le sixième des fièvres; le septième est un formulaire. 

Tout en s'appuyant sur les anciens tels qu'Hippocrate, Galien, Rufus, Archi- 
gène et Paul d'Égine, l'auteur invoque aussi fréquemment son expérience per- 
sonnelle. 

Ses descriptions de maladies sont courtes et la thérapeutique tient une plus 
large place. C'est à tort que Sprengel lui attribue la première description de 
Vessere, qui n'est autre que l'épinyctide des Grecs. 

C'est aussi à tort que l'on a donné l'ouvrage de Sérapion comme le premier 
ouvrage écrit en arabe. Son intérêt et son cachet spécial sont d'être un échan- 
tillon de l'école de Djondisabour, exécuté parallèlement, mais indépendamment 
du travail des traductions du grec en arabe. 
lie VII* livre a un intérêt spécial. On y voit apparaître des médicaments nou- 



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SERGHISTA. 247 

veaux, et parliculièœmeiit le sucre, qui tend à remplacer le miel dans la prépa- 
ration des sirops. Nous savons qu'à cette époque Michel, fils de Hësué, dans son 
respect outré pour les anciens, s*obstinait à n'employer que le miel. 

II. Sérapion le Jeune. Il ne nous est connu que par ses écrits, et c'est 
seulement par les auteurs qu'il a cités que nous pouvons lui assigner une date 
approximative. Nous avons de lui un traité des médicaments simples. Cet 
oavrage est divisé en deux parties : propriétés générales et classification des 
médicaments, histoire particulière de chacun d'eux. Classés suivant leur origine 
T^étale, minérale ou animale, les médicaments sont au nombre de quatre cent 
soixante-deux, et non de quatre cent soixante-douze comme le porte l'édition de 
1525. La seconde partie, de beaucoup la plus étendue, est une pure compilation 
dont Dioscoride et Galien font surtout les frais. Du reste l'auteur, au début de 
son livre, nous avertit qu'il a eu pour but de les grouper et de les compléter 
l'un par l'autre. On rencontre aussi une quarantaine d'auteurs ou d'ouvrages 
grecs et arabes. 

Ces citations ont un double intérêt. En même temps qu'elles peuvent servir à 
l'établissement du texte de Dioscoride et de Galien, elles nous révèlent aussi 
des noms des médecins arabes dont les écrits ne nous sont pas parvenus. Seu- 
lement il faudrait opérer sur un texte, et non sur une mauvaise traduction. La 
publication d'Ebn el Beithar rendrait cet intérêt complètement nul. 

Parmi Jes auteurs cités on a déjà relevé le nom d'Eben Guefiith, qui vivait sur 
la fin du onzième siècle de notre ère. Dans une citation altérée nous croyons 
voir le nom d'Ahmed ben Yousef, autrement TifSichy, qui vivait dans le courant 
du treizième. Cette citation, relative au Bézoard, se retrouve identiquement 
dans Ebn el Beithar. 

Une traduction du Traité des simples a été faite sur la fin du treizième siè- 
cle par le concours du juif Abraham et de Simon de Gênes. Elle semble porter 
le cachet de cette collaboration hybride, et a dû être faite au moins en présence 
de l'hébreu. Nous avons découvert au n® 1187 du fonds hébreu un traité des 
simples, qui n'est autre chose qu'une traduction deSérapion, et qui a des traits 
de parenté avec la traduction latine. On y trouve les mêmes synonymies vul- 
gaires et même il y a des corrections commîmes. La traduction hébraïque ne 
commence qu'au n^ 60, et finit au n^ 353. 

Quant à la traduction latine, c'est peut-être de toutes celles à nous connues 
celle où les mots techniques et les noms propres sont le plus constamment et 
le plus étrangement défigurés. L. Leclerg. 

SERBIE (Géographie médicale), à Tarticle Roumains, il a été dit qu'il se- 
rait traité de la Roumanie, sous le rapport de la géographie médicale, au mot 
Dahubieniies (Provinces). Cet article comprendra donc la Moldavie et la Valachie. 
n a paru que la Serbie, baignée au nord par le Danube, comme la Valachie l'est 
au tod, devrait être considérée, au point de vue climatologique, comme faisant 
partie de la même région. C'est donc dans l'article consacré à la région danu- 
hieime qu'il sera question de la Serbie. D. 

UEmCMUSTA. Nom donné en Pei*se à une exsudation sucrée, ou sorte de 
manne, provenant du Tamarix mannifera. Pl. 



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248 SERENUS SAMONIGUS. 

SERENA T LOPEZ (Bartolome). Médecin espagnol, ne à Saragosse vers 
le commencement du xviii^ siècle, étudia la médeciue à TUniversité de sa ville 
natale et y prit la grade de docteur. Médecin de la famille royale, examinateur 
au protomédicat royal, Serena acquit une grande réputation ; selon Horejon, il 
fut grand mathématicien ; nous pensons qu*il versa quelque peu dans Tastro- 
logie. On cite de lui : 

I. Reflexwnes contra la disertacion de la operacion del parlo cesdreo de Diego Mûko 
Zapata. Zaragoza, 1750, in-8*. — II. El jardinero de laê planelaê, etc. Zaragoza, 1731, 
in-8*. — III. El jardin, de las plan, en la fiave de Aqueronte iobre el Ebro. Madrid, 
1732, in 8». — IV. Eljard. de las plan, Pronosiico, elc. 1733, in-8». — V. El gran Pisca- 
torde Aragon, etc. Zaragoza, 1734, in-8**. — VI. Curso nuevo de cirugia para etisenanzade 
loê quesededican al estudio de esta tUilUsima facultad, etc. Madirid, 1750, 1782, in^. 

L.Hh. 

SEBEIVUS SAHONICUS (QuiNTHs). Célèbre médecin romain, vivait au 
commencement du troisième siècle de Tère chrétienne. Honoré de Tamitié des 
personnages les plus illustres de Rome, il était Tun des familiers de Gcta. Aussi 
Caracalla le fit-il massacrer, en 212, dans un festin oîi il Tavait invité. On a sous 
son nom un poème de 1115 vers hexamètres, intitulé : De medecina prœcepta 
saluberrima. Cet ouvrage, qui a été beaucoup lu et fréquemment copié au 
moyen Age, n est autre chose qu*un recueil de moyens populaires, de remèdes 
pour les pauvres ; les matériaux en sont empruntés à Pline et à Dioscoridç et 
assez clairement coordonnés, quoique sans plan bien arrêté. On y trouve en 
outre un assez grand nombre de formules magiques, entre auties le 'fameux 
Abracadabra contre la fièvre intermittente ; les excréments de souris et les pu- 
naises jouent é^^alement un assez grand rôle dans la thérapeutique de Serenus. 
En somme, cet ouvrage n*a d'importance qu*au point de vue de l'histoire de la 
médecine populaire chez les anciens. Certains auteui*s, tels que Morgagni et 
Ackermaim, Tattribuent au fils de Quintus Serenus Samonicus, qui portait le 
même nom que lui ; cependant Hneser incline à croire qu'il est dû au père. 

Serenus lo père passait pour un homme très-savant, Sidoine Apollinaire 
vante ses connaissances dans les mathématiques et dans la science des coutumes 
antiques ; Hacrobe le qualifie de vir sœcvlo suo doctus. Il a du reste écrit sur 
les sujets les plus variés, sur les arcanes, sur les merveilles de l'île de Thulé, sur 
la musique, l'astronomie, les mathématiques, etc. En mourant, il laissait à 
son fils une bibliothèque qui , d'après Capitolin , ne renfermait pas moins de 
62 000 volumes, que ce dernier légua à son tom* à l'empereur Gordien le jeune, 
son élève et son ami. 

Voici les principales éditions du poème de Serenus Samonicus : 

MedicitUE prœeepia saluberrima. Ed. princ. cd. Sulpitius Verulanus. S. 1. et a. (Milan ou 
Rome, avant 1484). Cette édit. est Irès-rare. — Q. Sereni Samonict hexametri precepta me- 
dicine continentes. Lipsiœ, 1515, in-4*. — Q. Sereni Samonici de medicina prœcepta sabir 
berrima, per D. Cœsarium ab omnibus quibus scatebant mendis probe ac diligenier ema- 
culata. Hagenose, 1528, in-8*. — Q, Sereni Sammonici poetœ et medici clarissimi, ders 
medica sive morborum curationibus liber tttm elegans tum humanœ saluti perquam utiliSt 
el diligenter emendatus .., éd. G. Huroelberg. Tiguri, 1540, m-4*. — Qtiinti Sereni Samo- 
nici de medicina prœcepta saluberrima^ Robertus Keuchenius ex veteri lihro restituit, elc. 
Amslelodami, 1662, in-8*.— Ed. J. Ch. G. Ackermann. Lipsiœ, 1786, in-8'»(une des meilleures 
éditions). — Le pcéme de Serenus est encore imprimé dans P. Burmann. Poetœ latini 
minores, etc. Leidse, 1731, in-i*. — Pour les autres éditions, voyez Dezeiroeris [Dict. kist. 
de la méd.) et Choulant (Handb. der BOcherkunde..., 2te Aufl. Leipiig, 1841). — Vojci 
encore sur Sereuui Samonicus : J.-B. Morgagni. Epistolœduœ in Ser. Samonicum (imprimé 
dans différ. édit. de Celse et dans Morgagnii opuscula miscellanea. Veneliis, 1763, MoU 



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SÉREUX (ahatoxieI. U9 

p. i, et GruDer. Variœ lectiones in Q. Sam, Ser. len», 1782, m-4'>; 1803, in-4*.— F. A. Reuss. 
Proçr, lection. Samonicearum partie, 1. Wirceb. (1836), in-4*, etc. L. Hii. 

SËBÉRES. Sur celte peuplade, voy. Sékégakbie, p. 650. 

SÉREUSE. Yoy. Séreux (Système). 

SÉREUX (Tissu et système). § I. Aaatomle. g I. âhatomib générale. 
Sous les noms de système séreux, <]e membranes séreuses et de séreuses, 
empruntés, dit Bichat, comme dans le cas des muqueuses, au nom du liquide 
qui en humecte habituellement la surface libre, on désigne avec cet anato- 
miste le revêtement intérieur membraneux des cavités closes. Ce i*evêtement 
forme bien un sac sans ouverture dans la plupart des cavités closes qu*il 
tapisse, mais dans certaines, comme les séreuses dites synoviales, ce revête- 
roenl ne s'étend pas sur tous les organes qui limitent la cavité; il s'arrête à 
leur pourtour, comme on le voit pour les cartilages de la plupart des articu- 
lations et les portions des coulisses tendineuses correspondant à Tos. 

Bien que le mot synovie soit dans le siècle dernier, et même avant, usité dans 
le sens qu*il a aujourd'hui, il faut arriver à Bichat pour trouver le mot sérosité 
appliqué à la désignation des liquides normaux et morbides des séreuses. 
Encore est-il qu'il se sert plus souvent des mots fluides séreux et albumineux. 
Il est manifestement le premier qui emploie les expressions séreuses et mem- 
branes séreuseSf synoviales et membranes séreuses synoviales. Après Bichat 
De Blainville, sous le. nom de tissu kysteux, a donné une bonne description des 
séreuses, qu'il regarde comme le résultat nécessaire de l'écartement des organes 
avec condensation du tissu cellulaire superficiel. Il les distingue sous les noms 
de séreuses proprement dites ou de tissu kysteux séreux^ de tissu kysteux 
synovialf et il en rapproche la membrane interne des vaisseaux, quels qu'ils 
soient, qu'il décrit sous le nom de tissu kysteux angéial (De Blainville, Cours 
de physiologie, Paris, 18*29, t. II, p. 156). 

Ce qui était lexpression la plus exacte de la vérité au point de vue anato- 
mique ne se retrouve plus dans les traités modernes. Ces distinctions, con- 
cordant bien avec les données si précises de la pathologie pour délimiter le 
système séreux, ont été laissées de côté, et la théorie des exhalants et des absor- 
bants, bien pardonnable à l'époque où les phénomènes physiques de l'absorp- 
tion n'avaient pas été étudiés, a été reproduite de toutes les manières. Il 
semblerait qu'elle a encore actuellement plus de partisans que jamais. Nous 
verrons bientôt quelles sont les preuves fournies par ceux qui la soutiennent 
encore. Hais ce qui était fondamental dans l'œuvre de Bichat, c'était l'idée que 
les séreuses existaient en tant que membranes distinctes séparables, organes 
premiers, bien définis, d'un système anatomique; que là où existait une cavité 
close les parois ^entières en étaient tapissées par une couche particulière ayant 
sa structure propre, sa composition chimique, ses vaisseaux, sa manière d'être, 
de vivre, de réagir vis-à-vis des difféients phénomènes morbides, en un mot, 
de toutes les causes de destruction ; enfin que, de même qu'il existait des 
organes premiers du système musculaire en rapport avec le mouvement qu'ils 
devaient engendrer, il y avait aussi des organes premiers d'un système parti- 
culier destiné à faciliter le mouvement des parties glissant les unes sur les 
autres, représentant les coussinets et la graisse de la machine animale. 



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250 SËREUX (anatohib). 

Celle heureuse conception de Bichat devait avoir eu pathologie gt^nérale les 
plus brillants résultats. 

Mais, en anatomie, la conséquence naturelle que son auteur devait en tirer, 
c*est que, partout où il y avait cavité séreuse, il devait y avoir aussi membrane 
distincte ; c'est, en un mot, que les séreuses étaient partout continues avec elles- 
mêmes, sans interruption sur leur parcours, qu'elles formaient un sac sans 
ouverture. 

Pour les grandes séreuses viscérales, l'existence du sac sans ouverture était 
facile à admettre, dans la généralité des cas, mais il n'en était pas de même des 
ai^ticulations. Ici, il était difficile de comprendre, comme le voulait Bicbat, 
qu'une mince membrane recouvrît la surface des cartilages. De là, une pre- 
mière discussion : Gerdy, Ghassaignac et Blandin, voulant retrouver à